Bernard Stiegler, les industries culturelles.

Posté par Serge Bénard le 5 décembre 2010

 

Bernard Stiegler est un intellectuel un peu à part puisqu’il se questionne surtout sur le rapport entre la technique et l’évolution de nos sociétés capitalistes. Il donne une importance cruciale à l’évolution technique dans l’évolution des rapports sociaux. Le capitalisme fordien qui a mis au point les industries culturelles de masse, à vue petit à petit son modèle tendre vers ce que Stiegler appelle une industrie pulsionnelle. Là où l’on consommait de façon réfléchit un bien durable s’est substitué une consommation de pulsion primitive. Le lien entre la production et la consommation ayant complètement disparu le plaisir de la consommation s’est étiolé pour ne plus durer qu’un laps de temps infime. Pour Stiegler il s’agit là d’une maladie mortelle pour le capitalisme qui produit des individus mélancoliques et dépressifs incapables de ressentir le moindre plaisir dans la consommation parce qu’ils ne produisent plus.

Dans cet exposer Stiegler nous parle du début de la genèse de l’industrie culturelle, qui sera en fait le moyen pour entrainer une hausse permanente de la consommation par la manipulation des désirs des masse. Il cite notamment Edouard Bernez le neveu de Freud qui inventa littéralement le marketing et qui fit ses premières œuvres en conseillant aux industries du tabac de convaincre les femmes de fumer. Il utilisa les luttes féministes pour joindre la cigarette à l’émancipation de la femme ce qui fit exploser la consommation de tabac, un grand hommeBernard Stiegler, les industries culturelles. dans Economie du livre icon_lol. C’est l’industrie culturelle comme le cinéma ou la radio qui vont permettre à la machine fordienne de fonctionner car même en augmentant les salaires, il fallait pousser les individus à acheter ce qui était produit pour garantir la pérennité du modèle économique d’après guerre.  Le marketing fut un élément essentiel de ce contrôle du désir des masses. La production standardisée nécessitait donc  une standardisation des désirs que seul ce marketing pouvait produire. C’est ce processus qui aujourd’hui s’épuise selon Stiegler et c’est ce déclin qui est le plus dangereux pour la mécanique capitaliste. En effet sans consommation de masse la surproduction est garantie, sans renouvellement de la demande la mécanique se casse. Autre problème l’homme pulsionnel est un mauvais producteur, à force de vouloir produire des consommateurs compulsif le capitalisme nuit à sa propre reproduction en détruisant la production d’homme capable de produire.

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http://vimeo.com/17209899

 

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