Mon grain de sel

 

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16 novembre

La langue française à vau-l’eau

Lire le web devient un exercice ardu, voire décérébrant. L’accumulation des fautes d’orthographe, de syntaxe ou de grammaire en perturbe la lecture. Internaute depuis une quinzaine d’années, j’ai longtemps pensé que les choses s’amélioreraient. Malheureusement il n’en est rien ! Les titres de journaux et magazines français les plus importants ou les plus prestigieux n’échappent pas au constat. Mais que sont donc devenus les correcteurs et les secrétaires de rédaction ? Ils ont été apparemment sacrifiés sur l’autel des économies réclamées par des actionnaires toujours plus exigeants… ou sur celui d’une gestion de crise.

On demande aujourd’hui aux journalistes (je parle ici des professionnels) de gérer leurs « papiers » de bout en bout : de la rédaction à la mise en ligne. Pas étonnant qu’ils ne soient pas tous polyvalents et capables d’assumer correctement toutes les phases par lesquelles naguère devait passer un article avant d’être publié. Quant aux internautes non professionnels, je comprends qu’ils ne soient pas tous liés par les exigences qui devraient être celles des professionnels. Mais quand même… Pour participer quotidiennement à des forums, je suis affligé par certains messages – très nombreux – que je peux y lire. Des fautes énormes et récurrentes y estropient grammaire et syntaxe. Ce laisser-aller illustre peut-être notre époque fatiguée, revenue de tout et cynique à l’image de ceux qui nous gouvernent. Il n’empêche.

Hélas ! la presse n’est pas seule malade de ce fléau. L’édition aussi. Au printemps dernier, les éditions Gallimard se faisaient remarquer pour des coquilles relevées dans une cartouche de jeu pour Nitendo. Montré du doigt, l’éditeur assura qu’il s’agissait d’une erreur de texte. Cependant hier le site eBouquin.fr nous révélait que la version numérique du roman d’Alexis Jenni serait truffée de fautes d’orthographe… La Team Alexandriz à l’origine du lièvre ainsi levé s’est même payé le luxe de publier sur son site une version corrigée en intégralité. Évidemment les droits d’auteur passent ici à la trappe, mais…

À ce sujet, je vous recommande de vous rendre sur le remarquable site des correcteurs du journal Le Monde : Langue, sauce piquante (http://correcteurs.blog.lemonde.fr/). Vous y trouverez deux vidéos intéressantes avec Bernard Laygues qui parle du métier de correcteur : « Bernard fut ‘typo’, correcteur au Monde, réviseur au Point, à Sélection du Reader’Digest, écrivit des livres, il fit partie du jury des Championnats de France d’orthographe et des Dicos d’or, enseigne le métier de correcteur, oui tout ça tout ça, et il raconte… » Passionnant et instructif. Dommage que LeMonde.fr se laisse lui aussi emporter par la dérive…

À propos de Langue sauce piquante, je vous suggère aussi de lire « œ-Œ, chronique d’une mort annoncée », un billet publié le 19 février dernier et qui évoque mes propres tourments à propos de « l’e dans l’o ». Je ne compte plus les fois où mettant des articles en ligne, je me sens obligé (bien que n’y étant pas tenu) de corriger cette méconnaissance de la ligature. Je ne voudrais pas être associé à cette négligence coupable !


16 octobre 2011

Hommage typographique

En 1499 naissait à Paris Claude Garamont. Cet enfant devait devenir l’un des plus célèbres graveurs et fondeurs de France au XVIe siècle. On lui doit notamment la création d’une police de caractères : le garamond. Cette police s’écrit avec un “d” final en raison de son pseudonyme Garamondus. L’Imprimerie Nationale seule a le privilège d’orthographier ce caractère avec un “t” à la fin.

 

Fluidité, cohérence et élégance caractérisent le Garamond qui se remarque, entre autres, par le petit œil de son “e” ou la petite panse de son “a”. Ce caractère universel a été largement copié au fil du temps, mais il est parvenu jusqu’à nous et constitue un véritable mythe typographique. La Bibliothèque de la Pléiade est imprimée en “Garamond du roi“. EtFilière Livre vous l’a déjà annoncé voici quelques jours : pour le 450e anniversaire de la mort de Claude Garamont (1561), Livres-hebdo, la référence professionnelle du livre, sort cette semaine un numéro intégralement composé en Garamond. Les connaisseurs apprécieront ce geste à la fois esthétique et professionnel.

 

J’en profite pour dire combien l’ignorance de la typographie sur le web me désole. Sans doute la presse écrite a-t-elle donné souvent le “la”. Mais, internaute depuis environ quinze ans, j’ai l’impression de voyager dans un monde incohérent et barbare privé de ces codes et lois qui ont donné leurs lettres de noblesse à la bibliophilie. Vers le début des années 1980, le développement impétueux de la micro-informatique et l’arrivée sur le marché des logiciels dits de publication assistée par ordinateur (PAO) ont permis l’accès de tous à la composition des textes. Et tous n’avaient pas été formés à la rigueur typographique des mises en page ni à celle du code régissant les règles de composition. Qui se soucie aujourd’hui sur le net d’abréger correctement, d’écrire les nombres comme il se doit, etc. ?  Sans oublier la colonisation du web par la langue américaine ignorant toute accentuation… Moi-même, je finis par y perdre mon latin et oublier les automatismes acquis professionnellement dans la presse écrite ! Heureusement, au royaume des aveugles les borgnes restent rois.

 

C’est bien dommage. La typographie est un raffinement transmis par le regard à l’esprit. Sa méconnaissance, voire son ignorance, prive donc celui-ci qui lit d’un bien-être essentiel à la lecture.

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20 septembre

Sur le site que les éditions Gallimard consacrent à La Pléiade, on peut trouver une page dédiée à la “Petite histoire du courrier des lecteurs”. Mais cette page est encore en construction. Achevée et consultable, j’imagine qu’on y trouvera “forcément” quelques lettres d’admirateurs de Marguerite Duras pour s’étonner, se plaindre ou réclamer haut et fort l’inscription de cette auteure dans la prestigieuse bibliothèque. Pour ma part, j’ai dû manifester ma surprise voire mon agacement à plusieurs reprises auprès de la NRF.

Car, comme tout fidèle de cette collection j’ai mon idée sur les auteurs qu’elle accueille ou qu’elle repousse. Je pense que certaines absences sont étonnantes, voire choquantes. Et inversement, mais ne polémiquons pas. J’ai connu un grand effroi il y a un certain nombre d’années quand une autorité du Tout-Paris littéraire, éditrice de sa fonction, “militait” en faveur de l’entrée d’Hervé Bazin, écrivain respectable au demeurant. Mais c’était de son vivant, bien avant sa disparition en 1996. Je trouve d’ailleurs dommage – c’est mon point de vue de lecteur – que la porte de ce Panthéon soit ouverte aux vivants. Mais enfin Céline en fut heureux, juste avant sa mort, et Kundera le mérite tout autant.

Que les Oeuvres complètes de Duras figurent prochainement dans la Pléiade me réjouit donc. C’est un écrivain majeur que la Bibliothèque accueille avec ces deux premiers volumes qui seront suivis de deux autres ultérieurement. Cela ne fera pas taire les pisse-froid qui se plaisent à la caricaturer, n’ayant pas compris ou accepté que Duras soit considérée comme l’un des auteurs essentiels du siècle dernier. Beaucoup heureusement lui avaient  accordé ce statut, bien avant le prodigieux succès de L’Amant aux 1 700 000 exemplaires vendus dans le monde en  vingt-huit langues. S.B.

 

9 juin

Le bûcher des vanités, remake ?

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Democratic books publie le 10 juin DSK, La descente aux enfers, qui ouvre le bal à une vague de publications sur l’affaire. C’est que nous annonce Livres-hebdo. Cet événement politico-policier s’est traduit en France par une prudente retraite de plusieurs éditeurs qui se préparaient au lancement d’ouvrages qui auraient dû bénéficier des primaires socialistes puis de la campagne présidentielle. Ils ont sagement préféré surseoir ou annuler. Il est donc normal – si ce n’est moral – que la médaille ait son revers (préférable en cette circonstance à son discutable homonyme avers). Je ne sais pas ce que nous réservent ces « ouvrages » rédigés en si peu de temps. Sans doute rien de sensationnel, malgré les efforts que ne manqueront pas de faire ceux qui sont en charge de trouver des titres « vendeurs » voire racoleurs. Il serait dommage que l’édition ne profite pas de ce coup de tonnerre, les radios, les télés et la presse écrite en ayant déjà tiré profit pas des audiences et des tirages spectaculaires. Je me demande parfois ce que feraient tous ces médias si d’aventure – ce qui n’est quand même pas acquis – DSK était innocenté… Sans être un adepte de la théorie des complots, en l’occurrence je ne mettrais certainement pas ma main au feu que le « pervers » dénoncé par les tabloïds américains ne soit pas tombé dans un guet-apens (sa sexualité exacerbée aidant). Pour ceux que la question intéresse, je recommande la lecture d’un remarquable article : Quel complot pour DSK ? publié par le site Slate.fr. Un relevé quasi exhaustif des hypothèses ! On n’en sort pas indemne, surtout si l’on offre un terrain favorable.

L’édition, puisque notre sujet de prédilection demeure le livre, devrait nous offrir des sorties sensationnelles dans les semaines et mois qui viennent. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer de l’actualité. Il est fréquent qu’elle apporte ainsi du grain à moudre à des auteurs en mal de copie.

5 juin

À propos de livre

Volontairement, j’ai passé sous silence le 30 mai dernier une date anniversaire qui m’est pourtant particulièrement chère. Motif : après bien des hésitations, je trouvais que cet événement n’avait rien à voir avec Filière Livre. Et pourtant ! Le 30 mai 1631, Théophraste Renaudot lançait sa célèbre Gazette. En fait, le premier journal de langue française, si l’on veut bien considérer que les Nouvelles ordinaires de divers endroits parues depuis janvier 1631 n’en étaient que l’ébauche rudimentaire. Que les mânes des libraires parisiens Martin et Vendosme ne me jettent pas la pierre ! N’ont-ils pas perdu le procès qu’ils intentèrent à Renaudot pour ce qu’ils considéraient comme une contrefaçon ? Certes, le jeu était inégal, le soutien financier du gouvernement de Richelieu pesant d’un poids décisif. Mais on considère aujourd’hui, à juste titre semble-t-il, que la Gazette de Renaudot était bien meilleure, quant au contenu, que celle de ses adversaires. 

En dépit de l’hostilité des imprimeurs et libraires parisiens, Renaudot emporta donc le marché face à ses concurrents. Et en 1635, l’État lui accorda même un monopole pour lui et ses successeurs, ce qui rendait la victoire imparable. La Gazette connut un franc succès. Il faut dire que sa qualité méritait cette reconnaissance publique. Nouvelles d’ici et d’un peu partout, concision, clarté, tels étaient les atouts de cette révolution que constituait la naissance de ce premier journal. D’ailleurs, la réussite fut telle que Renaudot adjoignit à la Gazette un supplément : les Extraordinaires lesquels développaient les évènements les plus importants. Nos journaux contemporains ne font pas autre chose avec leurs magazines de fin de semaine…

À l’heure où l’on s’interroge sur le déclin de la presse, il est peut-être bon de rappeler une loi du marketing : un produit mis sur le marché a une courbe de vie plus ou moins longue,  mais son destin est inexorable qui doit aboutir un jour à sa disparition. Si on ne prenait que la presse pour exemple la liste serait longue.

Mais c’est au livre que je voulais en venir. Penché chaque jour sur l’évolution des livres numériques – allez ! appelons les par leur nom français : livrels – je ne peux que constater leur progression. Les États-Unis ouvrent la marche, comme souvent, mais nous suivons. Ceux qui veulent croire que cette évolution peut capoter ne sont que des autruches qui refusent de voir la réalité. Personnellement, aussi attaché au livre papier que je sois, je note qu’il s’agit d’une affaire entendue. Dans tout ce que je lis, entends ou vois, je constate qu’en fait le débat est surtout affectif. Or, qu’est-ce qu’un livre, si ce n’est la pensée d’un auteur transmise à la multitude (si possible) ? Contrairement à ce que l’on veut parfois nous faire croire, il n’y a pas de loi d’airain qui fasse que cette pensée ne puisse qu’être imprimée sur papier. L’essentiel n’est-il pas avant tout qu’elle soit transmise ? Un écran peut suffire à cette tâche…

Dans le pire des cas, celui de Fahrenheit 451, il suffirait aux humains d’apprendre un livre par cœur pour le sauver de l’oubli. Ce que ni le papier ni l’électronique ne peuvent faire. Alors…

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2 mai

Anniversaire

Le nombrilisme est une maladie aigue très répandue dans le monde du livre. S’il n’y avait que les auteurs… Bref, je suis vacciné et je vous inflige ces quelques mots uniquement parce que je ne veux pas avoir l’air de rater un événement. Oui, Filière Livre a un an. Pas de quoi pavoiser, car les blogues  ont souvent la vie dure. Mais Filière Livre présente cette particularité d’être un quotidien. Autrement dit, chaque jour il propose un sommaire entièrement nouveau à ses visiteurs réguliers ou occasionnels. Cela représente entre trente et cinquante sujets par jour. Pour ce faire, je dois dépouiller quotidiennement plus de 2 000 infos et plus de trois cents sites auxquels je suis abonné. Je choisis dans cette avalanche à flux constant ce que je crois être le plus digne d’intérêt pour les visiteurs potentiels. Il me faut environ huit heures par jour pour offrir un sommaire que j’estime refléter plus ou moins les attentes des visiteurs. J’ai fait cela plus de trente ans dans la presse écrite : un rédacteur en chef reste un rédacteur en chef, même sur le web. Qu’on le nomme de plus en plus “curator” ne change rien à la chose.

En un an, même en tenant compte des trois premiers mois qui n’étaient pas encore le Filière Livre actuel mais un bloc-notes affectif sur la lecture, j’ai ainsi mis en ligne 8 600 articles. Plus de 106 000 personnes ont honoré Filière Livre de leur visite. Ce qui correspond à 250 000 pages lues. Je ne suis pas né statisticien et je n’en tire (provisoirement) aucune conclusion. Mais j’ai la faiblesse de penser que cela sert à un certains nombre d’internautes répartis en France bien sûr et en Europe, mais aussi au Canada, aux États-Unis, en Amérique du Sud, au Maghreb et en Afrique de l’Ouest. Pas si mal quand on travaille seul dans son coin. Souvent, au cours de mes innombrables clics et pauses imposées par le trafic de l’internet, j’ai une pensée émue pour ce brave Théophraste Renaudot qui inventa la publicité avec son Bureau d’adresse (1629) et la presse avec sa Gazette, journal hebdomadaire (30 mai 1631), ancêtre de tous nos journaux. Il fallait plus de créativité et de courage à cette époque qu’il n’en faut aujourd’hui pour ouvrir et tenir sans faillir un quotidien en ligne.

Merci à tous les internautes (genre neutre) pour avoir fait l’essentiel : me donner envie de continuer en essayant de faire mieux.

 

24 Février

Le génie n’immunise pas contre l’erreur

On peut être un grand écrivain, un humaniste respectable, un penseur apprécié et… ne pas avoir raison sur tout.

Je viens de lire l’article de Nicolas Gary « Les appels au boycott d’Israël sont des actes de racisme (Eco) », repris par Filière Livre sur l’excellent site actuallite.com.

Le romancier Ian McEwan qui recevait le prix littéraire de Jérusalem a décidé de venir le recevoir, malgré ce qu’on pouvait lui conseiller. Remarque pertinente de l’intéressé : «Si je ne me rendais que dans les seuls pays que j’approuve, je ne quitterais probablement jamais mon lit».

Sur ce, lors de la réception de son prix, il met à profit la tribune généreusement offerte par la Foire du livre de Jérusalem pour dire, si ce n’est leur quatre vérités aux dirigeants israéliens, du moins une partie du mal qu’il pense de leur politique. Qui dans cette intervention voit une attaque contre le peuple israélien ? Umberto Eco ! Oui, le très respectable et unanimement apprécié Umberto Eco. Il aurait déclaré : « Je considère qu’il est absolument fou et fondamentalement raciste d’assimiler un étudiant, un citoyen, avec les politiques de son gouvernement. » L’information émanerait du quotidien Haaretz l’un des quatre plus grands quotidiens nationaux en Israël dont l’influence est plus importante que sa diffusion. Sur la phrase elle-même, on ne peut qu’être d’accord. Mais en l’occurrence, ce n’était, me semble-t-il, nullement au peuple israélien que McEwan s’adressait. Parenthèse : les étrangers qui critiquent la politique diplomatique actuelle de la France ne s’adressent pas aux Français mais à ceux qui les gouvernent. Idem pour McEwan avec Israël et son peuple. Alors boycotter Israël est-il raciste ? « That is the question » aurait peut-être répondu le Maître de Stratford-upon-Avon. Je sais bien que je vais reprendre une antienne actuelle, mais boycotter jadis l’Afrique du Sud, celle de l’apartheid, était-ce faire preuve de racisme ? Mandela doit penser que non. Alors, y aurait-il un apartheid plus juste qu’un autre ?

 

17 Février

S’adapter ou mourir

« Le libraire Borders victime du numérique ». C’est le titre d’un article de l’Express, suite à la faillite de la chaîne internationale de librairies basée à Ann Arbor dans le Michigan. Ce jugement sommaire va sûrement tourner en boucle dans la presse et surtout dans la tête des ennemis des livrels. Comme si, en son temps, l’invention de l’aspirateur avait enlevé leur travail aux femmes de ménage… Le fait est qu’elles ont appris à s’en servir.
On peut penser que l’invention de l’imprimerie a transformé bien des choses dans l’univers du livre. Les copistes ont dû s’adapter ou disparaître. Mais ils avaient souvent la garantie de l’emploi dans leurs monastères, ce qui n’est peut-être pas le cas des libraires de Borders. Je ne sais comment est dirigé ce mastodonte qui possède plus de 500 boutiques sur le territoire américain. Si ses dirigeants et ses libraires (pour autant que leur avis ait été sollicité) avaient réfléchi un peu mieux à l’avènement des nouvelles et révolutionnaires technologies, ils auraient peut-être trouvé une parade. Mais ils semblent avoir privilégié la politique de l’autruche. Il arrive aussi que des gens croient aux miracles et pensent que ces désagréments ne sont que provisoires. Désolé pour eux, mais je ne vois pas comment le développement du marché numérique pourrait s’enrayer au point de leur donner raison.

En bon adepte de Darwin, je pense qu’en matière d’édition les lois de la nature ont l’air de s’appliquer parfaitement. S’adapter ou mourir : Borders aurait dû y penser. Mais il est vrai qu’aux États-Unis le créationnisme fait un tabac. Mauvais pour la santé des libraires…

18 janvier

Sans honte aucune, je l’avoue : il ne m’est jamais arrivé d’ouvrir un livre de PPDA. Je ne l’ai jamais non plus beaucoup regardé présenter un JT, Télé Bouygues étant proscrite à la maison depuis sa douteuse naissance. Aussi, n’ai-je rien de particulier contre PPDA : ni intérêt ni aversion. Une sorte d’indifférence troublée de temps en temps par la lecture de quelques articles sur le journaliste ou l’écrivain. Assez pour me tenir au courant et savoir à peu près à quoi m’en tenir sur l’homme public, voire sur l’homme privé.

Mais voici que brutalement l’homme-vedette (comme on est homme-sandwich) fait la une de la presse écrite, parlée, télévisée ou électronique. Il y a d’abord la lamentable histoire de sa biographie consacrée à Hemingway (un grand journaliste, lui). Puis apparaît dans la foulée une nouvelle affaire de potentiel plagiat à propos de « Fragments d’une femme perdue » (vous avez lu tout ça sur Filière Livre). On dresse l’oreille. Car le lièvre est à nouveau soulevé par l’hebdomadaire « L’Express ». Coïncidence ou persécution ? Professionnalisme sans doute… Toujours est-il qu’il lui faudra se justifier de cette seconde affaire le 9 février prochain devant la 17e chambre civile du TGI de Paris. Coupable ou non, je lui fais confiance pour trouver de bons avocats. Et je ne suis nullement inquiet pour son avenir. Il me suffit seulement d’être un peu inquiet de la versatilité d’une partie de notre société. Car il y a franchement une ambiance d’hallali dans l’air !

Cette histoire me remet en mémoire cette phrase lue jadis dans le « Journal » des Goncourt (pour leurs idées, deux types exécrables ceux-là). Je  cite (après vérification)  : « Puis, il faut bien le dire, avec l’habitude de faire un roman toutes les années, un roman en courant et avec la glane rapide du dernier assassinat, du dernier adultère, du dernier fait typique, mêlée de racontars d’après-dîner de gens du monde, ces messieurs n’atteignent pas à l’intérêt biographique d’une Renée Mauperin… » (Goncourt, Journal, 1889, p. 995). Bien vu, non ?

6 janvier

Ces jours-ci, les nègres ont fait parler d’eux à deux reprises, sur deux continents, dans deux contextes différents, les deux étant bien entendu liés au Livre. Je n’ignore pas la connotation raciste contemporaine du mot nègre. À tel point que j’avais longuement hésité en créant la rubrique « auteurs » à l’y associer, même si son usage est toujours en vigueur. Mes réticences s’évanouirent quand je notai à l’automne la parution du livre de Jean-Michel Olivier : L’amour nègre.(Prix Interallié 2010). Poussant alors ma curiosité plus loin, je découvris que les titres de livres ne s’embarrassaient guère de préjugés post-coloniaux. Petite liste, non exhaustive : Batouala : véritable roman nègre (René Maran), Propos coupés-décalés d’un Nègre presque ordinaire (Alain Mabanckou), Nègre marron (Raphaël Confiant), Le Nègre vous emmerde : pour Aimé Césaire (Claude Ribbe), La Nègre (Béatrice Deparpe), Tête de Nègre (Daniel Picouly), etc., etc. Sans oublier Une tempête : d’après La tempête de Shakespeare, adaptation pour un théâtre nègre  du grand Aimé Césaire…

Aux États-Unis, c’est la nouvelle édition des aventures de Huckleberry Finn qui a déclenché la polémique. En février doit paraître une version réalisée par Alan Gribben, professeur d’anglais à l’université Auburn de Montgomery. Ce dernier a décidé que le mot « nigger » datait et restait entaché de racisme. Soit. Il l’a donc remplacé 219 fois par le mot « slave » (esclave) qui a dû lui paraître plus politiquement correct. De quoi déclancher l’ire du New York Times « horrifié » par cette volonté d’expurger le texte de Mark Twain de son langage controversé. Argument du grand quotidien américain : « Il ne s’agit pas simplement d’édulcorer le texte. Il s’agit aussi d’édulcorer l’histoire sociale, économique et linguistique. Utiliser le terme « esclave » au lieu de « nigger » laisse entendre que toute l’offense se trouve dans l’usage de ce terme et non, plus globalement, dans l’institution esclavagiste. » Bien dit.

D’après l’enseignant, sa démarche serait inscrite dans une volonté de « nous éloigner de l’obsession pour ce mot et de laisser l’histoire nous parler ». Mais Mark Twain vivait au XIXe siècle et il paraît normal pour un écrivain d’utiliser le vocabulaire de son époque s’il souhaite en refléter les tendances dans ses textes. De même, Joe l’Indien, appelé « Injun Joe » de façon triviale par les personnages de Mark Twain en anglais, redevient « Indian Joe » dans la nouvelle version de « Tom Sawyer ». L’heure serait là-bas comme ici au gommage des aspérités racistes. Bien qu’au Canada, un white nigger désigne un Québécois…

Quasiment en écho à cette agression d’un classique de la littérature américaine, largement intégré au patrimoine littéraire mondial, le mot nègre a surgi dans la polémique entachant la sortie du livre de Patrick Poivre d’Arvor. Erreur de l’éditeur, laxisme d’un nègre cossard, plagiat délibéré de l’auteur ? On ne le sera sans doute jamais, malgré les démentis. Il reste que le mot semble toujours faire injure aujourd’hui même quand il s’agit d’esclaves (slaves) du livre.

20 décembre

«  Comme chacun, je veux tout savoir de ce qui s’est passé depuis la mise sur le marché du Mediator en 1976. Je veux comprendre pourquoi, malgré certaines mises en garde, malgré une parenté chimique avec des molécules interdites, ce médicament est resté sur le marché pendant trente-trois ans  » C’est ce que déclare le Ministre de la Santé dans une interview au Figaro.

En juin dernier, Irène Frachon, professeur au CHU de Brest publiait un ouvrage qui posait la question du nombre de morts provoqués par ce médicament produit par les laboratoires Servier. À cette époque, le tribunal de grande instance de Brest, saisi d’une plainte de ces mêmes laboratoires, condamnait la maison d’éditions Dialogues à retirer le sous-titre « Combien de morts » de la couverture du livre, sous peine d’une astreinte de 50 euros par exemplaire vendu avec cette mention. Ne jetons pas la pierre au tribunal quand l’administration sanitaire avait elle-même oublié de jouer son rôle de vigilance.

Bien que le médicament fût déjà suspendu, le juge avait estimé qu’il y avait préjudice pour le laboratoire Servier… Ah, bon ? Oui car, précisait-il, finaud, : « S’il advenait finalement qu’après analyse la suspension soit levée et la diffusion des produits à base de benfluorex rétablie, le dénigrement provoqué par la mention litigieuse se révélerait grandement source de discrédit, tant pour le produit que pour le fabricant du produit ». L’hypothèse inverse ne leur a même pas traversé l’esprit, j’imagine…

Le fait que les laboratoires Servier aient leur siège à Neuilly-sur-Seine n’a rien à voir avec l’impunité dont ils semblent avoir joui depuis de nombreuses années. Aucun rapport non plus avec ce que disait Nicolas Sarkozy à Jacques Servier, patron des laboratoires du même nom, en l’élevant au rang de Grand Croix de la Légion d’Honneur en 2009 : « En tant qu’entrepreneur, vous avez été souvent sévère à l’endroit de l’administration française. Vous critiquez l’empilement des mesures, des normes, des structures et vous avez raison ». Un empilement qui a permis à Servier de maintenir en vente le médicament dont toute la planète savait déjà qu’il pouvait entraîner la mort.

Maintenant, je me pose la question de l’appel du jugement de juin dernier, lequel non seulement constituait une censure de fait, mais aussi un problème financier pour la jeune maison d’édition qui avait accueilli le livre du Docteur Frachon. La morale voudrait que le prochain jugement fasse payer aux laboratoires Servier le préjudice moral, une  »  source de discrédit  » en quelque sorte pour les éditions Dialogues et le Dr Frachon, traînée dans la boue médiatique à plusieurs reprises. Et par équité, le jugement devrait aussi infliger une peine financière dédommageant substantiellement «  le fabricant du produit  », en l’occurrence l’éditeur et son auteur. Mais la morale a-t-elle quelque chose à voir avec ce scandale ?

8 décembre

Le compteur l’a fait dans la nuit de mardi à mercredi : Filière livre a dépassé la barre des 30 000 visiteurs. Pas de quoi pavoiser, certes. Mais pourquoi bouderais-je mon plaisir ? Ce n’est pas cette petite (et première) performance qui retient mon attention. L’intérêt de ce résultat, c’est qu’il me confirme l’idée que ce blogue peut avoir une utilité. Ce qui n’était nullement évident il y a un peu plus de sept mois !

J’admets sans réserve qu’il ne s’agit sans doute pas de l’idée du siècle. Je n’ai fait qu’emprunter le concept à Google actualités (ou à Courrier international dans une autre mesure, bien que le principe soit différent) et de monter ma sauce personnelle. Et puis, surtout, je me suis inspiré de mon expérience de la presse écrite professionnelle. Car c’est un peu de cela qu’il s’agit. Pour avoir œuvré dans la presse écrite grand public puis dans la presse destinée aux professions, j’ai privilégié cette dernière piste quand j’ai eu envie de consacrer un blogue au livre.

La Toile regorge de sites et de blogues dédiés à la littérature et ce qui gravite autour. Mais peu s’intéressent au livre en tant que produit et phénomène de société. J’en découvre de temps en temps au hasard de ma veille investigatrice, mais pour l’essentiel la notion de livre est traitée à partir de la littérature sous ses multiples formes. Avec plus de 70 rubriques, je pense aller plus loin et cerner à peu près ma cible : le livre, dans toutes les acceptions du mot. Même s’il m’arrive de douter ou de découdre pour recoudre.

L’étape des 30 000  n’a plus qu’à être confirmée dans les mois qui viennent. Le vrai bilan (encore qu’également provisoire) pourra être fait le 30 avril prochain, date anniversaire de l’ouverture de Filière livre. Déjà je vois une évolution mensuelle satisfaisante. Fin avril, je connaîtrai  l’exacte montée en puissance. Si celle-ci s’avère honorable, peut-être faudra-t-il alors glisser vers un vrai site lequel pourrait bénéficier d’une présentation graphique moins figée. Car, il faut bien le dire, les fournisseurs de blogues gratuits sont peu nombreux et ceux que j’ai visités ont tous leurs avantages et leurs inconvénients. Ces derniers l’emportant sur les premiers. Mais la technique ne cesse d’évoluer. Patience, donc ! Et merci à tous ceux et toutes celles qui s’intéressent à Filière livre.

5 novembre

Dans Livres Hebdo n° 839 paru le 29 octobre, Françoise Chandernagor de l’Académie Goncourt analyse les statuts de cette académie dont elle est membre à la lumière de l’« autoédition » et du « livre numérique ».

« Les statuts et le règlement intérieur de l’académie Goncourt ne font aucune référence explicite ni implicite à la notion d’autoédition « , déclare-t-elle. Naturellement cette réaction fait suite à l’entrée du livre autoédité de Marc-Edouard Nabe dans la sélection du Renaudot le 19 octobre dernier… L’Académie Goncourt, semble donc exposer par la voix de Mme Chandernagor  sa perception de «l’autoédition» et du «livre numérique ». Pour Mme Chandernagor : « Un livre qui n’existerait que sur support numérique ne semble donc pas pouvoir concourir pour l’attribution du Goncourt ». Le couperet est tombé.

On se demande pourquoi un tel jugement péremptoire. Certes, le Jury du Goncourt fait ce que bon lui semble. Mais dire qu’il n’y a aucune référence à quelque chose et en tirer la conclusion que ce quelque chose n’a donc pas lieu d’être évoqué semble pour le moins un peu rapide en même temps qu’excessif. On ne fera pas l’injure à Françoise Chandernagor de penser à sa place que le péché originel d’un livre autoédité serait qu’il n’appartient à aucune écurie… Il s’agit en fait d’un livre à compte d’auteur. Or, il n’y a pas de honte à s’autoéditer. D’illustres écrivains ont commencé ainsi faute de trouver un éditeur. Mais si je comprends bien la pensée de notre procureur, ce détail pourrait être secondaire. Le fait est que Mme Chandernagor ne reconnaît comme livre que l’objet de papier sur lequel est imprimé un texte. C’est donc obligatoirement un objet matériel, ce que ne serait pas, a contrario, le livre numérique. C’est juste puisque l’on parle de livre dématérialisé, voire virtuel. La question est certes essentielle. Mais rappelons qu’avant le papier il y eut le parchemin, le tissu, le papyrus, l’argile, autant de supports qui ont permis de conserver des textes depuis que l’humanité a inventé l’écriture. Un texte a-t-il jamais été récusé à cause du matériau sur lequel il se trouvait consigné ? Sans doute pas. J’en tire la conclusion que l’important n’est pas le contenant mais le contenu. Le livre c’est avant tout un texte et peu importe sur quel matériau il faut le déchiffrer. La réticence de Mme Chandernagor à l’égard du livre numérique fut peut-être celle des académies de peinture quand apparut la photographie. On connaît la suite…

25 octobre 2010

Les prix littéraires sont tellement ancrés dans notre culture nationale qu’on pourrait difficilement se passer de cette grand-messe automnale… Voire. Personnellement, je n’y ai jamais attaché d’importance : j’ai acheté seulement une fois dans ma vie un roman qui venait d’avoir le Goncourt (je l’ai d’ailleurs presque regretté). Et quand Marguerite Duras a obtenu ce prix pour L’Amant, il y a belle lurette que je l’avais lu…

Voici quelques jours la Bibliothèque du Centre Pompidou a organisé un débat sur le thème. C’est dire si le sujet porte en lui la polémique. On sentirait presque comme « l’insurrection qui vient ». Car après tant d’années de bourrage de crâne, il va bien arriver que les foules se rebiffent.  Je dis cela, mais je n’en suis pas vraiment sûr.

Le fromage existe : il faut donc le partager. D’un autre côté, je ne suis pas mécontent que des écrivains puissent s’enrichir grâce à ce système (et aussi très souvent leur talent). Pour ou contre les prix littéraires, il convient d’admettre que c’est avant tout une histoire de gros sous. Dans ce Monopoly, les quatre grands (vous les avez reconnus) font les gros titres. Et dans une certaine mesure il faut peut-être s’en féliciter. Car avec la manne financière ainsi drainée vers les éditeurs (très souvent les mêmes), ceux-ci peuvent vivre et faire leur métier, du moins je l’espère.

Mais dans cette liturgie, ce qui me consterne, c’est la prolifération du genre.

En effet, les prix dits littéraires n’ont cessé de se multiplier (b.a.-ba du marketing, même inconscient). Mais cette avalanche a de quoi décontenancer. Pour en suivre les résultats au jour le jour, je peux dire mon étonnement devant cette profusion. Bientôt chaque commerce de proximité aura son prix ! Mon savetier comme mon financier. Ce n’est pas faire injure à toux ceux qui essaient sincèrement de faire ainsi la promotion de la lecture (et la leur en même temps, cela va de soi), mais trop c’est souvent trop.

C’est pourquoi, notre rubrique consacrée aux prix va mettre en sourdine certains résultats. J’espère que les chaumières de Trifouilly-les-Oies (dont le lauréat du prix éponyme n’est toujours pas connu) ne nous en tiendront pas rigueur. Mais j’ai des doutes sur la qualification auto-proclamée…

10 octobre 2010

Les livres font partie de ma vie depuis ma toute petite enfance. Je n’ai jamais cessé de lire depuis  que l’on m’a enseigné cette magnifique discipline : la lecture. À huit ou neuf ans, je lisais en période de vacances scolaires jusqu’à deux volumes par jour de la fameuse Bibliothèque verte. Et je connaissais son catalogue par cœur afin de repérer ce qu’il me plairait de lire bientôt. Mes parents et mon entourage n’arrivaient pas à alimenter ma boulimie livresque malgré leur générosité. Je me rabattais donc sur les catalogues. J’ai conservé cette habitude et je lis souvent ceux de livres anciens que des libraires, dont je suis client, m’adressent à ma demande. Aujourd’hui, bien que je ne sois pas bibliophile, c’est plus pour vérifier si un ouvrage de ma bibliothèque n’aurait pas plus de valeur que je ne l’imagine… Il n’empêche : j’aime toujours lire ces résumés qui vous mettent en appétit tels des amuse-bouche à l’heure de l’apéritif.

En décidant de créer un blog consacré au livre, je me fais donc le plus grand des plaisirs : celui de mettre le nez quotidiennement dans des dizaines d’informations traitant du livre d’une manière ou d’une autre. Toute ma vie, j’ai lu beaucoup de critiques littéraires. Dès l’adolescence, je dévorais chaque semaine Les lettres françaises, Le Figaro littéraire et les Nouvelles littéraires. Plus tard, je devins un fan du Monde des livres que je conservais précieusement de la même façon qu’auparavant j’avais amassé des articles découpés dans les hebdomadaires cités et soigneusement collés dans des cahiers… Je mesure combien ceci peut paraître archaïque aujourd’hui, à l’heure de l’internet. Plus tard je fus abonné au Magazine Littéraire dont je possède encore les 200 premiers exemplaires et beaucoup d’autres (promis à ma fille)… J’ai longtemps été abonné également à la Quinzaine littéraire et à Livres-hebdo pour des raisons professionnelles mais aussi pour le plaisir de me tenir informé de cet univers qui m’intéresse tant. Les livres et leurs contenus requièrent l’essentiel de mon attention, mais j’aime aussi savoir ce qui se passe autour d’eux, les gens qui agissent dans l’ombre pour nous offrir (façon de parler) des ouvrages dont se meublent nos mémoires et nos bibliothèques. Car les  métiers du livre me fascinent tous, chacun à sa façon.

Au fur à mesure des semaines passées à dépouiller et à sélectionner les articles signalés pas Filière Livre, j’ai mesuré que j’avais perdu contact avec cet univers en constatant le nombre étonnant de petites maisons d’édition. Il y toujours eu de ces petites entreprises, reposant souvent sur la foi ou la folie d’un homme ou d’une femme . Mais aujourd’hui je suis frappé par la notoriété que certaines acquièrent en peu de temps. Étonné aussi que des auteurs établis les préfèrent à de grandes signatures comme Gallimard, Flammarion, Laffont et autres Calmann-Lévy (l’éditeur de Patricia Highsmith dont je fus et reste fan) ou les Éditions de Minuit (l’éditeur de Marguerite Duras, essentielle pour moi). Cette floraison d’éditeurs nouveaux souligne, me semble-t-il, la vitalité d’une profession dont tant de spécialistes voient l’avenir en sombre. Il y a de plus en plus de gens qui écrivent, de plus en plus d’éditeurs, gagne-petits parfois, mais audacieux, créatifs et pleins d’intérêt pour leur profession. Je suis sûr que celle-ci est pour eux, avant tout, une vocation. Je les comprends. Et c’est ce qui les rend si attachants !

S. B.

2 Réponses à “Mon grain de sel”

  1. Bettina dit :

    Votre blog est génial, très riche. Boulot dingue!
    On y apprend énormément de choses quand on n’est pas dans le monde de l’édition mais qu’on écrit, et voilà, je tenais à vous le dire.
    A bientôt… je vous ai mis en lien sur mon blog.
    Bettina

    Dernière publication sur FICTIONS et FRICTIONS : Bruxelles ciblée, Bruxelle brisée, Bruxelles martyrisée...

  2. Bettina dit :

    Et en plus vous êtes un passionné de Duras… moi aussi. Elle a in-ven-té! ET maintenant, il faut s’accrocher pour faire du neuf, du fort, de l’essentiel.
    Je travaille, mais c’est très dur. On n’est jamais arrivé en Ecriture… et puis, je suis d’abord tentée de rire, de ne jamais tout à fait me prendre au sérieux… mais malgré soi… les prétentions se manifestent. Alors, je lutte, je combats cette tendance humaine, « trop humaine »,mais bon…
    Ce n’est pas grave… ce qui restera et ce qui tombera dans l’oubli… on ne sait jamais.

    Dernière publication sur FICTIONS et FRICTIONS : Bruxelles ciblée, Bruxelle brisée, Bruxelles martyrisée...

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