Le Camp des Saints de Jean Raspail : livre brûlot

Posté par Serge Bénard le 1 mai 2011

Les éditions Robert Laffont viennent de rééditer en grand format, le livre brûlot de Jean Raspail : Le Camp des Saints, un ouvrage paru à l’origine en 1973, et qui, quarante années plus tard, fait un retour remarqué en s’inscrivant au cœur des débats récents sur l’identité nationale et de l’actualité avec les exilés qui affluent actuellement à Lampedusa. Un roman qui fascina autant Ronald Reagan que François Mitterrand.

 

Dans la nuit, sur les côtes du midi de la France, cent navires à bout de souffle se sont échoués, chargés d’un million d’immigrants. Ils sont l’avant-garde du tiers-monde qui se réfugie en Occident pour y trouver l’espérance. 

À tous les niveaux, conscience universelle, gouvernements, équilibre des civilisations, et surtout chacun en soi-même, on se pose la question trop tard : que faire ? C’est ce choc inéluctable que raconte Le Camp des Saints. 

Paru pour la première fois en 1973, Le Camp des Saints est le livre qui a fait connaître Jean Raspail au grand public. Il révélait la fascination de l’auteur pour les causes perdues et les peuples disparus. « Y a-t-il un avenir pour l’Occident ? » s’interrogeait-il à l’époque. Certains ont été choqués par la façon dont la question était posée, d’autres, en France comme à l’étranger, ont parlé d’oeuvre prophétique. 

« On n’épousera ou on n’épousera pas le point de vue de Jean Raspail, pouvait-on lire sur la quatrième de couverture de la première édition. Au moins le discutera-t-on, et passionnément ».

Le camp des saints

En 2010, ce débat n’a rien perdu de son actualité. À l’occasion de cette nouvelle édition, dans une préface intitulée Big other, Jean Raspail revient sur le destin du Camp des Saints et s’interroge sur l’actualité des questions politiques qui sont au coeur de ce roman. 

Trente-huit ans plus tard, Jean Raspail affirme en parlant de son livre : « Je n’en renie pas une ligne. Mais, il faut avouer, c’est du brutal ! » 

Le Camp des Saints de Jean Raspail 
396 pages 
Prix : 22 euros 
ISBN : 2-221-12396-4

Source : http://www.senioractu.com/Le-Camp-des-Saints-de-Jean-Raspail-livre-brulot_a13745.html

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William Faulkner : «Comment je suis devenu écrivain»

Posté par Serge Bénard le 1 mai 2011

 

En 1956, William Faulkner répondait aux questions de la «Paris Review», revue littéraire américaine aujourd’hui rééditée. Voici des extraits de cet entretien demeuré inédit en français.
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Né en 1897 dans le Mississippi, William Faulkner est l’auteur d’une oeuvre majeure (romans, nouvelles, scénarios de films) couronnée par le prix Nobel de littérature en 1949. Il meurt en 1962. (c)AFP

Si Shakespeare avait pu être interrogé par les journalistes, il aurait certainement choisi de répondre aux questions de la «Paris Review». Fondée, hélas, plus tardivement (au début des années 1950), cette revue littéraire, qui tire son nom d’avoir été créée à Paris par trois fins lettrés américains, a ainsi pieusement recueilli les propos des Shakespeare des temps modernes.

Faulkner s’est aussi prêté à l’exercice, au cours d’un long entretien avec Jean Stein jamais publié en français, et dont on verra qu’il apporte, sur certains épisodes de sa vie comme sur sa conception du métier d’écrivain, un éclairage exceptionnel. Un Faulkner inédit, profondément humain, diablement ironique, fidèle à sa légende d’enfant du Sud, aussi coriace que subtil…

Didier Jacob

***

Monsieur Faulkner, vous avez dit, il y a un certain temps, que vous n’aimiez pas les interviews.

William Faulkner. – La raison pour laquelle je n’aime pas les interviews, c’est que j’ai toujours l’air de répondre brutalement aux questions personnelles. Si les questions portent sur mon travail, j’essaie de répondre. Quand elles portent sur moi, il se peut que je réponde, il se peut que je ne réponde pas, mais même si je le fais, si jamais la même question m’est posée le lendemain, la réponse peut être différente.

Que pouvez-vous nous dire de vous en tant qu’écrivain?

W. Faulkner. – [...] Je pense que si je pouvais récrire toute mon oeuvre, je suis persuadé que je ferais bien mieux, ce qui est l’état d’esprit le plus sain pour un artiste. C’est pour cela qu’il continue à travailler, à essayer encore; il croit chaque fois qu’il va y arriver, qu’il va réussir. Bien entendu, ce ne sera pas le cas, c’est pour cela que c’est un état d’esprit sain. S’il réussissait, s’il parvenait à faire coïncider l’oeuvre et l’image, le rêve, il ne lui resterait rien d’autre à faire que se trancher la gorge, sauter de l’autre côté de ce pinacle de perfection vers le suicide. Je suis un poète raté. Peut-être tous les écrivains veulent-ils écrire d’abord de la poésie, constatent qu’ils ne le peuvent pas et essaient ensuite les nouvelles, la forme la plus exigeante après la poésie. Et, échouant à cela aussi, c’est alors qu’ils se lancent dans l’écriture de romans.

Lire la suite : http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20110428.OBS2032/william-faulkner-comment-je-suis-devenu-ecrivain.html

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Henry Miller revisité

Posté par Serge Bénard le 29 avril 2011


27 Avril 2011 Par Michel Boujut


Personne aujourd’hui ne remet plus en cause le torrentiel Henry Miller, jadis dénoncé comme «l’odieux corrupteur de la jeunesse» ou «le pornographe infâme». On ne parle plus trop de lui, à vrai dire, comme s’il était rentré dans le rang, reconnu désormais d’utilité publique et monument patrimonial de la culture anglo-saxonne.

Henry la colère a pourtant soulevé d’enthousiasme des générations successives de lecteurs, tels le critique et éditeur Maurice Nadeau subjugué, au lendemain de la guerre, par les premières lignes de son «Tropique du Cancer»: «J’habite Villa Borghèse. Il n’y a pas une miette de saleté nulle part, ni une chaise déplacée. Nous y sommes tout seul, et nous sommes morts.» De livre en livre, disait Nadeau, «Miller est le propre héros de ses récits, mais ses récits ne relèvent pas de la simple autobiographie. Son œuvre est une création à la fois poétique et romanesque.» Ce qu’il a vécu, ressenti, il le transforme, en effet, le dramatise et le magnifie. Si le monde est un enfer ou un «cauchemar climatisé», il fait confiance pour le changer à sa propre force vitale, à ses pulsions, à ses désirs et à ses indignations. «Toujours vif et joyeux», telle est sa devise.

Simenon qui fut son ami le tenait «pour une sorte de saint laïque». D’autres pour un sage au visage de bonze tibétain, ou pour le fossoyeur du puritanisme. Après avoir exercé dans ses jeunes années tous les métiers imaginables, il ne s’était voué que relativement tard à la littérature. «Je fis vœu, dira-t-il, de ne plus jamais travailler pour personne. Je serai écrivain ou je crèverai de faim!» Il tiendra parole. Revenu aux Etats-Unis après ses années parisiennes d’avant-guerre, il y poursuivra son œuvre hérétique et insoumise – «une apocalypse en plusieurs volumes» qui rompt les digues de tous les conformismes avec une fureur superbe.

Lire la suite : http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-boujut/270411/henry-miller-revisite

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Une version non censurée du Portrait de Dorian Gray

Posté par Serge Bénard le 29 avril 2011

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Une version non-censurée du Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, le grand classique de la littérature anglaise, est publiée par Harvard University Press, 120 ans après que la presse britannique a qualifié l’œuvre de «vulgaire», «sale» ou encore «toxique». L’éditeur d’Oscar Wilde, J.M. Stoddart, avait déjà supprimé une série de passage «désobligeants» du roman avant même qu’il paraisse pour la première fois dans la revue littéraire Lippincott’s Monthly Magazine en juin 1890, rapporte The Guardian. Des passages qui explicitaient la nature homosexuelle des sentiments de l’artiste Basil Hallward pour le jeune Dorian Gray et qui accentuaient l’homosexualité de Dorian Gray lui-même. Assurant à son employeur Craige Lippincott qu’il allait rendre le livre «acceptable pour les esprits les plus fastidieux», Stoddart avait également enlevé le terme «maîtresses» qui désignait les amantes de Dorian Gray. L’indignation publique qui a suivi la publication du roman avait forcé Oscar Wilde à le modifier davantage avant sa parution sous forme de livre en 1891. Le journal britannique Daily Chronicle écrivait: «Il s’agit d’un conte né de la littérature lépreuse des décadents français, un livre toxique dont l’atmosphère est pleine des odeurs méphitiques de la putréfaction morale et spirituelle.» L’écrivain et critique littéraire Brooke Allen précise dans un article du 26 avril sur le site du libraire Barnes and Noble que la critique du Daily Chronicle n’est qu’une succession de mots codés pour désigner l’homosexualité, «un mot qui n’est apparu dans la langue anglaise que deux ans plus tard». The Guardian donne l’exemple d’un passage censuré. Dans la version originale, Hallward dit à Dorian Gray: «It is quite true I have worshipped you with far more romance of feeling than a man should ever give to a friend. Somehow I have never loved a woman» («Il est vrai que je vous ai vénéré avec bien plus de sentiments romantiques qu’un homme devrait avoir pour un ami. En fait, je n’ai jamais aimé de femme.») Après censure, le passage donne: «From the moment I met you, your personality had the most extraordinary influence over me.» («Du jour où je vous rencontrai, votre personnalité eut sur moi une influence extraordinaire.»)

Photo: Oscar Wilde painted portrait _DDC0272/Adobe of Chaos via Flickr CC License by

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Document : « Le Bourrage de crâne » (1937), par Victor Serge

Posté par Serge Bénard le 28 avril 2011

Publié le 27 avril 2011 par Victor Serge

Popularisé par les opposants à l’Union sacrée durant la guerre de 1914-1918 pour dénoncer les outrances et les mensonges de la propagande des belligérants, l’expression « bourrage de crâne » fut également utilisée durant l’entre-deux guerres, en particulier dans les milieux révolutionnaires, toujours suspicieux envers les manipulations et les errements de la grande presse et son « abominable vénalité », selon le titre d’un livre de l’époque. 

Dans l’article que nous reproduisons ci-dessous avec l’autorisation des éditions Agone, l’écrivain militant Victor Serge (1890-1947) [1] dresse un bref florilège de cette pratique du mensonge, « vieille comme la presse », qui a pu prendre des formes différentes selon les époques, bien loin, aujourd’hui comme hier, du « moyen d’éducation » et du « précieux stimulant à la vie intellectuelle et morale » que pourrait être une information libérée des puissances financières et des propagandes étatiques. 

L’ensemble des 202 chroniques écrites par Victor Serge de juin 1936 à mai 1940 pour le quotidien belge La Wallonie sont reproduites sur le site d’Agone. 93 d’entre elles ont fait l’objet d’une publication en volume sous le titre Retour à l’Ouest (Agone, coll. Mémoires sociales, 2010).

 

Lire la suite :  http://www.acrimed.org/article3580.html

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Sénégal – ‘’Murambi, le livre des ossements’’ réédité

Posté par Serge Bénard le 27 avril 2011

‘’Murambi, le livre des ossements’’ réédité avec une postface instructive

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Dakar, 26 avr (APS) – La maison d’édition française Zulma, pour son vingtième anniversaire, vient de rééditer ‘’Murambi, le livre des ossements’’, l’un des premiers romans sur le génocide des Tutsi du Rwanda, en 1994, une réédition agrémentée d’une postface instructive de l’auteur, le Sénégalais Boubacar Boris Diop.

S’il constate une meilleure connaissance de ce qui s’est passé au Pays des Mille Collines depuis la première publication, en 2000, de son roman, grâce à une riche production scientifique et littéraire, Diop déplore l’absence quasi-totale des intellectuels africains dans toutes les bibliographies relatives au génocide.

‘’A ma connaissance, écrit-il, les intellectuels africains sont les seuls au monde à refuser, sous les prétextes les plus variés et divers, mais souvent hautement farfelus, de prendre en compte les faits historiques pouvant avoir de si graves conséquences sur le destin des générations futures.’’

‘’Murambi’’ de Boubacar Boris Diop c’est l’histoire de Cornelius, qui revient au Rwanda après un exil d’une vingtaine d’années à Djibouti. Il n’a pas connu le génocide de 1994, mais une fois chez lui, il se livre, à l’épreuve de la réalité, à un travail de mémoire pour essayer de comprendre ce qui a bien pu mener au massacre de près d’un million de personnes.

Rappelant que depuis la première parution du livre, il y a onze ans, il a été amené à discuter de son contenu avec les publics les plus divers, dans de très nombreux pays, l’écrivain avoue, même cela ne lui plaît pas, que c’est en Afrique même que le refus de s’intéresser aux Cent-Jours du Rwanda, d’en analyser les mécanismes spécifiques ou de simplement en parler, lui a toujours paru le plus manifeste.

Lire la suite : http://www.aps.sn/aps.php?page=articles&id_article=79497

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Émotion forte : La leçon de choses de Grégory Mardon

Posté par Serge Bénard le 24 avril 2011

Rédigé par Nicolas Ancion, le samedi 23 avril 2011 à 10h57

 

Émotion forte : La leçon de choses de Grégory Mardon dans Classiques et/ou rééditions v-23377Les éditions Dupuis rééditent discrètement et petit à petit certains des albums publiés à l’origine dans l’excellente collection Expresso, aujourd’hui disparue. Le public peut ainsi (re)découvrir l’un des livres les plus touchants de ce catalogue : la « Leçon de choses » de Grégory Mardon. 

Ce récit d’enfance, certainement pétri d’autobiographie, raconte l’arrivée d’un petit Parisien, Jean Pierre Martin, dans un village de campagne au milieu des années 1970. On suit son quotidien : l’école, les balades avec son copain Cyril, la vente de carnets de tombola, les disputes des parents, les mystères que l’enfant ne parvient pas à percer et les bêtises qu’on fait en cachette. Rien de très original, à première vue. Et pourtant, on tremble littéralement d’émotion au fil des pages, tant les histoires de Jean-Pierre nous touchent, tant Grégory Mardon parvient à faire vibrer un émotion palpable dans ces petits riens qui tissent la vie à la campagne. 

v-23378 dans Classiques et/ou rééditionsPour cela, l’auteur s’appuie sur un dessin tout simple et épuré, de temps à autres ponctué par une trouée dans l’imaginaire des personnages : vision de super-héros, images allégoriques, métaphores visuelles, qui créent l’épaisseur du quotidien. Il recourt aussi avec brio aux images sans texte, parfois trois pages d’affilée, pour faire pénétrer le lecteur dans la solitude de l’enfant qui déambule dans la campagne, les yeux grand ouverts, la tête emplie des questions qui le secouent : papa va-t-il quitter maman ? dois-je avouer les catastrophes que j’ai entraînées sans le vouloir ? C’est d’une richesse inouïe. Car à ces passages troublants de justesse succèdent des anecdotes drôles et mouvementées, des dialogues qui sonnent juste, des portraits de personnages taillés dans la pleine terre, qu’on garde pour longtemps dans sa mémoire, comme chacun des membres de la famille Crinchon, qui habite au bout du village, dont on dit qu’ils sont consanguins et dont tout le monde a peur, ne serait-ce que parce qu’Hervé, l’un des frères, est capable de soulever un tracteur à bout de bras.

 

Lire la suite : http://www.actualitte.com/dossiers/1412-lecon-chose-Mardon-Dupuis-BD.htm

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