Flann O’Brien – Faustus Kelly (suivi de La Soif) / The Best of Myles

Posté par Serge Bénard le 20 mai 2011

 

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Flann O’Brien ne s’est jamais gêné pour dire les choses. Malgré l’absence de succès, la censure ou les ravages de l’alcool, il n’a jamais failli non plus dans son entreprise de surprendre, d’émouvoir et de faire rire, à chaque phrase ou détour de paragraphe. Ecrivain aux identités multiples, postmoderne avant l’heure qui singeait les modernes quand la modernité régnait en maître, il négocie les courants de l’humour et de l’invraisemblance, à la frontière de la lumière et de l’obscur, avec un aplomb et un brio irrésistibles. C’est donc une nouvelle rafraîchissante d’apprendre l’existence d’œuvres d’O'Brien encore non traduites en français, le tout mis en forme par le solide travail du traducteur Patrick Reumaux.
O’Brien est l’auteur de cinq romans, dont deux au moins, Swim-two-birds et Le Troisième policier sont parmi les plus singuliers qui existent – textes d’une maîtrise époustouflante qui atteignent par moment des sommets d’invention narrative (pour le premier) et d’épure fantasmagorique (pour le second). Le Troisième policier, son chef-d’oeuvre, commence dans la plus pure tradition du roman noir (O’Brien l’a écrit entre 1939 et 1940 quand le genre était à son apogée) : son incipit (« Tout le monde ne sait pas comment j’ai tué le vieux Philip Mathers, en lui défonçant la mâchoire à coups de pelle ») est un programme à lui tout seul. Mais au lieu de développer l’intrigue policière (elle ne dure guère plus d’une vingtaine de pages), le livre bifurque et se met à osciller entre une sorte de delirium tremens et une grâce aux reflets sombres. On accède à un récit saturé de détails de toute beauté, comme les mirages d’un esprit hyperactif : paysages irlandais aux contrastes surnaturels et animés d’une vie interne ; personnages grotesques aux visages déformés ; discours impénétrables ; narrateur qui, jusqu’au bout, se convainc qu’il est encore vivant et qui rivalise de commentaires sur l’oeuvre d’un philosophe peu orthodoxe répondant au nom de De Selby.

Lire la suite :  http://www.chronicart.com/livres/chronique.php?id=12057

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