Choix du jour de libraires : Pièce rapportée, d’Hélène Lenoir

Posté par Serge Bénard le 24 octobre 2011

.. Pièce rapportée

Couverture du livre Pièce rapportée

Auteur : 

Hélène Lenoir

Date de saisie : 24/10/2011

Genre : Romans et nouvelles – français

Editeur : Minuit, Paris, France

Collection : Romans

Prix : 14.50 € / 95.11 F

ISBN : 978-2-7073-2165-7

GENCOD : 9782707321657

Sorti le : 08/09/2011

Un évènement dramatique. Accident, vélo contre moto. Claire sur le vélo. Chute, sang, urgences, coma. Famille en état de choc. Le père, à l’aigreur narcissique qui pousse des «gueulantes». Elvire, sa mère, renversée elle aussi, qui, à mesure de l’état de santé de sa fille, convoquera son passé dans un monologue intérieur souvent brisé. Deux femmes fragilisées, l’une, en convalescence depuis la naissance, l’autre, en rupture, engluée, phagocytée par cette famille bourgeoise, hypocrite et délétère. D’autres voix se feront entendre, celles de Claas, un lointain précieux cousin allemand ou Nathalie, suicidée, digérée dans le silence. Liens secrets. 
Un roman presque étouffant, sur le chaos intime, décliné sur différents modes littéraires qui donne à entendre les nébuleuses structures familiales et la place sans avenir pour la pièce rapportée. Libérateur en finesse.

Les éditions de Minuit peuvent vraiment s’enorgueillir de leur splendide catalogue riche en écrivains de très grand talent. C’est le cas avec Hélène Lenoir, auteur à la plume si précieuse mais hélas encore trop méconnue du grand public….

Source : http://www.lechoixdeslibraires.com/livre-109016-piece-rapportee.htm#316520

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Choix du jour de libraires : Un avenir, de Véronique Bizot

Posté par Serge Bénard le 17 octobre 2011

.. Un avenir

Couverture du livre Un avenir

Auteur : 

Véronique Bizot

Date de saisie : 17/10/2011

Genre : Romans et nouvelles – français

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 9782742799510

GENCOD : 9782742799510

Sorti le : 17/08/2011

Sur la très simple couverture de Un Avenir, la réplique miniature d’une cabine téléphérique, dérisoire et désuète au bout de son fil. La légende nous apprend qu’il provient d’une série nommée Jouets tristes. Un intitulé prédestiné, semble-t-il, à qualifier le désespoir ludique et l’allégresse teintée d’amertume qui, déjà présent dans son précédent roman Mon Couronnement, distingue le style de Véronique Bizot. Le point de départ de ce nouvel opuscule, cent pages à peine, tient en un simple post-scriptum : exilé pour un temps «indéterminé», Odd y prie son frère jumeau de vérifier qu’il a bien purgé l’un des innombrables robinets de la demeure familiale. Après avoir parcouru les trois cent kilomètres qui le séparent de la maison, Paul, coincé par une tempête de neige entre ses murs décrépits, s’abandonne aux souvenirs, aux hypothèses et au flux indomptable de sa folle imagination. De là, le récit fourmille de disparitions, de déconvenues et d’accidents : la maladie tropicale de son père, la, chute à cheval de sa mère, l’internement d’une de ses trois soeurs, ou encore la télécabine offerte par amour par un inconnu écossais s’écrasant à flan de roche le jour de son inauguration… Toute une ribambelle de mésaventures, domestiques ou tragiques, mais invariable ment délivrées avec le même sens du détail, le même flegme narquois. Il y a, dans cette singulière écriture, quelque chose de l’échappée, ou plutôt, du dérapage : comme chez ces flâneurs étourdis dont soudain le pied se tord, précipitant la chute, dramatique, mais bien souvent aussi l’éclat de rire. Dans l’exquise myriade des microdrames, on retrouve le talent de l’auteur à décrire des personnages pour le moins atypiques et très loufoques, mais néanmoins attachants. C’est sans doute pour cela que le roman n’en perd nullement sa cohérence, ni son souffle, ni même sa profondeur.
Avec Un avenir, Véronique Bizot poursuit une oeuvre secrète, un cheminement insolite, où le merveilleux s’immisce presque par inadvertance, pour mieux souligner une subtile réflexion sur les notions de choix, d’échec et de talent. Elle nous offre surtout un roman à déguster comme une liqueur de folie douce, vivifiante et vraiment moins anodin qu’il n’y paraît.

«Un avenir» rappelle qu’une maison est souvent emblématique d’une famille. Des six enfants, seul Odd réside dans la maison familiale. Il s’éloigne pour un temps indéterminé et demande à son frère Paul de passer vérifier l’état d’un lavabo. Cette maison aussi grande que triste submerge naturellement Paul d’une multitude de souvenirs, souvent tristes ou noirs. Un patchwork d’évènements retrace la destinée de cette famille nombreuse. Image après image, Paul ressent une certaine culpabilité face à son frère jumeau qui, en endossant seul le poids du bâtiment et de la famille, a compromis sa réussite. Ils l’ont délaissé, en décidant d’ignorer les conséquences mais peut-être est-il encore temps de se racheter et de lui venir en aide ?

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Choix du jour de libraires : Les revenants, Laura Kasischke

Posté par Serge Bénard le 12 octobre 2011

 Les revenants

Couverture du livre Les revenants

Auteur : 

Laura Kasischke

Traducteur : Éric Chédaille

Date de saisie : 11/10/2011

Genre : Romans et nouvelles – étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-267-02211-7

GENCOD : 9782267022117

Sorti le : 15/09/2011

Nicole, étudiante émérite et membre d’une sonorité populaire perd la vie dans un accident de la route où son petit ami Craig est tenu pour responsable. Perry son ami et colocataire va essayer de l’aider à remonter la pente, mais Nicole semble se manifester dans tout le campus. Que cache tout ceci et qui semble obséder et rendre fou tous les protagonistes liés à cette histoire ? 
Laura Kasischke signe ici un roman qui se révèle absolument redoutable et sidérant !

«Les revenants» de Kasischke est un vrai roman comme on les aime, qui nous happe et ne nous lâche plus.

Les personnages sont enveloppés d’une aura de mystère, même s’ils sont bien ancrés dans la vie estudiantine.

Un accident. Une femme témoin. Une morte. Mais elle n’était pas morte d’après le témoin. Que veut-on cacher ? Pourquoi falsifier son témoignage ? Pourquoi l’enfoncer au sein de l’université ?

Laura Kasischke au sommet de son art.

Les romans que vous lirez ensuite vous paraîtront bien fades.

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Choix du jour de libraires : Pièce rapportée (Minuit)

Posté par Serge Bénard le 4 octobre 2011

Couverture du livre Pièce rapportée

Auteur : 

Hélène Lenoir

Date de saisie : 03/10/2011

Genre : Romans et nouvelles – français

Editeur : Minuit, Paris, France

Collection : Romans

Prix : 14.50 € / 95.11 F

ISBN : 978-2-7073-2165-7

GENCOD : 9782707321657

Sorti le : 08/09/2011

Les éditions de Minuit peuvent vraiment s’enorgueillir de leur splendide catalogue riche en écrivains de très grand talent. C’est le cas avec Hélène Lenoir, auteur à la plume si précieuse mais hélas encore trop méconnue du grand public….

  • Le choix des libraires : 

Choix de Clo Brion de la librairie VANDROMME à LES VANS, France - 24/09/2011

Un évènement dramatique. Accident, vélo contre moto. Claire sur le vélo. Chute, sang, urgences, coma. Famille en état de choc. Le père, à l’aigreur narcissique qui pousse des «gueulantes». Elvire, sa mère, renversée elle aussi, qui, à mesure de l’état de santé de sa fille, convoquera son passé dans un monologue intérieur souvent brisé. Deux femmes fragilisées, l’une, en convalescence depuis la naissance, l’autre, en rupture, engluée, phagocytée par cette famille bourgeoise, hypocrite et délétère. D’autres voix se feront entendre, celles de Claas, un lointain précieux cousin allemand ou Nathalie, suicidée, digérée dans le silence. Liens secrets. 

Un roman presque étouffant, sur le chaos intime, décliné sur différents modes littéraires qui donne à entendre les nébuleuses structures familiales et la place sans avenir pour la pièce rapportée. Libérateur en finesse.


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Choix du jour de libraires à Villefranche-sur-Saône

Posté par Serge Bénard le 30 septembre 2011

Une nuit à Reykjavik

Couverture du livre Une nuit à Reykjavik

Auteur : Brina Svit

Date de saisie : 15/09/2011

Genre : Romans et nouvelles – français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 16.50 € / 108.23 F

ISBN : 978-2-07-013464-9

GENCOD : 9782070134649

Sorti le : 01/09/2011

 

Lisbeth prépare 10 billets de 500 euros dans une enveloppe dans le but de passer une nuit à Reykjavik avec Eduardo Ros, un argentin amateur de tango. Une histoire banale en apparence.
Mais ce roman est beau et froid, sensuel et dur, dérangeant et envoûtant. Brina Svit joue sur le stéréotype de l’argentin ou sur celui de la femme d’affaire qu’incarne Lisbeth, sauf que le lien n’est pas approprié. L’Islande n’est pas d’un exotisme fou pour s’envoyer en l’air toute la nuit. Sensuel et froid…
Le personnage de Lisbeth cache de sombres pensées et le lecteur se demande si Eduardo va être son remède. Dérangeant et envoûtant…
Il n’y a pas d’amour à proprement parler, dans ce roman, mais on aimerait ! Brina Svit nous offre, par petites touches, les ingrédients d’une relation. Que l’on soit fleur bleue ou non, on espère. Beau et dur…
Coup de coeur de la rentrée littéraire.

Source : http://lechoixdeslibraires.com/livre-108195-une-nuit-a-reykjavik.htm#309961

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Choix du jour de libraires à Nyon (Suisse)

Posté par Serge Bénard le 30 septembre 2011

 

 

.. Le lent sourire

 

Couverture du livre Le lent sourire

 

 

Auteur : Caterina Bonvicini

Traducteur : Lise Caillat

Date de saisie : 31/08/2011

Genre : Romans et nouvelles – étranger

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Du monde entier

Prix : 20.50 € / 134.47 F

ISBN : 978-2-07-013201-0

GENCOD : 9782070132010

Sorti le : 15/09/2011

Elles sont des amies trentenaires qui ne se sont jamais perdues de vue depuis le lycée. Et voilà que dans ce groupe, après Diana opérée avec succès, c’est chez Lisa deux ans plus tard, que le même mal – une tumeur au cerveau – est diagnostiqué par les médecins. Elle, par contre, en meurt : Lisa, l’amie inséparable de Clara et son lent sourire qui offre un si beau titre au roman de Caterina Bonvicini : «Le sourire lent, c’est le sourire de la fin. La vie qui ralentit, qui décélère jusqu’a l’immobilité.»

«C’était une histoire simple : Nous nous sommes rencontrées, nous nous sommes choisies, nous nous sommes écoutées, nous nous sommes comprises. Il n’y avait pas de noeuds à défaire, pas de fragments à rassembler, pas de mystères. Nous étions là.» A cette touchante évocation répond une autre, après la mort de Lisa : «C’était une amitié passionnelle, certes, reposant sur une attraction réciproque, mais une amitié profonde, durable. Un peu comme sa foulée, son pas qui résonne encore dans ma tête quand je retourne dans cette maison, un pas élancé. Il m’arrive de l’entendre dans le hall : c’est elle qui entre. Alors je vais dans la cuisine, je m’assieds et fixe la place vide. Je tends le bras, tourne ma main, et attends. Les yeux fermés, j’essaie de sentir ses doigts, longs comme ses pas, qui touchent les miens.»

Remontant le temps, égrenant les souvenirs partagés – les moments d’extase, de turpitudes ou d’insouciance de leur jeunesse – le tour de force de ce roman est de nous montrer, par la voix de Lisa, que la mort peut prendre le visage de la vie dans «un mouvement opposé à la sépulture», et qu’il n’est pas nécessaire d’oublier pour affronter l’avenir : «Derrière nos dialogues il y avait des pages et des pages de vie commune. L’enfance, l’adolescence, les années de fac, tous les boulots et les amours venus après, les anniversaires, les réveillons, les vacances, les mariages, les enterrements, les cuites, les bêtises monstres, les soucis d’argent, les problèmes familiaux, tout un entrelacs d’événements partagés qui émergeait comme un fleuve souterrain, en se mélangeant au flux du présent.»

Un éloge de l’amitié – thème somme toute peu abordé en littérature – qui obéit à d’autres règles que celles de l’amour, unissant malgré la douleur présente Sandra l’ex première de classe avec sa petite frange brune aujourd’hui épouse de Daniele, Veronica la rebelle qui organisait les fugues du lycée et toujours à la recherche du prince charmant, Diana la véritable soeur avec laquelle Lisa a partagé 4’745 jours sur les bancs d’école et qui est mariée avec Marco, Clara la librairie qui s’est enfin découvert un mec libre prénommé Tommaso, enfin Lisa et «ses yeux en amande qui évoquent Giotto, bleus comme le fond de la chapelle Scrovegni» et son mari Alberto.

Caterina Bonvicini, par de délicates anecdotes, souvent drôles, décrit admirablement les états d’âme qui s’emparent de ce groupe d’amis – «un pluriel fissuré» – submergés tour à tour par la soudaine précarité de la vie, la fatigue, la colère, les reproches, la difficulté à supporter les autres ou d’être ensemble, se sentant coupables d’être en bonne santé, coupables d’être heureux, coupables d’être vivants avec leurs limites, leurs défauts, leur générosité, chacun devenu la mémoire de l’autre, «tantôt prison, tantôt rempart devant ce paysage dévasté.»

Une histoire bien différente de celle qui secoue Ben, le narrateur de la partie centrale du livre : un chef d’orchestre célèbre, homme jaloux, possessif, égoïste qui fait la connaissance de Clara dans les couloirs de la clinique de Bentivoglio, où il rend visite à son épouse Anna – une cantatrice adulée par son public – elle aussi arborant ce lent sourire, mais dans un contexte bien différent : «Les mille amis qu’Anna croyait avoir. Avec leurs histoires incroyables. Personne ne s’est donné la peine de venir. En même temps, je lançais des coups d’oeil méprisants vers les tournesols et les orchidées, les roses et les lis, qu’on apercevait par la porte entrouverte. Pour envoyer des fleurs, il y a du monde. Seulement ce n’est pas une loge ici, messieurs.»

Si «les vivants sont faits pour se remémorer», Caterina Bonvicini restitue toute l’émotion palpable de ce roman bouleversant par la bouche de la mère de Clara : «Trésor, les morts ne doivent pas sentir notre douleur. Ils ne doivent sentir que notre amour…»

A lire et relire, le coeur gagné par le léger tremblement de ces saisons volées en éclats, empreintes de tant de douceur et d’apaisement : Le lent sourire est un pur chef d’oeuvre !

Source : http://www.lechoixdeslibraires.com/livre-108635-le-lent-sourire.htm#311752

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Choix du jour de libraires à Gardanne et Montauban

Posté par Serge Bénard le 22 août 2011

 

.. L’île des chasseurs d’oiseaux

 

Couverture du livre L'île des chasseurs d'oiseaux

 

Auteur : 

Peter May

Traducteur : Jean-René Dastugue

Date de saisie : 21/08/2011

Genre : Policiers

Editeur : Rouergue, Rodez, France

Collection : Rouergue noir

Prix : 19.50 € / 127.91 F

ISBN : 978-2-8126-0061-6

GENCOD : 9782812600616

Sorti le : 07/10/2009

 

L’inspecteur Fin Macleod, est envoyé sur son île natale (quittée il y a dix-huit ans), pour enquêter sur un crime commis selon le même modus opérandi que celui sur lequel il enquête à Edimburg. C’est le début d’une plongée dans un passé douloureux.

Peter May est maitre dans l’art de restituer une ambiance, il procède par petites touches soignées et croyez moi, après l’avoir lu, vous ne voudrez plus jamais aller vivre sur une île !

Disons le tout net, je me suis régalé avec cette première enquête écossaise. Par contre, si vous le pouvez, commencer impérativement par ce titre là. Le suspense n’en sera que plus fort !

J’attends avec impatience la fin de cette trilogie.

Extrait : « Tandis qu’ils rentraient vers Stornoway, les nuages s’effilochaient en lambeaux dans le ciel, créant des bandes grossières, bleues, noires et gris-mauve. La route filait devant eux, toute droite, rejoignant l’horizon et une bande de lumière où l’on pouvait voir, sous le ciel plombé, la pluie tomber en averse. » [p97]

 

Peter May, écrivain écossais, a rencontré un large public grâce à sa «série chinoise», six polars construits autour d’un couple d’enquêteur : Li Yan, jeune commissaire chinois et Margaret Campbell, médecin légiste américaine – bonjour le choc culturel + je t’aime, je te hais – avec en toile de fond les bouleversements de la société chinoise contemporaine.
L’Île des chasseurs d’oiseaux – son livre «le plus personnel» a indiqué Peter May lors de la rencontre du 11 février au Scribe – se déroule en Écosse, son pays natal. Plus précisément dans l’île de Lewis, la plus au nord de l’archipel des Hébrides extérieures, une île battue par les vents, sans arbres, recouverte de landes où l’on se chauffe à la tourbe, parle le gaélique et où se déroulent encore des traditions ancestrales d’une cruauté absolue.
L’inspecteur Fin Macleod vient de perdre son fils et sa femme lui a clairement indiqué que s’il partait enquêter, sur ordre de sa hiérarchie, sur un assassinat commis sur son île natale qu’il a quitté dix-huit ans plutôt, elle ne serait pas là à son retour. Fin qui est rentré dans la police « parce que c’est ce qu’on faisait quand on quittait les îles et qu’on n’avait pas de qualification » revient donc à Lewis où il retrouve ses camarades d’enfance parmi lesquels Artair qui a épousé Marsaili, son premier gros coup de coeur d’enfance qui lui servait de traductrice lorsqu’il est arrivé à l’école ne parlant que le gaélique.
Deux lignes de force parcourent le livre : l’enquête de Fin et le récit de ses années passées à Lewis. Elles se rejoindront à la fin du livre pour éclairer toute cette histoire tragique.
Parmi les faits marquants du passé de Fin il y a l’expédition qui chaque année, depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur un rocher inhabité pour y tuer deux mille «fous de Bassan» qui viennent s’y nicher pour nidifier. La chair de ces «gugas» est en effet fort appréciée des habitants de Lewis. Fin, à contrecoeur, a participé dans sa jeunesse à une telle expédition initiatique au cours de laquelle le père d’Artair est mort en lui sauvant la vie…
Un roman noir, fort bien construit, d’une redoutable efficacité, où fausses pistes, dialogues à double sens, coups de théâtre, scènes glaçantes, se mêlent pour tenir constamment en haleine le lecteur.

  • Les présentations des éditeurs : 02/10/2009

 

Marqué par la perte récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d’une enquête sur un assassinat commis à Edimburg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n’est pas revenu depuis dix-huit ans. Un cadavre exécuté selon le même modus operandi vient d’y être découvert. Cependant, dès l’autopsie effectuée par le médecin légiste, Fin ne croit plus à un lien entre les deux affaires. 
Sur cette île tempétueuse du nord de l’Ecosse, couverte de landes, où l’on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin retrouve les acteurs de son enfance, à commencer par Ange, chef tyrannique de la bande dont il faisait partie. Marsaili, son premier amour, vit aujourd’hui avec Artair. Ce même Artair dont le père a perdu la vie en sauvant celle de Fin lors de l’expédition qui, chaque année, depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. 
Que s’est-il passé il y a dix-huit ans entre ces hommes, quel est le secret qui pèse sur eux et ressurgit aujourd’hui ? 
Sur fond de traditions ancestrales d’une cruauté absolue, Peter May nous plonge au coeur de l’histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes : l’auteur tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Écrivain écossais, Peter May habite depuis une dizaine d’années dans le Lot Il a d’abord été journaliste avant de devenir l’un des plus brillants et prolifiques scénaristes de la télévision écossaise. Il y a quelques années, Peter May a décidé de quitter le monde de la télévision pour se consacrer à l’écriture de ses romans. Au Rouergue, six d’entre eux ont déjà été traduits, dans sa série chinoise : Meurtres à Pékin (2005, finaliste du Prix des lectrices de Elle,), Le Quatrième sacrifice (2006), Les Disparues de Shanghaï (2006), Cadavres chinois à Houston (2007, prix Intramuros 2007 du salon Polar & Co de Cognac), Jeux mortels à Pékin (2007) et L’Éventreur de Pékin (2008).

  • La revue de presse Roger Martin – L’Humanité du 28 octobre 2010

 

Peter May, avec une maîtrise impressionnante, et sans jamais sombrer dans le pathos ni la noirceur complaisante, met en scène, englués dans leur passé aussi sûrement que les oiseaux pourchassés dans leurs pièges, des personnages complexes, durs à la tâche et à la peine, injustes souvent, cruels et violents parfois, rongés par des fautes anciennes et en quête d’une rédemption à laquelle ils ont cessé de croire. Un roman noir d’une intensité qui ne se relâche jamais, glacé et brûlant à la fois, comme le pays extraordinaire qui lui sert de cadre. Un chef-d’oeuvre assurément.


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Télématin chronique librairies

Posté par Serge Bénard le 2 juillet 2011

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Choix du jour de libraires à Strasbourg, Grignan, Lyon, Lisieux, Paris

Posté par Serge Bénard le 29 juin 2011

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Des clous

Auteur : Tatiana Arfel

Genre : Romans et nouvelles – français

Editeur : Corti, Paris, France

Collection : Domaine français

Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 9782714310460
GENCOD : 9782714310460
Sorti le : 06/01/2011


Le choix des libraires : Choix de Patricia Welklen de la librairie BROGLIE à STRASBOURG, France (visiter son site) – 29/06/2011
Le monde du travail qui se profile doucement mais surement dans un futur proche ou alors existe-t-il déjà, voila l’enjeu de ce livre.
Tatiana nous dépeint un univers orwellien d’une société avec ces différents acteurs et le rôle qui leur est imparti par un PDG avide, cynique et complètement déshumanisé.

Le choix des libraires : Choix de Chantal Bonnemaison de la librairie COLOPHON à GRIGNAN, France (visiter son site) – 29/06/2011
Entrez dans le monde impitoyable de HT.
HT – Human Tools – est une multinationale dont le siège est en France, créée et dirigée par Frédéric Hautfort. Elle vend des services, en particulier la rationalisation du travail, comment transformer des êtres humains en robot.
Chaque nouveau concept est d’abord testé dans son entreprise, sur le personnel, avant d’être vendu – très cher – à d’autres. Les actionnaires sont heureux, les actions sont très bien cotées en Bourse (en pointe).
Denis, comédien, arrive donc chez HT pour remotiver six salariés, plus assez compétitifs, plus assez dans le moule, plus assez gagnant, plus assez lobectomisé.
Nous entendons toutes ces voix, les non-conformes, les conformes, quelques autres qui viennent se greffer sur ce grand « corps ». Nous les suivons dans leur mal-être, leur quotidien interne et externe, leur ressenti face à ce monstre broyeur, leurs hésitations, leurs doutes, leurs réactions, leurs motivations, leurs acceptations à se laisser écraser, ensevelir, et tout doucement, la révolte des non-conformes.
Car tout est mascarade, ils ne sont rien, même pas des pions que l’on déplace à la guise des actionnaires.
Un constat cynique du monde de cette entreprise.
Un livre captivant, qui ne vous lâche plus, qui vous happe dès la première ligne, et dont vous ne ressortez pas indemne, qui vous habite longtemps après la dernière ligne, qui nous force à nous interroger sur l’humanité que nous voulons.

Le choix des libraires : Choix de Erik Fitoussi de la librairie PASSAGES à LYON, France – 29/06/2011
Sans hésiter une seconde, je voudrais attirer l’attention de tous sur le roman « Des clous » de Tatiana Arfel (Corti), le second roman de cette remarquable auteure qui nous avait déjà charmé avec « L’attente du soir », publié chez le même éditeur.
L’univers qui est ici décrit est celui du monde du travail, dans sa forme la plus stérile, perverse et inhumaine qui soit. Le patron d’une entreprise de services à la pointe de la modernité post-libérale propose une formation à certains de ses employés, apparemment pour les remettre dans le droit chemin et dans son idéologie prédatrice.
On se doute rapidement que ce gant de velours cache une intention cachée, de fer impitoyable, mais je ne vous dirai bien sûr pas quelle est l’intention cachée. La pièce se déroule selon le schéma préétabli, interprétée par tous les protagonistes jusqu’à ce que…
Le style de Tatiana Arfel est un enchantement ! Sur un fond tragique de réalité terriblement prosaïque et sordide, elle arrive à faire ressortir les sentiments de tous les êtres engagés dans ce drame, aussi bien les exploités que les exploiteurs sont décris et révélés dans leurs vérités essentielles et diverses, le lecteur est tour à tour ému, choqué ou amusé et enclin à réfléchir différemment sur notre monde contemporain. La capacité de Tatiana Arfel à incarner littérairement ces différentes personnalités force le respect et l’admiration que l’on ressent devant une voix nouvelle et singulière.
Si l’on doute de la capacité de la fiction et de la littérature à embrasser et à dépasser d’un même geste le réel il suffit de lire ce magnifique livre d’une jeune auteure à découvrir et à suivre, certainement l’un des livres les plus remarquables de ce début d’année !

Le choix des libraires : Choix de Marie Bottet de la librairie ESPACE CULTUREL LECLERC à LISIEUX, France – 29/06/2011

Un livre passionnant sur le monde de l’entreprise version trash. Sur les employés « conformes » (pour qui ? pourquoi ?) et ceux qui ne le sont pas. Un séminaire de remotivation est donc instauré pour les six « chatons à noyer » (dixit la DRH) au sein de l’entreprise dans le seul but de les faire craquer et qu’ils démissionnent…mais Denis le comédien est là et il les aidera du mieux qu’il peut à garder leur dignité.
Un vrai coup de coeur. Un livre qu’on ne lâche pas où les marteaux sont très souvent préférés aux clous… On aimerait tant que cela soit de la science-fiction…
Un livre qui nous emporte, nous dévore ! Après son premier roman, « l’attente du soir » qui était déjà une réussite, Tatiana Arfel confirme qu’elle est une excellente écrivaine et entre dans la cour des grands ! !

Le choix des libraires : Choix de Marion Revoyre de la librairie DU PARC / ACTES SUD à Paris, France (visiter son site) – 29/06/2011

Le deuxième roman est souvent une étape difficile dans la carrière d’un auteur. Surtout si le premier était très réussi, ce qui était le cas de L’attente du soir (Corti, 2008). Ainsi, j’attendais Tatiana Arfel au tournant, tout en espérant être aussi enthousiasmée que par son précédent livre.
Elle nous avait dit elle-même lors de sa venue à la librairie que le sujet serait le monde du travail et ses harcèlements, ses dérives et son poids psychique. Bon. Restait à voir ce qu’elle allait en faire.
Elle en a fait une brochette d’âmes littéralement vendues à une entreprise délirante : Human Tools dont l’activité est de créer des processus de rationalisation : du temps, des employés…
Le cerveau de cette machine est Frédéric Hautfort, inventeur mégalomane du concept, toujours à la recherche d’une nouvelle idée et dont le verbe, mâtiné d’un anglais commercial exubérant est un bijou de style.
Puis viennent les « non-conformes » : Sonia, Marc, Catherine, Rodolphe, Laura et Francis, tous différents, ayant chacun une histoire et un itinéraire particulier et que Frédéric Hautfort veut licencier pour faute lourde, ou faute de mieux, pousser à la démission. Pour ce faire, il embauche Denis, comédien et futur père, qui a décidé, afin d’assurer l’avenir de son fils, de se ranger et de rentrer enfin dans le monde réel, le monde de l’entreprise. Et Denis veut y croire.
En alternant les voix, Tatiana Arfel nous conte de son style impeccable et empathique, ce monde du travail asservissant où, si l’on y prend garde, l’identité peut s’enferrer subrepticement.
Quel sera le destin de ces clous tordus ?
Dans ce roman très réussi, on retrouve tout le talent et l’intelligence d’une jeune auteure dont la carrière s’annonce décidément très prometteuse.

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Choix du jour de libraires – Christophe Dupuis : Entre-deux-noirs à Langon (33)

Posté par Serge Bénard le 23 juin 2011

9782265089686.jpg

Zone Est

Auteur : Marin Ledun

Date de saisie : 19/01/2011

Genre : Policiers

Editeur : Fleuve noir, Paris, France

Collection : Thriller

Prix : 19.90 €

ISBN : 9782265089686
GENCOD : 9782265089686

Sorti le : 13/01/2011


Le choix des libraires : Choix de Christophe Dupuis de la librairie ENTRE-DEUX-NOIRS à LANGON, France (visiter son site) – 21/06/2011

France, Zone Est, «une immense zone urbaine et industrielle de deux cent vingt kilomètres du nord au sud, sur à peine quatre-vingts de l’est à l’ouest. Coincée entre les Alpes et le Massif central, elle s’étend sur un territoire recouvrant jadis l’agglomération lyonnaise et la périphérie d’Orange [...] Magma d’usines, de barres de béton gavées de centres commerciaux, d’habitations et de bureaux, et de landes stériles, elle n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’on appelait la Vallée du Rhône. La source s’est tarie et l’eau du fleuve a cessé de couler depuis longtemps. Son cours a été terraformé depuis, et abrite des centaines de mètres d’étages enfouis et de tunnels dédiés à l’agriculture biogénétique. Trois millions d’humains à nourrir, à soigner et à panser.»Le tout ceint par le Mur, censé protéger les habitants et que personne n’a le droit d’approcher, et surtout, de tenter de franchir. Au milieu de cette citée grise, omni-surveillée, quelques «électrons libres» comme ils s e surnomment. L’un d’eux est Thomas Zigler, mercenaire travaillant au contrat pour des gens qu’il est bon de ne pas connaître. Sa spécialité, «chasseur d’âmes» : «identifier la cible, la neutraliser, transférer les informations et disparaître». Il est fort pour ça, on le paye bien, et il vit tant bien que mal «Pas idéal pour se faire des amis. Pas terrible non plus pour les relations amoureuses. Mais indispensable pour survivre.» C’est le soir, une mission simple, une ruelle, un homme, la routine. Sauf que tout ne se passe pas si bien que prévu et que lors du transfert des données, il tombe sur l’image d’une humaine biologique, sans implants, rien, un vestige du passé, effacé à jamais. «C’est impossible se dit Thomas.» Et pourtant… mais qui dit le voir dit le savoir et il n’aurait jamais du le savoir, ses commanditaires vont lui faire comprendre. L’anonymat et la quiétude sont finis pour lui, Thomas va devoir fuir, chercher qui peut être cette humaine et savoir ce qu’elle faisait à côté du Mur. Et cela va remettre toute sa – et La – vie en question…
On n’en doutait pas, mais à la lecture de ce roman, on se dit que Marin Ledun a une sacrée imagination. Changement de registre pour cet habitué du polar qui nous projette violement dans l’anticipation, une Zone Est horrible, fruit de toutes nos angoisses, où l’auteur explore ses thèmes de prédilection. La Zone est bien construite, bien décrite, vous y êtes plongé rapidement et vivez en elle avec la sensation d’être un cafard (toute la vie souterraine). Le livre – une énorme course-poursuite – est bien rythmé, certains passages vraiment excellents («Le gel blanc», lisez et vous verrez), bref, cela n’aurait pas dépareillé chez son premier éditeur (Le Diable Vauvert) à côté des grands Bordage ou Ayerdhal.

Source : http://www.lechoixdeslibraires.com/livre-99174-zone-est.htm

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