Mon grain de sel – La langue française à vau-l’eau

Posté par Serge Bénard le 16 novembre 2011

Lire le web devient un exercice ardu, voire décérébrant. L’accumulation des fautes d’orthographe, de syntaxe ou de grammaire en perturbe la lecture. Internaute depuis une quinzaine d’années, j’ai longtemps pensé que les choses s’amélioreraient. Malheureusement il n’en est rien ! Les titres de journaux et magazines français les plus importants ou les plus prestigieux n’échappent pas au constat. Mais que sont donc devenus les correcteurs et les secrétaires de rédaction ? Ils ont été apparemment sacrifiés sur l’autel des économies réclamées par des actionnaires toujours plus exigeants… ou sur celui d’une gestion de crise.

On demande aujourd’hui aux journalistes (je parle ici des professionnels) de gérer leurs « papiers » de bout en bout : de la rédaction à la mise en ligne. Pas étonnant qu’ils ne soient pas tous polyvalents et capables d’assumer correctement toutes les phases par lesquelles naguère devait passer un article avant d’être publié. Quant aux internautes non professionnels, je comprends qu’ils ne soient pas tous liés par les exigences qui devraient être celles des professionnels. Mais quand même… Pour participer quotidiennement à des forums, je suis affligé par certains messages – très nombreux – que je peux y lire. Des fautes énormes et récurrentes y estropient grammaire et syntaxe. Ce laisser-aller illustre peut-être notre époque fatiguée, revenue de tout et cynique à l’image de ceux qui nous gouvernent. Il n’empêche.

Hélas ! la presse n’est pas seule malade de ce fléau. L’édition aussi. Au printemps dernier, les éditions Gallimard se faisaient remarquer pour des coquilles relevées dans une cartouche de jeu pour Nitendo. Montré du doigt, l’éditeur assura qu’il s’agissait d’une erreur de texte. Cependant hier le site eBouquin.fr nous révélait que la version numérique du roman d’Alexis Jenni serait truffée de fautes d’orthographe… La Team Alexandriz à l’origine du lièvre ainsi levé s’est même payé le luxe de publier sur son site une version corrigée en intégralité. Évidemment les droits d’auteur passent ici à la trappe, mais…

À ce sujet, je vous recommande de vous rendre sur le remarquable site des correcteurs du journal Le Monde : Langue, sauce piquante (http://correcteurs.blog.lemonde.fr/). Vous y trouverez deux vidéos intéressantes avec Bernard Laygues qui parle du métier de correcteur : « Bernard fut ‘typo’, correcteur au Monde, réviseur au Point, à Sélection du Reader’Digest, écrivit des livres, il fit partie du jury des Championnats de France d’orthographe et des Dicos d’or, enseigne le métier de correcteur, oui tout ça tout ça, et il raconte… » Passionnant et instructif. Dommage que LeMonde.fr se laisse lui aussi emporter par la dérive…

À propos de Langue sauce piquante, je vous suggère aussi de lire « œ-Œ, chronique d’une mort annoncée », un billet publié le 19 février dernier et qui évoque mes propres tourments à propos de « l’e dans l’o ». Je ne compte plus les fois où mettant des articles en ligne, je me sens obligé (bien que n’y étant pas tenu) de corriger cette méconnaissance de la ligature. Je ne voudrais pas être associé à cette négligence coupable !





 

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