Reich, le grand prosélyte de l’orgasme

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Un nouveau livre explore l’héritage extrêmement singulier du psychanalyste autrichien émigré aux Etats-Unis.

Reich, le grand prosélyte de l'orgasme dans Critiques, notes de lecture, feuilletons, analyses, présentations orgasmatron

- Détail de la couverture de «Adventures in the Orgasmatron» de Christopher Turner -

L’AUTEUR

Peter D. Krameravatar_slate dans Critiques, notes de lecture, feuilletons, analyses, présentations glossPeter D. Kramer est psychiatre et auteur. Son dernier livre est Freud: Inventor of the Modern Mind et il anime le blog In Practice.Ses articles

AUJOURD’HUI, QUAND LE SEXE se mélange à la politique,l’opprobre en est l’issue la plus probable. On pense photo de bas-ventre, suite au Sofitel, toilettes d’aéroport, tache sur une robe bleue. Le sexe, considéré comme scabreux et compulsif, est le signe d’une personnalité défectueuse: ordalique, cupide, délirante et hypocrite.

Il est difficile, peut-être, de se rappeler que le sexe a été un jour –dans l’idéal– la continuation d’une politique radicale par d’autres moyens. En concevant la formule de «révolution sexuelle», Wilhelm Reich voulait dire transformation de tous les domaines: santé, mariage, économie, morale et gouvernement. C’était dans le sexe, pensait-il, qu’on devinait l’individualité intégrée, libérée d’une culture aliénante et d’un État autoritaire.

Le livre de Christopher Turner, Adventures in the Orgasmatron(«Aventures dans l’Orgasmatron»), expose, en partie, ce passé où le sexe portait la promesse d’une réforme sociale.

Lire la suite :  http://www.slate.fr/story/40579/reich-orgasme-sexe-nazis-freud

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Un commentaire

  1. Léo

    12 juillet, 2011 à 1:00

    Le Dr Kramer reconnaît très justement la dette de la psychanalyse et de la psychiatrie en général à l’égard de Reich et de son travail sur l’analyse du caractère.

    Mais ce que Kramer nous dit est aussi significatif que ce qu’il nous cache ou ne sait pas. Il ne nous dit pas que la rumeur d’une “grave maladie mentale” chez Reich avait été lancée par certains psychanalystes dès les années 30; que les psychiatres essayaient de discréditer Reich aussi bien que leurs confrères médecins orgonomistes au moyen de calomnies sexuelles; et que bien des années après la mort de Reich, des professeurs de psychiatrie iront même jusqu’à menacer d’exclusion les étudiants qui mentionneraient son nom!

    Le cas de Reich est rare en ce qu’il s’agit d’un psychiatre respecté dont la santé mentale a été formellement examinée par une commission médicale; et il est sans doute unique si l’on considère le fait que, malgré le diagnostic de santé mentale établi par cette commission, on continue à présenter systématiquement Reich comme un malade mental – schizophrène, maniaque, paranoïaque, psychopathe… les diagnostics varient selon l’attitude personnelle des psys qui les émettent.

    A partir de là, nombreux sont ceux qui, comme Turner et Kramer, continuent à présenter une image tendancieuse des idées de Reich:
    - La formule « grand prosélyte de l’orgasme » est un travers journalistique du niveau d’un tabloid – rappelons-nous qu’il s’agit simplement d’un savant qui a tenté d’étudier l’orgasme en tant que phénomène naturel. Mais cela semble absurde au Dr Kramer, tout occupé qu’il est avec ses fines analyses culturelles.

    - Qu’est-ce qui autorise l’auteur à parler de “délires grotesques” au sujet des recherches que Reich a menées de longues années durant et avec l’aide de nombreux collaborateurs? A-t-il ne serait-ce que lu des publications sérieuses sur le sujet ? On retrouve là le psy qui voit tout à travers le prisme de ses interprétations psychologisantes.

    - Quant aux divers détails biographiques, il est facile d’en concocter une présentation partielle au point d’être déformée. Il existe beaucoup de témoignages personnels qui donnent de Reich une image bien différente de celle offerte par Tuner et Kramer.

    - Il n’est pas vrai que Reich refusait de traiter les homosexuels (voir par ex. le témoignage du Pr Morton Herskowitz). Quant à Allen Ginsberg, il a été vu par un des élèves de Reich, le Dr Allan Cott, qui a cependant fini par le renvoyer devant le refus du patient d’arrêter l’usage de la marijuana.

    On peut enfin se poser la question des motivations, conscientes ou inconscientes, de cette enquête où une histoire de la Beat generation et des travers de la révolution sexuelle en général se transforme en une tentative de discréditer Reich.
    Reich était en fait un « puritain » car il ne cessait de distinguer entre pulsions primaires (naturelles) et secondaires (déformées, perverses, antisociales). Que de prétendus adeptes soient passés à côté de cette distinction centrale ne réfute en rien l’œuvre de Reich. N’avait-il pas prévu les travers du “jouissez sans entraves”, lui qui écrivait en 1953 dans « Le Meurtre du Christ » que « le danger principal est la mise en place d’une philosophie pernicieuse dérivée de la ‘puissance orgastique’ qui préconiserait la licence sexuelle en tout lieu et en tout temps. Semblable à la flèche quittant le ressort tendu qui la retenait, la recherche du plaisir génital rapide, commode et nuisible fera des ravages dans la communauté humaine. »

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