En s’inspirant de la tradition philosophique, François Dagognet analyse la montée en puissance et les dérèglements de ce moyen de paiement devenu à lui-même sa propre fin. de François Dagognet. Éditions Encre marine, 2011, 17 euros.
Ya-t-il quelque réflexion à entreprendre sur l’argent, en tant que monnaie, qu’aucun économiste, sociologue ou financier n’ait déjà tentée ? François Dagognet, médecin et philosophe, reconnaît d’emblée la difficulté, en soulignant que son livre ne porte ni sur un thème philosophique ni sur un concept essentiel mais sur « une constellation notionnelle ». Il y est question tout à la fois de la richesse et de la pauvreté, de l’argent ou du numéraire qui permet le commerce, de l’échange et du marché, de l’impôt et de la faillite, etc.
L’argent a une double histoire. L’une commence probablement par le troc (commerce), tandis que l’autre, celle de la valeur, commence par des têtes de bétail (c’est-à-dire le temps de travail social nécessaire passé à la production d’une tête de bétail). La première est interne au sujet, elle frôle la valeur d’usage. L’autre relève de l’objet, et aboutit aux choix de l’argent et de l’or en tant que méta-objets. Dans le même temps, l’argent vu par un philosophe classique permet de mieux entrer dans la description du psychisme, qu’il soit avaricieux ou dépensier (Freud n’y a pas manqué), ainsi que dans les rituels sociaux (Marcel Mauss). La manière de dépenser une même somme d’argent varie selon les individus et révèle leurs désirs.






