Bia Sarasini

Niccolò Ammanniti
Il n’est plus vraiment jeune, Niccolò Ammanniti, lui qui est né en 1966 ; pas même dans un pays comme l’Italie, où on reste jeune presque éternellement. Mais c’est à partir d’Ammanniti que je souhaiterais commencer ce (rapide) tour d’horizon des «jeunes» écrivains italien, à partir du dernier livre qu’il vient de publier.
Court roman ou longue nouvelle, Io e te (Einaudi) est l’histoire d’un jeune homme qui fait croire à ses parents qu’il part une semaine en vacances à la montagne, où il a été invité par une camarade d’école, et qui au lieu de cela se cache pendant une semaine dans la cave de son immeuble. Ce n’est pas la première fois que Niccolò Ammanniti écrit sur un adolescent difficile, saisi sur la “ligne d’ombre” où l’on découvre les ambiguités et les responsabilités de la vie adulte. «Pendant une longue période, l’adolescent vit dans un éternel présent, puis soudainement, il se demande quel type de personne il va devenir, ce qui l’attend, à qui il aura à faire», a-t-il expliqué dans une interview réalisée par Antonio Gnoli pour le quotidien «La Repubblica» (1).
Une ligne frontière qui caractérise l’auteur lui-même. Dans les années quatre-vingt dix, il fit partie de ce phénomène littéraire, de cette météorite qui prit le nom de «Cannibales». Ces jeunes auteurs – dont Aldo Nove et Tiziano Scarpa – firent irruption sur la scène littéraire avec des histoires crues, réalistes, bref, résolument «pulp». Ce courant, ou plutôt ce groupe, a cependant été surtout une trouvaille éditoriale, qui a disparu rapidement, tandis que chacun des auteurs trouvait sa propre voie. Pour Ammanniti, la piste suivie a été de donner voix à sa vocation de narrateur d’histoires, qui raconte l’Italie contemporaine en mettant en scène l’innocence des jeunes gens (avec plus d’une référence, y compris dans le texte, à son maître Stephen King).
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