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Lu pour vous – Le Pourceau, le Diable et la Putain, de Marc Villemain

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Rédigé par Virginie Troussier, le lundi 13 juin 2011 à 12h12

 

On peut séduire en se faisant détester. Tout au moins en essayant. En littérature, rien n’est contraire à rien.

Léandre, 80 printemps, misanthrope mourant, se retrouve cloué sur son lit d’hospice. Nous sommes dans le temps qu’il reste, l’heure des comptes. Marc Villemain lui offre des pages vierges pour cracher son venin de « vieux con ». Alors Léandre s’y vautre, plein, vrai, c’est son territoire. La bienséance nous ferait dire qu’il y a des limites, des règles, certains voudront de la pudeur, du lisse et du beau, mais donner la parole à un misanthrope décomplexé permet des piques satiriques que l’on préfère, de loin, mêlées à l’exaspération brute, l’émancipation de toutes valeurs et culpabilités. 

En le voyant de l’intérieur, on peut le croire fou, mais on comprend vite qu’il n’a rien à revendre. Il en sait bien plus que l’on croit. Il est insupportable, très vite, on pense qu’il y a des claques qui se perdent. Il ouvre sa gueule Léandre. Ce n’est pas toujours beau à voir, notamment avec les femmes, ou encore son fils, mais franchement, il n’est pas là pour être beau, ni pour dire de belles choses. C’est toujours bien moins vivant, bien moins organique ou époustouflant, la vie c’est toujours de la demi-mesure.

Lu pour vous - Le Pourceau, le Diable et la Putain, de Marc Villemain dans Lu pour vous v-24179Et c’est peut-être ce devant quoi il s’insurge, le consensus, l’admiration béate, l’hypocrisie, le larmoyant. Nous sommes plongés dans la veine d’un homme qui tient un monologue abominable sur les femmes, les enfants, l’université. Il n’aura reconnu qu’un seul de ces cinq enfants : le pourceau. La putain est cette infirmière qu’il aime et déteste à la fois, et dont il dépendra jusqu’à la toute fin. Le diable ne peut être que lui-même, mais ce serait trop évident. 

Et beaucoup moins drôle.

Car dans cette veine, n’y aurait-il pas le sang et l’encre mélangés de l’Homme ? «[...] le misanthropisme est, dans son principe et en ce qui le meut, la pensée la plus proche de l’essence et de l’existence humaines, à condition de poser le fait que l’humanisme dans son acception la plus littérale soit la préservation, par tous les moyens possibles, autorisés ou pas, de notre liberté ontologique ».

 

 

Lire la suite : http://www.actualitte.com/dossiers/1506-mort-homme-pourceau-diable-putain.htm

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