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Lu pour vous – Henri Godard, Céline

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Lu pour vous - Henri Godard, Céline dans Lu pour vous cel

Sachons gré à notre ministre de la Culture d’avoir, par sa pantalonnade à l’occasion des ridicules « commémorations » d’écrivains, braqué l’attention de tous les médias sur Céline. Une opportune façon de donner à la parution de la biographie de l’écrivain par Henri Godard un maximum d’écho et de multiplier les lecteurs de Céline. En exergue à son essai, le maître d’œuvre des volumes de la Pléiade cite Malraux : « La biographie d’un artiste est sa biographie d’artiste », jugement qui lui a servi de boussole pour éviter tous les écueils du genre biographique : amas d’anecdotes insignifiantes, tentation de l’hagiographie , ou à l’inverse pulsions haineuses faisant virer l’essai au pamphlet. Disons-le, la biographie d’Henri Godard est un modèle du genre, étant entendu qu’elle répond également dans ses objectifs à ce qui pourrait être non un rectificatif à la déclaration de Malraux, mais son prolongement : La biographie d’un artiste est sa biographie d’homme. Cette balance dialectique, Henri Godard l’a pratiquée au mieux. C’est aussi parce que Céline a eu cette vie-là, pas celle d’un Gide, d’un Proust, d’un Morand, d’un Claudel, d’un Breton, par exemple, qu’il a écrit cette œuvre-là, pour le meilleur des romans mais aussi pour le pire de ce qu’il est convenu d’appeler ses pamphlets. Vie et œuvre… Bien sûr que l’œuvre, si elle vaut, dépasse, transcende les aléas d’une vie, mais c’est la grande réussite de ce Céline que de montrer dans un ample mouvement d’écriture comment les divers moments d’une existence ont pu, sans se confondre avec elle, nourrir l’écriture les livres.

Ce qu’on apprend à la lecture ses pages qu’Henri Godard consacre au jeune Louis-Ferdinand Destouches, c’est que le milieu familial et social du futur écrivain n’a rien à voir avec celle des écrivains de  son temps, notamment ceux que je citais. La plupart sont des bourgeois nantis bénéficiant de rentes qui leur permettent de se consacrer très tôt et dans les meilleures conditions à l’écriture. D’autres font carrières dans la diplomatie. Même les avant-gardistes, les surréalistes notamment, ne sont pas des mains « à charrue ». Il faudra attendre le mitan du siècle pour que la profession de la « main à plume » se prolétarise. Et Céline lui ? « Je n’ai pas eu de jeunesse », écrit-il. Pas la vie de château, pas de vaste bibliothèque familiale où consulter les grands chefs-d’œuvre de la littérature universelle. La grand-mère Céline Guillou bosse dans la friperie puis la brocante ; le gamin quitte tôt l’école ; de quinze à dix-huit ans, il a des patrons, il est commis de magasin, il livre des tissus, puis des bijoux aux riches clients des hôtels de luxe. Ce n’est pas le bagne, mais il sait tôt ce qu’est la gêne, les humiliations.

Lire la suite : http://mondesfrancophones.com/chroniques/la-chronique-de-jacques-henric/henri-godard-celine-gallimard-2011/

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