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Lu pour vous – La Théorie de la lumière et de la matière, de Andrew Porter

Posté par Serge Bénard le 14 juin 2011

Avec La Théorie de la lumière et de la matière, Andrew Porter révèle un potentiel rare, celui d’un grand nouvelliste. En se faisant le porte-parole discret d’une génération silencieuse, le jeune auteur suit les traces d’un Raymond Carver (en moins mélancolique) ou d’un Bret Easton Ellis (en moins branché). Un auteur subtil, à suivre de près.

En littérature, l’exercice de la nouvelle n’est pas des plus simple. Avec le recueil La Théorie de la lumière et de la matière, paru aux éditions de l’Olivier, Andrew Porter, jeune écrivain de trente-neufs ans et lauréat du Flannery O’Connor Award en 2007, prouve qu’il est de ceux qui manient la forme avec talent. Nouveau venu dans le monde des lettres américaines, Porter séduit immédiatement avec une collection d’histoires courtes, toute marquées par le non-dit, les faillites personnelles, les erreur et les errements, que ce soit au coeur de la vie familiale ou sociale. Portrait d’une Amérique groggy, comme assommée par le destin et ses vicissitudes, La théorie de la lumière et de la matière révèle aussi une grande sensibilité et d’un ton, qui, s’il n’est pas unique dans le domaine de la littérature américaine, reste d’une justesse et d’une pureté rare.

Les petits secrets de l’Amérique

Dans les dix récits sourdement mélancoliques qui forment La théorie de la lumière et de la matière l’auteur fouille la mémoire individuelle, exploite les vieilles rancœurs familiales, sonde les petites failles de la vie quotidienne. De celles qui, au lieu de se refermer avec le temps, finissent pas devenir des plaies inguérissables. Dans « Trou », un des protagonistes perd son meilleur ami au fond d’un gouffre au cours de son enfance et se réveil encore des années après, hanté par cette cavité béante dans son existence. Plus loin, « Coyotte » suit le parcours d’un père irresponsable et absent dont les carences marqueront tout le parcours de son fils par la suite. Avec la nouvelle qui donne son titre au recueil, on découvre aussi comment la liaison manquée d’une jeune femme et d’un professeur plus âgé plongera celle-ci dans une dépression qu’elle portera en elle sa vie durant. « Postiche » nous dévoile l’amour secret – et douloureux – d’un homme qui maintient un simulacre de relation conjugale avec sa meilleur amie lesbienne pour ménager un père malade, tandis que « Chien errant » insiste sur un frère à l’histoire gênante dont les actes provoqueront bien plus tard la culpabilité du cadet de la famille. Dans ses récits, Porter n’explique rien. A la manière des écrivains behavioriste de son pays, il se contente de raconter, et laisse le lecteur se faire une idée personnelle. L’ouverture et le mystère qui entoure parfois l’existence de ses personnages, avant et après le moment que l’auteur a décidé de mettre en lumière, est justement ce qui fait toute la force de son écriture. C’est aussi ce que fait sa justesse. Tout comme le choix de situer ses récits dans le quotidien et la banalité de vies contemporaines sans histoire, qui restent pourtant dans nos esprit bien longtemps après le livre refermé.

Lire la suite : http://livres.fluctuat.net/andrew-porter/livres/la-theorie-de-la-lumiere-et-de-la-matiere/13417-chronique-Lignes-de-vie.html


Andrew Porter, La Théorie de la lumière et de la matière, Editions de l’Olivier, 2011

 

 

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