On en parle – Romans noirs, de Jean Vautrin

Posté par Serge Bénard le 12 juin 2011

 

UN ÉCRIVAIN

UNE RENCONTRE

À LIRE

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« Romans noirs », de Jean Vautrin, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1 063 p., 30 €.

OLIVIER MONY

Môme, Jean Vautrin voulait être explorateur. Et, d’une certaine façon, il l’est devenu. Il est passé par la Lorraine, mais aussi la Bourgogne, Paris, l’Allemagne, l’Algérie, le Sahara, le Congo, l’Inde auprès de Rossellini, une maison sur le causse dans le Lot, avant de trouver « querencia » à sa mesure en Gascogne. Mais ce qu’il a vraiment révélé et, en quelque sorte, « découvert » mieux que quiconque, c’est cette France qui bascule, cette France déboussolée dans les plaines de laquelle, au terme des Trente Glorieuses, poussent les grands ensembles, les cohabitations communautaires, et s’effacent au diapason la chanson de geste rurale et les épopées idéologiques.

À l’époque, la république des lettres était fainéante et s’adonnait aux alanguissements bourgeois ; les petits romans noirs de Vautrin (et ceux de ses camarades A. D. G., Ryck, Manchette, Daeninckx) filèrent des baffes aux convenances et des aigreurs d’estomac aux clercs. Le roman noir appliqué à la France se réinventait en tant que roman social. Comme on ne savait qu’en faire, on baptisa cela « néopolar » pour mieux l’oublier.

« Bombe à fragmentation »

Aujourd’hui, les romans noirs de Jean Vautrin font leur entrée au catalogue de la prestigieuse collection Bouquins.

De « Billy-ze-Kick » au « Roi des ordures » en passant par « Bloody Mary », l’admirable « Canicule » et « L’Homme qui assassinait sa vie », tout cela n’a pas pris une ride et fonctionne toujours, comme le note justement dans sa très belle préface Gérard Mordillat, comme une « bombe à fragmentation » dans le paysage romanesque français.

Question style, Vautrin n’en manque pas. Ses livres sont un peu comme le fruit improbable d’une union entre Raymond Queneau (figure tutélaire de son œuvre et de sa vie, dont il adapta « Le Dimanche de la vie » pour son premier long-métrage) et David Goodis, avec le ricanement célinien en guise de bande-son…

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