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On en parle – Les Jeunes et l’Entreprise, d’Emmanuel et Alexis Le Portz

Posté par Serge Bénard le 7 juin 2011

07/06 | 08:30 | mis à jour à 09:52 | Laurance N’kaou 

Les bonnes feuilles du livre d’Emmanuel et Alexis Le Portz  : «Les Jeunes et l’Entreprise»

« Les Jeunes et l’Entreprise, la révolution est en marche ». Cet ouvrage, écrit à quatre mains par Emmanuel et Alexis Le Portz (éditions Le Manuscrit), dont LesEchos.fr publient ci-dessous les bonnes feuilles, sortira en librairie le 16 juin.

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Tour à tour, père et fils se posent la question de la position de l’homme en entreprise. Quelle place est réservée aux jeunes aujourd’hui ? Comment ne pas être dépassé par les nouvelles technologies ?

Le regard croisé de ces deux hommes d’affaires, dont les expériences professionnelles sont emblématiques de leurs époques respectives, éclaire d’une lueur inédite le monde du travail. Objectif : donner aux managers de nouvelles clefs et permettre aux générations de se réconcilier.

Bonnes feuilles

Introduction

Père-fils : même culture, même formation, deux mondes différents

Mon fils Alexis est dans une start-up. Il n’a pas de bureaux, trop chers en région parisienne, juste un ordinateur et un chef qui travaille lui aussi de chez lui. Ils dépendent de Londres, lʼéquipe de développement est en Estonie, les autres sous-traitants sont un peu partout dans le monde : Paris, Londres, Silicon Valley. Les réunions parisiennes se tiennent dans des cafés.

Mon fils a fait la même grande école de commerce que moi. Il n’a jamais voulu entrer dans une grande boite classique. Il est sous-payé par rapport à ses copains de la finance, mais son job le passionne, il bosse comme un fou et sa société connaît une croissance vertigineuse. Alexis n’est pas marié car il ne sait pas où il sera dans six mois. Il est constamment en alerte et passe au moins deux heures par jour sur la toile pour se tenir au courant des nouveautés. Alexis est une caricature du jeune cadre au fait des nouvelles technologies.

Moi, son père, je suis aussi une caricature des ex-jeunes cadres dynamiques des années 80. J’ai très classiquement débuté ma carrière après l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris dans une grande multinationale agroalimentaire. Nous y étions un peu moins bien payés que la concurrence, mais l’ambiance était bonne, nous étions entre jeunes issus du même moule, nous changions de poste tous les trois ans au sein du groupe qui nous envoyait en séminaire de formation tous les ans. Notre rémunération augmentait régulièrement. Les perspectives d’avenir étaient bonnes. On se mariait assez jeune, on ne roulait pas sur l’or mais on gagnait assez pour élever des enfants. Jʼavais un bureau pour moi tout seul. On était heureux et en sécurité.

Au milieu des années 80, le groupe nomme un nouveau CEO qui décide de réveiller la belle endormie. Il ne fallait plus se contenter de suivre la croissance économique. Changement de cap, les profits du groupe devaient augmenter de 15% par an. Ca a bien marché pendant trois ans, les gains de productivité ont été faciles à trouver, surtout dans la partie administrative avec l’introduction de l’informatique. Un ordinateur par personne et plus besoin de secrétaire. Le CEO est parti à la retraite auréolé du titre de grand sauveteur du groupe. Cependant, des lézardes s’étaient formées mais elles étaient encore invisibles. Car la Bourse, elle, s’était habituée. La concurrence avait emboité le pas de la croissance facile des profits, il a fallu continuer la politique des 15% par an et c’est là que les choses ont commencé à se gâter.

On a commencé à tailler dans la masse, tellement obnubilés par la bottom-line (le profit) quʼon en a oublié la top-line (le chiffre d’affaires). L’ambiance devenait exécrable, des cadres de valeur (mais non valorisés dans un tableau Excel) commençaient à partir. Quitte à stresser, que ce soit pour un meilleur salaire. Hausses de salaire, introduction de bonus pour arrêter l’hémorragie des talents, réorganisation permanente, plans de licenciements successifs, ceci pour arriver à un résultat comparable à celui des années 80 avec beaucoup moins de bonnes bouteilles à la cave du restaurant de la direction.

Depuis plus de 10 ans, je conseille les entreprises, je suis passé par tous les services. J’ai aidé les entrepreneurs à budgéter, rationaliser, commercialiser, négocier, acquérir de nouvelles sociétés, trouver des fonds… Mes conseils sont généralement suivis de succès. Chaque mission m’enrichit d’une nouvelle expérience. Je repère les bonnes pratiques de chacun et m’efforce d’en faire profiter les autres. Lorsque je suis en mission, je déjeune en général avec mes clients. Le sujet des jeunes au travail fait partie de mes sujets de prédilection. Les opinions de mes interlocuteurs convergent vers un consensus résumé dans le livre de Xavier Lanxade « génération 35h » : ils connaissent plus leurs droits que leurs devoirs, ils sont immatures et irréalistes, imprévisibles et irrespectueux, en déphasage total avec la réalité de l’entreprise par leur comportement et leur refus d’adhérer à ses codes.

Bref, ils ne sont pas comme nous.

Lire la suite : http://www.lesechos.fr/management/actu/0201421703445-les-bonnes-feuilles-du-livre-d-emmanuel-et-alexis-le-portz-les-jeunes-et-l-entreprise-173134.php

 

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