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Lu pour vous – Les Foudroyés (Tinkers), de Paul Harding

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Une si belle agonie

LE MONDE DES LIVRES | 02.06.11 | 11h15

L’histoire de l’édition est jalonnée de contes de fées. De temps à autre, une puissance invisible touche de son doigt magique un auteur inconnu, oublié ou maudit. Et voilà que le merveilleux est à l’oeuvre… Au fond de son kiosque parisien, un modeste vendeur de journaux écrit Les Champs d’honneur et, sans bien comprendre ce qui lui arrive, reçoit instantanément le prix Goncourt (Jean Rouaud). Dans un café d’Edimbourg où elle se réchauffe avec son bébé, une Cendrillon écossaise tire le diable par la queue et, volant quelques heures pour écrire, donne peu à peu naissance à une célébrité mondiale, Harry Potter (J.K. Rowling). Etc., etc.

Or, voilà que cette légende dorée s’enrichit aujourd’hui d’une nouvelle fable, celle de Paul Harding, un Américain du Massachusetts qui, de passage à Paris, raconte ainsi son improbable consécration : « Mon grand-père était réparateur d’horloges et mon arrière-grand-père vendeur itinérant dans les campagnes du Maine. C’est leur histoire que je retrace dans Les Foudroyés. Pendant longtemps, personne n’a voulu de ce texte. Il est resté cinq ans dans mon tiroir. Les lettres de refus étaient toutes les mêmes : « Trop lent, trop contemplatif. » « Mon pauvre ami, me disait-on en substance, voyez le rythme de la vie moderne. Qui donc voudrait d’un livre statique ? »"

Au bout de cinq ans, pourtant, en 2007, Paul Harding – qui subsiste alors grâce aux allocations-chômage et au salaire de sa femme, enseignante dans le primaire – rencontre la directrice d’une minuscule maison d’édition indépendante new-yorkaise, The Bellevue Literary Press, qui veut bien prendre le risque de le publier.« Un risque modéré, notez bien. Le premier tirage était de 500 exemplaires ! » Mais les libraires s’emballent, le bouche-à-oreille commence, les clubs de livres achètent, et les ventes s’envolent. Et puis arrive l’apothéose : « Un jour, alors que je me rendais sur le site du Pulitzer, je vois que le prix 2010 pour la fiction a été décerné à Paul Harding, raconte l’auteur comme s’il s’agissait d’un tiers. Ce fut un choc au-delà de ce que je pouvais imaginer. J’ai soudain revu ma vie défiler sous mes yeux, un peu comme lorsqu’on va mourir ! »

Lire la suite : http://lemonde.fr/livres/article/2011/06/02/une-si-belle-agonie_1530831_3260.html

 


Les Foudroyés (Tinkers), de Paul Harding. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Demarty, Cherche Midi, « Lot 49″, 192 p., 15 €.
 

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