Le trésor caché de Stevenson

Commentaires fermés
0
7

Le trésor caché de Stevenson

| Photo Ch. Beulze

 

Paru dans Match

Le spécialiste de l’écrivain écossais a retrouvé un roman inédit du père de «L’île au trésor». Et l’a achevé. Hommage ou sacrilège littéraire?

Valentine de Panafieu – Paris Match

Paris Match. Comment avez-vous déniché le manuscrit de “La malle en cuir ou la société idéale”?

Michel Le Bris. Un vrai jeu de piste! Dans les années 90, en pleine préparation d’une biographie sur Stevenson, j’ai trouvé une lettre dans laquelle il annonçait l’écriture de ce roman. Personne n’y avait prêté attention, car Stevenson était un habitué des essais avortés… Ma première piste m’a conduit à l’université de Yale, où je n’ai retrouvé que huit pages de brouillon. L’autre partie du roman avait été vendue aux enchères en 1915 à un fonds Stevenson. Et c’est à la Huntington Library de Californie, la plus grande bibliothèque privée au monde, que j’ai finalement retrouvé le manuscrit… qui dormait tranquillement sur une étagère, sans que personne ne le sache!

Avez-vous rencontré des obstacles juridiques à sa publication?

Pour entrer dans le domaine public, un livre doit déjà avoir été imprimé. Or, celui de Stevenson était à l’état de manuscrit. Il a donc fallu retrouver les ayants droit: Gallimard a passé un contrat avec les héritiers de Stevenson pour l’édition du livre, qui étaient trop contents d’apprendre son existence.

Pourquoi Stevenson n’avait-il pas terminé ce roman?

Il y a un Stevenson avant et un après son séjour en Californie, où il part, à 29 ans, retrouver sa future femme, Fanny Osbourne, de dix ans son aînée, déjà mère de deux enfants. Ses années de jeunesse bohémienne, avec des peintres comme à Barbizon, sont finies. Le Stevenson qui revient, marié, père de famille, enchaînant les chefs-d’œuvre, est un autre. Terminer ce roman n’a alors plus de sens pour lui.

Lire la suite ; http://www.parismatch.com/Culture-Match/Livres/Actu/Le-tresor-cache-de-Stevenson-296779/

L’ÎLE DES IDÉALISTES

«Sonnez tambours, résonnez trompettes, je suis embarqué sur — trompettes, tambours – un roman!» écrivit Stevenson à l’âge de 27 ans, annonçant avec enthousiasme «La malle en cuir ou la société idéale». Plus d’un siècle après, Michel Le Bris termine ce premier roman inachevé: une bande de jeunes et joyeux lurons écossais, à la recherche d’une mystérieuse malle en cuir. Au fil des pages se dessinent les paysages écossais et les mers déchaînées, où s’enchaînent les aventures périlleuses et extravagantes de jeunes sociétaires idéalistes. Une fiction dans laquelle l’écrivain sème avec humour des éléments autobiographiques: un souvenir de l’île où il passait ses vacances, la rencontre avec un bouc, et même le bateau dans lequel il alla jusqu’au cap de la Colère. Comme ses héros, Stevenson rêvait de l’île des Navigateurs, située dans les mers du Sud. C’est d’ailleurs à Samoa qu’il termina sa vie.

«La malle en cuir ou la société idéale», de Robert Louis Stevenson, éd. Gallimard, 300 pages, 21 euros.

 

  • Filière L

    Nouveau

    Amateur, vous pouvez en savoir plus sur Flaubert, l’écrivain, l’œuvre et l&rsq…
  • Lecures plus

  • Zoom, le magazine de l’image

    Pour les collectionneurs Des numéros de Zoom, la revue des fans des années 70/80 Voir sur …
Charger d'autres articles liés
  • Lecures plus

  • Zoom, le magazine de l’image

    Pour les collectionneurs Des numéros de Zoom, la revue des fans des années 70/80 Voir sur …
  • Filière L

    Nouveau

    Amateur, vous pouvez en savoir plus sur Flaubert, l’écrivain, l’œuvre et l&rsq…
Charger d'autres écrits par Serge Bénard
Charger d'autres écrits dans Auteurs, écrivains, polygraphes, nègres, etc.
Les commentaires sont fermés.

Consulter aussi

500.000 livres épuisés du XXe siècle bientôt numérisés

Accord global et transversal, et ainsi de suite. Rédigé par Nicolas Gary, le mardi 01 févr…