Accueil Auteurs, écrivains, polygraphes, nègres, etc. Hervé Claude : « J’ai un attachement particulier pour Patricia Highsmith »

Hervé Claude : « J’ai un attachement particulier pour Patricia Highsmith »

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Après une carrière de journaliste chez France 2 puis Arte, Hervé Claude s’est définitivement tourné – à l’aube des années 2000 – vers l’écriture de romans, sa passion d’origine. Rencontre avec un auteur atypique fondu de romans noirs et d’Australie.

 

Nabbu: Vous êtes plutôt connu du grand public pour votre passé de journaliste et de présentateur télé. Pouvez-vous revenir, en quelques mots, sur ce passage du journalisme à l’écriture ?
Hervé Claude: Il n’y a pas eu de passage puisque j’ai toujours fait les deux en même temps. C’est vrai que quand on commence un travail de journaliste, surtout radio-télé, à l’époque où la télé explosait dans les années 80, j’avais énormément de travail. Tant que j’étais grand reporter, en France ou à l’étranger, je n’avais pas vraiment le temps d’écrire même si j’en avais l’intention. C’est quand j’ai commencé à présenter les journaux que j’ai commencé à écrire et à publier. Mon premier roman a été publié en 1984 et j’ai fait sept ou huit romans de littérature générale, qui ont plutôt bien marché d’ailleurs. Mais toujours avec cette image de la télé tellement importante que j’étais le type de la télé qui écrivait pas trop mal, ça n’a jamais été l’inverse. En revanche, quand j’ai basculé dans le [roman, NDLR] Noir au début des années 2000, chez de bons éditeurs, tout de suite on a parlé des livres, du contenu. On faisait référence, « c’est Hervé Claude le type de la télé », mais ça a complètement changé. Donc en fait le Noir me convient bien.

 

Comment s’est faite la bascule de la littérature blanche vers le polar ?
J’ai toujours adoré la littérature noire, la littérature policière. J’ai commencé à lire des romans avec Agatha Christie quand j’avais 8 ans. Mais tout ça est une question de circonstance… Je suis parti en Australie par le plus grand des hasards, là-bas j’ai eu une idée de roman, quand je suis rentré j’ai écrit un vrai roman noir et puis je me suis dit « je le présente, on va bien voir »…

 

Vous citiez Agatha Christie comme étant une référence, quels sont les autres auteurs de polars qui font partie de votre panthéon personnel ?
J’ai un attachement particulier pour Patricia Highsmith que je considère comme un très grand écrivain, qui a fait des livres avec une analyse psychologique extraordinaire, comme dans Le journal d’Edith. C’est elle qui a les plus belles idées d’intrigues. Je suis plus attiré par les auteurs du monde anglo-saxon. Mes admirations vont aussi bien à des auteurs qui ne font pas du tout du Noir comme Philip Roth, Russell Banks maintenant, mais aussi, dans les contemporains vraiment catalogués Noir, j’aime beaucoup Fred Vargas et Caryl Férey chez les français et, chez les étrangers, Henning Mankell, Deon Meyer, des gens comme ça.

Votre dernier livre, Les ours s’embrassent pour mourir, se situe en Australie, dans le milieu gay, à l’image de vos livres antérieurs. Vous parlez de l’Australie comme d’un « continent magique » qu’un blanc, si l’on se place du point de vue des aborigènes, ne pourra jamais comprendre. Est-ce que vous faites un parallèle avec le milieu gay, avec à la fois cette tolérance vis-à-vis du milieu homosexuel et en même temps une frontière absolument opaque ?
Il y a une sorte d’imperméabilité c’est vrai. L’Australie est un pays très compliqué qui a une histoire courte mais violente, une histoire où ils ont exterminé une population. Alors il y a deux thèses : ou bien on efface tout et on repart à zéro avec tout le monde, ou bien on passe son temps à demander pardon. Vous le rapprochiez du milieu gay, où il y a ce côté ghetto effectivement, mais tout le monde vit un peu en ghetto. C’est un pays très multiculturel, avec des vagues d’immigration successives. D’abord les irlandais et les écossais, ensuite les grecs et les italiens dans les années 60, puis les gens des Balkans dans les années 90 avec la guerre, les asiatiques maintenant, donc les gens vivent en ghetto de toute façon, c’est très anglo-saxon, c’est le contraire de l’intégration. Et à la fois ça fait un vrai peuple australien, c’est ça qui est intéressant. Autant, par exemple, ce côté ghetto en Angleterre n’est pas du tout vécu comme le fondement de la société anglaise, autant en Australie, ce côté de mélange des cultures est fondamental de la vie et de l’identité australiennes.

Lire la suite : http://www.nabbu.com/interview/herve-claude,46.html?PHPSESSID=0ni35qf1bkic0fj9tk5g13jne0

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