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Appel à projets Diderot 2013 – Ville de Langres

Posté par Serge Bénard le 28 mai 2011


Ouvert à toutes les disciplines artistiques et culturelles

La ville de Langres (Haute-Marne), fêtera en 2013 le tricentenaire de la naissance de Denis Diderot. À cette occasion, elle organise une année d’effervescence culturelle à l’image de l’œuvre de l’écrivain : ouverte, multiple, parfois subversive… L’année de manifestations s’inspirera de l’esprit de Diderot pour lui rendre un hommage festif ; elle sera également l’occasion de redécouvrir Langres, sa ville natale, son pays d’origine.
Pour établir en partie la programmation de Diderot 2013, la Ville de Langres lance dès à présent un vaste appel à projets, ouvert à toutes les disciplines artistiques et culturelles, ainsi qu’aux projets de toute personne/structure intéressée, notamment aux habitants de Langres et des environs.

Les projets présentés pourront prendre la forme d’un événement (manifestation, représentation), d’une œuvre, d’un produit, d’une résidence…
Artistes, auteurs, compagnies, associations, artisans professionnel(le)s ; associations et structures amateurs ; et toute personne, structure, entreprise intéressées, notamment les habitants de Langres et des environs, sont convié(e)s à développer un projet à partir de l’une et/ou l’autre des thématiques suivantes :
-    Diderot, l’homme, l’œuvre, la pensée, ses engagements, ses combats, leurs répercussions contemporaines ; son époque (les Lumières) ;
-    Langres et ses environs : tout en faisant écho à Diderot, le projet s’intégrera dans le territoire de la ville et de ses environs. Il pourra faire redécouvrir l’histoire, les coutumes, les traditions, les savoir-faire, les ressources de la ville natale de Diderot, de son pays d’origine.

L’appel à projets Diderot 2013 est ouvert entre le 20 mai 2011 et le 31 août 2011.
Une permanence est mise en place tout au long de l’ouverture de l’appel à projets pour assister les porteurs de projet dans la formalisation de celui-ci (Maison Renaissance – 20, rue du Cardinal Morlot – 52200 Langres).

Site Internet : www.diderot2013-langres.fr
Informations détaillées, téléchargement du dossier de candidature (règlement et formulaire), informations sur la permanence : www.diderot2013-langres.fr/#appel-a-projets
Contact : info@diderot2013-langres.fr

Source : http://fill.zumablog.com/index.php?sujet_id=16000

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A vous de lire 2011 : Les 10 lauréats du Prix du livre numérique

Posté par Serge Bénard le 28 mai 2011


FNAC, A Vous de Lire, les éditions Ex Aequo et ActuaLitté, réunis pour le premier concours de la nouvelle numérique, enfin achevé

Rédigé par Nicolas Gary, le samedi 28 mai 2011 à 14h05


Eh voilà : après plusieurs mois d’attente, d’écriture, de création, le concours impulsé dans le cadre de la manifestation A vous de lire prend fin, aujourd’hui même…

Inutile de faire durer le suspense, la liste est désormais dévoilée, après plusieurs journées de délibérations et autant de discussions autour des textes.

En retenir 10, ce n’était pas évident.

Surtout en regard des 160 et quelques textes reçus au fil des jours.

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Alors, la liste est la suivante :
Bernard SAXEL  pour sa nouvelle « Faux et usage de Faux »
Marie-Lorraine WEISS pour sa nouvelle « L’inéluctable étreinte des limbes hypnotiques »
Thierry GALLIER pour sa nouvelle « Métro de nuit »
Sébastien CLARAC pour sa nouvelle « L’Anneau de Seth »
Corinne  FUCHS pour sa nouvelle « Du renard au loup »
Claire BERTHOMIEU pour sa nouvelle « Joue avec moi »
Irène DELCOURT pour sa nouvelle « La-terre-aux-fous »
Baptiste COULY pour sa nouvelle « Le caporal Holz »
Nicolas CANLER pour sa nouvelle « Le festin »
Emilio SCIARRINO pour sa nouvelle « Madame Klein »
Un grand bravo aux lauréats de cette édition, et surtout, merci à tous de votre participation.

Le livre numérique contenant les textes paraîtra dans le courant du mois de juin, et comme prévu, une version papier sera publiée en septembre, toujours aux éditions Ex Aequo.

Les lauréats recevront un FnacBook, offert par FNAC, et leur livre numérique, par la même occasion.

Nous vous donnerons des nouvelles sous peu.

Source : http://www.actualitte.com/actualite/26366-prix-livre-numerique-laureats-ebook.htm

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Adonis, poète originaire de Syrie, reçoit le prix Goethe

Posté par Serge Bénard le 28 mai 2011


28 mai 2011 par Lilou

Alors que les manifestations continuent à être réprimées dans le sang en Syrie, un poète vient d’obtenir une prestigieuse récompense.
Poète souvent cité lorsqu’arrive la saison du prix Nobel de littérature, le syrien Adonis, défenseur d’une pensée libérée du poids de la tradition religieuse, a en effet reçu mercredi le prix Goethe, l’un des prix les plus prestigieux dans le domaine de la poésie.
Le prix Goethe récompense tous les trois ans un auteur, qui se voit invité en Allemagne.
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« Le comité de sélection considère Adonis comme le poète arabe le plus important de sa génération et il lui a attribué ce prix en raison de son œuvre cosmopolite et de son apport à la littérature internationale », rapporte l’agence Reuters.

Le prix n’est pas attribué pour une œuvre en particulier, mais récompense l’inégalité des ouvrages publiés.

Adonis est le pseudonyme d’Ali Ahmed Saïd Esber, né en 1930 dans le village montagneux de Qassabin, près de Lattaquié, ville syrienne des bords de la Méditerranée.

Il a vécu au Liban, qu’il a quitté durant la guerre dans les années 1980 pour s’installer en France.

Source : http://booknode.com/actus/

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Marguerite Duras et les métamorphoses de l’écriture

Posté par Serge Bénard le 28 mai 2011

par Dominique Carlini Versini, le 26 mai 2011

L’œuvre de Marguerite Duras (1914-1996) est riche et multiple, elle s’invente sur un demi siècle, en s’étendant de 1943 avec son premier roman Les Impudents à 1995 avec C’est tout. Duras va procéder à des expérimentations sur le matériau narratif, en empruntant, et superposant des modèles que tout semble séparer : la paralittérature sentimentale des années 30, la prose des grands mystiques dont elle conserve l’érotisme, ou encore l’écriture journalistique. Une production littéraire  plurielle, complexe, étrange, qui rend bien compte du style de l’auteur, sa « musica », qualifiée par la critique de « singularité dissonante ».

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L’impossible écriture

L’œuvre de Duras traverse une période qui a été décrite comme celle de la modernité dans les arts. La rupture avec le modèle balzacien du roman est marquée dès 1925 avec André Gide, qui place l’écriture elle-même au centre de l’intrigue. Duras a souvent été rapproché du courant du Nouveau roman, qui systématise la problématique « le récit n’est plus l’écriture d’une aventure, mais l’aventure d’une écriture »,  bien qu’elle ait toujours nié ce lien. Le roman moderne se caractérise par le doute quant à la véracité de l’intrigue, l’identité du narrateur et sa réelle connaissance du récit qu’il entreprend. La narration met en scène le statut de l’homme face à l’incertitude du monde, elle remet en cause l’adéquation entre l’homme et le langage. Duras dit dans La Vie Matérielle (1987) « Ecrire ce n’est pas raconter des histoires, c’est raconter une histoire et son absence, c’est raconter une histoire qui en passe par son absence ». Elle propose le vide, l’absence comme but de l’écriture. Elle déploie une véritable déconstruction de la création littéraire, qui repose sur le néant, l’histoire racontée révèle sa propre impossibilité.


Lire la suite : http://www.viabooks.fr/article/marguerite-duras-et-les-metamorphoses-de-l-ecriture-25610

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Lire et relire – Benjamin Constant, Adolphe

Posté par Serge Bénard le 28 mai 2011

Benjamin Constant
Adolphe
Anecdote trouvée dans les papiers d’un inconnu
La Bibliothèque électronique du Québec
Collection À tous les vents Volume 170 : version 1.0

Adolphe
Édition de référence : Paris, Garnier Frères, Libraires, 1849.


Préface de la troisième édition

Ce n’est pas sans quelque hésitation que j’ai consenti à la réimpression de ce petit ouvrage, publié il y a dix ans. Sans la presque certitude qu’on voulait en faire une contrefaçon en Belgique, et que cette contrefaçon, comme la plupart de celles que répandent en Allemagne et qu’introduisent en France les contrefacteurs belges, serait grossie d’additions et d’interpolations auxquelles je n’aurais point eu de part, je ne me serais jamais occupé de cette anecdote, écrite dans l’unique pensée de convaincre deux ou trois amis réunis à la campagne, de la possibilité de donner une sorte d’intérêt à un roman dont les personnages se réduiraient à deux, et dont la situation serait toujours la même.
Une fois occupé de ce travail, j’ai voulu développer quelques autres idées qui me sont survenues et ne m’ont pas semblé sans une
certaine utilité. J’ai voulu peindre le mal que font éprouver même aux cœurs arides les souffrances qu’ils causent, et cette illusion qui les porte à se croire plus légers ou plus corrompus qu’ils ne le sont. À distance, l’image de la douleur qu’on impose paraît vague et confuse, telle qu’un nuage facile à traverser; on est encouragé par l’approbation d’une société toute factice, qui supplée aux principes par les règles et aux émotions par les convenances, et qui hait le scandale comme importun, non comme immoral, car elle accueille assez bien le vice quand le scandale ne s’y trouve pas. On pense que des liens formés sans réflexion se briseront sans peine. Mais quand on voit l’angoisse qui résulte de ces liens brisés, ce douloureux étonnement d’une âme trompée, cette défiance qui succède à une confiance si complète, et qui, forcée de se diriger contre l’être à part du reste du monde, s’étend à ce monde tout entier, cette estime refoulée sur elle-même et qui ne sait plus où se replacer, on sent alors qu’il y a quelque chose de sacré dans le cœur qui souffre, parce qu’il aime ; on découvre combien sont profondes les racines de l’affection qu’on croyait inspirer sans la partager : et si l’on surmonte ce qu’on appelle la faiblesse, c’est en détruisant en soi-même tout ce qu’on a de généreux, en déchirant tout ce qu’on a de fidèle, en sacrifiant tout ce qu’on a de noble et de bon. On se relève de cette victoire, à laquelle les indifférents et les amis applaudissent, ayant frappé de mort une portion de son âme, bravé la sympathie, abusé de la faiblesse, outragé la morale en la prenant pour prétexte de la dureté ; et l’on survit à sa meilleure nature, honteux ou perverti par ce triste succès.Tel a été le tableau que j’ai voulu tracer dans Adolphe. Je ne sais si j’ai réussi ; ce qui me ferait croire au moins à un certain mérite de vérité, c’est que presque tous ceux de mes lecteurs que j’ai rencontrés m’ont parlé d’eux-mêmes comme ayant été dans la position de mon héros. Il est vrai qu’à travers les regrets qu’ils montraient de toutes les douleurs qu’ils avaient causées perçait je ne sais quelle satisfaction de fatuité; ils aimaient à se peindre, comme ayant, de même qu’Adolphe, été poursuivis par les opiniâtres affections qu’ils avaient inspirées, et victimes de l’amour immense qu’on avait conçu pour eux. Je crois que pour la plupart ils se calomniaient, et que si leur vanité les eût laissés tranquilles, leur conscience eût pu rester en repos.Quoi qu’il en soit, tout ce qui concerne Adolphe    m’est    devenu    fort    indifférent ;    je n’attache aucun prix à ce roman, et je répète que ma seule intention, en le laissant reparaître devant un public qui l’a probablement oublié, si tant est que jamais il l’ait connu, a été de déclarer que toute édition qui contiendrait autre chose que ce qui est renfermé dans celle-ci ne viendrait pas de moi, et que je n’en serais pas responsable.


Avis de l’éditeur

Je parcourais l’Italie, il y a bien des années. Je fus arrêté dans une auberge de Cerenza, petit village de la Calabre, par un débordement du Neto; il y avait dans la même auberge un étranger qui se trouvait forcé d’y séjourner pour la même cause. Il était fort silencieux et paraissait triste. Il ne témoignait aucune impatience. Je me plaignais quelquefois à lui, comme au seul homme à qui je pusse parler dans ce lieu, du retard que notre marche éprouvait. « Il m’est égal, me répondit-il, d’être ici ou ailleurs. » Notre hôte, qui avait causé avec un domestique napolitain qui servait cet étranger sans savoir son nom, me dit qu’il ne voyageait point par curiosité, car il ne visitait ni les ruines, ni les sites, ni les monuments, ni les hommes. Il lisait beaucoup, mais jamais d’une manière suivie ; il se promenait le soir, toujours seul, et souvent il passait les journées entières assis, immobile, la tête appuyée sur les deux mains.
Au moment où les communications, étant rétablies, nous auraient permis de partir, cet étranger tomba très malade. L’humanité me fit un devoir de prolonger mon séjour auprès de lui pour le soigner. Il n’y avait à Cerenza qu’un chirurgien de village; je voulais envoyer à Cozenze chercher des secours plus efficaces. « Ce    n’est    pas    la    peine,    me    dit    l’étranger ; l’homme que voilà est précisément ce qu’il me faut. » Il avait raison, peut-être plus qu’il ne pensait, car cet homme le guérit. « Je ne vous croyais pas si habile », lui dit-il avec une sorte d’humeur en le congédiant ; puis il me remercia de mes soins, et il partit.
Plusieurs mois après, je reçus, à Naples, une lettre de l’hôte de Cerenza, avec une cassette trouvée sur la route qui conduit à Strongoli, route que l’étranger et moi nous avions suivie, mais séparément. L’aubergiste qui me l’envoyait se croyait sûr qu’elle appartenait à l’un de nous deux. Elle renfermait beaucoup de lettres fort anciennes, sans adresses, ou dont les adresses et les signatures étaient effacées, un portrait de femme et un cahier contenant l’anecdote ou l’histoire qu’on va lire. L’étranger, propriétaire de ces effets, ne m’avait laissé, en me quittant, aucun moyen de lui écrire ; je les conservais depuis dix ans, incertain de l’usage que je devais en faire, lorsqu’en ayant parlé par hasard à quelques personnes dans une ville d’Allemagne, l’une d’entre elles me demanda avec instance de lui confier le manuscrit dont j’étais dépositaire. Au bout de huit jours, ce manuscrit me fut renvoyé avec une lettre que j’ai placée à la fin de cette histoire, parce qu’elle serait inintelligible si on la lisait avant de connaître l’histoire elle- même.Cette lettre m’a décidé à la publication actuelle, en me donnant la certitude qu’elle ne peut offenser ni compromettre personne. Je n’ai pas changé un mot à l’original ; la suppression même des noms propres ne vient pas de moi : ils n’étaient désignés que comme ils sont encore, par des lettres initiales.


I

Je venais de finir à vingt-deux ans mes études à l’université de Gottingue. – L’intention de mon père, ministre de l’électeur de ***, était que je parcourusse les pays les plus remarquables de l’Europe. Il voulait ensuite m’appeler auprès de lui, me faire entrer dans le département dont la direction lui était confiée, et me préparer à le remplacer un jour. J’avais obtenu, par un travail assez opiniâtre, au milieu d’une vie très dissipée, des succès qui m’avaient distingué de mes compagnons d’étude, et qui avaient fait concevoir à mon père sur moi des espérances probablement fort exagérées.
Ces espérances l’avaient rendu très indulgent pour beaucoup de fautes que j’avais commises. Il ne m’avait jamais laissé souffrir des suites de ces fautes. Il avait toujours accordé, quelquefois prévenu, mes demandes à cet égard.
Malheureusement sa conduite était plutôt noble et généreuse que tendre. J’étais pénétré de tous ses droits à ma reconnaissance et à mon respect; mais aucune confiance n’avait existé jamais entre nous. Il avait dans l’esprit je ne sais quoi d’ironique qui convenait mal à mon caractère. Je ne demandais alors qu’à me livrer à ces impressions primitives et fougueuses qui jettent l’âme hors de la sphère commune, et lui inspirent le dédain de tous les objets qui l’environnent. Je trouvais dans mon père, non pas un censeur, mais un observateur froid et caustique, qui souriait d’abord de pitié, et qui finissait bientôt la conversation avec impatience. Je ne me souviens pas, pendant mes dix-huit premières années, d’avoir eu jamais un entretien d’une heure avec lui. Ses lettres étaient affectueuses, pleines de conseils raisonnables et sensibles ; mais à peine étions-nous en présence l’un de l’autre, qu’il y avait en lui quelque chose de contraint que je ne pouvais m’expliquer, et qui réagissait sur moi d’une manière pénible. Je ne savais pas alors ce que c’était que la timidité, cette souffrance intérieure qui nous poursuit jusque dans l’âge le plus avancé, qui refoule sur13
notre cœur les impressions les plus profondes, qui glace nos paroles, qui dénature dans notre bouche tout ce que nous essayons de dire, et ne nous permet de nous exprimer que par des mots vagues ou une ironie plus ou moins amère, comme si nous voulions nous venger sur nos sentiments mêmes de la douleur que nous éprouvons à ne pouvoir les faire connaître. Je ne savais pas que, même avec son fils, mon père était timide, et que souvent, après avoir longtemps attendu de moi quelques témoignages d’affection que sa froideur apparente semblait m’interdire, il me quittait les yeux mouillés de larmes, et se plaignait à d’autres de ce que je ne l’aimais pas.
Ma contrainte avec lui eut une grande influence sur mon caractère. Aussi timide que lui, mais plus agité, parce que j’étais plus jeune, je m’accoutumai à renfermer en moi-même tout ce que j’éprouvais, à ne former que des plans solitaires, à ne compter que sur moi pour leur exécution, à considérer les avis, l’intérêt, l’assistance et jusqu’à la seule présence des autres comme une gêne et comme un obstacle. Je contractai l’habitude de ne jamais parler de ce qui m’occupait, de ne me soumettre à la conversation que comme à une nécessité importune et de l’animer alors par une plaisanterie perpétuelle qui me la rendait moins fatigante, et qui m’aidait à cacher mes véritables pensées. De là une certaine absence d’abandon qu’aujourd’hui encore mes amis me reprochent, et une difficulté de causer sérieusement que j’ai toujours peine à surmonter. Il en résulta en même temps un désir ardent d’indépendance, une grande impatience des liens dont j’étais environné, une terreur invincible d’en former de nouveaux. Je ne me trouvais à mon aise que tout seul, et tel est même à présent l’effet de cette disposition d’âme que, dans les circonstances les moins importantes, quand je dois choisir entre deux partis, la figure humaine me trouble, et mon mouvement naturel est de la fuir pour délibérer en paix. Je n’avais point cependant la profondeur d’égoïsme qu’un tel caractère    paraît    annoncer :    tout    en    ne m’intéressant    qu’à    moi,    je    m’intéressais faiblement à moi-même. Je portais au fond de mon cœur un besoin de sensibilité dont je ne m’apercevais pas, mais qui, ne trouvant point à se15satisfaire, me détachait successivement de tous les objets qui tour à tour attiraient ma curiosité. Cette indifférence sur tout s’était encore fortifiée par l’idée de la mort, idée qui m’avait frappé très jeune, et sur laquelle je n’ai jamais conçu que les hommes s’étourdissent si facilement. J’avais à l’âge de dix-sept ans vu mourir une femme âgée, dont l’esprit, d’une tournure remarquable et bizarre, avait commencé à développer le mien. Cette femme, comme tant d’autres, s’était, à l’entrée de sa carrière, lancée vers le monde, qu’elle ne connaissait pas, avec le sentiment d’une grande force d’âme et de facultés vraiment puissantes. Comme tant d’autres aussi, faute de s’être pliée à des convenances factices, mais nécessaires, elle avait vu ses espérances trompées, sa jeunesse passer sans plaisir ; et la vieillesse enfin l’avait atteinte sans la soumettre. Elle vivait dans un château voisin d’une de nos terres, mécontente et retirée, n’ayant que son esprit pour ressource, et analysant tout avec son esprit. Pendant près d’un an, dans nos conversations inépuisables, nous avions envisagé la vie sous toutes ses faces, et la mort toujours16pour terme de tout ; et après avoir tant causé de la mort avec elle, j’avais vu la mort la frapper à mes yeux.Cet événement m’avait rempli d’un sentiment d’incertitude sur la destinée, et d’une rêverie vague qui ne m’abandonnait pas. Je lisais de préférence dans les poètes ce qui rappelait la brièveté de la vie humaine. Je trouvais qu’aucun but ne valait la peine d’aucun effort. Il est assez singulier que cette impression se soit affaiblie précisément à mesure que les années se sont accumulées sur moi. Serait-ce parce qu’il y a dans l’espérance quelque chose de douteux, et que, lorsqu’elle se retire de la carrière de l’homme, cette carrière prend un caractère plus sévère, mais plus positif ? Serait-ce que la vie semble d’autant plus réelle que toutes les illusions disparaissent, comme la cime des rochers se dessine mieux dans l’horizon lorsque les nuages se dissipent ?
Je me rendis, en quittant Gottingue, dans la petite ville de D**. Cette ville était la résidence d’un prince qui, comme la plupart de ceux de l’Allemagne, gouvernait avec douceur un pays de peu d’étendue, protégeait les hommes éclairés qui venaient s’y fixer, laissait à toutes les opinions une liberté parfaite, mais qui, borné par l’ancien usage à la société de ses courtisans, ne rassemblait par là même autour de lui que des hommes en grande partie insignifiants ou médiocres. Je fus accueilli dans cette cour avec la curiosité qu’inspire naturellement tout étranger qui vient rompre le cercle de la monotonie et de l’étiquette. Pendant quelques mois je ne remarquai rien qui put captiver mon attention. J’étais reconnaissant de l’obligeance qu’on me témoignait ; mais tantôt ma timidité m’empêchait d’en profiter, tantôt la fatigue d’une agitation sans but me faisait préférer la solitude aux plaisirs insipides que l’on m’invitait à partager. Je n’avais de haine contre personne, mais peu de gens m’inspiraient de l’intérêt ; or les hommes se blessent de l’indifférence, ils l’attribuent à la malveillance ou à l’affectation ; ils ne veulent pas croire qu’on s’ennuie avec eux, naturellement. Quelquefois je cherchais a contraindre mon ennui; je me réfugiais dans une taciturnité profonde : on prenait cette taciturnité pour du18
dédain. D’autres fois, lassé moi-même de mon silence, je me laissais aller à quelques plaisanteries, et mon esprit, mis en mouvement, m’entraînait au-delà de toute mesure. Je révélais en un jour tous les ridicules que j’avais observés durant un mois. Les confidents de mes épanchements subits et involontaires ne m’en savaient aucun gré et avaient raison ; car c’était le besoin de parler qui me saisissait, et non la confiance.    J’avais    contracté    dans    mes conversations avec la femme qui la première avait développé mes idées une insurmontable aversion pour toutes les maximes communes et pour toutes les formules dogmatiques. Lors donc que j’entendais la médiocrité disserter avec complaisance sur des principes bien établis, bien incontestables en fait de morale, de convenances ou de religion, choses qu’elle met assez volontiers sur la même ligne, je me sentais poussé à la contredire, non que j’eusse adopté des opinions opposées, mais parce que j’étais impatient d’une conviction si ferme et si lourde. Je ne sais quel instinct m’avertissait, d’ailleurs, de me défier de ces axiomes généraux si exempts de toute restriction, si purs de toute nuance. Les sots font de leur morale une masse compacte et indivisible, pour qu’elle se mêle le moins possible avec leurs actions et les laisse libres dans tous les détails.Je me donnai bientôt, par cette conduite, une grande réputation de légèreté, de persiflage, de méchanceté. Mes paroles amères furent considérées comme des preuves d’une âme haineuse, mes plaisanteries comme des attentats contre tout ce qu’il y avait de plus respectable. Ceux dont j’avais eu le tort de me moquer trouvaient commode de faire cause commune avec les principes qu’ils m’accusaient de révoquer en doute : parce que sans le vouloir je les avais fait rire aux dépens les uns des autres, tous se réunirent contre moi. On eût dit qu’en faisant remarquer leurs ridicules, je trahissais une confidence qu’ils m’avaient faite. On eût dit qu’en se montrant à mes yeux tels qu’ils étaient, ils avaient obtenu de ma part la promesse du silence : je n’avais point la conscience d’avoir accepté ce traité trop onéreux. Ils avaient trouvé du plaisir à se donner ample carrière: j’en trouvais à les observer et à les décrire ; et ce qu’ils appelaient une perfidie me paraissait un dédommagement tout innocent et très légitime.

Lire la suite : http://beq.ebooksgratuits.com/vents/Constant-Adolphe.pdf

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Lu pour vous – Le destin du touriste, de Rui Zink

Posté par Serge Bénard le 28 mai 2011

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Quand on a épuisé tous les plaisirs du divertissement post-moderne, comment continuer à jouir du spectacle? Dans Le destin du touriste, l’écrivain Rui Zink explore les risques et les dérives de la fascination du pire.

• par Salomé Kiner

Il se fait appeler Greg et dit qu’il vient de Suisse. Pourtant, Servajit Duvla n’est pas helvète et ne débarque pas dans la « Zone » pour y faire, comme il le prétend, une semaine de « tourisme cool dans une zone à risque. » Sous ses airs de schizophrène, ce père de famille entre deux âges traîne dans ses valises quelques forfaits pesants. Pour lui, pas de problème si la piscine grouille de piranhas, si les couloirs de l’hôtel résonnent de gémissements et si sa chambre explose tous les deux jours : Greg est venu pour se faire peur, voire mal. Pour mieux parvenir à ses fins, il recrute Amadou, guide et chauffeur de taxi, à charge de l’emmener dans les coins les plus dangereux de la Zone, en guerre civile depuis des années.

Bombardements, mutilations, exécutions, enlèvements : dans un monde où l’adrénaline ne souffre que l’hémoglobine, ce no man’s land en perdition entretient sans peine l’économie de guerre, et notre touriste de l’extrême en aura pour son argent.

Traduit pour la première fois en France, Rui Zink fait le portrait, à peine trop délayé, du cynisme contemporain. Entre la satire géo-politique et le conte métaphysique, l’écrivain portugais emprunte cette touche surréaliste propre à certaines plumes latines : une écriture tous azimuts, à la fois drôle et caustique, qui dézingue le tout-venant.

Source : http://www.nabbu.com/chronique/destin-touriste,212.html

Le destin du touriste
Rui Zink (Auteur)Daniel Matias (Traduction) 18.00€ – disponible chez l’éditeur Editeur : METAILIE 190 pages

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« Laïcités sans frontières » : petite mise au point sur la laïcité

Posté par Serge Bénard le 28 mai 2011

Rédigé par Pauline Compan | Samedi 28 Mai 2011

Démonter les idées fausses sur la laïcité et proposer des catégories d’analyses scientifiques de ce même concept. Une ambition partagée par les deux auteurs de l’ouvrage Laïcités sans frontières, l’historien et sociologue Jean Baubérot et la sociologue canadienne Micheline Milot.

Pour parvenir à leur fin, ils ont mobilisé des « idéaux-types » de la laïcité (en référence à Max Weber, l’un des fondateurs de la sociologie). Les auteurs montrent ainsi que chaque situation idéal-typique a un impact sur plusieurs critères de la laïcité : la liberté de conscience, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’impartialité et l’autonomie.

« Laïcités sans frontières » : petite mise au point sur la laïcité

Mettre fin aux idées reçues

« Au final, la laïcité est une prescription morale pour pacifier les sociétés » , explique Micheline Milot lors d’une conférence organisée par le Centre d’analyse stratégique de Paris. « Nous n’avons pas l’ambition de décrire la bonne laïcité mais de tenter de décrire des situations nationales pour comprendre des tensions sociales. » 

Un livre qui permet de rompre avec certaines idées reçues sur la laïcité. Celle-ci n’est pas unique, elle peut prendre différentes formes. Elle évolue au gré de l’Histoire et des sociétés, mais surtout elle a des conséquences en termes de liberté de conscience et d’autonomie des citoyens. Sans tomber dans des débats stériles et en maintenant une approche scientifique salvatrice, ce livre apporte des réponses concrètes à tous ceux qui se demandent ce que « laïcité » veut vraiment dire. En ces temps troubles, c’est un livre à mettre entre toutes les mains. 

Source : http://www.saphirnews.com/Laicites-sans-frontieres-petite-mise-au-point-sur-la-laicite_a12671.html


 

 

Référence : Jean Baubérot et Micheline Milot, Laïcités sans frontières, Ed. du Seuil, 2011, coll. « La couleur des idées », 351 p., 21 €. 

Lire un extrait en le téléchargeant ci-dessous.

laicite_sans_frontieres_pages_307_308.pdf Laicite sans frontieres pages 307-308.pdf  (443.05 Ko)

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Suisse – 26 initiatives cantonales pour des bibliothèques

Posté par Serge Bénard le 28 mai 2011

 ats | 28.05.2011 | 12:38

BERNE | Le premier pas devrait être franchi dans le canton de Saint-Gall cet été déjà, a indiqué samedi à l’ATS Hans Ulrich Locher, secrétaire général de la CLP. La récolte de signatures y sera lancée en août et le dépôt de l’initiative est espéré fin 2011. Il s’agit d’améliorer les bases légales des bibliothèques communales, pour l’heure encore extrêmement lacunaires, explique M. Locher. La CLP veut ainsi obliger chaque commune à financer une offre en matière de bibliothèque. Des subventions cantonales devraient en outre soutenir les communes.

Le premier pas devrait être franchi dans le canton de Saint-Gall cet été déjà, a indiqué samedi à l’ATS Hans Ulrich Locher, secrétaire général de la CLP. La récolte de signatures y sera lancée en août et le dépôt de l’initiative est espéré fin 2011.

Il s’agit d’améliorer les bases légales des bibliothèques communales, pour l’heure encore extrêmement lacunaires, explique M. Locher. La CLP veut ainsi obliger chaque commune à financer une offre en matière de bibliothèque. Des subventions cantonales devraient en outre soutenir les communes.

Source : http://www.tdg.ch/depeches/suisse/communes-suisses-26-initiatives-cantonales-bibliotheques

 

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Juan-les-Pins Cap d’Antibes : prix littéraire pour célébrer les exentricités de Francis Scott Fitzgerald

Posté par Serge Bénard le 28 mai 2011


Par paris côte d’azur, samedi 28 mai 2011 à 07:26 :: Les paradoxales. :: #3119 ::

L’écrivain constitua, avec sa femme Zelda, un couple brillantissime, riche, talentueux, prompt aux excès et aux déchirements, qui défraya la chronique mondaine et culturelle et laissa sur la Côte d’Azur une trace indélébile, en particulier à l’Hôtel Belles-Rives…

Juan-les-Pins Cap d’Antibes : prix littéraire pour célébrer les exentricités de Francis Scott Fitzgerald dans Prix, récompenses, palmarès, célébrations, hommages, mé

Marianne Estene Chauvin, propriétaire et active directrice de l’hôtel Belles Rives*****, à Juan-les-Pins, y pensait depuis longtemps. Après avoir créé l’Académie Francis Scott Fitzgerard, elle n’eut de cesse de monter un prix littéraire qui rende hommage à l’auteur de Tendre est la nuit, et à l’associer définitivement à sa présence dans ce qui s’appelait avant d’être un hôtel, La Villa Saint Louis. Élevée dans ce lieu habité par le souvenir des Années Folles, Marianne tint à le mettre au diapason et à cultiver son cachet, avant tout en protégeant son caractère Art-Deco et en y installant le mobilier de la même époque, conservé par sa famille. Quant à l’ambiance, elle serait jazzy ou ne serait pas. On en vient a être étonné de ne pas croiser dans les Salons, un Hemingway, une Anaïs Nin de passage ou de voir débouler au Bar un Cocteau, ou un Van Dongen… entouré d’élégantes, à l’instar de son voisin, le peintre cannois Jean-Gabriel Domergue.

Lire la suite : http://pariscotedazur.fr/archives/2011/05/28/3119-juan-les-pins-cap-dantibes-un-prix-litteraire-pour-celebrer-la-belle-epoque-et-les-extravagances-de-francis-scott-fitzgerald

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Marine Le Pen en librairie le 1er juin

Posté par Serge Bénard le 28 mai 2011

Marine Le Pen en librairie le 1er juin dans À paraître Livre-marine-190x300

Caroline Fourest et Fiammetta Venner font paraître ce jour-là  (1er juin) un livre prometteur sur la vraie réalité de Madame Le Pen.

Elles reviennent ici à leur premier objet d’étude commun : l’extrême droite.

On connaît son visage, sa voix, son énergie, son goût des studios de télévision. On connaît son père, ses dérapages et sa noire légende. On connaît son fief de Hennin-Beaumont et le domaine de Montretout. On sait qu’elle dirige le Front National. Mais on ne sait rien d’elle, ou pas grand-chose…
En quelques années, Marine Le Pen a réussi ce tour de force : s’imposer à un niveau de popularité rarement atteint par un candidat d’extrême droite… sans qu’on connaisse véritablement son parcours personnel, ses amitiés, ses défenseurs, ses convictions profondes, ses réseaux, sa stratégie. Est-elle une moderne travaillant à la refondation d’un Front National « light » ? Ou bien une extrémiste au discours édulcoré avant les élections ? L’héritière de son père ou la figure d’une nouvelle extrême droite européenne qui rêve de se rebeller et de marquer l’histoire de la zone euro ? Avec quel impact ? Quel peuple ? Quelle vision ?
On ne peut répondre à ces questions qu’en dévoilant en profondeur la vie de Marine Le Pen — ce que font, avec la ténacité et le talent qu’on leur connaît, Caroline Fourest et Fiammetta Venner — mais aussi en étudiant, de près, l’évolution sémantique et stratégique de Marine Le Pen et de sa garde rapprochée.
Elles n’ignorent rien de son rapport au père, à sa mère et à ses sœurs, ni de ses amitiés cachées. Mais ce livre ne se contente pas de radiographier l’ « animal politique » et intime qu’est Marine Le Pen. Il décortique la nature paradoxale de son pari : un positionnement « laïque » et moderne, républicain et nationaliste à la fois. L’impact sur ses opposants et son propre parti. Ses inspirations cachées, et finalement ses failles.

Source : http://www.lepost.fr/article/2011/05/27/2508114_fn-le-1er-juin-courez-chez-votre-libraire.html

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