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États-Unis – Des zombies pour sauver les bibliothèques

Posté par Serge Bénard le 26 mai 2011

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Zombies et bibliothèques semblent faire bon ménage aux États-Unis. Après la parution en mars 2011 d’un Guide zombie pour la bibliothèque Miller du lycée Mc Pherson, sous forme d’un comics, c’est au tour des zombies de la ville d’Oakland de venir en aide à la bibliothèque municipale, relate le site KALW News. En effet, l’une des propositions de budget [PDF] pour 2011-2013 initiée par la maire, Jean Quan, membre du Parti démocrate américain, vise à fermer 14 des 18 bibliothèques (ou annexes), laissant la ville sans livres destinés aux enfants et avec des horaires d’ouverture réduites. En réaction, les employés et utilisateurs des bibliothèques ont lancé une initiative particulière: mobiliser les zombies contre la fermeture. La page Facebook créée pour l’événement explique: «Je vous écris aujourd’hui non comme représentant la bibliothèque, mais à titre personnel, en tant que zombie. Je suis une entité vivante —et non-vivante— de la ville d’Oakland. J’aime notre ville, et ses cerveaux très, très juteux. La bibliothèque municipale est en grand danger.» Ou, pour résumer, «LES ZOMBIES ONT BESOIN DE CERVEAUX. LES BIBLIOTHÈQUES NOURRISSENT LES CERVEAUX. LES ZOMBIES SOUTIENNENT LA BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE D’OAKLAND». Une marche zombie a eu lieu samedi 21 mai, raconte le site. Les zombies ont descendu l’avenue principale d’Oakland, aux cris de «Ayez du cœur pour que les zombies aient des cerveaux!», ou «Fermer la bibliothèque est la fin du monde!», ou encore «Cerveeeeeaaaaauuuuxxx… Graaaaaa… Cerveeaaaux». Ce n’est pas la première fois que les zombies sont utilisés pour attirer l’attention sur un sujet d’importance. Par exemple, la déclaration d’Ali Khan su


r la préparation à l’apocalypse zombie des Centers for disease control and prevention (CDC) dont nous avons déjà parlé, cherchait à mettre l’accent sur les procédures à mettre en oeuvre en cas de catastrophes. Kristin Snelling, membre de la Coalition de sauvegarde des bibliothèques d’Oakland, explique dans le KALW News que «c’est contre la règle de laisser les bibliothécaires parler du fait que les bibliothèques pourraient fermer, durant les horaires d’ouverture. Donc peu de gens sont au courant». Elle ajoute: «Les bibliothécaires ne cherchent pas juste à conserver leur emploi —ils cherchent à sauvegarder une communauté, une entité qui une fois détruite ne peut être reconstruite.»  

Photo: Day 69: You can never be sure, Bryan Gosline via Flickr, CC-Licence-by

Source : http://backoffice.slate.fr/lien/38697/zombies-bibliotheques

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Les Requins Marteaux, la fin est proche ?

Posté par Serge Bénard le 26 mai 2011

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26/05/2011

(Par Bedeo) Pour tout amateur de BD qui se respecte, Les Requins Marteaux, c’est l’une des maisons d’édition indépendantes qui a marqué l’histoire de la bande dessinée franco-belge. Légèrement en marge du monde de l’édition, Les Requins Marteaux se sont toujours positionnés comme Underground, avec une ligne éditoriale pleine d’humour.

En 2009, ils remportaient le prix du meilleur album au festival d’Angoulême avec Pinocchio de Winshluss. Ils sont également à l’origine de la revue Ferraille, jusqu’en 2006. Dans leur catalogue se succèdent des noms bien connus : Blutch, Jérôme Mulot, Florent Ruppert, Killoffer, Lewis Trondheim, entre autres.

Cependant… ce beau parcours des Requins Marteaux risque de s’achever, la maison d’édition ne s’en cache pas. Sur son site, elle titre ainsi La fin est proche. En effet, dans un secteur de la bande dessinée en crise, Les Requins Marteaux peinent à survivre et affichent un problème de trésorerie de plus de 60 000€. La sonnette d’alarme est tirée, la maison d’édition étant consciente qu’elle ne pourra pas demeurer éternellement dans une telle situation. Pour y remédier, le groupe, exigeant et passionné dans ses choix d’édition, invite alors les internautes à acheter ses différents produits : albums, t-shirts, des sérigraphies, etc.

Sensibles au devenir des Requins Marteaux, nous vous invitons également à faire un geste pour les aider à se relever. En fouillant leur catalogue, vous trouverez sûrement de quoi vous faire plaisir, ou faire plaisir à vos proches (en période de fêtes des mères et des pères, ce seraient là de bonnes idées cadeaux !). Et pour ceux qui veulent les aider encore plus, lecteurs militants, vous êtes invités à placarder leur affiche dans les rues !

Source : http://www.myboox.fr/actualite/les-requins-marteaux-la-fin-est-proche-7303.html

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Affaire de plagiat: Didier Eribon rend son Brudner Prize

Posté par Serge Bénard le 26 mai 2011

26/05/11 à 11:14

Didier Eribon, connu pour sa biographie de Michel Foucault, demande à ce que son nom soit retiré de la liste des récipiendaires du prix Brudner. La cause? Le lauréat 2011 aurait plagié une grande partie de son travail.

Après toute la publicité faite autour d

es discutables qualités d’une biographie signée Patrick Poivre d’Arvor, et de quelques autres affaires, on aurait pu croire que le plagiat devenait le mal français de ce début de siècle. On aurait eu à moitié tort. Il semble gangréner aussi le sol américain.  

A tel point que Didier Eribon, récompensé par le Brudner Prize en 2008 pour ses travaux sur la question gay, a demandé à ce que son nom soit retiré de la liste des récipiendaires du prix (lequel, décerné chaque année à l’Université de Yale, récompense une contribution éminente au champ des études gays et lesbiennes, à l’échelle internationale.) 

«C’est avec grand regret que je vous écris pour vous demander de retirer mon nom de la liste des récipiendaires du Prix Brudner, écrit le lauréat 2008 aux membres du comité du prix, le 19 mai 2011. Je viens d’apprendre que le prix de cette année a été attribué à quelqu’un dont le dernier livre a honteusement plagié mon travail

Ce «quelqu’un» s’appelle David Halperin. Il a été récompensé pour son ouvrage «What do Gay Men Want ?», publié en 2007. «A mon avis, un tel choix décrédibilise le prix Brudner,et je ne veux pas que mon nom soit associé à une liste dans laquelle figure celui de quelqu’un qui a volé mon travail», accuse Eribon.

«Je ne souhaite plus être considéré comme le lauréat 2008», conclut-il. « Dans un avenir proche, je ferai une déclaration publique démontrant l’ampleur du plagiat que je viens de mentionner».La position est pour le moins radicale. On attend la réaction du comité.

Fanny Espargillière

Source : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20110525.OBS3900/affaire-de-plagiat-didier-eribon-rend-son-brudner-prize.html

Didier Eribon, né en 1953 à Reims est professeur à la faculté d'Amiens. Ancien collaborateur du «Nouvel Observateur», il est notamment l'auteur de «Michel Foucault, 1926-1984» (Flammarion) et de «Réflexions sur la question gay». (c)Ibo-SipaDidier Eribon, né en 1953 à Reims est professeur à la faculté d’Amiens. Ancien collaborateur du «Nouvel Observateur», il est notamment l’auteur de «Michel Foucault, 1926-1984» (Flammarion) et de «Réflexions sur la question gay». (c)Ibo-Sipa

 

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Lu pour vous – Camarades ! La naissance du Parti Communiste en France, par Romain Ducoulombier

Posté par Serge Bénard le 26 mai 2011

Paroles de militants

La naissance du Parti communiste français

par Julian Wright [26-05-2011]
Domaine(s) : Histoire

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Le livre de Romain Ducoulombier adopte un point de vue original sur la naissance du Parti communiste français en 1920, grâce à des sources inédites et à une analyse subtile de l’expérience personnelle des militants. D’après l’historien, le Congrès de Tours s’organisa suite au développement d’un mouvement contestataire en marge du socialisme français pendant la Grande Guerre.

Recensé : Romain Ducoulombier, Camarades ! La naissance du Parti Communiste en France, Paris, Perrin, 2010, préface de Marc Lazar, 428 p.

Cet ouvrage essentiel sur les débuts du communisme en France place Romain Ducoulombier parmi les plus grands historiens de la culture et des sociabilités politiques. Il examine l’histoire complexe de l’extrême gauche française depuis la fin de la Première Guerre mondiale à partir du parcours personnel d’individus et du processus de formation et d’éclatement de petites factions militantes, attestant ainsi d’une maîtrise subtile des relations politiques les plus délicates et les plus intimes. D’après lui, il s’agit de déconstruire le Congrès de la SFIO à Tours en 1920, événement majeur d’un point de vue historiographique, qui fut le théâtre de la division aussi brutale qu’ambiguë du socialisme français. Pour répondre à plusieurs décennies de débat historiographique sur Tours et la naissance du communisme français, il se plonge avec patience et passion sur l’histoire personnelle des premiers militants communistes français, sur leur émotion face à la guerre et surtout sur leur difficulté à mettre le doigt sur les véritables conséquences d’une telle rupture pour le socialisme français. C’est ce qui donne à ce livre très fouillé un caractère à la fois intime et complexe. Il intéressera tout particulièrement les historiens de la culture politique et sociétale pour les différents niveaux de lecture d’archives privées qu’il combine. Dégager l’émotion contenue dans une lettre permet ainsi de remettre en question une interprétation traditionnelle des événements qui, sans pour autan négliger ce type de sources, en fait généralement une lecture plus évidente.

Lire la suite :  http://www.laviedesidees.fr/Paroles-de-militants.htmlt

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États-Unis – Les moines Shaolin offrent des manuscrits centenaires

Posté par Serge Bénard le 26 mai 2011

La Bibliothèque du Congrès dépositaire d’un nouveau trésor…

Rédigé par Clément S., le jeudi 26 mai 2011 à 10h51

C’est un petit cadeau, toujours appréciable, et surtout, témoignant de la volonté des moines de l’ancien monastère shaolin de voir préservé leur patrimoine. La bibliothèque du Congrès hébergera désormais plusieurs livres anciens, qui viennent de lui être offerts.Au cours d’une sobre cérémonie, qui s’est déroulée hier, les moines ont ainsi remis des ouvrages datant des dynasties Ming – qui débuta en 1368 – et Qing – 1644 à 11912. C’est l’établissement situé à Washington qui sera désormais dépositaire de ces ouvrages vieux de plusieurs centaines d’années pour certains.

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Durant un incendie qui avait sévi en 1928, le temple avait perdu nombre d’autres manuscrits, précisait hier Maître Yongxin, bien qu’aujourd’hui, le temple soit parvenu à reconstruire une partie de sa bibliothèque, composée de 3600 ouvrages.

Ce don n’est cependant pas totalement désintéressé, puisque selon lui, la Library of Congress permettra aux moines d’en apprendre plus sur les méthodes de gestion moderne des bibliothèques, pour qu’ils puissent de la sorte les mettre à profit.

Source : http://www.actualitte.com/actualite/26307-moines-shaolin-temple-manuscrits-anciens.htm via Xinhuanet 

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Lire et relire – Albert Londres, Adieu Cayenne !

Posté par Serge Bénard le 26 mai 2011

Albert Londres
Adieu Cayenne !
La Bibliothèque électronique du Québec
Collection Classiques du 20e siècle Volume 110 : version 1.0


I
Au début de l’année qui va finir…

Au début de l’année qui va finir, tout homme qui achète un journal put lire une dépêche provenant de Cayenne. Elle annonçait que le forçat Dieudonné, « ancien membre de la bande à Bonnot», avait trouvé la mort en voulant s’évader.
Dieudonné ?
Camille-Eugène-Marie Dieudonné. Il a vingt- six ans, quand éclate l’affaire Bonnot. De son métier,    il    est    ouvrier    ébéniste ;    d’idées, anarchiste, illégaliste, ainsi que l’on disait à l’époque.
Il a nourri son jeune âge de la littérature des citoyens Alexandre Millerand, Urbain Gohier, Aristide Briand, Gustave Hervé. Il n’ignore pas Gustave Le Bon. Il réciterait sans défaillance les livres de l’éminent M. Félix Le Dantec, professeur à la Sorbonne. Stirner, Nietzsche sont ses maîtres.C’est assez dire qu’il ne fait pas partie de ces ouvriers de marchands de vins et du Vélodrome d’hiver. Il est un intellectuel !
La journée finie, il court les réunions que lui recommandent les professeurs plus haut cités. L’innocent ! Il ferait mieux d’aller sur le zinc ! Là, il rencontre tous les ennemis de la société. Il en    connaît    même    qui    s’appellent :    Garnier, Bonnot, Callemin, dit Raymond-la-Science.
Justement, à cette date, Garnier, Bonnot, Callemin montent dans des automobiles. Ils ont un revolver au poing et ils tirent sur des employés de    banque,    ils    « descendent »    des    agents    de police, ils assassinent des chefs adjoints de la Sûreté. Ils en font bien d’autres !
Mauvaises fréquentations pour un ébéniste !
Il eût fallu se saisir des garçons qui, croyant faire les apôtres, ne faisaient que les bandits. La police n’y parvenait pas. Elle se rabattit sur le voisin, non le voisin d’habitation, mais le voisin de doctrine. Ainsi fut arrêté Dieudonné.C’est là que le drame commence.
La bande à Bonnot avait débuté dans le commerce du crime par l’attaque d’un nommé Caby, garçon de recettes, alors qu’il passait rue Ordener.
Caby ne mourut pas.
Il    désigna    Garnier    comme    son    agresseur : « C’est bien lui, s’écria-t-il, je le reconnaîtrais entre cent. »
Mais Garnier fut tué peu après, lors du siège qu’il soutint dans une maison de banlieue.
La    police,    alors,    présenta    plusieurs photographies à Caby. Caby les examina.
–Je m’étais trompé la première fois, en accusant Garnier, dit-il. Mon assassin, le voilà !
Et il posa le doigt sur le portrait d’un inspecteur, portrait glissé parmi des têtes d’anarchistes.
La bande à Bonnot, la vraie, continuait l’assaut contre la société. L’opinion, affolée, réclamait des coupables.Dieudonné était en prison. Pourquoi ne l’essaierait-on pas comme l’agresseur de Caby ?
Une après-midi, Dieudonné, non rasé, sans col, hagard, traverse, entre deux policiers, les couloirs du Palais de Justice. On le conduit chez le juge d’instruction.
Caby est aussi dans ces couloirs. Au passage de Dieudonné, un agent de la Sûreté touche le bras de Caby. « Tenez, lui dit-il, regardez, voilà votre agresseur ! »
L’homme qui cherche son assassin en reste saisi.
Cinq minutes après, confrontation chez le juge.
– Connaissez-vous cet individu, Caby ?
Il le connaît, il vient de le voir. On lui a dit : « C’est celui-là ».
– Oui ! fait Caby. C’est lui. – Regardez-moi,    monsieur,    vous    vous trompez ! renvoie Dieudonné.Caby ne consent plus à se tromper ; deux fois suffisent. Il dit : « C’est lui ! »
– Ta-ra-ta-ta ! répondent les gens qui savent des choses ; si Caby a reconnu Dieudonné, ce n’est pas parce qu’on le lui montra dans le couloir, mais parce que Dieudonné était rue Ordener. Il n’est pas l’assassin. Il y était par humanité, pour empêcher les autres de tirer !
C’est là du roman russe. Au fait ! C’est Garnier qui attaqua Caby. Garnier le proclama avant de mourir.
Ayant de mourir, également, Bonnot écrivit : « Dieudonné    est    innocent ;    il    n’était    pas    rue Ordener. »
Callemin, une fois condamné à mort, s’écria : «Dieudonné est innocent. Il n’était pas rue Ordener. Je le sais, moi, j’y étais. »
Le témoignage d’un homme au moins deux fois abusé l’emporta sur la vérité.
Dieudonné fut condamné à la guillotine.
À cette époque, le président de la République se nommait Raymond Poincaré. M. Poincaré est connu    comme    un    homme    faisant consciencieusement son métier. On dira de lui difficilement que son habitude est d’agir au petit bonheur. Il étudia le cas Dieudonné. Son avis fut différent de celui du jugement rendu. Il gracia Dieudonné. M. Poincaré ne gracia pas Dieudonné parce qu’il lui accordait des circonstances atténuantes, il le gracia parce qu’il ne trouvait pas dans le procès la preuve de sa culpabilité. Mais que veut dire, en l’état de nos lois, ce mot de grâce ? Il veut dire que l’homme ainsi gracié ira au bagne jusqu’à la fin de ses jours. Il y alla…
*
Onze ans plus tard, j’y allai, à mon tour. C’est ainsi que, me promenant un matin dans les locaux disciplinaires de Saint-Joseph, aux îles du Salut, je fus arrêté par un nom écrit sur la porte d’une des cellules. Ce nom était « Dieudonné ». – Celui de la bande à Bonnot ? On me répondit : « Oui. »Le gardien fit jouer le judas. Une tête s’encadra dans l’ouverture. C’était celle de Camille-Eugène-Marie Dieudonné.– Je viens voir ce qui se passe par ici, lui dis- je ; désirez-vous me parler ?
– Oui, oui, je voudrais vous dire des choses. Oh ! je n’ai pas à me plaindre, mais des choses en général sur la vie cruelle du bagne.
Sa voix était haletante, comme s’il venait de faire une longue course ; cependant, sa cellule n’avait que un mètre cinquante de large sur deux mètres de long. Il y était enfermé depuis huit mois.
Cette tête dans ce judas ajoutait encore au cauchemar de l’endroit. Je demandai que l’on ouvrît la porte.
On le fit. Dieudonné se redressa. Il avait de grands yeux avec de la fièvre au fond, pas beaucoup de chair sur la figure ; aussi ses pommettes pointaient- elles. Il se tenait au garde-à-vous, mais sans force physique.– La vie au bagne, dit-il, est épouvantable. Ce sont les règlements qui nous accablent. Ils trahissent certainement dans leur application l’idée des hommes qui les ont faits. C’est comme un objet qui tombe de haut et qui arrive à terre, son poids multiplié. Aucun ne peut se relever ; nous sommes tous écrasés.Un rayon de lumière glissait dans ce tombeau. Au point où ce rayon touchait la dalle, il y avait quelques livres.– Pourquoi êtes-vous en cellule ?
– J’y suis régulièrement. Je paie ma dernière évasion. J’aurais même dû avoir cinq ans de cachot,    puisque    c’était    ma    « seconde ».    Le tribunal maritime ne m’en a infligé que deux.
– Parce que vous êtes bon sujet, dit le garde.
– Oui, fit-il d’une voix toute simple, je dois dire que l’on me châtie sans méchanceté.
Le commandant des îles nous rejoignit.– Ah ! vous avez trouvé Dieudonné ? Bonjour, Dieudonné !– Bonjour, commandant !
– Tenez – et il posa sa main sur l’épaule du forçat, – voilà un garçon intéressant.
– Alors, pourquoi le mettez-vous là-dedans ?
– C’est un ouvrier modèle. Dieudonné est un exemple. Il a su se préserver de toutes les tares du bagne. Quand il a fini de travailler avec ses mains, il étudie dans les livres : la mécanique, la philosophie. Que lisez-vous maintenant ?
Dieudonné ramassa des Mercure de France et les présenta.
– Vous voyez assez clair ?
– Merci, commandant.
– Je ne devrais pas vous demander cela. Votre cachot n’est pas réglementaire. Dites-moi au moins que vous n’y voyez rien, pour le repos de ma conscience !
Ils sourirent.
Un sourire est une fleur rare aux îles du Salut !
–Il s’est évadé de Royale, reprit le commandant, c’est là l’un des plus beaux exploits du bagne. Quatre-vingt-quinze chances de laisser ses membres aux requins. Comment vous a-t-on repris sur la grande terre ?
– Épuisé, commandant.
– Il a même repêché un gardien, une fois ! N’est-ce pas ?
Dieudonné esquissa un geste du bras.
– Voyons,    dis-je    au    commandant,    le    cas Dieudonné est troublant. Beaucoup de gens croient à son innocence.
– Du fond de ma conscience, je suis innocent, fit Dieudonné.
Là-dessus, l’on referma l’enterré vivant dans son tombeau.

Lire la suite : http://beq.ebooksgratuits.com/classiques/Londres-Cayenne.pdf

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Lu pour vous – L’identité, une fable philosophique, par Ali Benmakhlouf

Posté par Serge Bénard le 26 mai 2011

Qui suis-je, Que suis-je, Qu’en sais-je ?

[jeudi 26 mai 2011 - 11:00]
Philosophie

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L’identité, une fable philosophique
Ali Benmakhlouf
Éditeur : Presses universitaires de France (PUF)
160 pages /
11,40 € sur
Résumé : Une réflexion riche et personnelle sur les identités, personnelles et culturelles, mais qui délimite mal son propos et divague une peu trop pour véritablement convaincre.
Nicolas DELON

Le petit livre d’Ali Benmakhlouf n’est pas un livre sur l’identité, ou plutôt pas sur ce qu’on croit qu’un livre sur l’identité pourrait avoir à en dire. Spécialiste de philosophie arabe (Averroès, Al Fârâbî) et de philosophie de la logique (Frege, Russell), l’auteur a mis ses deux casquettes pour aborder un problème à la fois individuel et culturel : qu’est-ce qui constitue l’identité, s’il y en a une, d’un individu et d’une culture ?

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La réponse sera double. Il s’agit premièrement de montrer que l’idée même d’identité, en tant qu’essence fixe dont une description exhaustive et close pourrait être donnée est une illusion ou plus précisément une fable, l’objet d’un récit constitué par le récit lui-même. Deuxièmement, l’idée que l’identité d’un individu puisse être isolée de son contexte (culture, rencontres), et celle d’une culture de son histoire introuvable (fables épiques) et de ses rencontres (mélanges culturels), est une illusion supplémentaire. Car à supposer qu’on puisse décrire, partiellement, l’identité de quelqu’un (par exemple par des « descriptions définies » russelliennes), nul n’est intégralement défini par une essence, qu’il tirerait de sa famille, de son milieu ou même de sa culture. Chacun hérite d’un ensemble multiple de facteurs identitaires qui contribuent à le définir mais la définition de ce que ou de qui je suis reste soumise à variation, géographique, temporelle, contextuelle. L’identité d’un être comme substance permanente n’est pour l’auteur qu’un postulat, logique, culturel et social. Parce que la question de l’identité est métaphysiquement indéterminée, ce postulat (ou fiction) doit être maintenu pour peu qu’il soit nécessaire, notamment par le biais de conventions linguistiques, mais concevoir l’identité comme l’essence d’une substance isolée (de façon atomiste) empêche aussi bien de comprendre le rapport d’un individu à sa culture que des cultures entre elles et à la civilisation en général.

Lire la suite : http://www.nonfiction.fr/article-4669-qui_suis_je_que_suis_je_quen_sais_je_.htm

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Japon – La BN se penche sur la conservation de la culture populaire

Posté par Serge Bénard le 26 mai 2011

 

manga.jpgLa très honorable National Diet Library du Japon( bibliothèque nationale) et l’Agency for Cultural Affairs (organe du Ministère de l’Éducation, de la culture, des sports, des sciences et des technologies japonaises) vont travailler ensemble à un projet de conservation de la culture populaire. Il s’agira en fait « de préserver, conserver et archiver des programmes de télévision et de radio, la musique, les manga, les films d’animations, les jeux vidéo et autres médias… »
La National Diet Library va se concentrer sur la préservation des livres, journaux, magazines, CD, DVD et autres médias alors que l’Agency for Cultural Affairs, elle, se concentrera sur la préservation « du matériel en rapport avec l’histoire, l’art, le folklore, les industries et les sciences naturelles… »

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Image via Wikipedia


Ce projet ambitieux est divisé en trois parties :

- Récolte, numérisation et sauvegarde (archives numériques) des programmes de télévision
- Pour la musique et la radio : récolte, numérisation et sauvegarde des programmes et des œuvres, (préservation aussi des matériels de lecture)
- Et enfin, autour « du manga, des films d’animations, des jeux vidéo et autres médias… » : collecter, archiver et sauvegarder les œuvres, développer des informations bibliographiques et collaborer à un système d’informations sur ces thèmes…

En 2009, le premier ministre de l’époque Taro Aso  avait proposé la création d’un musée de la culture où de nombreuses expositions, autour du manga notamment, devaient avoir lieu mais cette construction de 12 milliards de yens (+ de 100 millions d’euros) avait été vivement critiquée par l’opposition car on l’accusait de vouloir créer un « manga café »  .. national  (et donc d’utiliser l’argent public autour de ces propres centres d’intérêt…) Le projet avait été abandonné par le gouvernement, car jugé « non nécessaire » à l’époque.

Rappelons aussi qu’il existe, depuis 2006, un musée du manga à Kyoto nommé Kyoto International Manga Museum.

Source : http://www.bibliofrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=1139:le-japon-se-penche-sur-la-conservation-de-sa-culture-populaire&catid=57:-articles-de-bibliofrance&Itemid=38

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Amazon débauche maintenant auteurs et professionnels

Posté par Serge Bénard le 26 mai 2011

Bienvenue à Manhattan !

Rédigé par Clément S., le jeudi 26 mai 2011 à 11h59


Pour la deuxième fois, car nul doute qu’il y en aura une troisième, et bien d’autres après, Amazon vient de débaucher un auteur. Après le coup spectaculaire d’avril, le marchand en ligne remet le couvert, mais cette fois, avec une grosse pointure.
Amanda Hocking, c’était déjà quelque chose : cette jeune femme autoéditée, qui vend des ebooks pour Kindle en pagaille et se fait proposer un contrat d’édition papier, c’est du niveau Cendrillon. Mais que soudain, Amazon dégaine son chéquier pour retenir le petit prodige, et finalement, devienne son éditeur officiel, ça dépassait le conte de fées. (notre actualitté)

Premier auteur débauché…

Avec Barry Eisler, on passe un nouveau pallier : l’éditeur Saint Martin’sz Press avait fait une proposition de contrat pour deux livres, à un demi-million de dollars. Que l’auteur vient finalement de refuser pour accepter l’offre d’Amazon, pour une somme à 6 chiffres. Et devenir le premier auteur de la maison d’édition, qui doit s’ouvrir à Manhattan, et que dirigera Larry Kirshbaum, recrue de choix d’Amazon. (notre actualitté)
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Dans cette aventure, l’éditeur Houghton Mifflin Harcourt proposera les éditions papier du livre, de sorte que les autres librairies le commercialiseront, et Amazon se chargera de réaliser les versions numériques pour Kindle.

Lire la suite : http://www.actualitte.com/actualite/26310-debaucher-auteurs-editeurs-amazon-libraire.htm

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Edmond de Goncourt est né voici 189 ans

Posté par Serge Bénard le 26 mai 2011

Edmond Huot de Goncourt, né à Nancy le 26 mai 1822 et mort à Champrosay (Essonne) le 16 juillet 1896 chez Alphonse Daudet1, est un écrivain français, fondateur de l’Académie Goncourt. Une partie de son œuvre fut écrite en collaboration avec son frère, Jules de Goncourt. Les ouvrages des frères Goncourt appartiennent au courant du réalisme.
Issu d’une famille originaire de Goncourt en Haute-Marne, il étudia, à Paris, au lycée Condorcet. Il fut, avec son frère Jules, l’ami de Paul Gavarni, Gustave Flaubert, Alphonse Daudet, Émile Zola, Guy de Maupassant et Théodore de Banville.

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Le Journal
Alors que l’œuvre de fiction des Goncourt est relativement peu lue aujourd’hui, le Journal reste un témoignage intéressant sur la fin du XIXe siècle.
Jusqu’à sa mort en 1870, Jules fut le principal auteur du Journal, qui fut ensuite poursuivi par Edmond, resté seul. Sous-titré Mémoires de la vie littéraire, il se compose d’un ensemble de notes, généralement brèves, prises au jour le jour .

Ouvrages
Avec Jules de Goncourt
Histoire de Marie-Antoinette (1858)
Charles Demailly (1860)
Sœur Philomène (1861)
Renée Mauperin (1864)
Germinie Lacerteux (1865)
Idées et sensations (1866)
Manette Salomon (1867)
Madame Gervaisais (1869)
Il faut ajouter à cette liste le Journal, écrit d’abord par Jules et Edmond, puis par Edmond seul après la mort de Jules. Le journal des Goncourt a été publié en plusieurs volumes, les premiers du vivant des auteurs, et les derniers après la mort d’Edmond.
Seul
La Fille Élisa (1877)
Les Frères Zemganno (1879)
La Maison d’un Artiste tome 1 (1881)
La Maison d’un Artiste tome 2 (1881)
La Faustin (1882)
Chérie (1884)
Monographies
Outamaro, le peintre des maisons vertes (1891)
Hokusai (1896)

D’après  http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_de_Goncourt

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