Mel B au pays de la traduction (1)

Posté par Serge Bénard le 22 mai 2011

Mélanie intervient sur nos blogs depuis quelques années, et j’ai beaucoup de chance : elle a accepté de partager avec moi (et, partant, avec vous) son expérience au merveilleux pays de la traduction. Je pourrais reproduire in extenso le contenu de ses mails, tant ce qu’elle y raconte est passionnant et narré d’une plume alerte. Mais je choisis de m’attarder sur quelques points précis, en espérant ne jamais dénaturer ou affaiblir son propos.

Comment devient-on traductrice littéraire ? Entre mille chemins possibles, celui de Mélanie n’est pas banal, mais commence comme tous les contes de fées : Il était une fois.

Il était une fois une enfant qui baignait dans les langues étrangères : chansons des Beatles, des Doors, des Stones, de Bob Dylan, de Bob Marley etc., parents qui utilisent l’anglais quand ils ne veulent pas que les enfants les comprennent, goût du voyage, liitérature, cinéma (en VO)… En mettant les pieds pour la première fois au Royaume-Uni à quatorze ans, Mélanie comprend que l’anglais est sa langue d’adoption.

« Mon ambition était d’apprendre dix langues étrangères, mais je me suis hélas arrêtée bien avant. J’ai quand même fait du grec ancien par amour de la mythologie et de l’étymologie, et de l’espagnol dans l’idée de voyager en Amérique latine, cependant mon goût pour la version n’est né qu’avec l’apprentissage du latin. C’est vraiment à ce moment-là que j’ai découvert le plaisir de la traduction.« 

La première fois que Mélanie séjourne en Angleterre, en classe de 3°, c’est en grande banlieue londonienne, et si tout se passe bien sur place, le séjour-retour de sa correspondante est plus aléatoire : « … même si les deux semaines que « ma corres » a passées avec nous en France ont été compliquées (euphémisme, je me souviens qu’on s’est tous embrassés en riant de soulagement quand l’avion qui la ramenait chez elle a enfin décollé.) »

L’expérience suivante, en classe de première,  est une réussite sur tous les plans : elle tombe amoureuse du Derbyshire et émet le voeu de vivre « plus tard » au Pays de Galles dans une vieille maison en pierre pleine de livres et de chats et de ne jamais avoir ni mari ni enfant (raté :) ).   »C’est là je crois que j’ai acheté mes premiers bouquins en anglais (que du très sérieux, des pièces d’Arthur 

Miller, un livre de Thomas Hardy que je n’ai toujours pas lu…) et que Sharon m’a initiée aux Harlequins anglais, les romances de chez Mills and Boon : on se lisait des passages à voix haute et on se tordait de rire.« 

C’est alors un mois d’hypokhâgne et la réussite du concours Science Po Paris, un DESS en ressources humaines et six ans d’expérience en entreprise. Mais la traduction titille toujours Mélanie. Elle passe alors (et réussit) les tests Harlequin, pour figurer dans leur fichier de traducteurs.

« Le test Harlequin consistait à traduire un extrait de roman H. bien pourri (avec toutes les difficultés du genre, à savoir bourré de clichés, d’incohérences, mal écrit, etc.) d’une dizaine de pages et d’en faire une bonne traduction-adaptation.« 

En 1999, alors qu’elle traduisait à plein temps depuis deux ou trois mois (Harlequin ne paye pas forcément bien, et en plus c’est au forfait, pas au feuillet), elle tombe par hasard sur un article du Monde des livres concernant le DESS de l’institut Charles V, rattaché à Paris 7 (Diderot) – aujourd’hui devenu master pro de traduction littéraire de Paris 7, et décide de se renseigner davantage…

A suivre…

« Tout m’intéresse, it’s both a blessing and a curse.« 

Source : http://www.cuneipage.com/archive/2011/05/20/mel-b-au-pays-de-la-traduction-1.html

 

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