L’année littéraire (20) – Maurice Nadeau a cent ans

Posté par Serge Bénard le 22 mai 2011

SAMEDI 21 MAI 2011

L'année littéraire (20) - Maurice Nadeau a cent ans dans Anniversaires, fêtes, commémorations nadeauOn lui souhaite, de grand cœur, même si le souhait est un peu irrationnel, de vivre encore cent ans dans les livres. De toute manière son œuvre d’éditeur, car on peut dire qu’il a fait une œuvre de son travail, restera encore très longtemps présente pour les lecteurs. Il a même écrit lui-même quelques livres qui comptent. Pour un survol de sa carrière, je vous renvoie à un article que j’ai publié récemment dans Le Soir, Une maîtresse nommée littérature, au moment où paraissaient ses entretiens avec Laure Adler, Le chemin de la vie.
Il y a plus longtemps – c’était en 1990 -, j’avais interrogé, séparément mais avec les mêmes questions, Maurice Nadeau qui venait de publierGrâces leur soient rendues et Françoise Verny pour Le plus beau métier du monde. Deux éditeurs grand format, avec des conceptions assez différentes de la profession.
La preuve par la réédition de ce double entretien.

Ils n’ont rien en commun, sinon la passion des livres. Mais pas de la même manière. Tout sépare d’ailleurs Maurice Nadeau, qui a œuvré longtemps dans l’ombre de maisons d’édition où il développait sans fracas sa collection des «Lettres Nouvelles» avant de créer, contraint et forcé, sa propre structure – minuscule, faut-il le dire? -, de Françoise Verny, grande prêtresse de Grasset avant de passer bruyamment, avec armes et bagages (dans ceux-ci, elle emportait notamment sa fidèle Françoise Mallet-Joris), chez Gallimard où, pendant quatre ans, elle ne fut pas vraiment à sa place. C’est chez Flammarion qu’elle l’a apparemment trouvée maintenant, mais la manière est restée la même: une politique d’auteurs, certes, mais avec le spectaculaire en plus.
Leurs livres sont aussi différents qu’eux. Françoise Verny raconte sagement sa vie, de sa formation à ce qu’elle est devenue maintenant, égrenant les rencontres au fil des livres édités, manifestant une grande fidélité même aux auteurs qui ne l’ont pas suivie dans ses pérégrinations germanopratines. Maurice Nadeau, au contraire, égrène ses souvenirs des écrivains qui ont fait ses catalogues sans cesse recommencés et auxquels il a permis de trouver un public francophone, mais dénonce avec amertume les infidélités dont il a été la victime.
Il fallait bien les confronter, même si les rencontres se sont faites séparément. Pour le pugilat, rendez-vous ce vendredi soir sur le plateau de «Caractères». Car si, comme on le verra, Françoise Verny a pour Maurice Nadeau une grande estime, celle-ci n’est pas réciproque. Et cependant – ils ne le savaient pas encore en répondant à nos questions -, ils se rejoignent sur bien des points. Alors, d’où viennent les divergences? Du fait que Françoise Verny, à neuf heures du matin, a choisi de nous inviter à boire un café au bistrot d’en face en grillant ses premières (?) Gitanes de la journée alors que Maurice Nadeau, à quatre heures de l’après-midi, buvait de l’eau dans une pièce – débordant de livres – des minuscules bureaux qui lui servent de repaire à la fois pour «La Quinzaine littéraire» et sa maison d’édition?
Quoi qu’il en soit, il fallait d’abord chercher à apprendre auprès d’eux comment on devient éditeur.

Lire la suite : http://journallecteur.blogspot.com/2011/05/lannee-litteraire-20-maurice-nadeau.html

 

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