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L’Etat préempte les manuscrits de Robespierre chez Sotheby’s

Posté par Serge Bénard le 19 mai 2011

jeudi 19 mai 2011

Article rédigé par ARTINFOfrance


L'Etat préempte les manuscrits de Robespierre chez Sotheby's

L’Etat français a préempté, mercredi, l’achat des manuscrits inédits de Robespierre chez Sotheby’s, adjugés à plus de 900 000 euros. L’intervention devrait éviter l’exil de ces documents historiques, dont la vente avait suscité un appel à la mobilisation de la part de plusieurs historiens, politiciens et fervents robespierristes.

Les enchères pour cet ensemble de lettres de discours – dont celui du 8 Thermidor de l’An II, livré le 26 juillet 1794, quelques jours seulement après le passage de son auteur à la guillotine – ont vite atteint le demi-million d’euros. Une bataille s’était alors livrée entre deux enchérisseurs au téléphone, atteignant un prix au marteau de 750,000 euros.

L’annonce de la préemption dans la salle a valu des applaudissements et un « Bravo, monsieur ! » de la part du commissaire priseur. Le prix total s’élève à 979 400 euros, prime d’acheteur compris. L’état pourra faire appel a des mécènes pour réunir la somme, ou bien faire usage de souscriptions. Une telle, lancée par la société des études robespierristes, aurait déjà réunis 100 000 euros.

L’état payera alors un prix fort pour ces documents, datant de la période centrale de la Terreur, entre 1792 et 1794. Sotheby’s avait estimé l’ensemble à entre 200 000 et 300 000 euros. Aucun musée ou institution française ne s’était présentée comme acquéreur potentiel.

La crainte de la disparition des manuscrits à l’étranger avait suscité des appels à l’action. Le parti communiste, le parti socialiste et le parti radical de gauche ont lancé un appel à une intervention de l’Etat. Pierre Serna, directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, avait déclaré dans une lettre au Monde qu’ « Il fait sauver le soldat Maximilien » et qu’un « achat vertueux » des documents de Robespierre « donnerait à comprendre ce que peut être le bonheur dans la République ».

Lire la suite : http://www.orserie.fr/art-design/article/l-etat-preempte-les-manuscrits-de-11728

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Leur premier livre – Petite Fleur de Mandchourie

Posté par Serge Bénard le 19 mai 2011

Xu Gefei, fondatrice d’une maison d’édition à Paris et son premier roman « Petite Fleur de Mandchourie »

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Xu Gefei fondatrice de la maison d’édition Fei vient de signer un roman autobiographique « Petite fleur de Mandchourie ».

Ancienne étudiante de l’Alliance française de Shanghai, Xu Ge Fei arrive à Paris à l’âge de 24 ans. Il y a 2 ans elle a décidé de lancer sa maison d’édition pour se consacrer à sa passion : les échanges culturels entre la Chine et l’Occident, à travers l’adaptation de bandes dessinées chinoises. Cela a donné Les enquêtes du Juge Bao, aussi célèbre en Chine que Maigret en France. Les 3 premiers tomes (sur 9) connaissent actuellement un grand succès en France et ont fait l’objet de plusieurs articles dans la presse française. Dans son premier roman « Petite Fleur de Mandchourie » (Editions XO), elle nous raconte son incroyable destinée.

Source : http://french.cri.cn/621/2011/05/19/1s244506.htm

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La Champagne-Ardenne au détour de ses livres 2011

Posté par Serge Bénard le 19 mai 2011


Tout comme l’année dernière, l’Office régional culturel de Champagne-Ardenne (Orrca) organise une vingtaine de rencontres dans la région pour valoriser les ouvrages régionaux, et favoriser les rencontres entre les éditeurs, les auteurs, les libraires et le public.

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En Haute-Marne, ces rendez-vous s’échelonnent du samedi 14 mai au samedi 25 juin, à travers plusieurs librairies du département. A Langres, c’est ce samedi 25 juin que la librairie Les feuilles d’Acanthe accueillera les auteurs du livre Les Halles de Champagne-Ardenne. La liste des autres rendez-vous dans la région est disponible ici.

A cette occasion, l’orcca édite une brochure mettant en valeur différents livres récents sur le patrimoine sous toutes ses formes de la région. Elle est téléchargeable ici ou offerte à la Médiathèque Marcel Arland. Vous y retrouverez aussi la plupart des ouvrages de cette brochure.

Source : http://bm-langres.hautetfort.com/

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Le Camion Orange va prendre la route !

Posté par Serge Bénard le 19 mai 2011

Après plusieurs répétitions dans le garage des Bibliobus de la Direction de la Lecture Publique du Cher, le Camion Orange s’apprête à prendre le départ.rendez-vous pour la répétition générale publique le mardi 31 mai à 14h.puis, aux Futurs de l’Ecrit, à Noirlac – à Chinon en jazz – aux Récréations.


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Le Camion Orange est une coproduction Hémisphère / Les mille univers.

Source : http://chermedia.com/2011/05/18/le-camion-orange-va-prendre-la-route/

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Bibliothèque de Toulouse : 10 ans d’acquisitions sous vitrine…

Posté par Serge Bénard le 19 mai 2011

Bibliothèque de Toulouse : 10 ans d'acquisitions sous vitrine... dans Autographes, lettres, manuscrits, calligraphies toulouse%2B007

Toulouse est une ville très sympathique. J’y ai fait mes études, il y a maintenant 35 ans et je ne sais si c’est moi ou le centre ville qui a changé mais un des deux a rajeuni… Je ne m’étendrai pas sur le commerce dynamique, la présence de marques de luxe qui donnent à certains quartiers un air cossu, sur le soleil qui avait rempli les terrasses ou l’importance de la circulation vélocipédique qui apaise le piéton… Non ! Je ne vous parlerai même pas du musée St Raymond, ni de Saint Sernin…

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La bonne surprise de la journée fut l’exposition organisée par labibliothèque de Toulouse : 10 ans de patrimoine vivant ! L’établissement présentait sous de lumineuses vitrines et dans un cadre flatteur les pièces les plus remarquables acquises au cours de ces dix dernières années. Un vrai régal. J’ai d’ailleurs acheté le catalogue de l’exposition qui fournit de précieux renseignements sur la biographie de relieurs du début du XXe siècle.

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A côté d’acquisitions prestigieuses de livres anciens, la bibliothèque présentait aussi des réalisations modernes de livres de luxe. Donc, un panorama très large de l’art de l’impression qui nous fait dire que le livre, patrimoine ancré (encré !?) dans le présent, tourné vers l’avenir nous aide à extraire du passé les clés d’analyse du monde d’aujourd’hui… Voilà, c’est une grande phrase et je vous la livre telle quelle ! Vous pouvez la replacer en début de repas mais je ne suis pas certain que ça vous aidera à avoir du rab ;-) ) Pierre

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Lire la suite : http://livresanciens-tarascon.blogspot.com/2011/05/bibliotheque-de-toulouse-10-ans.html

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Livre audio – La Double Méprise, Prosper Mérimée

Posté par Serge Bénard le 19 mai 2011

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 3h | Genre : Nouvelles

La-double meprise

Tableau des mœurs du 19ème siècle : soirées mondaines, sorties à l’Opéra, respect des convenances… Des parallèles intéressants à faire avec Marivaux ,Madame Bovary ou Le Rouge et le Noir
Son insatiable curiosité et ses nombreux voyages autour du monde permettent à Mérimée de colorier ses nouvelles d’un exotisme éprouvé personnellement.

« Julie de Chaverny était mariée depuis six ans environ, et depuis à peu près cinq ans et six mois elle avait reconnu non seulement l’impossibilité d’aimer son mari, mais encore la difficulté d’avoir pour lui quelque estime.
Ce mari n’était point un malhonnête homme ; ce n’était pas une bête ni un sot. Peut-être cependant y avait-il bien en lui quelque chose de tout cela. En consultant ses souvenirs, elle aurait pu se rappeler qu’elle l’avait trouvé aimable autrefois ; mais maintenant il l’ennuyait. Elle trouvait tout en lui repoussant. Sa manière de manger, de prendre du café, de parler, lui donnait des crispations nerveuses. Ils ne se voyaient et ne se parlaient guère qu’à table ; mais ils dînaient ensemble plusieurs fois par semaine, et c’en était assez pour entretenir l’aversion de Julie. »
Julie retrouve par hasard une ancienne connaissance, M. Darcy, qui revient de longs voyages lointains. Entre Julie de Chaverny et M. Darcy, l’attirance semble mutuelle. Mais au fond, quelle est la réalité de leurs sentiments après six années de séparation ?

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

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Chapitre 03.mp3

> Consulter la version texte de ce livre audio.

Fenêtre externe

Source audio originale (Merimee_-_La_double_meprise_Chap02.mp3)

Source :

http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/merimee-prosper-la-double-meprise.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+litteratureaudio+%28Litterature+audio.com+-+Livres+audio+gratuits%29

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ArtBookReader: des beaux livres sur l’iPad

Posté par Serge Bénard le 19 mai 2011

 

A découvrir ArtBookReader et l’éditeur Bolivart qui propose de découvrir des livres d’art sur l’iPad. Un premier titre à la découverte de Versailles. Petit message d’Eric qui n’a pas le soutien d’Al Gore mais un bel enthousiasme pour parler de son travail! :

 

« Je m’appelle Eric et je suis le responsable de la conception du moteur universel Artbookeader. Je trouve également très sexy quelques uns des principes ergonomiques de l’appli Al Gore, mais bon, nous nous battons avec des cacahouettes tout en intégrant depuis le mois de janvier (au moment où Push po Press faisait son petit effet d’annonce) : l’ergonomie orientée image (pour des éditeurs de livres majoritairement illustrés) ; l’intégration des normes epub pour la gestion du texte (et d’ici juin, des normes epub 3), vidéo, son, html 5, etc + possibilité de customiser l’interface. Bon, je n’ai pas le public de Mike Matas (4mn pour présenter l’ouvrage à plusieurs centaines de personnes) mais nous avons quand même présenté notre solution aux matinales de Demain le livre devant un parterre de 70 personnes issues du monde de l’édition. Donc, un moteur français (cocoricoo?) opérationnel, qui propulse des contenus sans surenchères « multimédiatesque » développé avec des moyens « à la française » ]– soit les poches perso, pas de barbes de trois jours, et le seul désir d’accompagner les éditeurs de beaux livres… Si tu voudrais bien cher Aldus parler (un tout petit peu de nous) :-) Amitiés à tous les supporters du livre numérique! »

Désolé de ne pas vous avoir assisté à la conférence, mais voilà c’est réparé. Au plaisir de découvrir les prochains titres!  

PS: en parlant de Versailles, on ne saurait ignorer la magnifique visite du Chateau proposée par GoogleArt, un autre beau-livre dans son genre aussi! (viaYvelinesInfo). 

Image de prévisualisation YouTube

Source : http://aldus2006.typepad.fr/mon_weblog/2011/05/artbookreader-des-beaux-livres-sur-lipad.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+typepad%2FOEkF+%28Aldus+-+2006%29

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Prix Initiales 2011

Posté par Serge Bénard le 19 mai 2011

Le Prix Initiales du groupement de libraires indépendants Initiales récompense un roman paru dans l’année et qui par la portée de sa voix, le caractère unique de son style, et la force de son pouvoir fictionnel, a vocation à rejoindre les ouvrages indispensables de la librairie. Voici les 2 ouvrages lauréats :

Littérature Française

Littérature Etrangère

Commandez ce livre

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Jérôme Ferrari
Où j’ai laissé mon âme
Actes Sud

Leonardo Padura
L’homme qui aimait les chiens
Métailié

> Voir les Finalistes du Prix des libraires Initiales 2011

Source : www.initiales.org


Le blog des prix littéraires. Un blog de Prix-litteraires.net.Prix Initiales 2011 dans Prix, récompenses, palmarès, célébrations, hommages, mé

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Lu pour vous – La Malédiction de Jacinta, de Lucia Puenzo

Posté par Serge Bénard le 19 mai 2011

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Lucia Puenzo – La Malédiction de Jacinta
Editeur
Seuil

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Plantagenet
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Réalisatrice remarquée avec XXY (Grand Prix de la Semaine de la Critique, Cannes, 2007) et El nino Pez, un temps scénariste pour la télé argentine, Lucia Puenzo est également romancière. Dans La Malédiction de Jacinta, elle livre une variation acerbe autour du thème de la dissolution de l’individu, un récit sur la perte des illusions, la vacuité d’existences façonnées toutes entières par l’image.

A l’origine du récit, un fait divers : la découverte du corps sans vie de l’actrice qui dans les années 80 incarnait pour la télévision argentine Jacinta Pichimahuida, institutrice dans la série Senorita maestra, et le destin parfois tragique de plusieurs des jeunes acteurs à l’époque retenus pour figurer ses élèves. Si le triste devenir d’enfants star n’est certes pas une spécificité argentine, la réécriture de l’histoire par Lucia Puenzo est l’occasion d’aborder une réflexion sur les liens entre réel et fiction, anonymat et célébrité, en utilisant un angle singulier, interrogeant les arcanes de la création, le façonnement des identités.

Lire la suite :  http://www.chronicart.com/livres/chronique.php?id=12062

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Lire et relire – Baltasar Gracián, Le héros

Posté par Serge Bénard le 19 mai 2011


Baltasar Gracián
Le héros

traduit de l’espagnol et présenté par Joseph de Courbeville
La Bibliothèque électronique du Québec
Collection Philosophie Volume 1 : version 1.0
Titre original :
El heroe
La traduction du Héros de Joseph de Courbeville a été publiée pour la première fois à Paris, en 1725, par les Éditions Noël Tissot.


Le héros
(Éditions Gérard Lebovici, Paris, 1989

 

Préface 1

Le Héros est le premier de tous les ouvrages de Gracián, c’est-à-dire et de ceux que nous avons de lui et de ceux qui nous manquent, lesquels sont en plus grand nombre qu’on ne l’a peut-être cru jusqu’ici. Amelot n’a point appris au public ces pertes considérables, bien que, dans la Préface de L’Homme de cour, il prétende donner une liste complète de toutes les œuvres de son auteur. Il n’en compte que trois que nous n’ayons point, et qui sont Avisos al Varón Atento, Galante, Arte para bien morir, néanmoins il s’en trouve douze dans la Préface de El Discreto qu’il cite, et dont il oublie ces paroles : muchos faltan, hasta doze. Il est vrai que Lastanosa ne nomme pas ces douze traités, mais il était pourtant de l’exactitude d’un traducteur zélé, et de la justice due à son auteur, que l’un fît connaître tous les soins et toutes les veilles de l’autre pour le service du public.Quoi qu’il en soit, Lastanosa parle ainsi du Héros dans la Préface de El Discreto qu’il appelle en un autre endroit l’émulateur du premier : Emulo es de Heroe. « La plus grande gloire du Héros, dit-il, ce n’est pas d’avoir été tant de fois imprimé et traduit en différentes langues, ce n’est pas d’avoir été applaudi des nations les plus polies et les plus éclairées, ce n’est pas d’avoir été assez estimé de quelques célèbres écrivains, pour qu’ils en aient inséré dans leurs excellents ouvrages quelques chapitres entiers, comme on le voit dans le Privado Christiano. J’ajoute, dans nos meilleurs auteurs, et surtout dans Saint-Evremont. La véritable gloire du Héros, c’est le jugement qu’en porta Philippe IV après l’avoir lu avec beaucoup d’attention : « Ce petit ouvrage est très agréable, je vous assure qu’il contient de grandes choses. »La haute idée qu’en conçut ce monarque, à la première lecture qu’il en fit, augmenta dans la suite, bien loin de diminuer, et se changea en admiration : il le plaça dans son cabinet parmi certains livres choisis qu’il goûtait davantage, et qu’il lisait plus souvent : El Heroe se admiro en la mayor esfera del selecto Museo Real. Ce sont les termes de Lastanosa dans son Épître Dédicatoire à Don Baltasar-Carlos, Prince des Espagnes et du Nouveau-Monde.Aussi Gracián dès le premier essai de son génie supérieur se propose de former un prince, un grand homme, semblable à un jeune aigle, dont le premier vol s’élève jusqu’au soleil, dit un auteur espagnol : Dió las primeras luzes de su idea, a la enseñança de un Principe en el Heroe, etc. Mais il ne se borne pas aux qualités propres d’un héros guerrier, il s’étend encore à celles qui font les héros en tout genre.
Le but de Gracián est de porter les hommes à l’héroïsme dans les conditions distinguées de la vie, auxquelles les autres dont elles font la gloire et l’appui se réduisent. Il appelle héros tous les personnages illustres, les grands hommes de guerre, les grands esprits pour la politique, les grands hommes dans la magistrature, les génies extraordinaires pour les lettres, etc. En effet, on peut bien dire que tous les grands hommes se ressemblent en un sens, et c’est que la nature les a comme marqués à un même coin. Quelque différents que puissent être les talents qui les distinguent, la supériorité de leur mérite met entre eux un rapport commun. C’est la pensée de M. l’Abbé Massieu.Au reste, si l’on veut encore chicaner Gracián sur le peu de liaison que l’on croit découvrir entre le titre de ses ouvrages et les matières qu’il traite, et chicaner aussi son traducteur sur quelques expressions trop hardies, je n’ai point d’autre réponse à faire que celle de Mademoiselle de Gournay dans sa Préface des Essais de Montaigne qui l’appelait sa fille, et que Juste-Lypse appelait sa sœur.« Pour le regard de quelques-uns qui veulent étendre les effets de cette prétendue ignorance de l’esprit jusqu’aux changements de quelques termes usités en l’art vulgairement, libertinage de sa méthode, suite décousue de ses discours et manque même de relation de ses chapitres avec leurs titres parfois, s’ils sont capables de croire qu’une tête de ce calibre ait manqué par capacité à faire en cela, ce que tout écolier de quinze ans peut et fait, je trouve qu’ils sont si plaisants à parler, que ce serait dommage de les faire taire. Ces messieurs avec leurs belles animadversions ont volontiers cueilli l’une des branches de l’ignorance doctorale, laquelle mon père nous avertit en quelque lieu, que la science fait, et défait la populaire. La vraie touche des esprits, c’est l’examen d’un nouveau livre, et8celui qui le lit se met à l’épreuve plus qu’il ne l’y met… »
Joseph de Courbeville.


I

Se rendre impénétrable sur l’étendue de sa capacité

Le premier trait d’habileté dans un grand homme est de bien connaître son propre fonds, afin d’en ménager l’usage avec une sorte d’économie. Cette connaissance préliminaire est la seule règle certaine sur laquelle il peut et il doit après cela mesurer l’exercice de son mérite. C’est un art insigne et de savoir saisir d’abord l’estime des hommes, et de ne se montrer jamais à eux tout entier. Il faut entretenir toujours leur attente avantageuse, et ne la point épuiser, pour le dire ainsi ; qu’une haute entreprise, une action éclatante, une chose enfin distinguée dans son genre en promette encore d’autres, et que celles-ci nourrissent successivement l’espérance d’en voir toujours de nouvelles.
En effet, si l’on veut se conserver l’admiration publique, il n’est point d’autre moyen pour y réussir que de se rendre impénétrable sur l’étendue de sa capacité. Un fleuve n’inspire de la frayeur qu’autant de temps que l’on n’en connaît point le gué ; et un homme habile ne s’attire de la vénération qu’autant de temps que l’on ne trouve point de bornes à son habileté. La profondeur ignorée et présumée de son mérite le maintient dans une éternelle possession d’estime et de prééminence.Au reste, le politique établit ici un axiome très judicieux, savoir que se laisser pénétrer par autrui, et céder le droit d’en être absolument gouverné, c’est à peu près la même chose. Cette pénétration, bien mise en œuvre, est une voie presque sûre pour changer en quelque sorte la face des conditions dans le monde ; pour qu’un supérieur, quel qu’il soit, n’en ait plus que le fantôme et le nom, et que l’inférieur se substitue à toute l’autorité. Mais si l’homme qui en a compris un autre est en état de le dominer, l’homme aussi que personne ne peut approfondir reste toujours comme dans une région inaccessible à la dépendance.
Que votre attention se réveille donc pour frustrer celle de certaines gens qui cherchent à découvrir jusqu’où va précisément votre suffisance. Il faut se comporter comme les grands maîtres dans un art, lesquels se gardent bien de développer en un jour à leurs élèves tout ce qu’ils savent, et ne s’expliquent à eux que peu à peu et par degrés. À l’égard de ce qui fait proprement le fonds de leur métier, c’est un mystère auquel nul autre n’est initié ; c’est un secret qu’ils se réservent pour se soutenir dans la réputation d’être les premiers maîtres, et d’avoir une capacité illimitée.Certainement, c’est avoir la gloire de ressembler, plus que le commun des hommes, au Souverain Être, que d’aspirer ainsi à une sorte d’infinité. Un si noble dessein est le premier fondement de l’héroïsme et de la grandeur ; en le suivant ce dessein, il est vrai que l’on ne devient pas inépuisable en mérites, mais on parvient du moins à le paraître ; et ce n’est point là l’ouvrage d’un génie vulgaire. Quiconque au reste entre bien dans cette maxime délicate, il ne sera point étonné des louanges données à ce paradoxe, apparemment si étrange, du sage de Mytilène : La moitié vaut mieux que le tout. Car c’est-à-dire que la moitié du fonds mise en réserve, tandis que l’autre partie est mise en évidence, vaut mieux que le tout de même espèce prodigué sans ménagement.Ce fut en cet art de fournir toujours à l’attente publique qu’excella le premier roi du Nouveau-Monde, le dernier roi d’Aragon, et le monarque le plus accompli de tous ses prédécesseurs, Ferdinand le Catholique. Il occupa sans cesse l’admiration de l’Europe, et il l’occupa bien plus par un prudent emploi de ses rares qualités, dont les effets glorieux se succédaient les uns aux autres, que par tant de lauriers qui ceignaient son front. Sa politique, supérieure à celle des princes ses rivaux, le fut encore plus en ce point qu’il en sut12
dérober les ressorts aux yeux de tout le monde, aux yeux de ceux qui l’approchaient, qui le touchaient même de plus près: la reine Isabelle, son illustre compagne, les ignora, quoique passionnément aimée de Ferdinand; les courtisans de ce monarque les ignorèrent, quoique tous les jours appliqués à les épier, à les démêler, à les deviner. Tous les soins de ces politiques curieux n’étaient que des coups en l’air : le prince ne leur fut jamais connu que par les événements successifs, dont le nouvel éclat les surprenait de plus en plus.
Jeunes héros, pour qui la gloire a des charmes, vous qui prétendez à la vraie grandeur, efforcez-vous d’acquérir la perfection dont je parle. Que tous vous connaissent pour être estimés de tous; mais que personne ne vous pénètre : avec cette conduite un fonds médiocre paraît grand, et un grand fonds paraît comme infini.

II
Ne point laisser connaître ses passions

L’art de vous conduire, en telle sorte que qui que ce soit ne puisse marquer les bornes de votre capacité, demeurera presque infructueux, si vous n’y joignez l’art de cacher les affections de votre cœur. L’empereur Tibère et Louis XI roi de France comprirent si bien la vérité de cette double maxime qu’ils y ramenèrent toute leur politique. Quoiqu’une passion, pour être secrète, n’en soit pas moins une passion, cependant il est grand, et il importe beaucoup d’en savoir faire un mystère. À la vérité les mouvements d’un cœur qui commence à s’affaiblir sont souvent les symptômes d’un héroïsme expirant ; mais l’héroïsme après tout ne reçoit une atteinte mortelle que lorsque ces affaiblissements se déclarent.
Il faut donc travailler d’abord à arrêter tout mauvais penchant, et s’étudier ensuite à le dissimuler pour le moins : le premier demande beaucoup de courage, et le second demande une extrême dextérité ; le premier, sans parler du devoir indispensable de le vaincre, serait peut-être plus facile que le second, bien que ce ne soit pas toujours l’opinion du cœur humain, lequel en matière de mœurs décide assez à la place de la raison. Quoi qu’il en soit, ceux qui se montrent esclaves d’une passion se dégradent et s’avilissent dans l’idée des sages ; et ceux qui savent la couvrir se soustraient à ce décri, lequel en peu de temps devient général. Au reste, comme c’est le chef-d’œuvre de la pénétration d’esprit que de comprendre tout le fonds du cœur d’autrui, c’est aussi le dernier effort de l’empire sur soi de conserver son cœur inconnu aux plus habiles scrutateurs.Je l’ai déjà dit : de profonds politiques prétendent que découvrir toute la capacité d’un homme et être en état de le gouverner, c’est à peu près la même chose. Mais j’estime qu’il est encore plus vrai qu’il n’y a point de différence entre laisser apercevoir sa passion, et prêter des armes certaines pour qu’on se rende maître de nous. Que de gens intéressés à connaître ce côté faible seront ravis que vous le leur présentiez vous- même ! Ils vous attaqueront bientôt par là, et comptez qu’ils le feront avec succès : ils reviendront si souvent à la charge, ils renouvelleront leurs assauts avec un manège mêlé de tant de force et de tant de souplesse que vous serez enfin surpris, vaincu, en proie à leur discrétion. Les penchants du cœur en sont comme les chemins sûrs ; dès qu’on les sait, tout est frayé, tout est ouvert pour en prendre possession. Alors, on dispose d’un cœur ainsi que d’un bien qui n’aurait point de maître, et dont on devient le propriétaire parce qu’on s’en est emparé le premier.L’Antiquité païenne éleva au rang des dieux des personnages qui n’avaient pas fait la moitié des belles actions d’Alexandre, et elle refusa l’apothéose à ce héros de la Macédoine ; elle n’assigna pas la moindre place aux cieux pour celui qui avait rempli toute la terre de ses prodigieux exploits. D’où pouvait venir dans ces anciens sages une si grande inégalité de conduite ? Pourquoi tant de rigueur d’une part, et de l’autre tant de facilité ? C’est qu’Alexandre flétrit la gloire par l’excès de ses emportements : il démentit mille fois le caractère de héros, parce que mille fois on le vit comme un homme vulgaire, esclave de ses passions. Et que lui servit d’avoir conquis un monde entier, puisqu’il perdit l’apanage des grands hommes, lequel est de savoir se commander.
Au surplus, les deux principaux écueils de l’héroïsme sont la colère sans frein, et la cupidité sans retenue : c’est là que la réputation vient communément échouer. En effet, les hommes extraordinaires sont rarement modérés dans leurs passions, quand ils en ont ; et d’ailleurs, ils sont plus susceptibles que les autres de celles dont je parle : elles entrent en quelque sorte dans la complexion des héros, et encore plus des héros guerriers. Il est bien à craindre que l’ardeur de leur courage ne se change quelquefois en un feu de colère, et que leur amour extrême pour la gloire ne se porte avec la même vivacité à quelque objet indigne d’eux. Ainsi, il n’est point de violence que l’on ne doive se faire pour dompter ces deux passions, ou pour en sauver les dehors, si elles ne sont pas encore tout à fait soumises. Une saillie, échappée en certains moments, peut mettre de niveau le héros avec l’homme du commun; elle peut mettre le dernier au-dessus de l’autre. Ce seul trait est plus que suffisant aux gens éclairés qui vous environnent, pour tourner désormais à leur avantage un faible dont ils savent si bien les suites. Dans le palais des grands, combien de courtisans oisifs et vicieux ! Combien d’ambitieux sans mérite cherchent les penchants du prince, afin de les servir, et de s’avancer eux-mêmes aux dépens de la vertu ! Que le souverain doit être circonspect ! Qu’il doit être sur ses gardes pour tromper l’oisiveté dangereuse des premiers, et la vigilance intéressée des seconds.Personne peut-être ne fut plus habile à se dissimuler de la manière dont je l’entends qu’Isabelle de Castille, cette Amazone catholique, cette femme forte qui ne permit pas à son siècle d’envier la gloire des Zénobie, des Tomyris, des Sémiramis, des Penthésilée. Isabelle, égale si elle n’était pas supérieure à ces héroïnes, sut s’interdire tout ce qui pouvait devenir le plus léger indice de faiblesse en elle. Voici jusqu’où sa délicatesse allait sur cet article. Comme il n’est pas toujours libre de ne se point plaindre dans les vives douleurs de l’enfantement, elle voulait alors être seule, afin que qui que ce soit ne fût témoin du moindre signe de sensibilité, qui lui eût échappé malgré elle. Une princesse qui s’observait de la sorte, quel pouvoir n’avait-elle pas sur elle dans le reste de sa conduite, pour ne montrer jamais aucune faiblesse ?Je finis ce chapitre par une pensée du cardinal Madrucio. Nous pouvons tous faillir, disait-il, mais je ne donne pas absolument le nom de fou à l’homme auquel il arrive de tomber dans une faute : j’appelle un fou celui qui, ayant fait une folie, n’a pas l’esprit et le soin de l’étouffer sur-le-champ. Cette adresse de distraire promptement l’attention d’autrui et d’ôter le loisir de réfléchir sur une faute, n’est point d’un génie médiocre. Néanmoins, il faut avouer qu’on ne saurait guère donner ainsi le change que pour des fautes légères ; à l’égard des grandes, on n’en supprime pas la connaissance ; on ne fait que la suspendre pour un temps. À quelque prix donc que ce soit, il faut se soumettre les affections de son cœur, si l’on veut qu’il n’en paraisse rien au-dehors, et si l’on prétend à l’héroïsme. Quelques-uns sont nés vertueux, il est vrai ; mais les soins, les réflexions, les efforts peuvent rendre aux autres ce que la nature leur a refusé.

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1 Le jésuite Joseph de Courbeville traduisit, en 1723, El Discreto (L’Homme universel) de Baltasar Gracián, et, en 1725, son premier traité, El Heroe (Le Héros), accompagné d’un important appareil de « remarques », retirées de la présente édition.
Son travail, où l’érudition se mêle à la volonté de polémiquer avec ses prédécesseurs – Amelot de la Houssaie surtout – et avec les adversaires des jésuites, dont l’abbé Guyot-Desfontaines, ami de Voltaire, contribua à faire connaître la pensée de Gracián en France et dans le reste de l’Europe. Un rédacteur des Nouvelles Ecclésiastiques n’écrivait-il pas en 1731 : « On sait l’empressement qu’ont eu les jésuites de traduire en français les ouvrages de ce bel esprit espagnol leur confrère, tout occupé à traiter de la politique dans le goût d’une morale profane… » ?
J. de Courbeville traduisit aussi El Político (Le Politique Dom Ferdinand le Catholique), qui parut en 1732. (N. d. E.)

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