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Japon – La nature a toujours raison

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Lors d’un reportage dans les régions sinistrées, un journaliste du Mainichi Shimbun a compris l’attachement des habitants à leur terre grâce aux écrits de Kenji Miyazawa.

12.05.2011 | Mamoru Shishido | 

 

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Mr Hatakeyama, directeur de Mizuyama Aquafarm, à Kesennuma ( Miyagi-ken) avec la délégation française 
(Photo de Mission conjointe Comité National Conchyliculture-Ifremer)

Une bande de goélands virevoltent entre la mer et le ciel. Dans une crique de la presqu’île de Karakuwa [préfecture de Miyagi], Shigeatsu Hatakeyama, 67 ans, regarde d’un œil dépité la plage jonchée de coquilles Saint-Jacques. Une cinquantaine de radeaux qu’il utilisait pour ses cultures ont été emportés par le tsunami, 500 000 coquilles Saint-Jacques et 1 million d’huîtres ont été détruites. M. Hatakeyama est pourtant un conchyliculteur réputé. Il avait réussi à enrichir le milieu marin en plantant des arbres à feuilles caduques en amont de la rivière Okawa, qui se jette dans la baie de Kesennuma. Lors du séisme du 11 mars, il se trouvait en bord de mer. Il a eu la vie sauve en se réfugiant très vite sur une hauteur, mais sa mère, qui était dans une maison de retraite, est morte, et ses installations aquacoles, ainsi que ses cinq bateaux ont été détruits. Trente-quatre des quarante foyers que comptait le hameau où il habitait ont été engloutis. Tout a été réduit à néant alentour. Le lieu semble hostile à toute vie humaine, mais M. Hatakeyama n’a pas l’intention de le quitter. “Nous savons bien que nous ne pouvons pas être épargnés par les tsunamis. Cela doit arriver de temps à autre. Si nous vivons avec la mer, c’est en connaissance de cause. Cette mer nous apporte de grands bienfaits en nourrissant les huîtres et les coquilles Saint-Jacques…” Peu à peu, les habitants qui s’étaient réfugiés en ville commencent à revenir dans les environs. 

“C’est impossible pour nous d’habiter ailleurs. Nous voulons vivre à nouveau dans un endroit d’où l’on voit la mer”, expliquent certains.“C’est comme si nous étions faits pour vivre avec elle. Je pense que c’est inscrit dans notre ADN”, ajoute timidement M. Hatakeyama. Ils ont perdu leurs proches à cause du tsunami. Ils ont vu leurs équipements, fruit d’un travail de plusieurs générations, détruits. Mais ils ne peuvent s’éloigner de la mer. C’est une attitude peut-être difficile à comprendre pour ceux qui vivent sans lien avec la nature. J’ai eu la chance de parcourir la région ces dernières années en tant que journaliste, et j’ai l’impression que cette attitude est représentative des gens du Tohoku. Je me suis souvenu du poète Kenji Miyazawa, qui a vécu en harmonie avec la nature du Tohoku et a voué sa vie entière à l’amélioration du niveau de vie des agriculteurs. Je me suis alors dirigé vers Hanamaki, dans la préfecture d’Iwate. 

Le musée municipal, qui porte le nom de Kenji Miyazawa, est situé dans les faubourgs de la ville. Miyazawa est né en 1896, l’année du tsunami de Meiji Sanriku, qui a fait environ 22 000 morts, et il est décédé à l’âge de 37 ans en 1933, l’année du tsunami de Showa Sanriku, qui a causé 3 000 morts et disparus. Sa vie semble étrangement liée aux tsunamis. A l’époque où vécut Miyazawa, les catastrophes naturelles et les mauvaises récoltes se succédaient et les tragédies telles que les suicides familiaux et les ventes de jeunes filles par leurs parents étaient nombreuses. Le poète se consacre à l’étude de l’agronomie et il ne publia que deux livres de son vivant. En 1924, lors de la publication d’un recueil de contes intitulé Chumon no ooi ryoriten [Le restaurant aux nombreuses commandes, éd. Kogensha, inédit en français], Miyazawa rédigea un imprimé publicitaire considéré comme l’un des rares docucomments où il commente son œuvre : “La préfecture d’Iwate est comme un vrai pays de rêve. Là, tout est possible. A mes yeux, même les péchés, même la tristesse y brillent d’un éclat pur.” Pour Toshiya Ushizaki, directeur adjoint du musée, “l’expression ‘pays de rêve’ ne désigne pas un eldorado, mais plutôt une terre inconnue, voire méconnaissable.

Lire la suite : http://www.courrierinternational.com/article/2011/05/12/la-nature-a-toujours-raison

 

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