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Lu pour vous – Un garçon singulier, de Philippe Grimbert

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Passé présent et singulier pluriel

Par François Busnel (L’Express), publié le 04/05/2011 à 14:30

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Un garçon singulier évoque l’autisme et les difficultés de son acceptation dans les années 70.

Un romancier ressemble à un psychanalyste : il écoute la voix de ses personnages. Depuis longtemps, Philippe Grimbert travaille l’art délicat de jouer avec les secrets de famille. Plus ils sont lourds, mieux il se porte. Son nouveau roman explique bien des choses, tant sur son parcours personnel que sur la façon dont nous vivons ce que nous appelons pudiquement « la différence ».

Iannis est un de ces enfants « différents ». Un garçon « singulier », dira son père au narrateur, Louis, lorsque ce dernier se rendra à l’entretien d’embauche qui décidera de sa vie. Iannis est autiste, mais c’est un mot que l’on ne prononce pas dans la France provinciale de 1970. Que Mai 68 n’ait pas fait voler en éclats toutes les barrières, les films de Chabrol nous l’avaient appris. C’est dans cette atmosphère, poisseuse, rance, puis franchement écoeurante que nous entraîne Grimbert dans un roman que l’on n’hésitera pas, évidemment, à qualifier de… « singulier ».

Nous sommes en 1970, donc. Louis est un étudiant taciturne, timide, renfermé, décalé. Un « garçon singulier », en somme, puisque est nommé ainsi celui qui refuse de rejoindre la joyeuse meute des contestataires pas encore transformée en troupeau déprimé de notaires et notables. Louis promène son ennui sur les bancs de la fac. Un jour, il remarque une petite annonce : « Recherche jeune homme motivé pour s’occuper d’un adolescent singulier en séjour avec sa mère à Horville (Calvados) ». L’adjectif « singulier » entre alors en collision avec le nom de la petite station balnéaire « Horville ». Car c’est à Horville que Louis a passé toute son enfance. Et c’est à Horville que gît, enfoui dans les replis du passé, un secret bien encombrant. Voici donc notre « garçon singulier » en Normandie, aide-soignant d’un autre « garçon singulier » de 16 ans, qui ne parle pas, n’écrit pas, ne lit pas, ne peut rien faire seul. Sa mère est également « singulière ». Elle écrit. Des romans « singuliers ». Comprendre : des romans érotiques. Et se demande qui, d’elle ou de son fils, est responsable de la situation actuelle. Une situation que Louis découvrira avec effroi à mesure que l’enfant autiste lira dans ses pensées et l’entraînera sur les traces de ce passé qui, chez Grimbert, ne reste jamais assez bien caché.

Source : http://www.lexpress.fr/culture/livre/francois-busnel-a-lu-un-garcon-singulier-de-philippe-grimbert_989172.html

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