• Accueil
  • > Archives pour le Jeudi 5 mai 2011

Pour saluer la machine à écrire

Posté par Serge Bénard le 5 mai 2011

v-5451.1304546426.jpg   Il serait temps que quelqu’un s’y colle : une histoire de la littérature contemporaine vue à travers les rapports que les écrivains ont entretenu avec leur machine à écrire. Un chercheur en génétique, un historien des techniques, un sociologue matheux à tendance oulipienne, un poète déconstructeur, qu’importe. Mais on rêve de le lire, cet éloge de la Remington grand confort,  de l’Underwood encore imbibée du whisky de Chandler, de la Corona pleine de cendres de cigarettes, de l’Olivetti Lettera 32, de la lourde et crépitante IBM à boule, de l’Hermès Baby, de l’Olympia portative. Sûr que question sensualité, le toucher du clavier et le bercement du bruit de fond ont joué sur la nature de certains textes. Pas seulement l’Hommage à Qwert Yuiop (Grasset, 1988), confidences à son clavier du regretté Anthony Burgess. Ou L’histoire de ma machinpm5305e.1304546478.jpge à écrire (Actes sud, 2003) dans lequel Paul Auster raconte les liens intimes qu’il a noués avec son Olympia évoquée, par « sa personnalité et sa présence au monde », comme son plus cher agent de transmission. Qui saura jamais pointer l’influence diffuse de cette musicalité sur l’écriture romanesque, écho assourdi du Satie de Paradeet de Jerry Lewis en hyène dactylographe ? Qui saura restituer la passion fétichiste des écrivains pour leur vieille et tendre machine ? Cormac McCarthy n’a pas hésité à vendre récemment la sienne aux enchères, une Olivetti Lettera 32 qu’il avait payé 50 dsagan.1304546573.jpgollars et qui a fini à 254 000 dollars; elle tapa selon lui environ 5 millions de mots en un demi-siècle, pratiquement toute son œuvre. Il a accepté de s’en séparer lorsqu’un ami lui a promis de lui en procurer une nouvelle, d’occasion.

Lire la suite :

http://passouline.blog.lemonde.fr/2011/05/04/pour-saluer-la-machine-a-ecrire/#xtor=RSS-32280322

Publié dans Opinions, tribunes, idées, polémique, lettres ouvertes | Commentaires fermés

Conférence d’histoire du livre – «Cazin» par Monsieur Jean-Paul Fontaine

Posté par Serge Bénard le 5 mai 2011

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d’histoire et civilisation du livre
Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études


Lundi 9 mai 2011
16h-18h
«Cazin»
par
Monsieur Jean-Paul Fontaine (Reims)

Nota: La conférence d’Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l’École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage).
Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l’on peut notamment s’informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2010-2011.
Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterand).

 

Lire la suite : http://histoire-du-livre.blogspot.com/2011/05/conference-dhistoire-du-livre.html

Publié dans Colloques, conférences, assises, forums, congrès, symp, Enseignement, séminaire, conférences, formation, atelie, Livre, histoire, bibliographie | Commentaires fermés

Sélection du Grand Prix Jules Verne 2011

Posté par Serge Bénard le 5 mai 2011

Voici la sélection pour le Grand Prix Jules Verne qui sera décerné le mardi 14 juin 2011 à l’Hôtel de Ville de Nantes par l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire.

Commandez ce livre

Commandez ce livre

Commandez ce livre

Alix de Saint-André
En avant, route !
Gallimard

Roger Faligot
Les Sept Portes du monde
Plon

Stéphanie de Saint Marc
Nadar
Gallimard




Commandez ce livre

Commandez ce livre

Commandez ce livre

François Adrien
L’Ombre de Némésis
Privat

Bruno d’Halluin
Jon l’Islandais
Gaïa

Nicolas Ducret
Cavalier des steppes
Transboréal




Commandez ce livre

Christian Signol
Une si belle école
Albin Michel



Le blog des prix littéraires. Un blog de Prix-litteraires.net.Sélection du Grand Prix Jules Verne 2011 dans Prix, récompenses, palmarès, célébrations, hommages, mé


Publié dans Prix, récompenses, palmarès, célébrations, hommages, mé | Commentaires fermés

La Terre d’Emile Zola (1887). Édition originale sur papier de Hollande. Maroquin de Creuzevault (vers 1910-1920)

Posté par Serge Bénard le 5 mai 2011

La Terre d'Emile Zola (1887). Édition originale sur papier de Hollande. Maroquin de Creuzevault (vers 1910-1920) dans Bibliophilie, imprimés anciens, incunables laterre

Émile ZOLA

LA TERRE. Les Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire.

Paris, G. Charpentier et Cie, 1887. Imprimeries réunies de Bourloton, Paris.

1 volume in-12 (19 x 13 cm) de (4)-519 pages.

Reliure plein marron rouge, dos à nerfs, auteur, titre et millésime dorés au dos, tête dorée, relié sur brochure, non rogné, tranches ébarbées, doublures et gardes de papier marbré, encadrement intérieur de maroquin souligné d’une série de quatre filets dorés concentriques, couvertures imprimés conservées en très bon état. Reliure du premier quart du XXe siècle signée CREUZEVAULT doré dans la doublure). Il manque le feuillet de faux-titre qui contenait au verso la justification du tirage sur papier de Hollande (le feuillet s’est détaché et s’est perdu). Quelques légers frottements à la reliure et quelques traces sans gravité. Bel exemplaire.

 

Lire la suite : http://livres-anciens-rares.blogspot.com/2011/05/la-terre-demile-zola-1887-edition.html

Publié dans Bibliophilie, imprimés anciens, incunables | Commentaires fermés

Les bibliothèques interuniversitaires dans le nouveau maillage territorial universitaire

Posté par Serge Bénard le 5 mai 2011

Par Claire Margaron, le 05 mai 2011

Le groupe de travail sur les bibliothèques interuniversitaires piloté par l’Inspection générale des bibliothèques (IGB) et chargé d’élaborer des propositions sur le statut, l’organisation et la place des bibliothèques interuniversitaires dans la France d’aujourd’hui et de demain, a remis son rapport à Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en mars dernier. Un avant-projet de décret, rédigé par la DGESIP et examiné en groupe de travail, a été joint au rapport.
Quatre recommandations sont mises en exergue :

  1. Engager la procédure de signature et de publication du projet de décret,
  2. Intégrer les bibliothèques interuniversitaires dans les réflexions en cours sur les pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) et faire évoluer la législation afin de permettre leur rattachement à un PRES,
  3. Faciliter les initiatives visant à donner un nouveau statut à certaines bibliothèques Interuniversitaires,
  4. Mettre en place le groupe de travail sur les carrières et la mobilité des directeurs de bibliothèque.

Et le rapport  de souligner que les actions préconisées « doivent pouvoir être mises en place à brève échéance ».

Lire la suite : Groupe de travail sur les bibliothèques interuniversitaires,Rapport à Madame la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche,  Rapport de l’Inspection générale des bibliothèques n° 2010-023,  mars 2011

Les bibliothèques interuniversitaires dans le nouveau maillage territorial universitaire dans Bibliothèques, médiathèques et leurs animateurs PRES2
Les pôles de recherche et d’enseignement supérieur (E.P.C.S.). Source : MESR, DGESIP / DGRI – CST

Pour aller plus loin :   

Source :

http://www.enssib.fr/breves/2011/05/05/les-bibliotheques-interuniversitaires-dans-le-nouveau-maillage-territorial-universitaire


Publié dans Bibliothèques, médiathèques et leurs animateurs | Commentaires fermés

14 et 15 mai à Lyon (69) – Le premier salon des éditions libertaires

Posté par Serge Bénard le 5 mai 2011

 

mis en ligne mardi 3 mai 2011 par jesusparis

Une soixantaine d’éditeurs, revues, librairies et collectifs participeront le samedi 14 et le dimanche 15 mai 2011, au salon des éditions libertaires organisé par le CDL (Centre de Documentation Libertaire), les Amis de la Gryffe et la librairie libertaire la Gryffe.

Le salon se déroulera à la Maison des Associations, 28 rue Denfert-Rocherau, 69004 Lyon.

Horaires : samedi de 11 à 19 heures, dimanche de 10 à 17 heures.

Le pro­gramme défi­ni­tif est enfin en ligne !

14 et 15 mai à Lyon (69) - Le premier salon des éditions libertaires dans Foires et salons du livre affiche_salonseb__gris-2697c-4628a

Un salon pour quoi ?

L’effer­ves­cence éditoriale, en par­ti­cu­lier liber­taire, de ces dix der­niè­res années exprime et nour­rit les luttes et les ana­ly­ses de celles et ceux qui com­bat­tent au quo­ti­dien l’ordre capi­ta­liste et patriar­cal.

Face à la vio­lence du contexte social et poli­ti­que actuel, il est urgent de rap­pe­ler com­bien sont impor­tants le déve­lop­pe­ment et la dif­fu­sion d’une pensée et de pra­ti­ques cri­ti­ques, réfrac­tai­res et liber­tai­res.

Ce salon sera donc l’occa­sion pour les éditeurs-trices, auteur-e-s, lec­teurs-trices, mili­tant-e-s, pas­sant-e-s de se ren­contrer et de débat­tre pen­dant deux jours sur les réflexions et les pra­ti­ques pour abat­tre ce monde en vue de cons­truire une société liber­taire.

Débats, ren­contres, pré­sen­ta­tion d’ouvra­ges, pro­jec­tions de films, expositions sont au rendez-vous pour nour­rir la mémoire, la réflexion et l’action.

Nous vous y atten­dons nom­breu­ses et nom­breux.

Lire la suite : http://www.hns-info.net/spip.php?article29302

Publié dans Foires et salons du livre | Commentaires fermés

Le marché du livre numérique explose en Chine

Posté par Serge Bénard le 5 mai 2011

2 MAI 2011 PAR NUMERICACONSULTING

 

Le marché du livre numérique explose en Chine dans ebooks, livres numériques, livrels, etc.
Selon une étude de la Chinese Academy of Press and Publication, les Chinois ont lu 613 millions de volumes numérisés en 2010.

Un sondage réalisé le 21 avril par la Chinese Academy of Press and Publication (CAPP) auprès de 19 000 Chinois de 18 à 70 ans dans 51 villes de 29 provinces souligne l’engouement suscité par le livre numérique dans le pays le plus peuplé de la planète (1,339 milliard d’habitants). Lire la suite de l’article (via LIvresHedo.fr)

Source : http://numericabooks.com/2011/05/02/le-marche-du-livre-numerique-explose-en-chine/

Publié dans ebooks, livres numériques, livrels, etc. | Commentaires fermés

L’art délicat du thé – Trois ouvrages dévoilent les mystères de cette «écume de jade liquide»

Posté par Serge Bénard le 5 mai 2011

Bien plus qu’un simple breuvage, le thé, longtemps pourvu de vertus thérapeutiques, se présente comme un art de vivre. En témoignent toutes les traditions qui, de l’Asie (où il est né) au Nouveau Monde (où il a suivi tous les migrants de la terre) ont fait de la cérémonie du thé un moment privilégié, une respiration, une pause de tranquillité et d’harmonie dans la course éperdue de nos vies.

Trois ouvrages nous dévoilent les mystères de cette «écume de jade liquide», comme le nomme si joliment Lou Yu, un poète chinois du VIIIe siècle.

La-ceremonie-du-the.jpgCelui de Franck Armand, La cérémonie du thé, un art de la relation(éd. Jean-Cyrille Godefroy, 122 p, 15 €) détaille les différentes étapes de ce rituel japonais quasi-religieux, où rien n’est laissé au hasard. Le maître de thé joue un rôle primordial. Il se doit de tout préparer à l’avance de façon à ce que rien ne vienne troubler le bon déroulement de la cérémonie. La décoration de la pièce (une calligraphie pour le côté  spirituel et philosophique et des fleurs qui symbolisent la vie) ainsi que les objets (pots à thé, bols) sont choisis en fonction de la saison. Pour être très codifié, le cérémonial n’en est pas moins un retour au naturel et à la simplicité, comme l’attestent la lenteur et la précision des gestes.

Deux concepts essentiels prévalent dans cette célébration: le wabi(esthétique du dépouillement et de la sobriété) et le sabi qui exprime le travail du temps, soulignant ainsi l’impermanence de toute chose, qui conduit à goûter pleinement l’instant présent. Quatre principes importants régissent également la voie du sado (voie du thé): le wa(harmonie), le kei (respect), le sei (pureté) et le jaku (sérénité), qui ont pour but de nous amener à intérioriser cette notion si importante dans le bouddhisme zen: la perception du vivant dans son idéal.

Tea-box.jpgAvec le Teabox : rituels et musiques du monde autour du théde Lydia Gautier (35 €), les éditions de La Martinière ont lancé une idée originale: réunir dans un coffret cadeau dix fascicules expliquant les différentes célébrations de dégustation du thé à travers le monde, un CD de musique pour l’illustration sonore et quatre petits verres à thé. Les petits carnets, consacrés chacun à un pays, se déplient en accordéon et  fourmillent de détails spécifiques à chaque pays: comment préparer et savourer les différentes moutures, leur histoire dans la région, les accompagnements sucrés et salés et, sublime raffinement, pendant que nous dégustons la divine boisson, la musique nous transporte dans le pays choisi. En dix étapes (Chine, Taïwan, Japon, Russie, Royaume-Uni, Inde, Maroc, Mali, Brésil, Etats-Unis), nous appareillons pour un tour du monde des saveurs.

C’est pédagogique (les explications sont à la fois claires et bien documentées), gai et ludique: que du bonheur.

Le-livre-du-the.jpgEnfin, un grand classique toujours d’actualité (il a été écrit au début du siècle dernier), le livre de Kakuzô Okakura (Le Livre du thé, éd. Philippe Picquier, 170 p, 6 €) est une réflexion profonde sur ce qui différencie l’Occident et l’Asie (en général) et le Japon (en particulier) dans leur conception du monde. A travers toute la symbolique du cha-no-yu (la voie du thé), l’auteur dresse un hymne grandiose à l’harmonie, à l’art, à la vie:

«L’art, pour être apprécié dans sa plénitude, doit s’harmoniser avec la vie présente. [...] Sous la caresse magique du beau s’éveillent les cordes secrètes de notre être; en réponse à son appel, nous vibrons et frémissons. Nous écoutons l’indicible, nous contemplons l’invisible. [...] Des souvenirs longtemps enfouis reviennent en mémoire, emplis d’un sens nouveau. [...] Le Changement est la seule Eternité.»

Tout est dit.

Bernadette Atlan

Source : http://livres-et-voyages.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/05/03/l-art-delicat-du-the.html

Publié dans Critiques, notes de lecture, feuilletons, analyses, présentations | Commentaires fermés

On en pale – « Les Privilèges », de Jonathan Dee

Posté par Serge Bénard le 5 mai 2011

L’amoral de l’histoire

LE MONDE DES LIVRES | 05.05.11 | 12h19  •  Mis à jour le 05.05.11 | 12h19

Nul doute que Jonathan Dee partage l’opinion de Milan Kundera sur le roman, ce« territoire où le jugement moral est suspendu ». Son cinquième livre – le premier traduit en français – l’illustre en tout cas parfaitement. Les Privilèges s’ouvre par le mariage grandiose d’Adam et Cynthia : aussi jeunes que beaux, ils forment un couple presque trop parfait. Aussi, à la lecture du premier chapitre, se surprend-on à imaginer leur lente et inévitable déchéance. Or, il n’en est rien. Bien au contraire.

Pour le meilleur, on suit l’ascension de ce duo touché par la grâce que ni la mort des proches, ni les délits d’initiés dont se rend coupable Adam - « il s’agissait pour lui de mettre en pratique cette capacité à réaffecter l’information que ceux qui l’entouraient étaient trop timides ou trop myopes pour utiliser » -, ni même les inévitables bêtises de leurs deux enfants, elles aussi rachetées à coups de dollars, ne peuvent atteindre. Et c’est peut-être cela aussi qui rend ce roman si remarquable : alors qu’on pourrait croire que quelque chose de dramatique va leur arriver, qu’ils vont être frappés par quelque crise de conscience ou rattrapés par celle de la quarantaine, rien ne vient détruire leur forteresse dorée. Non, ils ne seront pas davantage punis ni pour leur beauté ni pour leur argent. Et, au fond, rien n’est plus fort et plus parlant que cette absence de jugement de l’auteur sur ses personnages.

Lire la suite : lemonde.fr/livres/article/2011/05/05/les-privileges-de-jonathan-dee_1517177_3260.html

Publié dans On en parle | Commentaires fermés

Lu pour vous – Un garçon singulier, de Philippe Grimbert

Posté par Serge Bénard le 5 mai 2011

Passé présent et singulier pluriel

Par François Busnel (L’Express), publié le 04/05/2011 à 14:30

ungarconsingulier286065.jpeg


Un garçon singulier évoque l’autisme et les difficultés de son acceptation dans les années 70.

Un romancier ressemble à un psychanalyste : il écoute la voix de ses personnages. Depuis longtemps, Philippe Grimbert travaille l’art délicat de jouer avec les secrets de famille. Plus ils sont lourds, mieux il se porte. Son nouveau roman explique bien des choses, tant sur son parcours personnel que sur la façon dont nous vivons ce que nous appelons pudiquement « la différence ».

Iannis est un de ces enfants « différents ». Un garçon « singulier », dira son père au narrateur, Louis, lorsque ce dernier se rendra à l’entretien d’embauche qui décidera de sa vie. Iannis est autiste, mais c’est un mot que l’on ne prononce pas dans la France provinciale de 1970. Que Mai 68 n’ait pas fait voler en éclats toutes les barrières, les films de Chabrol nous l’avaient appris. C’est dans cette atmosphère, poisseuse, rance, puis franchement écoeurante que nous entraîne Grimbert dans un roman que l’on n’hésitera pas, évidemment, à qualifier de… « singulier ».

Nous sommes en 1970, donc. Louis est un étudiant taciturne, timide, renfermé, décalé. Un « garçon singulier », en somme, puisque est nommé ainsi celui qui refuse de rejoindre la joyeuse meute des contestataires pas encore transformée en troupeau déprimé de notaires et notables. Louis promène son ennui sur les bancs de la fac. Un jour, il remarque une petite annonce : « Recherche jeune homme motivé pour s’occuper d’un adolescent singulier en séjour avec sa mère à Horville (Calvados) ». L’adjectif « singulier » entre alors en collision avec le nom de la petite station balnéaire « Horville ». Car c’est à Horville que Louis a passé toute son enfance. Et c’est à Horville que gît, enfoui dans les replis du passé, un secret bien encombrant. Voici donc notre « garçon singulier » en Normandie, aide-soignant d’un autre « garçon singulier » de 16 ans, qui ne parle pas, n’écrit pas, ne lit pas, ne peut rien faire seul. Sa mère est également « singulière ». Elle écrit. Des romans « singuliers ». Comprendre : des romans érotiques. Et se demande qui, d’elle ou de son fils, est responsable de la situation actuelle. Une situation que Louis découvrira avec effroi à mesure que l’enfant autiste lira dans ses pensées et l’entraînera sur les traces de ce passé qui, chez Grimbert, ne reste jamais assez bien caché.

Source : http://www.lexpress.fr/culture/livre/francois-busnel-a-lu-un-garcon-singulier-de-philippe-grimbert_989172.html

Publié dans Lu pour vous | Commentaires fermés

1234
 

Tranche de vie |
Maudy les bons tuyaux |
The Celebration of Thanksgi... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | www.tofik.com
| MANGA
| agbar