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Lire et relire – John Buchan, Les trente-neuf marches

Posté par Serge Bénard le 4 mai 2011

L’homme qui mourut

Cet après-midi de mai, je revins de la City vers les 3 heures, complètement dégoûté de vivre. Trois mois passés dans la mère patrie avaient suffi à m’en rassasier. Si quelqu’un m’eût prédit un an plus tôt que j’en arriverais là, je lui aurais ri au nez ; pourtant c’était un fait. Le climat me rendait mélancolique, la conversation de la généralité des Anglais me donnait la nausée ; je ne prenais pas assez d’exercice, et les plaisirs de Londres me paraissaient fades comme de l’eau de Seltz qui est restée au soleil.
– Richard Hannay, mon ami, me répétais-je, tu t’es trompé de filon, il s’agirait de sortir de là.
Je me mordais les lèvres au souvenir des projets que j’avais échafaudés pendant ces dernières années à Buluwayo. En y amassant mon pécule – il y en a de plus gros, mais je le trouvais suffisant –, je m’y étais promis des plaisirs de toutes sortes. Emmené loin de l’Écosse par mon père dès l’âge de six ans, je n’étais pas revenu au pays    depuis    lors :    l’Angleterre    m’apparaissait donc comme dans un rêve des Mille et Une Nuits, et je comptais m’y établir pour le restant de mes jours.Mais je fus vite désillusionné. Au bout d’une semaine j’étais las de voir les curiosités de la ville, et en moins d’un mois j’en avais assez des restaurants, des théâtres et des courses de chevaux. Mon ennui provenait sans doute de ce que je n’avais pas un vrai copain pour m’y accompagner. Beaucoup de gens m’invitaient chez eux, mais ils ne s’intéressaient guère à moi. Ils me lançaient deux ou trois questions sur l’Afrique du Sud, et puis revenaient à leurs affaires personnelles. Des grandes dames impérialistes me conviaient à des thés où je rencontrais des instituteurs de la Nouvelle- Zélande et des directeurs de journaux de Vancouver, et où je m’assommais au-delà de tout. Ainsi donc, à trente-sept ans, sain et robuste, muni d’assez d’argent pour me payer du bon temps, je bâillais tout le long du jour à me décrocher la mâchoire. Un peu plus et je décidais de prendre le large et de retourner dans le « veld1 », car j’étais l’homme le plus parfaitement ennuyé du Royaume-Uni.Cet après-midi-là je venais de tarabuster mon agent de change au sujet de placements, à seule fin de m’occuper l’esprit, et avant de retourner chez moi j’entrai à mon club – un estaminet pour mieux dire, qui admettait des Coloniaux comme membres. Je pris un apéritif à l’eau, en lisant les feuilles du soir. Elles ne parlaient que du conflit dans le Proche-Orient, et il y avait entre autres un article sur Karolidès, le premier ministre de Grèce. Il me plaisait, ce gars-là. C’était sous tous rapports le seul homme en vue considérable ; et, de plus, il jouait un jeu loyal, ce qu’on n’eût pu dire de beaucoup d’autres. J’appris qu’on le haïssait comme une vraie bête noire à Berlin et à Vienne, mais que nous allions le soutenir ; et un journal même voyait en lui la dernière barrière entre l’Europe et la catastrophe. Je me demandai à ce propos s’il n’y aurait pas un emploi pour moi de ce côté. L’Albanie me séduisait, comme étant le seul pays où l’on fût à l’abri du bâillement.Vers 6 heures, je rentrai chez moi, m’habillai, dînai au café Royal, et entrai dans un music-hall. Le spectacle était inepte; rien que femmes cabriolantes et hommes à grimaces de singes ; aussi je ne restai guère. La nuit étant douce et limpide, je regagnai à pied l’appartement que j’avais loué près de Portland Place. Autour de moi la foule s’écoulait sur les trottoirs, active et bavarde, et j’enviai les gens pour leurs occupations. Ces trottins, ces employés, ces élégants, ces policemen avaient au moins dans la vie un intérêt qui les faisait mouvoir. Je donnai une demi-couronne à un mendiant que je vis bâiller : c’était un frère de misère. À Oxford Circus je pris à témoin le ciel de printemps et fis un vœu. J’accordais un dernier jour à ma vieille patrie pour me procurer quelque chose à ma convenance : si rien n’arrivait je retournais au Cap par le prochain bateau.8Mon appartement formait le premier étage d’un nouvel immeuble situé derrière Langham Place. Il y avait un escalier commun, avec un portier et un garçon d’ascenseur à l’entrée, mais il n’y avait ni restaurant ni rien de ce genre, et chaque appartement était tout à fait indépendant des autres. Comme je déteste les domestiques à demeure, j’avais pris à mon service un garçon qui venait chaque jour. Il arrivait le matin avant 8 heures, et partait d’habitude à 7, car je ne dînais jamais chez moi.
Je venais d’introduire ma clef dans la serrure quand un homme surgit à mes côtés. Je ne l’avais pas vu s’approcher, et son apparition soudaine me fit tressaillir. C’était un individu fluet à la courte barbe brune et aux petits yeux bleus et vrilleurs. Je le reconnus pour le locataire du dernier étage, avec qui j’avais déjà échangé quelques mots dans l’escalier.
– Puis-je vous parler ? dit-il. Me permettez- vous d’entrer une minute ?
Il contenait sa voix avec effort, et sa main me tapotait le bras.

J’ouvris ma porte et le fis entrer. Il n’eut pas plus tôt franchi le seuil qu’il prit son élan vers la pièce du fond, où j’allais d’habitude fumer et écrire ma correspondance. Puis il s’en revint comme un trait.
– La porte est-elle bien fermée ? demanda-t-il fiévreusement.
Et il assujettit la chaîne de sa propre main.
– Je suis absolument confus, dit-il d’un ton modeste. Je prends là une liberté excessive, mais vous me semblez devoir comprendre. Je n’ai cessé de vous avoir en vue depuis huit jours que les choses se sont gâtées. Dites, voulez-vous me rendre un service ?
– Je veux bien vous écouter, fis-je. C’est tout ce que je puis promettre.
Ce petit bonhomme nerveux m’agaçait de plus en plus avec ses grimaces.
Il avisa sur la table à côté de lui un plateau à liqueurs, et se versa un whisky-soda puissant. Il l’avala en trois goulées, et brisa le verre en le reposant.
– Excusez-moi, dit-il. Je suis un peu agité, ce soir. Il m’arrive, voyez-vous, qu’à l’heure actuelle je suis mort.
Je m’installai dans un fauteuil et allumai une pipe.
– Quel effet ça fait-il ? demandai-je.
J’étais bien convaincu d’avoir affaire à un fou.
Un sourire fugitif illumina son visage contracté :
– Non, je ne suis pas fou… du moins pas encore. Tenez, monsieur, je vous ai observé, et je crois que vous êtes un type de sang-froid. Je crois aussi que vous êtes un honnête homme, et que vous n’auriez pas peur de jouer une partie dangereuse. Je vais me confier à vous. J’ai besoin d’assistance plus que personne au monde, et je veux savoir si je puis compter sur vous.
– Allez-y de votre histoire, répondis-je, et je vous dirai ça.
Il parut se recueillir pour un grand effort, et puis entama un récit des plus abracadabrants. Au début je n’y comprenais rien, et je dus l’arrêter et lui poser des questions. Mais voici la chose en substance :Il était né en Amérique, au Kentucky. Ses études terminées, comme il avait passablement de fortune, il se mit en route afin de voir le monde. Il écrivit quelque peu, joua le rôle de correspondant de guerre pour un journal de Chicago, et passa un an ou deux dans le sud-est de l’Europe. Je m’aperçus qu’il était bon polyglotte, et qu’il avait beaucoup fréquenté la haute société de ces régions. Il citait familièrement bien des noms que je me rappelais avoir vus dans les journaux.
Il s’était mêlé à la politique, me raconta-t-il, d’abord parce qu’elle l’intéressait, et ensuite par entraînement inévitable. Je devinais en lui un garçon vif et d’esprit inquiet, désireux d’aller toujours au fond des choses. Il alla un peu plus loin qu’il ne l’eût voulu.
Je donne ici ce qu’il me raconta, aussi bien que je pus le débrouiller. Au-delà et derrière les gouvernements et les armées, il existait d’après lui un puissant mouvement occulte, organisé par un monde des plus redoutables. Ce qu’il en avait découvert par hasard le passionna : il alla plus avant, et finit par se laisser prendre. À son dire, l’association comportait une bonne part de ces anarchistes instruits qui font les révolutions, mais à côté de ceux-là il y avait des financiers qui ne visaient qu’à l’argent : un homme habile peut réaliser de gros bénéfices sur un marché en baisse ; et les deux catégories s’entendaient pour mettre la discorde en Europe.

Lire la suite : http://beq.ebooksgratuits.com 

Traduit de l’anglais par Théo Varlet
La Bibliothèque électronique du Québec
Collection Classiques du 20e siècle Volume 79 : version 1.0
Ce roman a paru sous le titre original :
The thirty-nine steps

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Définition du jour : tiret

Posté par Serge Bénard le 4 mai 2011

Tiret.  Signe typographique utilisé dans un dialogue pour signaler le changement de locuteur. Comme la virgule ou la parenthèse, le tiret s’utilise aussi pour placer une proposition incise ou mettre en valeur un mot ou une partie de phrase.

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Lu pour vous – Faites-vous votre paradis, par Mariusz Szczygie

Posté par Serge Bénard le 4 mai 2011

L’athéisme expliqué aux Polonais

Après Gottland, le Polonais Mariusz Szczygieł caracole à nouveau en tête des ventes de son pays avec un essai opposant l’athéisme des Tchèques à la ferveur catholique de ses compatriotes.

«Quand j’ai senti la foi me quitter, il y a quelques années, j’ai eu un peu peur, confie l’écrivain polonais Mariusz Szczygieł à propos de son dernier livre. Je ne savais pas où j’allais trouver du soutien et j’ai commencé à demander à mes amis tchèques comment ils faisaient pour vivre sans Dieu. »

Pourquoi ses amis tchèques ? Non parce que l’auteur du très remarqué Gottland, traduit en français chez Actes Sud, s’est entiché voilà plusieurs années de leur culture. Mais parce que ces derniers, qui se targuent d’appartenir à la nation la plus athée d’Europe, semblaient les mieux placés pour l’éclairer.

« Pour les Tchèques, être incroyant, c’est comme être brun ou blond. Vous naissez comme ça, tout simplement », s’amuse Szczygieł. Un phénomène incompréhensible pour les Polonais, qu’il décrit comme des « esclaves de la tradition catholique », allant à l’église et baptisant leurs enfants parce que la société les y contraint. « La République tchèque est pour nous un pays exotique et familier à la fois, analyse le site polonais Culture.pl. La mentalité du pays est une source d’immense étonnement, d’envie, d’admiration et, ne nous y trompons pas, de terreur. »

Premier choc, éprouvé par tous ceux qui commentent le livre : une conception de la mort assez profane. Les funérailles sont rares en Bohême. « Les Tchèques ne pensent pas que la façon de dire au revoir au corps du défunt ait un impact sur son existence future, explique le site Culture.pl. Même les croyants ne le pensent pas. Rien ne sert d’organiser des obsèques, puisque aucune pression sociale n’incite à le faire. Un trou dans le sol suffit, et cela coûte beaucoup moins cher. » Évidemment, personne ne porte le deuil. Un tiers des urnes funéraires ne sont même pas réclamées.

Les Tchèques ne respecteraient-ils donc rien ? s’interroge la presse polonaise. L’hypothèse de Szczygieł est autre : pendant que les Polonais vivent profondément les tragédies, leurs voisins préfèrent les mettre à distance et en rire. « Les Polonais ont besoin du malheur. Comme si les catastrophes les rendaient meilleurs », affirme l’écrivain dans l’hebdomadaire Týden. Témoin leur attitude après la catastrophe de Smolensk où le président Lech Kaczy´nski trouva la mort. « Je ne sais pas comment les Tchèques auraient réagi, mais ils n’auraient certainement pas fait la queue pendant dix-huit heures pour se recueillir devant un cercueil », estime-t-il. Et de décrire par contraste le mémorial érigé à Prague en l’honneur des auteurs de l’attentat contre Heydrich en 1942 : dans la crypte de l’église où ils ont été exécutés par les nazis, point de célébration solennelle ni dramatique. Mais, sur la plaque, au milieu des couronnes de fleurs, un ultime pied de nez : « Heydrich, tête de nœud ».

« Ce livre plein d’audace, note le journal en ligne A2, comporte pourtant quelques stéréotypes sur les Tchèques, quand il les présente comme des êtres pragmatiques, se satisfaisant de leur petit confort avec le rire pour unique moyen de se mettre en règle avec le destin. » D’où, d’ailleurs, le titre de l’essai : selon Mariusz Szczygieł, les Tchèques se fabriquent leur propre paradis sur terre, parce qu’ils n’ont qu’une vie, dont il s’agit de profiter au maximum. Les Polonais eux, partagés entre leur existence terrestre et la vie éternelle, continuent de penser qu’ils devront attendre le ciel pour s’amuser.

 

Source : http://www.booksmag.fr/best-seller/pologne-latheisme-explique-aux-polonais/

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Prière d’insérer – Lire dans un monde numérique (collectif dirigé par Claire Bélisle)

Posté par Serge Bénard le 4 mai 2011


Information publiée le mercredi 4 mai 2011 par Matthieu Vernet

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Lire dans un monde numérique

Sous la direction de Claire Bélisle

Paris : Presses de l’ENSIB, coll. « Papiers », 2011.

EAN 9782910227852

295 p.

Prix 39EUR

Présentation de l’éditeur :

Que devient la lecture dans un monde numérique ? Zapping, émiettement, papillonnage ou interaction, participation, immersion… La diversité croissante des modalités de lecture sur supports numériques suscite autant l’intérêt que la consternation. Bien que le texte soit omniprésent dans la société actuelle, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour alerter, dénoncer une dérive, stigmatiser des modes de lecture qui ne seraient plus que des « parents pauvres » de la « véritable » pratique de lecture.

Dans un monde numérique, la lecture perd l’innocence de la proximité, du familier, du connu. Elle se révèle dans toute sa complexité, et oblige le lecteur à entrer dans une plus grande conscience des processus en jeu, des repères qui permettent de comprendre et d’interpréter. Cela n’est nulle part aussi évident qu’avec la littérature numérique qui questionne tout autant qu’elle met en oeuvre de nouvelles ouvertures sur l’imaginaire. Proposant ici une véritable réflexion sur les processus de lecture en ligne, sur ebook, sur écran d’ordinateur ou de téléphone mobile, les  spécialistes issus du monde universitaire réunis ici interrogent les habitudes de lecture forgées par la culture du livre papier tout en introduisant aux modalités émergentes de lecture sur supports numériques.

Claire Bélisle, titulaire d’un doctorat en psychologie cognitive et ingénieure de recherche au CNRS en sciences humaines et sociales, a publié La lecture numérique : réalités, enjeux et perspectives en 2004 aux Presses de l’enssib.

Url de référence :
http://www.enssib.fr/presses/catalogue/lire-dans-un-monde-numerique

Source : http://www.fabula.org/actualites/cl-belisle-dir-lire-dans-un-monde-numerique_44476.php

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Lu pour vous – Jean-Claude Schmitt, L’invention de l’anniversaire

Posté par Serge Bénard le 4 mai 2011

 La fête de soi

par Vincent Gourdon [04-05-2011]

L’anniversaire de naissance n’a pas toujours été célébré, et encore moins selon un rituel fixe. Dans son essai, Jean-Claude Schmitt s’interroge sur les « rythmes de la vie » et la valorisation du temps individuel au Moyen Age. Une réflexion originale sur la genèse de l’individualisme moderne.

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Jean-Claude Schmitt, L’invention de l’anniversaire, Les éditions Arkhê, 2009, 142 p., 14, 90 €.

Ce livre du médiéviste Jean-Claude Schmitt n’est pas une histoire de l’anniversaire de naissance en Occident et ne prétend pas l’être. À cet égard, il ne s’appuie pas sur une large enquête archivistique, qu’il appelle d’ailleurs de ses vœux ; il n’a aucune visée sérielle, préférant développer plus ou moins longuement quelques « ego-documents » disséminés du XIIIe siècle au XIXe siècle, des témoignages sur les rituels de cour, français pour l’essentiel, ou encore des informations ponctuelles fournies par des collègues spécialistes des époques moderne et contemporaine. Il se présente davantage comme un essai, bref et limpide, sur les représentations des rythmes du temps individuel, les « rythmes de la vie », et, à partir de la question de l’anniversaire de naissance, sur la signification profonde des évolutions repérées à la fin du Moyen Âge.
« Nos vœux les plus sincères »

Au fil des chapitres qui n’épousent pas une logique chronologique, une évolution historique en trois temps se dégage à grands traits. Dans l’Antiquité païenne, le jour de naissance faisait l’objet d’une célébration régulière, sous la forme d’un « rite religieux privé et public ». Le christianisme médiéval rejeta totalement cette pratique, excluant en particulier qu’une célébration proprement religieuse puisse avoir lieu. Cependant la fin du Moyen Age est marquée par une nouvelle prise en compte, attestée par des témoignages individuels, du jour anniversaire, qui se traduit dans un second temps et de manière progressive par la mise en place des formes de la célébration d’anniversaire, profanes et largement domestiques, que nous connaissons actuellement.

Ce dernier déploiement rituel, souligne Jean-Claude Schmitt, est étonnamment récent. Les chants d’anniversaire les plus connus ont à peine un siècle : « Joyeux anniversaire, nos vœux les plus sincères » a été composé en 1951 et la musique et les paroles d’« Happy Birthday  » datent respectivement de 1893 et 1924. Le gâteau avec les bougies est présent à partir des années 1780 dans les fêtes d’anniversaire organisées à la cour de Saxe-Weimar en l’honneur de Goethe, mais il n’apparaît pas, semble-t-il, à la même époque en France dans celles des enfants de la branche d’Orléans : on se contente encore de couplets récités, de fleurs offertes et de baisers échangés. C’est déjà plus que pour Samuel Pepys au XVIIe siècle, qui, s’il mentionne son anniversaire dans son diary, n’évoque aucune célébration particulière, si ce n’est de rendre grâce à Dieu pour les bienfaits de l’existence, ou pour l’enfant Louis XIII qui réclame à son entourage adulte de marquer ce jour particulier par des pratiques exceptionnelles, mais qui n’obtient qu’un Te Deum et la possibilité de ne pas faire ses exercices scolaires : concession mineure, qui ne durera d’ailleurs pas après ses douze ans, si l’on en croit le Journal d’Héroard.

Ce qui intéresse Jean-Claude Schmitt n’est cependant pas ce lent déploiement. Le cœur du livre porte sur la période allant du XIIIe au début du XVIe siècle. C’est alors que se produit un changement majeur, que l’auteur illustre par le contraste entre le vénitien Marco Polo et le marchand allemand Matthaus Schwarz. Marco Polo, dans le Devisement du Monde, s’étonnait en 1298 de la « grant feste que le Grand Caan fait chascun an de sa nativité » et en décrivait le profond exotisme pour un chrétien européen de l’époque. Matthaus Schwarz, né en 1497 et devenu directeur financier de la célèbre firme commerciale des Fugger d’Augsbourg, dans sa surprenante et fameuse « autobiographie vestimentaire », décrivant précisément les habits qu’il avait portés dans 137 circonstances particulières depuis sa naissance jusqu’à sa vieillesse (fêtes publiques, étapes de sa carrière professionnelle ou publique – il devient capitaine des pompiers –, ou événements personnels, une attaque cérébrale par exemple), consacrait pas moins de treize images aux tenues portées à l’occasion de jours anniversaires de sa naissance. Bien plus, Matthaus Schwarz expliquait qu’il avait entamé cette démarche autobiographique originale le 20 février 1520 à l’occasion de son 23e anniversaire, signe non seulement d’une excellente connaissance de sa date de naissance, mais aussi de son importance dans sa conception de la scansion de sa propre vie.
« Fausse » et « vraie naissance »

Pourquoi cette transformation, et quelle signification lui donner ? Jean-Claude Schmitt revient d’abord sur les raisons de l’occultation du jour anniversaire de naissance au cours de la majeure partie du Moyen Âge. La première est la difficulté, à l’époque, de connaître sa date exacte et d’en conserver la mémoire, d’autant que l’année de naissance est alors une notion largement fluctuante, dont les limites bougent en permanence : en témoignent ainsi les incertitudes qui pèsent sur les dates de naissance des individus, y compris celle des souverains, par exemple Saint-Louis, né en 1214 ou en 1215. Autre nécessité qui fait largement défaut chez les contemporains avant le bas Moyen Âge : la capacité intellectuelle et matérielle de compter les années écoulées et de les additionner, ce qui explique le flou des formules médiévales lorsqu’il s’agit d’établir l’âge d’une personne.

Lire la suite : http://www.laviedesidees.fr/La-fete-de-soi.html

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Québec – Grands Prix littéraires Archambault : 10 questions à Marie-Renée Lavoie

Posté par Serge Bénard le 4 mai 2011

Vanessa Guimond

30-04-2011 | 04h43

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C’est grâce à son premier roman La petite et le vieux que l’auteure Marie-Renée Lavoie, originaire de Québec, a remporté le Prix de la relève de la 11e édition des Grands Prix littéraires Archambault, le 20 avril.

Accompagné d’une bourse de 10 000 $, cet honneur n’est pas le seul que pourrait remporter cette enseignante du cégep de Maisonneuve cette année, puisque La petite et le vieux compte également parmi les finalistes du Prix littéraire France-Québec 2011, une initiative qui vise à promouvoir le meilleur de la littérature québécoise en France.

COMMENT RÉSUMERIEZ-VOUS VOTRE ROMAN?

C’est l’histoire d’une petite fille courageuse qui se lie d’amitié avec un vieux ronchon qui va lui permettre de comprendre que la vie est faite d’un tas de choses impossibles à comprendre.

QUELLE EN A ÉTÉ L’INSPIRATION?

Mon amour pour Limoilou et la redécouverte de la série de dessins animés La Rose de Versailles, mieux connue sous le nom du personnage principal Lady Oscar. J’étais aussi guidée par l’envie de peindre pour mes enfants le portrait d’un quartier et d’une époque qu’ils ne connaîtront jamais.

Lire la suite : http://www.fr.canoe.ca/divertissement/livres/entrevues/2011/04/28/18077616-qmi.html


 

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François Bégaudeau reçoit le prix de Beigbeder

Posté par Serge Bénard le 4 mai 2011

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03/05/2011

 

Le premier Prix du Cercle littéraire, créé parFrédéric Beigbeder cette année, a été attribué àFrançois Bégaudeau, auteur du roman La Blessure, la vraie (Ed. Gallimard). 

Les sept critiques de l’émission de Beigbeder Nelly Kaprièlian (Les Inrockuptibles), Sandrine Treiner (France Culture), Olivia de Lamberterie (Elle),Arnaud Viviant (France Inter), Sean James Rose (Livres Hebdo) et Eric Neuhoff(Le Figaro) - ont délibéré en direct sur Canal + Cinéma, en opposition aux procédés, habituellement opaques, des prix littéraires. 

François Bégaudeau a été élu à quatre voix contre trois pour Patrick Besson, auteur de Come Baby (Ed. Mille et une nuits).

Source : http://www.myboox.fr/actualite/francois-begaudeau-recoit-le-prix-de-beigbeder-6897.html

 

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Les plus belles adresses écolo-bio

Posté par Serge Bénard le 4 mai 2011

La couverture du guide 'Les Plus Belles Adresses écolo-bio'

Environnement : les bonnes adresses françaises rassemblées dans un beau livre

03/05/2011

(Relaxnews) – Composé de 192 pages et garni de 600 photos, Les Plus Belles Adresses écolo-bio propose d’allier vacances, bien-être et conscience environnementale à travers une sélection de maisons d’hôte, gîtes et hôtels de charme.

 

Destiné aux amoureux de la nature, le beau livre répertorie un éventail de près de 110 établissements à partir de 50 euros la nuit pour deux. L’accent a été mis sur les constructions confortables en matériaux naturels et les équipements du même type, comme les piscines à l’eau de source, le chauffage solaire ou la récupération de l’eau et les toitures végétalisées.

 

Publié depuis le 21 avril aux éditions Yves Meillier, Les Plus Belles Adresses écolo-bio a été imprimé sur papier recyclable. Son prix de vente conseillé s’élève à 19 euros.

 

Source : http://www.myboox.fr/actualite/environnement-les-bonnes-adresses-francaises-rassemblees-dans-un-beau-livre-6899.html

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Le livre du jour – Le garçon qui voulait dormir, de Aharon Appelfeld

Posté par Serge Bénard le 4 mai 2011

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Aharon Appelfeld : le roman de l’éveil

04/05/2011

Puisant à nouveau dans ses souvenirs de rescapé de l’Holocauste, l’Israélien Aharon Appelfeld raconte l’histoire du Garçon qui voulait dormir. Celle d’un adolescent orphelin qui va se « métamorphoser » pour rejoindre la Terre d’Israëltout en préservant, en rêve, le lien qui l’unit à ses racines.

 

Lorsqu’il ouvre les yeux sur Naples, parmi des réfugiés qui ont porté et nourri son corps endormi durant des mois, Erwin est désorienté. « Depuis la guerre, j’avais du mal à être en compagnie des hommes. Le sommeil était mon état naturel ». Dans la foule, Erwin croit reconnaître ses proches mais doit bien se rendre à l’évidence : il est seul au monde. Alors il rejoint un groupe de garçons enrôlés par Efraïm au nom de l’Agence Juive. Son but : extirper ces jeunes survivants de la Shoah des griffes du passé pour les former à leur vie future en Terre d’Israël. Les « façonner » à force d’exercices physiques et linguistiques. Car outre le travail manuel et le maniement des armes, ses élèves doivent apprendre l’hébreu, sans livres, par cœur. « La méthode d’Efraïm consistait à nous imprégner de la langue en passant par le corps ». Rapidement, les adolescents doivent se débarrasser de leur langue maternelle, comme on se dévêt de ses vieux habits pour en revêtir de nouveaux. « L’hébreu était une langue musclée qui ne supportait ni faiblesse ni atermoiements. Chaque mot hébreu renforçait le corps ». Certains résistent. Marc, un garçon introverti, préférera se suicider. Erwin, quant à lui, craint d’oublier les siens. « Peu à peu, sans nous en apercevoir, nous étions en train de nous séparer de tout ce qui était en nous : le ghetto, les cachettes, les forêts ». Mais il se plie aux règles, accepte même de prendre le prénom d’Aharon.

 

Pour se retrouver, Erwin – « le garçon du sommeil » - s’échappe dans ses rêves. C’est là qu’il converse avec ses parents : son père, dont les écrits sont refusés par tous les éditeurs, et sa tendre mère qui lui promet qu’ils seront toujours ensemble. Cette « contemplation intérieure était une manière de puiser dans mon âme des scènes qui avaient sombré depuis des années et qui miraculeusement, en remontant à la surface, réapparaissaient intactes ». Au bout de six mois d’entraînement en Italie, Erwin et ses compagnons embarquent pour la Palestineoù ils sont brièvement internés dans le camp d’Atlit avant d’être libérés. Son groupe rejoint alors la plantation de Misgav Yitzhak, dans les montagnes de Judée, pour y travailler, étudier et parfaire son savoir militaire. Mais alors qu’Arabes et Juifs se disputent le territoire, les forces vives sont envoyées au front. Erwin est grièvement blessé aux jambes. Commencent alors de longs mois d’hospitalisation, ponctués d’opérations, qu’il occupera à s’approprier l’hébreu et à s’imaginer en écrivain. Des mois à espérer « marcher dans le monde des vivants » vers un avenir arraché au chaos, forgé à la force d’exercice et de camaraderie.

 

A sa manière, pointilliste, vive, sensible mais pudique, Aharon Appelfeld évoque les premières heures de la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’une partie des rescapés juifs choisit de gagner la terre promise, le futur Etat d’Israël. Car s’il est difficile pour la jeunesse de s’ouvrir à « une nouvelle vie, intense et contraignante », le chemin est plus douloureux encore pour les aînés. Pour ces réfugiés que – dans l’urgence de la renaissance – l’on traite comme des « déracinés », des « êtres infirmes, têtus, refusant de changer, se complaisant dans leur malheur infini, parlant une langue dont le lexique se résumait aux mots «peine», «mélancolie», «douleurs inguérissable», et se cachant derrière le rire désagréable de ceux qui avaient survécu et s’en réjouissaient ».

 

De son côté, au gré des souvenirs heureux qui affluent, le jeune Erwin apprend à se reconstruire dans la continuité, dans la filiation. Malgré les bouleversements que sa transformation lui impose. «J’ai l’impression que cette langue dont je ne connais que la couche supérieure, l’hébreu moderne, va me relier à tout ce que j’ai emporté avec moi.» A travers lui, Aharon Appelfeld distille des éléments de sa propre histoire, de ses influences littéraires à son propre apprentissage d’une langue qui deviendra la clé de son œuvre d’écrivain, la voie de son éveil.

 

Thomas Flamerion

Source : http://www.myboox.fr/actualite/aharon-appelfeld-le-roman-de-l-eveil-6871.html

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Près d’un internaute français sur sept a succombé aux livres numériques

Posté par Serge Bénard le 4 mai 2011

 

Près d’un internaute français sur sept a succombé aux livres numériques

02/05/2011

 

(Relaxnews) – 14% des internautes français lisent des livres sous forme numériques via téléchargement ou consultation sur applications dédiées, ressort-il de la troisième vague du baromètre REC (Référencement E-Content) réalisé par l’institut Gfk en association avec l’AFP, publié lundi 2 mai.

Le papier demeure très apprécié. Seuls 7% des lecteurs de livres numériques se contente de la forme électronique des ouvrages. En moyenne, le papier occupe 54% du temps de lecture global. Le marché du livre électronique semble en outre susciter l’intérêt car 20% de l’ensemble des internautes sondés déclarent prévoir de télécharger ou consulter du contenu livre numérique.

Au sujet de nombre de livres téléchargés ou consultés, la retenue domine. Ainsi, 82% des personnes interrogées se sont contentées de moins de dix fichiers téléchargés ou consultés au trimestre dernier. 60% n’ont téléchargé ou consulté que moins de cinq livres électroniques. Les libraires en ligne dominent le marché (39%) devant les applications spécialisées (34%). Les sites d’éditeurs représentent 30% des consultations lors de la recherche de livres numériques. 29% se tournent vers le marché illégal. 34% des consommateurs ne choisissent ainsi que des contenus gratuits contre 2% pour le payant. La dépense moyenne trimestrielle pour ces contenus atteint 12 euros.

Les amateurs de livres électroniques se tournent en majorité vers la littérature (68% devant la catégorie pratique (34%) et les livres pour adultes (12%). Les auteurs contemporains ont la préférence avec 59% des téléchargements ou consultations numériques. En termes d’écran principal, l’ordinateur (56%) domine devant le téléphone mobile (19%) et la tablette (15%). En moyenne, les lecteurs adeptes de livres numériques utilisent 1,88 écran.

Etude analytique des comportements des internautes vis-à-vis des contenus numériques, REC a été réalisée grâce à mille interviews auprès d’un échantillon représentatif de la population internaute française âgée de 15 à 65 ans.

Source : http://www.myboox.fr/actualite/pres-d-un-internaute-francais-sur-sept-succombe-aux-livres-numeriques-6881.html

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