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BnF : Un management opportuniste et sans principes (FSU)

Posté par Serge Bénard le 29 avril 2011

Une embauche hasardeuse, qui ne doit rien au hasard

Rédigé par Cecile Mazin, le vendredi 29 avril 2011 à 14h21

Quelque chose serait-il pourri au royaume de la BnF ? C’est que la Fédération syndicale Unitaire vient pointer un recrutement qui poserait « un grave problème éthique », immédiatement condamné par le syndicat. 

Récit des faits, retour en 2009 : la direction décide de mettre en place un audit, dans le département de la Reproduction. Fort bien. Néanmoins, le contexte « contestable de restructuration d’un département dont les missions de service public se voient progressivement » ne semblait manifestement pas des plus propices aux yeux du syndicat. 

Oh : Dites !

Car pour opérer les restructurations nécessaires dans le département, une personne de la société CAPGEMINI, mandatée pour cet audit, s’est retrouvée « chargée de mener les investigations ». Et ses conclusions et préconisations, « ont été suivies presque aveuglément par l’administration de l’établissement ». 

BnF : Un management opportuniste et sans principes (FSU) dans Bibliothèques du monde v-15897

L’histoire pourrait s’arrêter là. Mais non. Le syndicat pointe que cette même personne en charge de l’audit vient d’être « très discrètement engagée par la Bibliothèque nationale de France comme responsable de l’un des services du même Département de la Reproduction maintenant réorganisé ».

Lire la suite :

http://www.actualitte.com/actualite/25791-recrutement-audit-capgemini-bnf-racine.htm

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Lire et relire – Stendhal, Mémoires d’un touriste (Voyage en Bretagne et en Normandie) (1838)

Posté par Serge Bénard le 29 avril 2011

Nantes, le 25 juin 1837.

Rien de plus désagréable en France que le moment où le bateau à vapeur arrive: chacun veut saisir sa malle ou ses paquets, et renverse sans miséricorde la montagne d’effets de tous genres élevée sur le pont. Tout le monde a de l’humeur, et tout le monde est grossier.

Ma pauvreté m’a sauvé de cet embarras: j’ai pris mon sac de nuit sous le bras, et j’ai été un des premiers à passer la planche qui m’a mis sur le pavé de Nantes. Je n’avais pas fait vingt pas à la suite de l’homme qui portait ma valise, que j’ai reconnu une grande ville. Nous côtoyions une belle grille qui sert de clôture au jardin situé sur le quai, devant la Bourse. Nous avons monté la rue qui conduit à la salle de spectacle. Les boutiques, quoique fermées pour la plupart, à neuf heures qu’il était alors, ont la plus belle apparence; quelques boutiques de bijouterie éclairées rappellent les beaux magasins de la rue Vivienne. Quelle différence, grand Dieu! avec les sales chandelles qui éclairent les sales boutiques de Tours, de Bourges, et de la plupart des villes de l’intérieur! Ce retour dans le monde civilisé me rend toute ma philosophie, un peu altérée, je l’avoue, par le froid au mois de juin, et par le bain forcé de deux heures auquel j’ai été soumis ce matin. D’ailleurs le plaisir des yeux ne m’a point distrait des maux du corps. Je m’attendais à quelque chose de comparable, sinon aux bords du Rhin à Coblentz, du moins à ces collines boisées des environs de Villequier ou de la Meilleraye sur la Seine. Je n’ai trouvé que des îles verdoyantes et de vastes prairies entourées de saules. La réputation qu’on a faite à la Loire montre bien le manque de goût pour les beautés de la nature, qui caractérise le Français de l’ancien régime, l’homme d’esprit comme Voltaire ou La Bruyère. Ce n’est guère que dans l’émigration, à Hartwell ou à Dresde, qu’on a ouvert les yeux aux beautés de ce genre. J’ai ouï M. Le duc de M… parler fort bien de la manière d’arranger Compiègne.

Je suis logé dans un hôtel magnifique, et j’ai une belle chambre qui donne sur la place Graslin, où se trouve aussi la salle de spectacle. Cinq ou six rues arrivent à cette jolie petite place, qui serait remarquable même à Paris.

Je cours au spectacle, j’arrive au moment où Bouffé finissait le _Pauvre Jacques_. En voyant Bouffé, j’ai cru être de retour à Paris; Bouffé, de bien loin, à mes yeux, le premier acteur de notre théâtre. Il est l’homme de ses rôles, et ses rôles ne sont pas lui. Vernet a sans doute du naturel et de la vérité, mais c’est toujours le même nigaud naïf qui nous intéresse à lui par son caractère ouvert et par sa franchise. A mesure que ces qualités deviennent plus impossibles dans le monde, on aime davantage à les retrouver au théâtre.

Le _Pauvre Jacques_ est une bien pauvre pièce; mais ce soir, dans le dialogue du père avec la fille, je trouvais le motif d’un duo que Pergolèse aurait pu écrire; il écraserait tous les compositeurs actuels, même Rossini. Il faudrait quelque chose de plus profond que le quartetto de _Bianca e Faliero_ (c’est le chef-d’oeuvre d’un homme d’esprit faisant de la sensibilité). Les acteurs des Français, quand ils marchent sur les planches, me font l’effet de gens de fort bonne compagnie et de manières très distinguées, mais que le hasard a entièrement privés d’esprit. Chez eux, l’on se sent envahi peu à peu par un secret ennui que l’on ne sait d’abord à quoi attribuer. En y réfléchissant, on s’aperçoit que mademoiselle Mars, leur modèle à tous, ne saurait exprimer aucun mouvement un peu vif de l’âme, il ne lui est possible que de vous donner la vision d’une femme de très bonne compagnie. Par moments, elle veut bien faire les gestes d’une folle, mais en ayant soin de vous avertir, par un petit regard fin, qu’elle ne veut point perdre à vos yeux toute sa supériorité personnelle sur le rôle qu’elle joue.

Quelle dose de vérité faut-il admettre dans les beaux-arts? Grande question. La cour de Louis XV nous avait portés à échanger la vérité contre l’élégance, ou plutôt contre la distinction: nous sommes arrivés à l’abbé Delille, le tiers des mots de la langue ne pouvaient plus être prononcés au théâtre; de là nous avons sauté à Walter Scott et à Béranger.

Si Amalia Bettini et Domeniconi, ces grands acteurs de l’Italie, pouvaient jouer en français, Paris serait bien étonné. Je pense que, pour se venger, il les sifflerait. Puis quelqu’un découvrirait que l’on reconnaît à chaque pas dans les salons les caractères qu’ils ont représentés au théâtre.

J’étais tellement captivé par la façon dont Bouffé faisait valoir cette méchante pièce du _Pauvre Jacques_, que j’ai oublié de regarder l’apparence de la société bretonne. La salle était comble.

Ce n’est qu’en sortant que je me suis rappelé la physionomie de mademoiselle de Saint-Yves de l’_Ingénu_: une jeune Bretonne aux yeux noirs et à l’air, non pas résolu, mais courageux, qui sortait d’une loge de rez-de-chaussée et a donné le bras à son père, a représenté à mes yeux les héroïnes de la Vendée. Je déteste l’action de se réunir à l’étranger pour faire triompher son parti; mais cette erreur est pardonnable chez des paysans, et quand elle dure peu. J’admire de toute mon âme plusieurs traits de dévouement et de courage qui illustrèrent la Vendée. J’admire ces pauvres paysans versant leur sang pour qu’il y eût à Paris des abbés commendataires, jouissant du revenu de trois ou quatre grosses abbayes situées dans leur province, tandis qu’eux mangeaient des galettes de _sarrasin_.


On pense bien que je n’ai pas écrit hier soir toutes ces pages de mon journal, j’étais mort de fatigue en revenant du spectacle et du café à minuit et demi.

Ce matin, dès six heures, j’ai été réveillé par tous les habits de la maison que les domestiques battaient devant ma porte à grands coups de baguette, et en sifflant à tue-tête. Je m’étais cependant logé au second, dans l’espoir d’éviter le tapage. Mais les provinciaux sont toujours les mêmes; c’est en vain qu’on espère leur échapper. Ma chambre a des meubles magnifiques, je la paye trois francs par jour; mais, dès six heures du matin, on m’éveille de la façon la plus barbare. Comme en sortant je disais au premier valet de chambre, d’un air fort doux, que peut-être l’on pourrait avoir une pièce au rez-de-chaussée pour battre les habits, il m’a fait des yeux atroces et n’a pas répondu, et, en vrai Français, il m’en voudra toute sa vie de ce qu’il n’a rien trouvé à me dire.

Heureusement notre correspondant de cette ville est un ancien Vendéen; c’est encore un soldat, et ce n’est point un marchand. Il a vu le brave Cathelineau, pour lequel j’avoue que j’ai un faible; il m’a dit que le portrait lithographié que je venais d’acheter ne lui ressemble en aucune façon. C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai accepté son invitation à dîner pour ce soir.

Plein de ces idées de guerre civile, à peine mes affaires expédiées, je suis allé voir la cachette de madame la duchesse de Berry: c’est dans une maison près de la citadelle. Il est étonnant qu’on n’ait pas trouvé plus tôt l’héroïque princesse; il suffisait de mesurer la maison par-dehors et par-dedans, comme les soldats français le faisaient à Moscou pour trouver les cachettes. Sur plusieurs parties de la forteresse, j’ai remarqué des croix de Lorraine.

Je suis monté à la promenade qui est tout près, et qui domine la citadelle et le cours de la Loire. Le coup d’oeil est assez bien. Assis sur un banc voisin du grand escalier qui descend vers la Loire, je me rappelais les incidents de la longue prison que subit en ce lieu le fameux cardinal de Retz, l’homme de France qui, à tout prendre, a eu le plus d’esprit. On ne sent pas comme chez Voltaire des idées courtes, et il ose dire les choses difficiles à exprimer.

Je me rappelais son projet d’enlever sa cousine, la belle Marguerite de Retz: il voulait passer avec elle en Hollande, qui était alors le lieu de refuge contre le pouvoir absolu du roi de France. « Mademoiselle de Retz avait les plus beaux yeux du monde, dit le cardinal (1) [1. Page 17, édition Michaud, 1837.]; mais ils n’étaient jamais si beaux que quand ils mouraient, et je n’en ai jamais vu à qui la langueur donnât tant de grâces. Un jour que nous dînions ensemble chez une dame du pays, en se regardant dans un miroir qui était dans la ruelle, elle montra tout ce que la morbidezza des Italiennes a de plus tendre, de plus animé et de plus touchant. Mais par malheur elle ne prit pas garde que Palluau, qui a été depuis le maréchal de Clérambault, était au point de vue du miroir », etc.

Ce regard si tendre observé par un homme d’esprit donna des soupçons si décisifs, _car ce regard ne pouvait pas être un original_, que le père du futur cardinal se hâta de l’enlever et le ramena à Paris.

J’ai passé deux heures sur cette colline. Il y a là plusieurs rangs d’arbres et des statues au-dessous de la critique. Dans le bas, vers la Loire, j’ai remarqué deux ou trois maisons qu’une ville aussi riche et aussi belle que Nantes n’aurait pas dû laisser bâtir. Mais les échevins qui administrent nos villes ne sont pas forts pour le _beau_, voyez ce qu’ils laissent faire sur le boulevard à Paris! En Allemagne, les plus petites villes présentent des aspects charmants; elles sont ornées de façon à faire envie au meilleur architecte, et cela sans murs, sans constructions, sans dépenses extraordinaires, uniquement avec du soleil et des arbres: c’est que les Allemands ont de l’âme. Leur peinture par M. Cornélius n’est pas bonne, mais ils la sentent avec enthousiasme; pour nous, nous tâchons de comprendre la nôtre à grand renfort d’esprit.

Les arbres de 1a promenade de Nantes sont chétifs; on voit que la terre ne vaut rien. Je vais écrire une idée qui ferait une belle horreur aux échevins de Nantes, si jamais elle passait sous leurs yeux. Ouvrir de grandes tranchées de dix pieds de profondeur dans les contre-allées de leur promenade, et les remplir avec d’excellent terreau noir que l’on irait chercher sur les bords de la Loire.

Le long de cette promenade, au levant, règne une file de maisons qui pourraient bien être tout à fait à la mode pour l’aristocratie du pays: elles réunissent les deux grandes conditions, elles sont nobles et tristes. Elles ont d’ailleurs le meilleur air dans le sens physique du mot. J’ai suivi l’allée d’arbres jusqu’à l’extrémité opposée à la Loire, je suis arrivé à une petite rivière large comme la main, sur laquelle il y avait un bateau à vapeur en fonctions. On m’a dit que cette rivière s’appelait l’_Erdre_: j’en suis ravi; voilà une rime pour le mot _perdre_, que l’on nous disait au collège n’en point avoir.


Lire la suite :  http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?bretagne1,21,40

 Texte produit par Daniel Durosay (durosay@u-paris10.fr)

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On en parle – Tu n’as rien vu à Fukushima, de Daniel de Roulet

Posté par Serge Bénard le 29 avril 2011

 

 L’horreur nucléaire

Fukushima inquiète. Par le cas d’école que le drame de la centrale nucléaire en péril propose sur les limites de l’aventure scientifique comme par la tragédie humaine qu’il a déjà déclenchée. Projection et compassion. Mais que peut cet élan de solidarité comme cette réflexion sur le piège que la technologie peut tendre à l’homme qui la conçoit pour les Japonais, confrontés seuls à l’impensable ?

Rien sans doute. Comme est vaine la quête de la jeune actrice française, éprise d’un architecte japonais, dans Hiroshima mon amour, film qu’Alain Resnais réalisa à partir du scénario de Marguerite Duras (1959). Alors qu’Elle (Emmanuelle Riva) s’interroge sur l’événement qui bouleversa le monde en août 1945, Lui (Eiji Okada) lui répète :  » Tu n’as rien vu à Hiroshima. « 

Aujourd’hui, le romancier Daniel de Roulet bute sur le même obstacle, confesse la même infirmité. Et contre le désarroi qui le gagne, sans nouvelles de ses amis nippons, il riposte par la plume. Pour leur écrire son attachement comme sa conscience d’un secours inefficient.  » Les Japonais n’aiment pas qu’un étranger leur parle de leur histoire.  » Cette remarque de son agent littéraire, quand il a publié Kamikaze Mozart (Buchet-Chastel, 2007), Daniel de Roulet ne l’a pas oubliée.

Pire, elle a réactivé la gêne qu’il avait ressentie, huit ans plus tôt lorsqu’il avait lu devant des étudiants japonais un extrait d’un précédent roman (Gris-bleu, Seuil, 1999). Mais l’histoire de Tsutsui, jeune ingénieur dont la grand-mère a été irradiée lors des bombardements atomiques, sonnait à l’oreille des auditeurs comme, plus qu’une faute de goût, une inexcusable indécence.

 Lire la suite : lemonde.fr/livres/article/2011/04/29/tu-n-as-rien-vu-a-fukushima-de-daniel-de-roulet_1514639_3260.html

TU N’AS RIEN VU À FUKUSHIMA de Daniel de Roulet. Buchet-Chastel, 32 p., 2 €.

 

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On a prédit l’avenir du livre…

Posté par Serge Bénard le 29 avril 2011

Le futur du livre est l’objet de nombreuses discussions dernièrement.Certains en parlent avec des chiffres. D’autres avec humour.

En 2020, tous les livres seront interactifs et plurimédias.

On y trouvera de la musique, des images en 3D et des vidéos en streaming. Ils seront enrichis par différentes applications : site de réseau social, site de rencontres en ligne et géolocalisation (des alertes vous seront envoyées quand un habitant de votre ville achète le même livre que vous). Bref, le livre comportera tout et n’importe quoi, et surtout ce qui est inutile. Les auteurs feront leur propre promotion, les lecteurs seront responsables de leur distribution. La sagesse populaire sera chargée de la publication, et la main invisible du marché sera la plume qui écrit les livres. Il y aura deux catégories d’écrivains : les « résauteurs » et les électrons « livres ».

En 2030, tous les livres seront écrits de manière collaborative, à partir des nuages de tags.

Les romanciers commenceront par créer leurs personnages sous forme de figurines en vynil. Si celles-ci font le buzz, ce sont les fans qui écriront le roman tous ensemble. Quand vous lirez le livre, des caméras thermiques mesureront vos signaux physiologiques (vos battements de cil, votre fréquence cardiaque et les contractions des muscles de votre visage). Ceux-ci permettront de déterminer quel tour vous souhaitez que l’intrigue prenne. Le livre vous fera la lecture. Vous pourrez aussi choisir l’apparence physique des personnages, leur tirer dessus ou… tirer un cyber-coup avec eux. Si un romancier est découvert après sa mort, ses figurines en vynil deviendront peut-être des objets collector.

En 2040, les auteurs seront comme des Tamagotchis.

Lire la suite :  http://www.enviedecrire.com/on-a-predit-l%E2%80%99avenir-du-livre/

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Le livre du jour – L’ami de toujours, Xavier Mauméjean

Posté par Serge Bénard le 29 avril 2011

Le livre du jour - L'ami de toujours, Xavier Mauméjean dans Le livre du jour LamidetoujoursPremier roman que je lis de l’auteur. Celui-ci m’a attiré pour son histoire, même si j’en avais lu un minimum à son sujet pour ne pas trop en savoir en démarrant cette lecture.

Nous suivons sur un peu moins de trois cents pages le quotidien et la lente descente aux enfers de David, un geek à la vie sociale proche du néant. 
Le récit débute avec l’annonce d’une promesse d’embauche pour le jeune homme dans une société spécialisée dans les jeux vidéos. Le roman est en fait le journal de David dans lequel il nous fait part au fur et à mesure des évènements qui ponctuent ses journées et des terribles sentiments de doute et de peur qui l’envahissent progressivement. Alors qu’il s’apprête à changer de vie, il retrouve par hasard un ami de longue date, Richard. Des retrouvailles qui vont semer le trouble en lui et tourner au cauchemar.
Impossible d’en dire davantage sous peine de dévoiler le noeud de l’intrigue.

L’ami de toujours est un roman prenant qui vient cueillir le lecteur dans son fauteuil pour lui imposer son rythme. On a envie de savoir où tout cela nous mène, on tourne les pages avec fièvre, redoutant de connaître la suite mais avide d’explications.  David est l’archétype du jeune qui passe ses journées enfermé devant son écran d’ordinateur, multipliant les avatars sur le réseau, mais incapable de tisser des liens avec autrui dans la vraie vie. Il est mal dans sa peau, peine à exister avec un physique ordinaire qui le fait passer inaperçu. Dès lors, la perspective d’être embauché dans une firme à la renommée internationale apparaît comme la solution à toute son existence. Il va déménager, rencontrer des gens, travailler dans un secteur qu’il aime et exceller dans son art. La chance a fini par lui sourire et la chrysalide est enfin prête à éclore. Seulement c’était sans compter avec la mystérieuse apparition de Richard. Qui est ce compagnon de longue date, quel sont ses liens avec notre héros, et pourquoi refait-il surface après ce silence prolongé ?
Une atmosphère oppressante, une écriture percutante et un anti-héros malmené, voilà la combinaison gagnante pour ce roman glaçant que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. 
Seul bémol, la fin ouverte qui m’a laissée perplexe. Etre manipulée, baladée d’indice en indice, voir mes hypothèses mises à mal, douter, avoir la sensation d’être perdue, tout cela je l’accepte volontiers pendant une lecture. Mais à la fin, j’aime que l’auteur prenne parti et propose une conclusion qui ne laisse pas de doute au lecteur. Ici ce n’est pas le cas et cela m’a gênée. Ceci dit, c’est une appréciation très personnelle, d’autres lecteurs trouveront cette fin parfaitement appropriée, je n’en doute pas.

Ce qu’en ont pensé Faelys et Clarabel

Flammarion (Tribal), 281 pages, 2011

Source :  http://oceanicus-in-folio.fr/lire/index.php?post/2011/04/28/L-ami-de-toujours-%28Xavier-Maum%C3%A9jean%29

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« Pour une économie plus humaine », de Muhammad Yunus : l’économie humaine LEMONDE

Posté par Serge Bénard le 29 avril 2011

LEMONDE | 28.04.11 | 16h33  •  Mis à jour le 28.04.11 | 16h33

La tempête judiciaire dans laquelle est plongé le Prix Nobel de la paix 2006 et inventeur du microcrédit, Muhammad Yunus, connaît de nouveaux rebondissements. Une enquête du Bangladesh, dont les résultats ont été rendus publics lundi 25 avril, a d’abord blanchi la Grameen Bank – organisme de microcrédit créé au début des années 1980 – et son fondateur du soupçon de détournement d’argent.

Il est toutefois reproché à la banque de s’être transformée en un « énorme conglomérat » ayant « violé à maintes reprises ses propres législations ». Le fondateur, évincé de la direction au mois de mars, ne semble donc pas totalement sorti d’affaires.

Ces déclarations interviennent quelques jours après la sortie en France de son dernier ouvrage, et alors qu’il est actuellement en Europe. Intitulé Pour une économie plus humaine – Construire le social-business, son dernier ouvrage aurait toutefois pu s’appeler : « Social business, mode d’emploi.

Lire la suite : lemonde.fr/livres/article/2011/04/28/pour-une-economie-plus-humaine-de-muhammad-yunus_1514049_3260.html

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Stendhal :”Ne pas me gêner et ne m’effacer jamais”

Posté par Serge Bénard le 29 avril 2011

avt_stendhal_2673.1303977330.jpg       L’événement devrait agiter bien au delà des rives de la stendhalie et de ses happy few : pour la première fois, le Journal(13,50 euros, Folio) de Stendhal paraît en édition de poche. Un seul volume de 1263 pages qui ne doit pas être loin du record détenu dans la même collection par La Foire aux vanités de W.M. Thackeray. Celui ci s’autorise même un minimum de notes savantes et un précieux index des noms cités. « J’entreprends d’écrire l’histoire de ma vie jour par jour ». L’incipit doit figurer dans l’anthologie des plus fameux débuts, encore que celui ci se distingue par ce qu’il annonce deux lignes plus loin : il y aura des fautes de français car l’auteur aura pour principe de « ne pas me gêner et de n’effacer jamais ». Ce qui résonne déjà comme un règle de vie et pas seulement d’écriture. Le fait est que pour lui, pour lui aussi devrait-on préciser, lire, écrire et vivre, c’est tout un. Un écrivain écrit comme un coureur cour, risquent certainslecteurs familiers de l’analogie sportive.

Ce Journal est une leçon de liberté qu’il s’agisse du ton, du style, des idées. Jamais à la pose, bien qu’il ait toujours été son principal sujet, il s’y saisit lui même dans le vif de l’instant, empoigne ses sensations et nous les offre en partage, dans son intimité et peu lui chaut qu’une certaine désinvolture émerge de ce chaos. Fidèle à son principe, il ne corrige pas les répétitions, les redondances, les erreurs, les contradictions, les lieux communs et le galimatias. Il ne s’embarrasse pas non plus d’être compris par ceux qui n’entendent rien aux langues étrangères, et truffe allègrement ses phrases de mots anglais ou italiens sans se soucier de les traduire ; Jean Goldzink, auteur d’une étude sur Stendhal en Italie, parle même d’ « un sabir franglais et crypté ». C’est direct et cru, notamment lorsqu’il évoque l’amour (le sujet de sa vie), les femmes qu’il a aimées, caressées, branlées, enfilées. L’intérêt est forcément inégal pour tout lecteur de bonne foi (ce qui exclut les stendhalonâtres) ; ce n’est pas là que l’historien fera son miel d’observations originales sur l’Europe agitée, celle ci n’étant que le théâtre de sa conquête des femmes ; mais l’ensemble dégage un parfum si enivrant, au plus près de la sensibilité de l’artiste, que sa sincérité désarme, serait-il roué en bien des circonstances.

Lire la suite : http://passouline.blog.lemonde.fr/2011/04/28/stendhal-ne-pas-me-gener-et-ne-meffacer-jamais/#xtor=RSS-32280322

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Livre audio – Lettre à la France, Zola, Émile

Posté par Serge Bénard le 29 avril 2011

Donneur de voix : Iamnot | Durée : 24min | Genre : Essais

Emile Zola age

Fin 1897. L’affaire Dreyfus déchire la France. S’opposent avec violence les défenseurs de la révision du procès et les ligues patriotes ou antisémites. C’est dans ce contexte que Zola écrit sa Lettre à la France – « aux petits, aux humbles, à ceux qu’on empoisonne et qu’on fait délirer » – et sa Lettre à la jeunesse – à l’occasion de l’agression d’un grand dreyfusard par les ligueurs étudiants. « Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? s’interroge Zola. Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude, pour le XXe siècle qui va s’ouvrir ! »

Source : Senscritique.com.

Lettre à la France.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)

> Consulter la version texte de ce livre audio.

Fenêtre externe

Source audio originale (Emile_Zola_-_Lettre_a_la_France.mp3)

Source :

http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/zola-emile-lettre-a-la-france.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+litteratureaudio+%28Litterature+audio.com+-+Livres+audio+gratuits%29

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La saga Apple

Posté par Serge Bénard le 29 avril 2011

de 

Une petite planche de bande-dessinée absolument géniale due à Michel Rabagliatiqui en dit plus que de longs discours confus sur le sujet (non, je dirais pas lesquels). Bon, il force un peu le trait, mais pas mal de choses assez justes. Notamment, à tous mes amis graphistes qui se sont fait épongés en 25 ans. Ils se reconnaitront, les pauvres. Et le pire, c’est que la saga risque bien de continuer! :) (via Graphism).

Mac_apple

Source : http://aldus2006.typepad.fr/mon_weblog/2011/04/la-saga-apple.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+typepad%2FOEkF+%28Aldus+-+2006%29

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Lire, une compétence plastique du cerveau

Posté par Serge Bénard le 29 avril 2011

Par Christelle Di Pietro, le 29 avril 2011

Laurent Cohen, professeur de neurologie à l’Hôpital de Salpêtrière à Paris, travaille sur le cerveau depuis près de 15 ans. Ce qui l‘a rendu célèbre, ce sont ses découvertes sur la lecture, une aptitude que l’on doit au lobe temporal gauche, une région cérébrale qui sert à reconnaître les lettres. Mais la lecture ne fait pas que solliciter des régions spécifiques du cerveau, elle le modifie. C’est ce qu’ont pu constater Laurent Cohen et ses collègues dans une expérience menée au Brésil et dont les résultats ont été publiés fin 2010 dans la revue «Science» [How learning to read changes the cortical networks for vision and language. Stanislas Dehaene, et al., Science, online, 2010].
Ils ont mesuré, par IRM fonctionnelle l’activité cérébrale d’adultes volontaires diversement alphabétisés devant des situations de lecture. Les résultats démontrent que la lecture influence fortement le développement du cerveau : apprendre à lire augmente les réponses des aires visuelles du cortex ; la lecture augmente les réponses au langage parlé dans le cortex auditif ; et la lecture induit une extension des aires du langage et une communication bidirectionnelle entre les réseaux du langage parlé et écrit : chez un bon lecteur, voir une phrase écrite active l’ensemble des aires du langage parlé, et inversement. Enfin les modifications cérébrales liées à l’alphabétisation peuvent se produire à l’âge adulte, les circuits de lecture demeurant plastiques tout au long de la vie.

Lire la suite : Lire modifie votre cerveau, Aline Jaccottet pour l’Express, 28 avril 2011 & Impact de l’apprentissage de la lecture sur le cerveau, CEA – Direction des sciences du vivant, 15 novembre 2010.

Cerveau IRM et lecture chez illétrés et lettrés

Pour aller plus loin :

Source : http://www.enssib.fr/breves/2011/04/29/lire-une-competence-plastique-du-cerveau

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