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Relire Jaurès

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Fabien ESCALONA

 

ESSAIS POLITIQUES

Couverture ouvrage

LE SOCIALISME ET LA VIE. IDÉALISME ET MATÉRIALISME

Jean Jaurès, Frédéric Worms

Éditeur : 

RIVAGES

137 pages /

 

 

Résumé : En quelques pages accessibles, une plongée dans la réflexion et les discours de Jean Jaurès, qui nourrit l’esprit et invalide définitivement les récentes tentatives de récupération politique.

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Pour le plus grand profit de « l’honnête homme (pressé) » qui serait resté dans la méconnaissance de la prose originale du « grand Jaurès », les éditions Payot publient un court recueil de quatre textes écrits entre 1894 et 1903 et destinés à des revues ou des conférences. Le tout est présenté par le philosophe Frédéric Worms, qui insiste dans sa préface sur le caractère à la fois « daté » et actuel de la thèse de Jaurès qui sous-tend les quatre interventions.

Clamant qu’il existe « une idée irréductible en l’homme, de justice, d’unité, de liberté et de paix »   qui serait moteur de l’histoire, elle s’inscrivait dans des débats philosophiques aujourd’hui dépassés et surtout dans une période « d’avant » le traumatisme des deux guerres mondiales. En même temps, elle apparaît toujours vivante au sens où elle appelle à raisonner au-delà des fausses dichotomies entre solidarité et individualisme, égalité et liberté : « là est l’essentiel : repenser les relations sociales avec leur double polarité que décrit si bien Jaurès : individualité sous toutes ses formes, unité dans toute sa portée »  .

Quel moteur pour l’Histoire ? 

Le premier texte   s’offre comme une tentative de réconcilier la position marxiste classique considérant les rapports de production comme le ressort « le plus intime et le plus profond » de l’histoire, avec la position idéaliste considérant que depuis ses débuts, la quête de justice qui anime l’humanité est la source ultime du mouvement des sociétés. Rappelant que Marx lui-même était un disciple de Hegel, philosophe attentif à la vérité jaillissant des contradictions, Jaurès défend que seule une synthèse de ces deux visions a priori antagoniques rend l’histoire intelligible. Si, en bon marxiste, on considère par exemple la succession des différents modes de production (esclavage, féodalisme, capitalisme, socialisme) comme une marche vers le progrès, alors il faut expliquer d’où nous vient cette idée même de « progrès », et pourquoi les hommes ont imprimé à cette marche cette direction précise, qui n’était nullement déterminée d’avance. C’est que, selon Jaurès, l’instinct de sympathie, le sens du commun et l’idée d’égalité étaient déjà contenus dans la cérébralité des premiers humains. Depuis lors, il n’est pas vrai que la morale, l’idéologie politique ou la religion n’aient fait que refléter l’évolution des conditions matérielles de vie. En interaction perpétuelle avec ces dernières, les prédispositions évoquées précédemment auraient plutôt conduit les hommes à corriger sans cesse les paliers successifs de civilisation, tant que leur « pleine liberté » et leur « pleine solidarité [n’auraient] pas été réalisées »  .

Lire la suite : http://www.nonfiction.fr/article-4539-relire_jaures.htm

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