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Le livre du jour – Le jardin du diable, Ace Atkins

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Le livre du jour - Le jardin du diable, Ace Atkins dans Le livre du jour le-jardin-du-diableLe jardin du diable, c’est le mythique Hollywood des années 20, ce milieu du cinéma conquérant le septième rang des arts avec ses films muets qui font la part belle aux personnages masculins comiques et aux figures féminines envoûtantes. Cette nouvelle et juteuse industrie alors en plein essor attire de riches investisseurs issus du tout puissant monde de la presse et toute une faune d’aspirants à la célébrité. William Randolph Hurst est l’un de ces magnats « mécènes », pygmalion et amant de Marion Davies (photo ci-dessous), jeune étoile montante au firmament des studios.

C’est l’âge d’or des producteurs puissants et de leur « usine à rêves » comme Adolph Zukor, c’est l’ère du strass et de la paillette qui fascinent les foules insouciantes dans ces années folles et euphoriques qu’on appelle les « roaring twenties ».

C’est le temps du succès des comédies burlesques comme celles de Mack Sennett qui tourne des centaines de courts-métrages pour la Keystone. C’est lui qui met en scène et qui lance la carrière d’un petit anglais à la démarche dandinante du nom de Charlie Chaplin.Mariondavies1-e1302782712374 dans Le livre du jour

C’est l’avènement du « star system » et de nouvelles icônes soigneusement façonnées qui subjuguent avec leur extravagance, leur ambition démesurée, leur soif de conquête médiatique. C’est le code Hays qui est censé moraliser cet univers qui sent un peu trop le souffre avec ses girls aguicheuses et ses mœurs licencieuses.

Hollywood dans les années 20, c’est un terreau fertile au complot, à la fraude, à la débauche, une source d’inspiration romanesque tout comme pouvaient l’être les studios concurrents de Babelsberg en Europe à la même époque selon Jonathan Rabb.

Le scandale éclate à San Francisco avec l’affaire Roscoe Arbuckle (photo ci-dessous), un acteur célèbre deslapstick qui doit son surnom « Fatty » à son imposante corpulence. En pleine prohibition, Fatty organise des fêtes copieusement arrosées d’alcool et de jazz réunissant le gratin hollywoodien auxquelles s’invitent des jeunes femmes en quête d’un contrat avec l’une des grandes « majors».

Fatty-Arbuckle-150x150Lors d’une de ces « parties» qualifiées d’orgiaques par ses détracteurs, Fatty, ivre mort, s’enferme avec une jeune femme que l’on retrouve dans un état hystérique avancé, tellement mal en point qu’elle décède quelques jours plus tard, victime dit-on d’un éclatement de la vessie causé par le gros Roscoe alors qu’il tentait d’avoir des rapports sexuels avec elle, évidemment sans son consentement.

En mage de la police qui mène une enquête visiblement à charge contre Roscoe, l’agence Pinkerton est mandatée pour seconder l’avocat du comédien. Elle met sur l’affaire Sam, un jeune détective fauché, tuberculeux, fraîchement en charge d’une famille qu’il a du mal à assumer, fatalement porté sur l’alcool, le tabac et les belles femmes. A ces heures perdues et pour arrondir ses fins de mois, il écrit des histoires inspirées de son expérience professionnelle de privé confronté à la corruption, à la mafia, aux briseurs de grèves… Sam sera connu plus tard sous le nom de Dashiell Hammett (photo de droite) et reconnu comme un père fondateur du hard boiled, ce courant noir de récits policiers qui rompt radicalement avec les romans d’enquête chics et bourgeois.

dd_hammett-202x300Ace Atkins nous entraîne donc à la suite de Sam dans une enquête qui révèle toute la bassesse et la cupidité d’Hollywood, depuis le puissant mécène jusqu’au plus insignifiant prétendant au statut de star. Entre prohibition, capitalisme forcené, lutte d’influence, vengeance, histoires d’amour et mégalomanie, le récit perd parfois en puissance et en cohérence, les différentes trames manquent à mon goût de liant et de chaleur. Le tableau d’Hollywood et du procès d’Arbuckle ainsi que le portrait d’Hammett sont toutefois plutôt réussis. Il faut dire que la participation du futur grand écrivain dans cette retentissante affaire est du pain béni pour un romancier !

Le jardin du diable (Devil’s garden, 2009), de Ace Atkins, traduit de l’américain par Christophe Mercier, éditions du Masque, janvier 2011, 462 pagesISBN 9782702434659 / 21,50 €

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