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De l’incessant dialogue entre les vivants et les morts – Entretien avec Sylvie Germain

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« Entre les vivants et les morts, des liens insoupçonnés, inespérés, parviennent parfois à se tisser. […] un rai de lumière, aussi impondérable et fugace soit-il, lorsqu’il fuse à travers la pénombre, fait danser la poussière et vibrer le silence. » Cette lumière, Sylvie Germain l’a saisie par la fenêtre du Transsibérien, au cours d’un voyage organisé en mai 2010 par CulturesFrance pour une délégation d’écrivains français. Hantée par la mort récente de sa mère, elle observe les mouvements de la nature et des éléments, la terre noire et lourde, le vent, les ciels, et l’eau, particulièrement celle du lac Baïkal ouvert comme un œil au cœur de la Sibérie.

Sylvie-Germain_AFP.jpgLorsque le train finit sa course, le lecteur découvre un second texte, composés de fragments voués au père, écrits après sa disparition, vingt ans auparavant. Un autre paysage y apparait, « ample ; terre et eau, collines et plaines, villes et champs, forêts et routes, personnes et animaux […] les vivants et les morts.» C’est celui qui se découvre à partir d’un terrain acheté par son père, à Vézelay, où il n’a pu se résoudre à faire construire une maison, « lieu pour rien, voué au vide et au silence ». La pensée de Sylvie Germain, son imaginaire et ses sens, se déploient dans ces espaces ouverts vers l’infini, jachère dans la campagne française ou taïga sans limites visibles. DansLe monde sans vous, ils ne sont pas le cadre de romans aux résonances mythiques (comme Le livre des Nuits), historiques (comme Magnus) et toujours spirituelles, mais celui d’un dialogue, maintenu, au-delà de la mort, avec ses parents disparus.

 

 

Aliette Armel - Lorsque vous êtes montée à bord du Transsibérien, juste après la mort de votre mère, envisagiez-vous d’écrire un texte où celle qui venait de vous quitter occuperait une telle place? Ou cela s’est-il imposé à vous, au long du trajet jusqu’à Vladivostok?

Sylvie Germain - Non, je n’envisageais nullement d’évoquer ma mère, laquelle n’a en outre aucun lien avec la Sibérie. Et il est très rare que j’introduise directement des éléments personnels dans mes écrits, encore plus rare que j’utilise le ‘je’. Mais cette fois, cela s’est imposé – pas seulement comme une évidence, mais comme une urgence – tant ce deuil alors très récent m’habitait, occupant mes pensées en continu, parfois en montant à l’aigu, le reste du temps en sourdine.

Lire la suite : http://aliette-armel.blogs.nouvelobs.com/

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