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Retour à la case prison pour un écrivain palestinien

Posté par Serge Bénard le 26 avril 2011

LEMONDE | 26.04.11 | 15h12 • Mis à jour le 26.04.11 | 15h12

 

Jérusalem Envoyé spécial – L’Histoire bégaie pour l’écrivain palestinien Ahmed Qatamesh. Celui qui fut dans les années 1990 l’un des plus célèbres prisonniers d’opinion en Israël a été arrêté de nouveau par des soldats israéliens, jeudi 21 avril, en Cisjordanie. Incarcéré entre 1992 et 1998 au titre de la détention administrative, considéré à cette époque comme l’un des leaders du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche radicale), il risque de faire à nouveau les frais de cette procédure arbitraire, héritée du mandat britannique, qui permet d’emprisonner un individu pour une durée indéfinie sans avoir à prononcer la moindre accusation. « C’est encore et toujours la même histoire, soupire Lea Tsemel, l’avocate d’Ahmed Qatamesh, infatigable défenseure des droits des Palestiniens. Mon client qui a 60 ans ne fait rien d’autre qu’écrire et donner des conférences. Je suppose que son arrestation est liée aux manifestations qui se préparent pour le 15 mai, date anniversaire de la Nakba (l’exode forcé des Palestiniens en 1948). C’est de la répression politique. »

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http://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/04/26/retour-a-la-case-prison-pour-un-ecrivain-palestinien_1512964_3218.html

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Béthune (62) – Les mineurs marocains ouvrent la collection littéraire de Béthune 2011

Posté par Serge Bénard le 26 avril 2011

mardi 26.04.2011, 05:05 - La Voix du Nord

 Au théâtre de poche, une comédienne et un joueur d'oud pour mettre en voix « Mauvaise mine».Au théâtre de poche, une comédienne et un joueur d’oud pour mettre en voix « Mauvaise mine».

|  ON EN PARLE |

Le livre s’intitule « Mauvaise mine ». Ce n’est pas moins un nouveau-né de fort belle figure que ses parrains ont présenté samedi soir au théâtre de Poche pour ouvrir une collection de polars signés par des écrivains éloignés de l’écriture dans le cadre de Béthune 2011.

PAR CHRISTIAN LARIVIÈRE

Béthune (62) - Les mineurs marocains ouvrent la collection littéraire de Béthune 2011 dans Actualité éditoriale, vient de paraître

bethune@info-artois.fr

« La capitale régionale de la culture, ce n’est pas que des expositions d’artistes internationaux », annonçait la couleur Joël Caron. Appelé au micro par Didier Andreau, président de Colères du présent, l’association socioculturelle qui pilote les ateliers d’écriture, l’adjoint à la culture indiquait qu’il avait personnellement pesé pour que le projet bénéficie du label « Béthune 2011 ». « La capitale régionale est sur le thème des identités partagées. Avec ce livre, on entre dans le vif du sujet. » Il ajoutait qu’en ces temps où l’on entend « tant de mensonges et d’inepties sur l’immigration », ce livre contribuerait à remettre les idées en place.

« La plupart d’entre nous ne savions pas écrire », soupirait Abdellah Samate, président de l’association des mineurs marocains du Nord, qui continue à se battre « pour en finir avec les inégalités ». Avec vingt-six anciens collègues, il a participé aux ateliers animés dans un café de Dechy par Ricardo Montserrat. À partir des témoignages de quelques-uns de soixante-dix mille ouvriers recrutés par les Houillères au Maghreb dans les années soixante-dix, le livre collectif restitue tout un pan de l’histoire sociale du bassin minier. Cela à travers la fiction des aventures romancées de deux jeunes d’aujourd’hui, Nour et Norbert, qui se rencontrent dans un cimetière venant d’être vandalisés par des néo-nazis.

Lire la suite : http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Bethune/actualite/Secteur_Bethune/2011/04/26/article_les-mineurs-marocains-ouvrent-la-collect.shtml

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L’argent double

Posté par Serge Bénard le 26 avril 2011

Les bonnes âmes qui reprochent à la littérature française son nombrilisme, son manque d’ambition et son indifférence à l’Histoire en cours sont bien mal renseignées.

Elles devraient lire Fabrice Humbert. Car deux ans après avoir réussi un impossible et impeccable roman, où il imaginait la vie d’un déporté à Buchenwald, l’auteur de « l’Origine de la violence » (60.000 exemplaires, bientôt adapté au cinéma par Elie Chouraqui) s’est donné le sujet le plus fuyant et urgent qui soit : la mondialisation, de la chute du mur de Berlin à la crise de 2008.

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Fabrice Humbert

Pour attraper cette pieuvre conceptuelle sans queue ni tête, il a conçu un piège narratif d’une redoutable efficacité. On y entre comme dans un moulin, on n’en sort pas. S’y débattent un oligarque russe et sa femme, un jeune sans-papiers venu d’Afrique, un mathématicien franchouillard bientôt converti aux équations de la City, ou encore cet abruti de Miami qui « achève » le rêve américain en se lançant dans le crédit immobilier à risque.

Lire la suite : http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20101005.BIB5720/l-039-argent-double.html


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États-Unis – Le Sex and the City de Candace Bushnell

Posté par Serge Bénard le 26 avril 2011

 

Nouveau Roman - Le Sex and the City de Candace Bushnell

© Photo courtoisie de HarperCollins

L’auteure Candace Bushnell est l’alter ego de Carrie Bradshaw, personnage incarné au petit écran par Sarah Jessica Parker.

 

 

 

NOUVEAU ROMAN

 

Le Sex and the City de Candace Bushnell

 

Marie-Joëlle Parent

 

26-04-2011 | 04h00

 

 

NEW YORK – Candace Bushnell, l’alter ego de Carrie Bradshaw, surfe encore sur la vague du succès de Sex and the City (Sexe à New York) avec la sortie d’un nouveau roman, Summer in the City, qui dépeint le premier été de Carrie Bradshaw, 17 ans, à Manhattan.

 

Bushnell s’est inspirée de sa propre expérience de fille de la campagne qui débarque à New York à la fin des années 70 pour dresser ce portrait de Carrie, pré-Mr. Big. « Je pense que ma propre histoire durerait quatre fois plus longtemps que Summer in the City. Je raconte surtout ici l’expérience d’une jeune femme qui arrive à New York avec plein d’espoir et de naïveté pour y faire sa vie, en me concentrant sur l’aspect comique de la situation », dit-elle avec cette voix saturée d’assurance, typiquement new-yorkaise. La pauvre se remet d’une vilaine chute à cheval et marche avec une canne.

 

LITTÉRATURE JEUNESSE

 

Summer and the City est la deuxième incursion de l’auteur dans la littérature pour jeunes adultes. En avril 2010, elle publiait The Carrie Diaries, dans lequel elle racontait l’enfance de Carrie Bradshaw au Connecticut. Le livre s’est retrouvé sur la liste des meilleures ventes du New York Times et a été traduit en 34 langues, signe que la fascination pour Miss Bradshaw perdure malgré le flop du deuxième film. D’ailleurs, aux dernières nouvelles, l’idée de faire un troisième long-métrage est dans l’air.

Lire la suite : http://fr.canoe.ca/divertissement/celebrites/nouvelles/mariejoelleparent/2011/04/26/18065341-qmi.html

 


 

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Auch (32) – Petites mains de la reliure

Posté par Serge Bénard le 26 avril 2011

Les archives du Gers se préparent à faire passer l’examen du CAP reliure

 La couture est l'un des arts qu'il faut maîtriser pour relier un livre.  Photo Michel amat

La couture est l’un des arts qu’il faut maîtriser pour relier un livre. PHOTO MICHEL AMAT

Le calme et le silence règnent dans l’atelier. Assises les unes à côté des autres, concentrées, les petites mains s’affairent minutieusement. Les unes collent, les autres cousent. Ces six femmes exercent un art millénaire : la reliure. Et les Archives départementales du Gers, à Auch, s’efforcent de le faire revivre. Au point que leur atelier est devenu depuis trois ans, le centre d’examen du CAP de reliure des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.

En 2009, l’Éducation nationale a choisi de leur donner l’agrément, pour remplacer les anciens locaux d’examen, « ceux d’un artisan de Toulouse dans une pièce de 8 m2 », explique Jean-Paul Baro, relieur-restaurateur depuis trente ans aux Archives départementales.

En France, il n’y a que deux autres centres d’examen, au lycée Tolbiac et à l’école Estienne, à Paris. L’idée était donc d’éviter aux candidats le voyage jusqu’à la capitale. Anne-Marie Discamps, 61 ans, est économiste et vient de Bordeaux : « Comme il n’y avait pas de centre d’examen, je suis venue à Auch. En fait, la moitié nord va à Paris, la moitié sud vient ici. »

Lire la suite : http://www.sudouest.fr/2011/04/26/petites-mains-de-la-reliure-381415-2277.php


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Agone : « L’édition militante a un besoin vital de vrais libraires »

Posté par Serge Bénard le 26 avril 2011

La maison d’édition Agone a été créée en 1998 et est issue de la revue du même nom, née à Marseille huit ans plus tôt. Le projet éditorial répond à un projet politique, qui se définit par la volonté de proposer des œuvres fournissant au plus grand nombre des outils pour comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Alternative libertaire : Principes, ligne éditoriale, qu’est-ce que vous voulez représenter dans le paysage éditorial ?

Agone : Nous souhaitons mener une politique de fond, c’est à dire publier volontairement un nombre de titres limités, importants à nos yeux, avec un travail éditorial conséquent (nombreux échanges avec l’auteur, appareil critique, notes, glossaires…), puis un important suivi en diffusion. Il est hors de question de sortir des titres périmés au bout de quelques mois.

Tout ce travail prend du temps.

Cette lenteur est le prix à payer pour que la quinzaine de livres éditée par an soit de la meilleure qualité possible, la plus compréhensible possible pour les lecteurs et lectrices, correctement diffusée avec la meilleure lisibilité sur le long terme. Cette lenteur implique aussi un programme de parutions élaboré très à l’avance (un à deux ans en général). Une autre de nos spécificités est aussi sans doute la part importante de traductions.

Qui sont les lecteurs ?

Agone : Bonne question… Il nous semble que le lectorat d’Agone est à la jonction de différents milieux qui ne se croisent pas forcément ! Universitaires, classes moyennes, militant-e-s.

Nous sommes autant au contact des lecteurs et lectrices que des libraires indépendants (mais malheureusement aussi Amazon et la FNAC), précieux intermédiaires entre la maison d’édition et ses lecteurs/lectrices.


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http://www.e-torpedo.net/article.php3?id_article=3525&titre=Agone-L-edition-militante-a-un

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Sony lance deux tablettes numériques

Posté par Serge Bénard le 26 avril 2011

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 26.04.11 | 10h38

 

 

Les deux nouveaux modèles de tablettes présentées par Sony.

Les deux nouveaux modèles de tablettes présentées par Sony.REUTERS/KIM KYUNG-HOON

Le géant japonais de l’électronique Sony se lance, mardi 26 avril, dans le marché des tablettes numériques. Sony a présenté deux appareils qui fonctionneront avec la version 3 du système d’exploitation de Google Android (baptisée Honeycomb), a déclaré Kunimasa Suzuki, président adjoint de la division produit grand public et services du groupe. Ces tablettes devraient être disponibles à l’automne.

Le modèle S1 est doté d’un écran de près de 10 pouces (près de 25 cm) de diagonale, de deux caméras, et compatible avec le Wi-Fi. Plus grand qu’un téléphone intelligent mais plus qu’une tablette de type iPad, le S2 dispose pour sa part de deux écrans tactiles.

Lire la suite : lemonde.fr/technologies/article/2011/04/26/sony-lance-deux-tablettes-numeriques_1512741_651865.html

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Lire et relire – Denis Diderot, Lettre sur le commerce des livres

Posté par Serge Bénard le 26 avril 2011


Lettre historique et politique adressée à un magistrat sur le commerce de la librairie, son état ancien et actuel, ses réglements, ses privilèges, les permissions tacites, les censeurs, les colporteurs, le passage des ponts et autres objets relatifs a la police littéraire ———————————————————————————–

Vous désirez, monsieur, de connaître mes idées sur une affaire qui vous paraît très importante, et qui l’est. Je suis trop flatté de cette confiance pour ne pas y répondre avec la promptitude que vous exigez et l’impartialité que vous êtes en droit d’attendre d’un homme de mon caractère. Vous me croyez instruit, et j’ai en effet les connaissances que donne une expérience journalière, sans compter la persuasion scrupuleuse où je suis que la bonne foi ne suffit pas toujours pour excuser des erreurs. Je pense sincèrement que dans les discussions qui tiennent au bien général, il serait plus à propos de se taire que de s’exposer, avec les intentions les meilleures, à remplir l’esprit d’un magistrat d’idées fausses et pernicieuses.

Je vous dirai donc d’abord qu’il ne s’agit pas simplement ici des intérêts d’une communauté. Eh ! que m’importe qu’il y ait une communauté de plus ou de moins, à moi qui suis un des plus zélés partisans de la liberté prise sous l’acception la plus étendue, qui souffre avec chagrin de voir le dernier des talents gêné dans son exercice, une industrie, des bras donnés par la nature, et liés par des conventions, qui ai de tout temps été convaincu que les corporations étaient injustes et funestes, et qui en regarderais l’abolissement entier et absolu comme un pas vers un gouvernement plus sage ? Ce dont il s’agit, c’est d’examiner, dans l’état où sont les choses et même dans toute autre supposition, quels doivent être les suites des atteintes que l’on a données et qu’on pourrait encore donner à notre librairie; s’il faut souffrir plus longtemps les entreprises que des étrangers font sur son commerce; quelle liaison il y a entre ce commerce et la 1ittéraure; s’il est possible d’empirer l’un sans nuire à l’autre, et d’appauvrir le libraire sans ruiner l’auteur; ce que c’est que les privilèges de livres; si ces privilèges doivent être compris sous la dénomination générale et odieuse des autres exclusifs; s’il y a quelque fondement légitime à en limiter la durée et en refuser le renouvellement; quelle est la nature des fonds de la librairie; quels sont les titres de la possession d’un ouvrage que le libraire acquiert par la cession d’un littérateur; s’ils ne sont que momentanés, ou s’ils sont éternels. L’examen de ces différents points me conduira aux éclaircissements que vous me demandez sur d’autres.

Mais avant tout, songez, monsieur, que sans parler de la légèreté indécente dans un homme public à dire, en quelque circonstance que ce soit, que si l’on vient à reconnaître qu’on a pris un mauvais parti, il n’y aura qu’à revenir sur ses pas et défaire ce que l’on aura fait, manière indigne et stupide de se jouer de l’état et de la fortune des citoyens, songez, dis-je, qu’il est plus fâcheux de tomber dans la pauvreté que d’être né dans la misère; que la condition d’un peuple abruti est pire que celle d’un peuple brute; qu’une branche de commerce égarée est une branche de commerce perdue; et qu’on fait en dix ans plus de mal qu’on n’en peut réparer en un siècle. Songez que plus les effets d’une mauvaise police sont durables, plus il est essentiel d’être circonspect, soit qu’il faille établir, soit qu’il faille abroger; et dans ce dernier cas, je vous demanderai s’il n’y aurait pas une vanité bien étrange, si l’on ne ferait pas une injure bien gratuite a ceux qui nous ont précédés dans le ministère, que de les traiter d’imbéciles sans s’être donné la peine de remonter à l’origine de leurs institutions, sans examiner les causes qui les ont suggérées, et sans avoir suivi les révolutions favorables ou contraires qu’elles ont éprouvées. Il me semble que c’est dans l’historique des lois et de tout autre règlement qu’il faut chercher les vrais motifs de suivre ou de quitter la ligne tracée; c’est aussi par là que je commencerai. Il faudra prendre les choses de loin; mais si je ne vous apprends rien, vous reconnaîtrez du moins que j’avais les notions préliminaires que vous me supposiez; ayez donc, monsieur, la complaisance de me suivre. Les premiers imprimeurs qui s’établirent en France travaillèrent sans concurrents, et ne tardèrent pas à faire une fortune honnête. Cependant, ce ne fut ni sur Homère, ni sur Virgile, ni sur quelque auteur de cette volée que l’imprimerie naissante s’essaya. On commença par de petits ouvrages de peu de valeur, de peu d’étendue et du goût d’un siècle barbare. Il est à présumer que ceux qui approchèrent nos anciens typographes, jaloux de consacrer les prémices de l’art à la science qu’ils professaient et qu’ils devaient regarder comme la seule essentielle, eurent quelque influence sur leur choix. Je trouverais tout simple qu’un capucin eût conseillé à Gutenberg de débuter par La _Règle de saint François_; mais indépendamment de la nature et du mérite réel d’un ouvrage, la nouveauté de l’invention, la beauté de l’exécution, la différence de prix d’un livre imprimé et d’un manuscrit, tout favorisait le prompt débit du premier. Après ces essais de l’art le plus important qu’on pût imaginer pour la propagation et la durée des connaissances humaines, essais que cet art n’offrait au public que comme des gages de ce qu’on en pouvait attendre un jour, qu’on ne dut pas rechercher longtemps, parce qu’ils étaient destinés à tomber dans le mépris à mesure qu’on s’éclairerait, et qui ne sont aujourd’hui précieusement recueillis que par la curiosité bizarre de quelques personnages singuliers qui préfèrent un livre rare à un bon livre, un bibliomane comme moi, un érudit qui s’occupe de l’histoire de la typographie, comme le professeur Schepfling, ont entrepris des ouvrages d’une utilité générale et d’un usage journalier. Mais ces ouvrages sont en petit nombre; occupant presque toutes les presses de l’Europe à la fois, ils devinrent bientôt communs, et le débit n’en était plus fondé sur l’enthousiasme d’un art nouveau et justement admiré. Alors peu de personnes lisaient; un traitant n’avait pas la fureur d’avoir une bibliothèque et n’enlevait pas à prix d’or et d’argent à un pauvre littérateur un livre utile à celui-ci. Que fit l’imprimeur ? Enrichi par ses premières tentatives et encouragé par quelques hommes éclairés, il appliqua ses travaux à des ouvrages estimés, mais d’un usage moins étendu. On goûta quelques-uns de ses ouvrages, et ils furent enlevés avec une rapidité proportionnée à une infinité de circonstances diverses; d’autres furent négligés, et il y en eut dont l’édition se fit en pure perte pour l’imprimeur. Mais le débit de ceux qui réussirent et la vente courante des livres nécessaires et journaliers compensèrent sa perte par des rentrées continuelles, et ce fut la ressource toujours présente de ces rentrées qui inspira l’idée de se faire un fonds. Un fonds de librairie est donc la possession d’un nombre plus ou moins considérable de livres propres à différents états de la société, et assorti de manière que la vente sûre mais lente des uns, compensée avec avantage par la vente aussi sûre mais plus rapide des autres, favorise l’accroissement de la première possession. Lorsqu’un fonds ne remplit pas toutes ces conditions, il est ruineux. A peine la nécessité des fonds fut-elle connue que les entreprises se multiplièrent à l’infini, et bientôt les savants, qui ont été pauvres dans tous les temps, purent se procurer à un prix modique les ouvrages principaux en chaque genre. Tout est bien jusqu’ici, et rien n’annonce le besoin d’un règlement ni de quoi que ce soit qui ressemble à un code de librairie. Mais pour bien saisir ce qui suit, soyez persuadé, monsieur, que ces livres savants et d’un certain ordre n’ont eu, n’ont et n’auront jamais qu’un petit nombre d’acheteurs, et que sans le faste de notre siècle, qui s’est malheureusement répandu sur toute sorte d’objets, trois ou quatre éditions même des oeuvres de Corneille, de Racine, de Voltaire suffiraient pour la France entière; combien en faudrait-il moins de Bayle, de Moréri, de Pline, de Newton et d’une infinité d’autres ouvrages ! Avant ces jours d’une somptuosité qui s’épuise sur les choses d’apparat aux dépens des choses utiles, la plupart des livres étaient dans le cas de ces derniers, et c’était la rentrée continue des ouvrages communs et journaliers, jointe au débit d’un petit nombre d’exemplaires de quelques auteurs propres à certains états, qui soutenait le zèle des commerçants. Supposez les choses aujourd’hui comme elles étaient alors; supposez cette espèce d’harmonie subsistante de compensation d’effets difficiles et d’effets courants et brûlez le code de la librairie: il est inutile.

Mais l’industrie d’un particulier n’a pas plus tôt ouvert une route nouvelle que la foule s’y précipite. Bientôt les imprimeries se multiplièrent, et ces livres de première nécessité et d’une utilité générale, ces efforts dont le débit continuel et les rentrées journalières fomentaient l’émulation du libraire devinrent si communs et d’une si pauvre ressource qu’il fallut plus de temps pour en débiter un petit nombre que pour consommer l’édition entière d’un autre ouvrage. Le profit des effets courants devint presque nul, et le commerçant ne retrouva pas sur les effets sûrs ce qu’il perdait sur les premiers, parce qu’il n’y avait aucune circonstance qui pût en changer la nature et en étendre l’usage. Le hasard des entreprises particulières ne fut plus balancé par la certitude des autres, et une ruine presque évidente conduisait insensiblement le libraire à la pusillanimité et à l’engourdissement, lorsqu’on vit paraître quelques-uns de ces hommes rares dont il sera fait mention à jamais dans l’histoire de l’imprimerie et des lettres, qui, animés de la passion de l’art et pleins de la noble et téméraire confiance que leur inspiraient des talents supérieurs, imprimeurs de profession, mais gens d’une littérature profonde, capables de faire face à la fois à toutes les difficultés, formèrent les projets les plus hardis et en seraient sortis avec honneur et profit sans un inconvénient que vous soupçonnez sans doute, et qui nous avance d’un pas vers la triste nécessité de recourir à l’autorité dans une affaire de commerce. Dans l’intervalle, les disputes des fanatiques, qui font toujours éclore une infinité d’ouvrages éphémères, mais d’un débit rapide, remplacèrent pour un moment les anciennes rentrées qui s’étaient éteintes. Le goût qui renaît quelquefois chez un peuple pour un certain genre de connaissances, mais qui ne renaît jamais qu’au déclin d’un autre goût qui cesse, comme nous avons vu de nos jours la fureur de l’histoire naturelle succéder à celle des mathématiques, sans que nous sachions quelle est la science qui étouffera le goût régnant, cette effervescence subite tira peut-être des magasins quelques productions qui y pourrissaient; mais elle en condamna presque un égal nombre d’autres à y pourrir à leur place. Et puis les disputes religieuses s’apaisent, on se refroidit bientôt sur les ouvrages polémiques, on en sent le vide, on rougit de l’importance qu’on y mettait. Le temps qui produit les artistes singuliers et hardis est court; et ceux dont je vous parlais ne tardèrent pas à connaître le péril des grandes entreprises, lorsqu’ils virent des hommes avides et médiocres tromper tout à coup l’espoir de leur industrie et leur enlever le fruit de leurs travaux.

En effet, les Estienne, les Morel et autres habiles imprimeurs n’avaient pas plus tôt publié un ouvrage dont ils avaient préparé à grands frais une édition et dont l’exécution et le bon choix leur assuraient le succès, que le même ouvrage était réimprimé par des incapables qui n’avaient aucun de leurs talents, qui, n’ayant fait aucune dépense, pouvaient vendre à plus bas prix, et qui jouissaient de leurs avances et de leurs veilles sans avoir couru aucun de leurs hasards. Qu’en arriva-t- il ? Ce qui devait en arriver et ce qui en arrivera dans tous les temps. La concurrence rendit la plus belle entreprise ruineuse; il fallut vingt années pour débiter une édition, tandis que la moitié du temps aurait suffi pour en épuiser deux. Si la contrefaçon était inférieure à l’édition originale, comme c’était le cas ordinaire, le contrefacteur mettait son livre à bas prix; l’indigence de l’homme de lettres, condition fâcheuse à laquelle on revient toujours, préférait l’édition moins chère à la meilleure. Le contrefacteur n’en devenait guère plus riche, et l’homme entreprenant et habile, écrasé par l’homme inepte et rapace qui le privait inopinément d’un gain proportionné à ses soins, à ses dépenses, à sa main-d’oeuvre et aux risques de son commerce, perdait son enthousiasme et restait sans courage . Il ne s’agit pas, monsieur, de se perdre dans des spéculations à perte de vue et d’opposer des raisonnements vagues à des faits et à des plaintes qui sont devenus le motif d’un code particulier. Voilà l’histoire des premiers temps de l’art typographique et du commerce de librairie, image fidèle des nôtres et causes premières d’un règlement dont vous avez déjà prévu l’origine. Dites-moi, monsieur, fallait-il fermer l’oreille aux plaintes des vexés, les abandonner à leur découragement, laisser subsister l’inconvénient et en attendre le remède du temps qui débrouille quelquefois de lui-même des choses que la prudence humaine achève de gâter ? Si cela est, négligeons l’étude du passé; attendons paisiblement la fin d’un désordre de sa propre durée, et abandonnons-nous à la discrétion du temps à venir, qui termine tout, à la vérité, mais qui termine tout bien ou mal, et, selon toute apparence, plus souvent mal que bien, puisque les hommes, malgré leur paresse naturelle, ne s’en sont pas encore tenus à cette politique si facile et si commode qui rend superflus les hommes de génie et les grands ministres.

Il est certain que le public paraissait profiter de la concurrence, qu’un littérateur avait pour peu de chose un livre mal conditionné, et que l’imprimeur habile, après avoir lutté quelque temps contre la longueur des rentrées et le malaise qui en était la suite, se déterminait communément à abaisser le prix du sien. Il serait trop ridicule aussi de supposer que le magistrat préposé à cette branche de commerce ne connût pas cet avantage et qu’il l’eût négligé, s’il eût été aussi réel qu’il le paraît au premier coup d’oeil; mais ne vous trompez pas, monsieur, il reconnut bientôt qu’il n’était que momentané et qu’il tournait au détriment de la profession découragée et au préjudice des littérateurs et des lettres. L’imprimeur habile sans récompense, le contrefacteur injuste sans fortune, se trouvèrent également dans l’impossibilité de se porter a aucune grande entreprise, et il vint un moment où parmi un assez grand nombre de commerçants, on en aurait vainement cherché deux qui osassent se charger d’un in-folio. C’est la même chose à présent; la communauté des libraires et imprimeurs de Paris est composée de trois cent soixante commerçants; je mets en fait qu’on n’en trouverait pas dix plus entreprenants. J’en appelle aux bénédictins, aux érudits, aux théologiens, aux gens de lois, aux antiquaires, à tous ceux qui travaillent à de longs ouvrages et à de volumineuses collections; et si nous voyons aujourd’hui tant d’ineptes rédacteurs de grands livres à des petits, tant de feuillistes, tant d’abréviateurs, tant d’esprits médiocres occupés, tant d’habiles gens oisifs, c’est autant l’effet de l’indigence du libraire privé par les contrefaçons et une multitude d’autres abus de ses rentrées journalières, et réduit à l’impossibilité d’entreprendre un ouvrage important et d’une vente longue et difficile, que de la paresse et de l’esprit superficiel du siècle. Ce n’est pas un commerçant qui vous parle, c’est un littérateur que ses confrères ont quelquefois consulté sur l’emploi de leurs talents. Si je leur proposais quelque grande entreprise, ils ne me répondraient pas: « Qui est-ce qui me lira ? Qui est-ce qui m’achètera ? » mais: « Quand mon livre sera fait, où est le libraire qui s’en chargera ? » La plupart de ces gens-là n’ont pas le sou, et ce qu’il leur faut à présent, c’est une méchante brochure qui leur donne bien vite de l’argent et du pain. En effet, je pourrais vous citer vingt grands et bons ouvrages dont les auteurs sont morts avant que d’avoir pu trouver un commerçant qui s’en chargeât, même à vil prix. Je vous disais tout à l’heure que l’imprimeur habile se déterminait communément à baisser son livre de prix; mais il s’en trouva d’opiniâtres qui prirent le parti contraire au hasard de périr de misère.

Il est sur qu’ils faisaient la fortune du contrefacteur à qui ils envoyaient le grand nombre des acheteurs; mais qu’en arrivait-il à ceux-ci ? C’est qu’ils ne tardaient pas à se dégoûter d’une édition méprisable, qu’ils finissaient par se pourvoir deux fois du même livre, que le savant qu’on se proposait de favoriser était vraiment lésé, et que les héritiers de l’imprimeur habile recueillaient quelquefois après la mort de leur aïeul une petite portion du fruit de ses travaux. Je vous prie, monsieur, si vous connaissez quelque littérateur d’un certain âge, de lui demander combien de fois il a renouvelé sa bibliothèque et par quelle raison. On cède à sa curiosité et à son indigence dans le premier moment, mais c’est toujours le bon goût qui prédomine et qui chasse du rayon la mauvaise édition pour faire place à la bonne. Quoi qu’il en soit, tous ces imprimeurs célèbres dont nous recherchons à présent les éditions, qui nous étonnent par leurs travaux et dont la mémoire nous est chère, sont morts pauvres; et ils étaient sur le point d’abandonner leurs caractères et leurs presses, lorsque la justice du magistrat et la libéralité du souverain vinrent à leur secours. Placés entre le goût qu’ils avaient pour la science et pour leur art, et la crainte d’être ruinés par d’avides concurrents, que firent ces habiles et malheureux imprimeurs ? Parmi les manuscrits qui restaient, ils en choisirent quelques-uns dont l’impression pût réussir; ils en préparèrent l’édition en silence; ils l’exécutèrent, et, pour parer autant qu’ils pouvaient à la contrefaçon qui avait commencé leur ruine et qui l’aurait consommée, lorsqu’ils furent sur le point de la publier, ils sollicitèrent auprès du monarque et en obtinrent un privilège exclusif pour leur entreprise. Voilà, monsieur, la première ligne du code de la librairie et son premier règlement. Avant que d’aller plus loin, monsieur, ne puis-je pas vous demander ce que vous improuvez dans la précaution du commerçant ou dans la faveur du souverain ? « Cet exclusif, me répondrez-vous, était contre le droit commun. — J’en conviens. — Le manuscrit pour lequel il était accordé n’était pas le seul qui existât, et un autre typographe en possédait ou pouvait s’en procurer un semblable. — Cela est vrai, mais à quelques égards seulement, car l’édition d’un ouvrage, surtout dans ces premiers temps, ne supposait pas seulement la possession d’un manuscrit, mais la collation d’un grand nombre, collation longue, pénible, dispendieuse; cependant je ne vous arrêterai point, je ne veux pas être difficultueux. Or, ajoutez-vous, il devait paraître dur de concéder à l’un ce que l’on refusait à un autre. Cela le parut aussi, quoique ce fût le cas ou jamais de plaider la cause du premier occupant et d’une possession légitime, puisqu’elle était fondée sur des risques, des soins et des avances. Cependant pour que la dérogation au droit commun ne fût pas excessive, on jugea à propos de limiter le temps de l’exclusif. Vous voyez que le ministère, procédant avec quelque connaissance de cause, répondait en partie à vos vues; mais ce que vous ne voyez peut-être pas et ce qu’il n’aperçut pas d’abord, c’est que loin de protéger l’entrepreneur, il lui tendait un piège. Oui, monsieur, un piège, et vous allez en juger.

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Texte produit par Gianni Di Guiseppe

 

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Définition du jour : feuilletonniste

Posté par Serge Bénard le 26 avril 2011

Feuilletoniste. Le mot a une double application. Il s’applique au journaliste ou écrivain qui rédige le feuilleton, rubrique prestigieuse d’un quotidien (théâtre, musique, littérature, etc.). Il définit d’un autre côté l’écrivain qui fournit les épisodes d’un roman-feuilleton. Le panthéon de la littérature française a accueilli beaucoup de feuilletonistes devenus des auteurs célèbres, reconnus par la postérité. Parmi ceux qui ont compté, citons : Balzac (La Vieille Fille) historiquement le premier feuilleton (paru dans La Presse), Eugène Sue (Les Mystères de Paris, Le Juif errant), Alexandre Dumas (Le Capitaine Paul, Le Comte de Monte-Cristo), Émile Gaboriau (Le Crime d’Orgival, Le Dossier 113, Monsieur Lecoq), Paul Féval (Les Habits-Noirs), Henri Murger (Scènes de la vie de bohème), Victor Hugo (Les Travailleurs de la mer, L’homme qui rit, Quatre-vingt-Treize), Erckmann-Chatrian (Histoire d’un paysan) Ponson du Terrail (Rocambole), Richebourg (L’Enfant du faubourg), Maurice Leblanc (Arsène Lupin, gentleman cambrioleur, Herlock Sholmès, L’Aiguille creuse), Zola (La Fortune des Rougon), Vallès (première partie de Jacques Vingtras), Gaston Leroux (La Double Vie de Théophraste Longuet, Le Mystère de la chambre jaune, Le Parfum de la dame en noir), Michel Zévaco (Les Pardaillan), Gustave Le Rouge (Le Prisonnier de la planète Mars, La Guerre des vampires), Jean de la Hire (La Roue fulgurante), Pierre Souvestre et Marcel Allain (Fantômas). Cette liste est, naturellement, loin d’être exhaustive.

 

La publication en six livraisons de Madame Bovary dans La Revue de Paris permet-elle de l’assimiler à un vrai feuilleton ? Il y a sûrement une différence de nature chez les feuilletonistes, les uns pratiquant la spécialité faute de mieux, les autres l’utilisant à la manière des bonnes feuilles d’aujourd’hui en publiant l’intégralité de leur œuvre pour la faire connaître et en assurer la réussite commerciale lors de parution sous forme de livre.

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Livres à l’appui : Votre ordinateur vaut bien plus que son prix

Posté par Serge Bénard le 26 avril 2011

Les milliers d’heures que nous passons devant notre ordinateur lui donnent une valeur que les économistes peinent à calculer.

Livres à l'appui : Votre ordinateur vaut bien plus que son prix dans Web, moteurs, sites, blogs, réseaux, etc. trad-slate180411_edited

- Power Of One, Ian Sane via Flickr, CC-Licence-by -

L’AUTEUR

Annie Lowreylowrey dans Web, moteurs, sites, blogs, réseaux, etc.glossAnnie Lowrey est journaliste économique à Slate.comSes articles

Imaginez que vous soyez tombé nez à nez ce matin avec un cambrioleur masqué, faisant main basse non pas sur votre argenterie ou vos bijoux, mais sur votre ordinateur portable. Ce criminel atypique vous dit qu’il ne veut pas voler votre ordinateur mais le kidnapper. Il vous le rendra si vous acceptez de négocier avec lui, et de déterminer combien vous seriez prêt à mettre dans un rançon, annuelle, vous octroyant le privilège de garder cette machine chez vous.

Les ordinateurs et leur valeur insoupçonnée

Ce qui pourrait sembler ridicule, mais de nombreux économistes adoreraient faire cette expérience. Car ils suspectent que nos ordinateurs valent, d’une certaine (et étrange) façon, bien plus que ce que nous payons en les achetant. Actuellement, en gros, nous dépensons 550 euros en matériel, et 30 euros en connexion Internet. Si vous achetez un ordinateur tous les quatre ans, cela vous revient environ à 480 euros par an.

Mais nous passons des milliers d’heures par an à nous délasser ou à effectuer des tâches domestiques devant l’écran de nos ordinateurs personnels. Nous comparons les prix de produits à travers le monde entier, nous ignorons les poèmes que Tata Millie nous envoie, nous faisons nos comptes, jouons à des jeux fantastiques et lisons des journaux en hindi. Ces activités doivent valoir à nos yeux bien plus quelques centaines d’euros, vu comme nous dépensons notre argent sur d’autres choses.

Une valeur à chiffrer

Tout d’abord, voyons pourquoi les économistes pensent qu’il est important de répondre à cette question. La valeur d’un ordinateur ne correspond-elle pas précisément à ce que le marché en demande, c’est à dire la somme du prix du PC, du coût de la connexion Internet et de d’électricité? Qui se soucie de la valeur de bénéfices incalculables, de toutes les façons?

La réponse la plus générale est que les économistes s’en soucient parce qu’il semble que nous tirons d’énormes bénéfices incalculables de nos ordinateurs et d’Internet, des bénéfices qui ne relèvent pas des traditionnelles mesures du PIB, des dépenses et des revenus.

Erik Brynjolfsson,  un économiste du MIT ayant passé vingt ans à étudier les effets de la technologie sur les affaires et les statistiques macroéconomiques, explique que cette question de la valeur pourrait nous faire revoir toute la manière dont nous mesurons la production économique, puisque de plus en plus de marchandises, de services et d’expériences se font aujourd’hui dans un monde connecté et numérique et sont de plus en plus difficiles à comptabiliser. Pour reprendre les termes de Tyler Cowen, économiste à l’Université George Mason, et qui vient juste de consacrer une énorme part d’un e-book sur le sujet: «Plus nous modifions l’usage de notre temps, moins nous pouvons nous fier aux statistiques du revenu réel».

Le «surplus du consommateur»

De nombreux économistes ont donc cherché à définir ces «surplus du consommateur» —la jolie formulation universitaire signifiant les «bénéfices que vous obtenez sans avoir à payer pour»— des ordinateurs et d’Internet. (Et une littérature encore plus foisonnante explique quelle est la valeur des ordinateurs pour les entreprises.) Par exemple, Erik Brynjolfsson a mis le doigt sur l’impact des libraires en ligne, comme Amazon. Avec ses co-auteurs, il a remarqué que l’incroyable variété de livres disponible sur Internet, comparée aux boutiques physiques, procure des bénéfices au consommateur.

Lire la suite : http://www.slate.fr/story/37133/internet-ordinateurs-economie-hausse-prix

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