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Lu pour vous – L’homme qui aimait les chiens, de Leonardo Padura

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Véronique Poirson (LEXPRESS.fr), publié le 23/04/2011 à 09:00

 

« L’homme qui aimait les chiens nous fait éprouver de la compassion. »

Véronique Poirson, jurée du Prix des lecteurs de L’Express, s’est plongée avec délice dans le roman historique de Leonardo Padura.

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Véronique Poirson est mère de trois enfants et vit à Paris.  

D.R

 

 

Cet extraordinaire livre de 670 pages nous fait vivre les destins de Trotski exilé et de Ramon Mercader, son assassin, reconstitués par Ivan, écrivain cubain.  

Un héros manipulé, impitoyable

Quelle reconstitution, qui nous entraîne dans la folie de l’Histoire, de la guerre civile espagnole à l’URSS, la Turquie, la France, le Mexique, ou l’atmosphère envoûtante d’une plage de la Havane!  

Ramon, jeune engagé de la guerre d’Espagne, est embrigadé par les communistes pour tuer Trotski, accusé de toutes les trahisons. En 3 ans de « dressage » et d’attente, il sera transformé en machine manipulée, obéissante et impitoyable (scène hallucinante où on teste sa capacité à poignarder de sang-froid un mendiant terrorisé).  

De son côté Trotski mène une vie de paria en butte aux intimidations. Partout, il écrit, n’a de cesse de dissocier le marxisme de sa déformation stalinienne. Le chemin sera long jusqu’à Coyoacan où son assassin armé d’un piolet lui donnera le coup fatal.  

« Le gâchis d’une idéologie généreuse »

Le système totalitaire soviétique est illustré par la terreur mise en oeuvre par Staline pour protéger ses intérêts. Procès et épurations se succèdent en une farce sinistre faite d’aveux humiliants et délirants. Pareillement, le jeu macabre de Staline exige la présence de Trotski comme bouc-émissaire, jusqu’à ce qu’il ne lui soit plus utile.  

A Cuba, dans les années 90 où se respirent les miasmes d’un régime moribond, l’écrivain débutant rencontre « l’homme qui aimait les chiens », personnage étonnant, équivoque et mystérieux, qui promène ses lévriers barzoï et lui livre une des plus étonnantes histoires qui soient, digne d’un thriller non dénué de finesse psychologique et politique.  

L’écrivain meurt écrasé par le plafond de sa « maison en ruine comme toute une ville, comme tant de rêves et tant de vies, ici comme là-bas. Comme un monde lézardé ». On ferme ce pamphlet contre le gâchis d’une idéologie généreuse, hantés par les personnages historiques et par ceux qui « avaient marché les yeux bandés ».  

Mais capables avec le narrateur d’éprouver de la compassion.  

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Source : http://www.lexpress.fr/culture/livre/l-homme-qui-aimait-les-chiens-nous-fait-eprouver-de-la-compassion_985311.html

 


 

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