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Québec – Vive le livre !

Posté par Serge Bénard le 24 avril 2011

Publié le 23 avril 2011 à 05h00 | Mis à jour le 23 avril 2011 à 05h00

Québec - Vive le livre ! dans Bibliothèques du monde 9036 Didier Fessou
Le Soleil

(Québec) «Tout gentleman se doit d’avoir trois exemplaires d’un livre : un à exposer et qu’il gardera probablement dans sa maison de campagne, un autre pour son usage et un troisième à la disposition de ses amis.»

Richard Heber est l’auteur de ce trait d’humour si britannique.

Collectionneur de livres et ami intime de Sir Walter Scott, il possédait plus de 150 000 ouvrages.

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. C’est l’UNESCO qui institua cette journée en 1996, jour anniversaire de la disparition de Cervantes et de Shakespeare.

Dans la région de Québec, le livre sera fêté dans la discrétion. Rien de particulier, sauf quelques activités pour les jeunes à la bibliothèque de Saint-Raymond-de-Portneuf ou à la bouquinerie Écolivres de Lévis. À Saint-Georges-de-Beauce, les préposés de la bibliothèque municipale remettront une rose aux abonnés.

La tradition exige que tout libraire qui se respecte offre une rose à chacun de ses clients.

En cette Journée mondiale du livre, je vous recommande Apologie du livre, de Robert Darnton, dont Gallimard propose la traduction française. L’auteur se penche sur la place du livre dans l’environnement numérique.

Parue en 2009 chez PublicAffairs, l’édition américaine était constituée de onze longs articles déjà publiés dans la New York Review of Books. Gallimard a fusionné ces articles en six chapitres.

Qui est Robert Darnton? Un amoureux des livres, bien sûr. Historien spécialiste des Lumières et de l’histoire du livre sous l’Ancien Régime, il a dirigé la Oxford University Press et la bibliothèque de la ville de New York. Il a aussi enseigné à Princeton.

Aujourd’hui, il est le directeur de la bibliothèque de l’université Harvard.

Cette bibliothèque universitaire est constituée d’un réseau de 90 bibliothèques spécialisées. Avec ses 15 millions d’ouvrages, elle détient la quatrième collection la plus importante au monde.

Du propos de Robert Darnton, il faut retenir que le livre imprimé cohabitera longtemps avec le livre numérique.

L’un et l’autre ont leur place, et le papier n’est pas entièrement remplaçable par le numérique.

Il est vrai, cependant, que le livre numérique est l’outil parfait pour répondre à des besoins précis. Notamment du côté des publications scientifiques : le livre numérique réduit leur coût et élargit les possibilités d’échange entre chercheurs.

Robert Darnton en profite pour rappeler que l’avenir annoncé par Marshall McLuhan ne s’est pas vérifié : «La Toile, oui; l’immersion mondiale dans la télévision, à n’en pas douter; les médias et les messages partout, bien sûr. Mais l’ère électronique n’a pas entraîné la mort de l’imprimé que prophétisait McLuhan en 1962. La galaxie Gutemberg existe encore et l’homme typographique y lit toujours son chemin.»

Lire la suite : http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/commentarts/201104/22/01-4392688-vive-le-livre.php

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Saint-Brice-en-Coglès (35) – Des livres à écouter dans les médiathèques du Coglais

Posté par Serge Bénard le 24 avril 2011

jeudi 21 avril 2011


Monique Hurault, bibliothécaire à Saint-Marc-le-Blanc, lors d'une séance bébés lecteurs pour découvrir le plaisir du livre dès le plus jeune âge. Les cinq bibliothèques du réseau proposent désormais un fonds de livres enregistrés. Deux cent vingt audio-livres sont déjà disponibles, fonds qui sera enrichi au fil du temps dans chaque bibliothèque. « Il s’agit de romans et documentaires, lus par des comédiens de renom ou par les auteurs eux-mêmes, et enregistrés sur CD et au format MP3, expliquent les bibliothécaires du réseau. C’est une façon de retrouver le plaisir de se faire raconter des histoires », ajoutent-ils. Et bien sûr un outil essentiel pour les malvoyants.

Les bébés lecteurs

Le réseau se charge aussi de communiquer le plaisir de la lecture aux plus jeunes le jeudi matin, dans chacune des cinq bibliothèques, avec des séances bébés lecteurs, destinées aux tout-petits accompagnés de leur assistante maternelle. Une façon de découvrir livres, chansons et comptines avec les bibliothécaires.

Concours de poésie

La première édition du concours « J’aurais voulu être un poète, pour avoir le monde à refaire », organisée pendant le Printemps des poètes, a eu un franc succès, avec plus de cent cinquante poèmes recueillis, parmi lesquels quatre-vingt-dix écrits par des enfants, inscrits ou non dans les bibliothèques.

Lire la suite : http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Des-livres-a-ecouter-dans-les-mediatheques-du-Coglais-_35011-avd-20110421-60332666_actuLocale.Htm

 

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Suisse – Didier Burkhalter et Mario Botta inaugurent une bibliothèque à Pékin

Posté par Serge Bénard le 24 avril 2011


Le conseiller fédéral Didier Burkhalter, en visite de travail en Chine, a inauguré samedi la bibliothèque des sciences humaines et sociales de l’université de Tsinghua à Pékin, en présence de l’architecte Mario Botta. Il n’a pas exclu d’aborder le thème des droits humains lundi.

Didier Burkhalter a salué dans son allocution devant les dignitaires de l’université Tsinghua la « cathédrale scientifique » que constitue la nouvelle bibliothèque. Il s’est félicité de l’excellence des échanges scientifiques entre les deux pays, « essentiels pour construire des ponts de compréhension mutuelle. »

Mario Botta a lui souligné le caractère symbolique des bibliothèques, « espaces de paix et d’espoir. » Le nouveau bâtiment, le premier qu’il réalise en Chine, est typique du style de l’architecte tessinois: un cylindre central constitue l’auditorium, flanqué de bâtiments rectangulaires, le tout de couleur ocre. L’ensemble abritera environ 600’000 livres et pourra accueillir quelque 1000 étudiants.

« Faire comprendre l’importance des libertés »
Interpellé sur le fait que ce nouveau lieu de culture en serait aussi un pour la censure, Didier Burkhalter a estimé que « la Suisse peut aider à faire comprendre l’importance des grandes libertés. Il n’y a pas de différence de grandeur entre la Chine et la Suisse quand on parle de science, ça nous permet le dialogue dans tous les domaines. »

Lire la suite : http://www.romandie.com/news/n/Pekin_Didier_Burkhalter_et_Mario_Botta_inaugurent_une_bibliotheque230420111004.asp

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25 avril à Sare (64) – La 28ème édition du Biltzar des écrivains

Posté par Serge Bénard le 24 avril 2011

Rédaction - 24/04/2011

Ce lundi se tiendra le 28ème Biltzar qui est organisé autour d’un événement majeur : les traductions vers le Français et le Basque de l’étude sur Sare de J.M. Barandiaran, écrite en langue espagnole.

 


 

Biltzar_Sare Foto : http://otsare.jimdo.com

Conférence de presse autour du Biltzar. Photo : http://otsare.jimdo.com

Comme chaque lundi de Pâques, le Biltzar des écrivains du Pays Basque, manifestation culturelle incontournable, se déroulera demain, lundi 25 avril à Sare. Organisé par l’Office de Tourisme de Sare et l’Institut culturel basque, la 28ème édition du Biltzar accueillera plus de 150 écrivains du Pays Basque ainsi que des expositions de livres.

En outre, un événement majeur y aura lieu et sera présenté lors de cette 28ème édition : les traductions vers le Français et le Basque de l’étude sur Sare de J.M. Barandiaran, écrite en langue espagnole.

La journée ouvrira ses portes à 10h du matin avec la vente et dédicace de livres en présence des auteurs et sera suivie de la présentation de livres de l’Académie de la langue basque, Euskaltzandia.

À 11h, le salon littéraire accueillera aussi la remise des bourses convoquées par la Société d’Études Basques Eusko, Eusko Ikaskuntza. Les lauréats sont Amaïa et Eñeko Bidegain, Anaïs Darguy, Isabelle Duguine, Txomin Haran, Irène Ithursarry, Pablo Marticorena, Mikel Petuya, Valérie Steunou, Eneritz Zabaleta. Et une demi-heure plus tard, aura lieu la présentation du Salon du livre de Durango.

À 12h aura lieu l’événement majeur : l’adaptation de Xabier Elosegi du Bosquejo etnografico de Sara de Barandiaran, traduite en basque et en français, sera présentée à l’occasion de cette 28ème édition.

Lire la suite : http://www.eitb.com/infos/culture/detail/643708/la-28eme-edition-du-biltzar-ecrivains-lundi-25-avril-sare/

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Vietnam – Première Fête de la lecture

Posté par Serge Bénard le 24 avril 2011

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La Fête de la lecture intitulée « Lecture pour demain » s’est déroulée samedi au Temple de la Littérature à Hanoi.
Cet événement, organisé pour la première fois au Vietnam, par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, vise à faire écho à la « Journée mondiale du livre et du droit d’auteur » (23 avril), organisée annuellement par l’UNESCO.
Cette fête est la première d’une série d’activité visant à encourager la lecture dans le pays.
Lors de la fête ont été organisés plusieurs concours (de classement de livres, de lecture et d’écriture, de dessin)…
Le même jour, une Fête de la lecture s’est ouverte à Ho Chi Minh-Ville. Cette manifestation de deux jours sera animée par diverses activités comme échange de livres, établissement de bibliothèques pour des régions reculées, rencontre avec des écrivains,…
Durant tout le mois d’avril, de nombreuses activités autour de la lecture se dérouleront dans l’ensemble du pays. -AVI

Source : http://fr.vietnamplus.vn/Home/La-premiere-Fete-de-la-lecture-au-Vietnam/20114/15364.vnplus

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Sénégal – Le Fonds d’aide à l’édition permet d’éditer 100 à 200 livres par an

Posté par Serge Bénard le 24 avril 2011

Sénégal - Le Fonds d’aide à l’édition permet d’éditer 100 à 200 livres par an dans Aides, subventions artoff79450

Le Fonds d’aide à l’édition permet d’éditer 100 à 200 livres par an (écrivain)

clock dans Aides, subventions 24/04/2011 11:37 GMT

Dakar, 23 avr (APS) – Le Fonds d’aide à l’édition du ministère de la Culture et des Loisirs permet d’éditer 100 voire 200 livres par an, certains étant tirés jusqu’à 10.000 exemplaires, a indiqué samedi à Dakar Alioune Badara Bèye, président de l’Association des écrivains du Sénégal (AES).

‘’[…] Il faut reconnaître que depuis quelque temps, avec l’instauration du Fonds d’aide à l’édition, nous assistons à une large publication d’ouvrages, avec des tirages très élevés’’, a affirmé le président de l’AES.

‘’Certains ouvrages ont même été tirés à 10.000 exemplaires. C’est à saluer’’, a ajouté M. Bèye lors d’une table ronde organisée à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

Alioune Badara Bèye a salué l’initiative du président de la République de soutenir le Fonds d’aide à l’édition. Il se félicite des ‘’actions dynamiques et salutaires’’ du chef de l’Etat dans le domaine de ‘’la promotion du livre et de la lecture’’.

Ce fonds est doté d’une subvention de l’Etat, qui est passée d’une soixantaine de millions en 2000 à 515 millions de francs CFA maintenant.

Lire la suite : http://www.aps.sn/aps.php?page=articles&id_article=79450

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Lire et relire – Théophile Gautier, La morte amoureuse (1836)

Posté par Serge Bénard le 24 avril 2011

Vous me demandez, frère, si j’ai aimé ; oui. C’est une histoire singulière et terrible, et, quoique j’aie soixante-six ans, j’ose à peine remuer la cendre de ce souvenir. Je ne veux rien vous refuser, mais je ne ferais pas à une âme moins éprouvée un pareil récit. Ce sont des événements si étranges, que je ne puis croire qu’ils me soient arrivés. J’ai été pendant plus de trois ans le jouet d’une illusion singulière et diabolique. Moi, pauvre prêtre de campagne, j’ai mené en rêve toutes les nuits (Dieu veuille que ce soit un rêve !) une vie de damné, une vie de mondain et de Sardanapale. Un seul regard trop plein de complaisance jeté sur une femme pensa causer la perte de mon âme ; mais enfin, avec l’aide de Dieu et de mon saint patron, je suis parvenu à chasser l’esprit malin qui s’était emparé de moi. Mon existence s’était compliquée d’une existence nocturne entièrement différente. Le jour, j’étais un prêtre du Seigneur, chaste, occupé de la prière et des choses saintes ; la nuit, dès que j’avais fermé les yeux, je devenais un jeune seigneur, fin connaisseur en femmes, en chiens et en chevaux, jouant aux dés, buvant et blasphémant ; et lorsqu’au lever de l’aube je me réveillais, il me semblait au contraire que je m’endormais et que je rêvais que j’étais prêtre. De cette vie somnambulique il m’est resté des souvenirs d’objets et de mots dont je ne puis pas me défendre, et, quoique je ne sois jamais sorti des murs de mon presbytère, on dirait plutôt, à m’entendre, un homme ayant usé de tout et revenu du monde, qui est entré en religion et qui veut finir dans le sein de Dieu des jours trop agités, qu’un humble séminariste qui a vieilli dans une cure ignorée, au fond d’un bois et sans aucun rapport avec les choses du siècle.

Oui, j’ai aimé comme personne au monde n’a aimé, d’un amour insensé et furieux, si violent que je suis étonné qu’il n’ait pas fait éclater mon coeur. Ah ! quelles nuits ! quelles nuits !

Dès ma plus tendre enfance, je m’étais senti vocation pour l’état de prêtre ; aussi toutes mes études furent-elles dirigées dans ce sens- là, et ma vie, jusqu’à vingt-quatre ans, ne fut-elle qu’un long noviciat. Ma théologie achevée, je passai successivement par tous les petits ordres, et mes supérieurs me jugèrent digne, malgré ma grande jeunesse, de franchir le dernier et redoutable degré. Le jour de mon ordination fut fixé à la semaine de Pâques.

Je n’étais jamais allé dans le monde ; le monde, c’était pour moi l’enclos du collège et du séminaire. Je savais vaguement qu’il y avait quelque chose que l’on appelait femme, mais je n’y arrêtais pas ma pensée ; j’étais d’une innocence parfaite. Je ne voyais ma mère vieille et infirme que deux fois l’an. C’étaient là toutes mes relations avec le dehors.

Je ne regrettais rien, je n’éprouvais pas la moindre hésitation devant cet engagement irrévocable ; j’étais plein de joie et d’impatience. Jamais jeune fiancé n’a compté les heures avec une ardeur plus fiévreuse ; je n’en dormais pas, je rêvais que je disais la messe ; être prêtre, je ne voyais rien de plus beau au monde : j’aurais refusé d’être roi ou poète. Mon ambition ne concevait pas au delà.

Ce que je dis là est pour vous montrer combien ce qui m’est arrivé ne devait pas m’arriver, et de quelle fascination inexplicable j’ai été la victime.

Le grand jour venu, je marchai à l’église d’un pas si léger, qu’il me semblait que je fusse soutenu en l’air ou que j’eusse des ailes aux épaules. Je me croyais un ange, et je m’étonnais de la physionomie sombre et préoccupée de mes compagnons ; car nous étions plusieurs. J’avais passé la nuit en prières, et j’étais dans un état qui touchait presque à l’extase. L’évêque, vieillard vénérable, me paraissait Dieu le Père penché sur son éternité, et je voyais le ciel à travers les voûtes du temple.

Vous savez les détails de cette cérémonie : la bénédiction, la communion sous les deux espèces, l’onction de la paume des mains avec l’huile des catéchumènes, et enfin le saint sacrifice offert de concert avec l’évêque. Je ne m’appesantirai pas sur cela. Oh ! que Job a raison, et que celui-là est imprudent qui ne conclut pas un pacte avec ses yeux ! Je levai par hasard ma tête, que j ‘avais jusque- là tenue inclinée, et j’aperçus devant moi, si près que j’aurais pu la toucher, quoique en réalité elle fût à une assez grande distance et de l’autre côté de la balustrade, une jeune femme d’une beauté rare et vêtue avec une magnificence royale. Ce fut comme si des écailles me tombaient des prunelles. J’éprouvai la sensation d’un aveugle qui recouvrerait subitement la vue. L’évêque, si rayonnant tout à l’heure, s’éteignit tout à coup, les cierges pâlirent sur leurs chandeliers d’or comme les étoiles au matin, et il se fit par toute l’église une complète obscurité. La charmante créature se détachait sur ce fond d’ombre comme une révélation angélique ; elle semblait éclairée d’elle-même et donner le jour plutôt que le recevoir.

Je baissai la paupière, bien résolu à ne plus la relever pour me soustraire à l’influence des objets extérieurs ; car la distraction m’envahissait de plus en plus, et je savais à peine ce que je faisais.

Une minute après, je rouvris les yeux, car à travers mes cils je la voyais étincelante des couleurs du prisme, et dans une pénombre pourprée comme lorsqu’on regarde le soleil.

Oh ! comme elle était belle ! Les plus grands peintres, lorsque, poursuivant dans le ciel la beauté idéale, ils ont rapporté sur la terre le divin portrait de la Madone, n’approchent même pas de cette fabuleuse réalité. Ni les vers du poète ni la palette du peintre n’en peuvent donner une idée. Elle était assez grande, avec une taille et un port de déesse ; ses cheveux, d’un blond doux, se séparaient sur le haut de sa tête et coulaient sur ses tempes comme deux fleuves d’or ; on aurait dit une reine avec son diadème ; son front, dune blancheur bleuâtre et transparente, s’étendait large et serein sur les arcs de deux cils presque bruns, singularité qui ajoutait encore à l’effet de prunelles vert de mer d’une vivacité et d’un éclat insoutenables. Quels yeux ! avec un éclair ils décidaient de la destinée d’un homme ; ils avaient une vie, une limpidité, une ardeur, une humidité brillante que je n’ai jamais vues à un oeil humain ; il s’en échappait des rayons pareils à des flèches et que je voyais distinctement aboutir à mon coeur. Je ne sais si la flamme qui les illuminait venait du ciel ou de l’enfer, mais à coup sûr elle venait de l’un ou de l’autre. Cette femme était un ange ou un démon, et peut-être tous les deux ; elle ne sortait certainement pas du flanc d’Ève, la mère commune. Des dents du plus bel orient scintillaient dans son rouge sourire, et de petites fossettes se creusaient à chaque inflexion de sa bouche dans le satin rose de ses adorables joues. Pour son nez, il était d’une finesse et d’une fierté toute royale, et décelait la plus noble origine. Des luisants d’agate jouaient sur la peau unie et lustrée de ses épaules à demi découvertes, et des rangs de grosses perles blondes, d’un ton presque semblable à son cou, lui descendaient sur la poitrine. De temps en temps elle redressait sa tête avec un mouvement onduleux de couleuvre ou de paon qui se rengorge, et imprimait un léger frisson à la haute fraise brodée à jour qui l’entourait comme un treillis d’argent.

Elle portait une robe de velours nacarat, et de ses larges manches doublées d’hermine sortaient des mains patriciennes d’une délicatesse infinie, aux doigts longs et potelés, et d’une si idéale transparence qu’ils laissaient passer le jour comme ceux de l’Aurore.

Tous ces détails me sont encore aussi présents que s’ils dataient d’hier, et, quoique je fusse dans un trouble extrême, rien ne m’échappait : la plus légère nuance, le petit point noir au coin du menton, l’imperceptible duvet aux commissures des lèvres, le velouté du front, l’ombre tremblante des cils sur les joues, je saisissais tout avec une lucidité étonnante.

A mesure que je la regardais, je sentais s’ouvrir dans moi des portes qui jusqu’alors avaient été fermées ; des soupiraux obstrués se débouchaient dans tous les sens et laissaient entrevoir des perspectives inconnues ; la vie m’apparaissait sous un aspect tout autre ; je venais de naître à un nouvel ordre d’idées. Une angoisse effroyable me tenaillait le coeur ; chaque minute qui s’écoulait me semblait une seconde et un siècle. La cérémonie avançait cependant, et j’étais emporté bien loin du monde dont mes désirs naissants assiégeaient furieusement l’entrée. Je dis oui cependant, lorsque je voulais dire non, lorsque tout en moi se révoltait et protestait contre la violence que ma langue faisait à mon âme : une force occulte m’arrachait malgré moi les mots du gosier. C’est là peut-être ce qui fait que tant de jeunes filles marchent à l’autel avec la ferme résolution de refuser d’une manière éclatante l’époux qu’on leur impose, et que pas une seule n’exécute son projet. C’est là sans doute ce qui fait que tant de pauvres novices prennent le voile, quoique bien décidées à le déchirer en pièces au moment de prononcer leurs voeux. On n’ose causer un tel scandale devant tout le monde ni tromper l’attente de tant de personnes ; toutes ces volontés, tous ces regards semblent peser sur vous comme une chape de plomb ; et puis les mesures sont si bien prises, tout est si bien réglé à l’avance, d’une façon si évidemment irrévocable, que la pensée cède au poids de la chose et s’affaisse complètement.

Le regard de la belle inconnue changeait d’expression selon le progrès de la cérémonie. De tendre et caressant qu’il était d’abord, il prit un air de dédain et de mécontentement comme de ne pas avoir été compris.

Je fis un effort suffisant pour arracher une montagne, pour m’écrier que je ne voulais pas être prêtre ; mais je ne pus en venir à bout ; ma langue resta clouée à mon palais, et il me fut impossible de traduire ma volonté par le plus léger mouvement négatif. J’étais, tout éveillé, dans un état pareil à celui du cauchemar, où l’on veut crier un mot dont votre vie dépend, sans en pouvoir venir à bout.

Elle parut sensible au martyre que j’éprouvais, et, comme pour m’encourager, elle me lança une oeillade pleine de divines promesses. Ses yeux étaient un poème dont chaque regard formait un chant.

Elle me disait :

« Si tu veux être à moi, je te ferai plus heureux que Dieu lui- même dans son paradis ; les anges te jalouseront. Déchire ce funèbre linceul où tu vas t’envelopper ; je suis la beauté, je suis la jeunesse, je suis la vie ; viens à moi, nous serons l’amour. Que pourrait t’offrir Jéhovah pour compensation ? Notre existence coulera comme un rêve et ne sera qu’un baiser éternel.

« Répands le vin de ce calice, et tu es libre. Je t’emmènerai vers les îles inconnues ; tu dormiras sur mon sein, dans un lit d’or massif et sous un pavillon d’argent ; car je t’aime et je veux te prendre à ton Dieu, devant qui tant de nobles coeurs répandent des flots d’amour qui n’arrivent pas jusqu’à lui. »

Lire la suite : http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?morte2,21,40
Texte produit par Julien Mannoni (mannoni@worldnet.fr)

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Livre audio – Dixième Promenade (Version 2), Rousseau, Jean-Jacques

Posté par Serge Bénard le 24 avril 2011

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 6min | Genre : Biographies

 

Madame de Warens

« Aujourd’hui jour de Pâques fleuries, il y a précisément cinquante ans de ma première connoissance avec Madame de Warens. Elle avoit vingt-huit ans alors, étant née avec le siècle. Je n’en avois pas encore dix-sept, et mon tempérament naissant, mais que j’ignorois encore, donnoit une nouvelle chaleur à un cœur naturellement plein de vie. »

Pâques 2011 est une occasion pour (ré)écouter cette Dixième Promenade desRêveries d’un promeneur solitaire, très courte et inachvée, Rousseau devant s’éteindre quelques semaines plus tard d’une crise d’apoplexie. L’écrivain revient sur le souvenir des Charmettes et de son amour pour Madame de Warens ; il évoque leur première rencontre déjà décrite dans les Confessions.

Dixième Promenade.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)

> Consulter la version texte de ce livre audio.

Fenêtre externe

Source audio originale (Rousseau_-_Dixieme_promenade.mp3)

 

Source : http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/rousseau-jean-jacques-dixieme-promenade-version-2.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+litteratureaudio+%28Litterature+audio.com+-+Livres+audio+gratuits%29

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Des livres pour comprendre la révolution numérique du livre ?

Posté par Serge Bénard le 24 avril 2011

Des livres pour comprendre la révolution numérique du livre ? dans Numérique le-philosophe-par-andre-marin-de-barros
« Le philosophe » par André Marin de Barros

Cela fait un moment que je déplore la rareté de livres explicitant, tant aux lecteurs et à certains publics essentiels, comme les enseignants et les étudiants, qu’aux professionnels du livre, les enjeux et les perspectives du passage de l’édition imprimée à l’édition numérique.

J’ai donc décidé d’en dresser une liste. Ce fut vite fait ;-(

Mes critères dans cette, malheureusement, très petite liste donc, ont été de ne sélectionner, d’abord, que des livres que j’avais effectivement moi-même lus et appréciés, et, ensuite :

- des livres qui soient encore d’actualité (ainsi je ne recommande même pas mon propre ouvrage « Gutenberg 2.0, le futur du livre » qui ne l’est plus)

- des livres dont les propos soient facilement compréhensiblespour des non professionnels.

Enfin, il doit bien s’agir de livres, et non de rapports, études, mémoires, thèses…

Ce sont des ouvrages de vulgarisation et des guides pratiques sur ce que nous sommes en train de vivre : la passage de l’édition imprimée à l’édition numérique, qui font, je pense, cruellement défaut aujoud’hui, pas tant à notre compréhension des événements, à notre réflexion, et conséquemment à nos actions, quoique, mais, à la structuration responsable d’un marché du livre numérique.
Qui a intérêt à tenir les lecteurs dans l’ignorance?

Trois livres et une collection

J’ai ainsi retenu :

- En éditions numériques :

 « Impressions numériques », essai de Jean SARZANA et Alain PIERROT, Publie.net éd., 2010, 05,99 €, ISBN 978-2-81450-374-8, http://www.publie.net/

 « Après le livre », essai de François BON, Publie.net éd., 2011, 03,49 €, ISBN 978-2-81450-410-3,http://www.publie.net/

– Les ebooks de la collection « Comprendre le livre numérique », NumérikLivres éd., 01,99 € le titre,http://comprendrelelivrenumerique.com/

- En édition imprimée :

 « L’édition électronique » de Marin DACOS et Pierre MOUNIER, La Découverte éd., Collection Repères, 2010, ISBN 978-2-7071-5729-4, lien vers sommaire et infos, 128 pages, 09,50 €. (Egalement en version PDF, 06,99 €).

Je donne une liste plus complète mais, plus générale quant à sa thématique, dans la colonne de droite du présent blog.
N’hésitez pas à intervenir en commentaires.

Prospective Livre et Edition – Lorenzo Soccavo – http://lorenzo.soccavo.free.fr944170924350413250-8477780125420633369?l=ple-consulting.blogspot dans Numérique

 

Source : http://ple-consulting.blogspot.com/2011/04/des-livres-pour-comprendre-la.html

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30 avril – Autour de la science-fiction, avec Norman Spinrad, invité par la BnF

Posté par Serge Bénard le 24 avril 2011

21AVRIL 2011

Science (et) fiction - CC par Feuillu

Science (et) fiction – CC par Feuillu

Un cycle de conférences desSamedis des savoirs :Amérique : une contre-culture ? débutera le samedi 30 avril 2011 à la Bibliothèque nationale de France.

Le premier invité du cycle est l’écrivain américain vivant actuellement en France : Norman Spinrad. Articulées autour de la contre-culture américaine, et abordant notamment divers aspects de la science-fiction, ces conférences font écho à l’exposition Richard Prince présentée du 29 mars au 26 juin 2011, sur le site F.-Mitterrand de la Bibliothèque.

  • Les portes de la perception

Norman Spinrad

Norman Spinrad

Le 30 avril 2011, l’écrivain de science-fiction Norman Spinrad, auteur notamment en 1969 de Jack Barron et l’Éternité [Bug Jack Barron], s’entretiendra avec Jacques Baudou, producteur et critique littéraire, de ses rapports avec la Beat Generation et en particulier avec William Burroughs qui exerça une forte influence sur lui. Les débats seront animés par François Angelier, producteur à France Culture de l’émission Mauvais genres.

Lire la suite : http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2011/04/21/autour-de-la-science-fiction-avec-norman-spinrad-invite-par-la-bnf-le-30-avril/


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