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Les dernières lettres de Nietzsche: «Je suis comme une bête blessée»

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Né en 1844 à Röcken (Saxe), Friedrich Nietzsche meurt en 1900 à Weimar. Il est notamment l’auteur d’«Ainsi parlait Zarathoustra». (© Prisma KCA/Superstock/Sipa)


Jamais le philosophe n’a été plus seul, et contre tous, qu’à la fin de sa vie. Ce dont témoigne sa Correspondance, en partie inédite en France.


Aussi seul qu’il l’était enfant, Friedrich Nietzsche vient d’entrer dans l’hiver de sa vie. A 43 ans, il ne lui reste plus que deux années avant l’effondrement qui le laissera dément, le 3 janvier 1889. La presse allemande le proscrit quand elle ne répand pas sur lui «un mélange de confusion et de hargne». Ses livres se vendent à quelques centaines d’exemplaires. Sa sœur s’égaie au Paraguay au milieu de la « canaille antisémite » qu’il exècre. Sa mère lui envoie du jambon et des biscottes.

Au hasard de quelques missives reçues à Nice ou à Turin, une poignée d’amis et d’importuns parviennent encore à distraire ses grands ciels vides. Parfois il répond avec une chaleur passionnée, souvent avec ironie mordante. Ce sont précisément ces dernières lettres de Nietzsche, dont plus de la moitié étaient inédites en français, que les Editions Manucius publient en même temps qu’un recueil de ses écrits d’adolescent.

On a souvent voulu faire des livres de Nietzsche écrits durant cette ultime période, «le Crépuscule des idoles» ou «l’Antichrist», des œuvres mineures, le fruit d’un échec, celui de l’élaboration avortée de «la Volonté de puissance». Heidegger ne sera pas pour rien dans cette légende mauvaise, lui qui s’évertua à trouver dans les fragments posthumes agrégés à la hâte par une sœur abusive «la philosophie proprement dite de Nietzsche».

Lire la suite : http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20110412.OBS1190/les-dernieres-lettres-de-nietzsche-je-suis-comme-une-bete-blessee.html

Dernières lettres. Hiver 1887-hiver 1889,
traduction, présentation et notes par Yannick Souladié,
Manucius, 270 p., 22 euros.

Ecrits autobiographiques,
traduction de Marc Crépon, préface et notes de Yannick Souladié,
Manucius, 162 p., 13 euros.

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