Trésors pour bibliophiles

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Par Béatrice De Rochebouet

07/04/2011 | Mise à jour : 10:07

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Des manuscrits inédits de Joyce et Montfreid ainsi qu’un monumental ensemble sur Victor Hugo réveillent le printemps parisien.

En France, terre de prédilection de la littérature, le marché de la bibliophilie coule des jours heureux, ponctués de belles découvertes, mais souvent disséminés dans les ventes. En épluchant les catalogues du printemps, un œil averti ne peut manquer, dans son coffret de toile bleue un peu passée, le volume d’Ulysse de James Joyce, avec sa couverture usée. C’est l’unique rescapé de la rarissime et mythique troisième édition, lourde d’histoires et de rebondissements. Estimé faiblement entre 10.000 et 15.000€ par Piasa, cet exemplaire publié à l’adresse d’Egoist Press à Londres, en 1922, mais imprimé par Maurice Darantière à Dijon, excite déjà les amateurs, tant l’histoire de la parution aux États-Unis de ce roman relatant les pérégrinations de deux Irlandais dans Dublin, lors d’une journée ordinaire de 1904, a suscité la polémique. Cette épopée de la chair fut jugée pornographique sous les cris de la société new-yorkaise pour la suppression du vice qui déposa une plainte. Le livre fut interdit aux États-Unis qui ne l’autorisèrent à la vente qu’en 1931.

Saisis et détruits

La première édition d’Ulysses (le titre original) en anglais fut imprimée, en février 1922, par Shakespeare and Company, à 1000 exemplaires. Elle s’arrache aujourd’hui à prix d’or: un exemplaire non coupé sur Dutch (papier fait à la main) s’envola à 239.621 € en avril 2004, chez Sotheby’s à Londres. Hemingway se chargea de passer en contrebande les premiers volumes souscrits par ses compatriotes. Une seconde édition destinée aux pays anglo-saxons vit le jour en octobre 1922. Sur les 2000 exemplaires, 500 furent saisis par la douane américaine et 400 détruits à Londres. En réaction contre cette censure, Egoist Press fit réimprimer 500 exemplaires qui, selon diverses sources, parurent en 1923. Mais des 500 volumes de cette troisième édition, 499 furent à nouveau saisis et détruits par les autorités douanières de Folkestone, sauf un: celui vendu chez Piasa et miraculeusement ressorti d’un tiroir, dont l’expert Emmanuel Lhermitte ne veut divulguer l’adresse.

Lire la suite : http://www.lefigaro.fr/livres/2011/04/06/03005-20110406ARTFIG00698-tresors-pour-bibliophiles.php

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