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SPÉCIAL SALON DU LIVRE DE PARIS 2011 – Pour écrire ses mémoires, ‘il faut aussi changer de sexe’

Posté par Serge Bénard le 21 mars 2011

Avec Per Olov Enquist, Jens Christian Grondahl, Sofi Oksanen. Animé par Frédéric Ferney. Conférence avec pour thématique l’écriture de la mémoire. 

P.O-E : Comme un calendrier de l’avent, l’esprit a plein de petites cases. J’ai eu un problème très important avec l’alcool à l’âge de 22-23 ans, auquel j’ai survécu. J’avais cependant décidé de ne jamais écrire sur cette période, sur laquelle je me questionnais, en me demandant comment tout pouvait se passer si mal alors que tout avait si bien commencé. Il fallait que je comprenne pourquoi.
Lorsque j’écris à la première personne, rien ne vient. Rien ne sors. Mais en écrivant à la troisième personne je parviens à exprimer la vérité, en me transformant en personnage de roman. Pour moi il ne fallait pas mentir, être dans la fiction, mais faire un personnage de roman pour qui tout se termine bien. 
Il y a une similitude entre le sportif que j’ai été, gardien de but et perchiste, et l’écrivain que je suis devenu : une certaine forme de solitude. On se rapproche de soi-même puis on s’éloigne : c’est un mouvement perpétuel. 

J-C.G : Je suis d’accord avec la solitude de l’écrivain décrite par Pervolov Anchrist, qui exprime de façon personnelle un vécu dans la jeunesse.

SPÉCIAL SALON DU LIVRE DE PARIS 2011 - Pour écrire ses mémoires, 'il faut aussi changer de sexe' dans Foires et salons du livre v-22753

S.O (répondant à une question de F.F. sur son succès) : Je suis très heureuse du succès rencontré par mes livres, car cela me permet de faire le travail que j’ai envie de faire. La réalité économique de l’écrivain est difficile et beaucoup doivent faire plusieurs métiers. Moi, je peux travailler à plein temps en tant qu’écrivain, même si je n’ai pas d’explication universelle ou générale sur la raison du succès de mon livre dans différents pays. 
Purge n’est pas un livre de mémoire, c’est un roman. [S.O. s'agace lorsqu'elle croit comprendre que F.F. compare son livre à des Mémoires. Puis, s'apaisant :]. On parlerait davantage dans mon pays d’un roman de mémoire. Il est difficile de parler de mémoire pour un pays qui a une histoire compliquée comme l’Estonie. Actuellement, en Estonie, on écrit beaucoup de mémoires et c’est une partie importante de l’écriture actuelle. Il y a une reconstruction de mémoire. J’écris des romans avec mémoire, pas des mémoires. Pour la Géorgie cela va prendre du temps d’écrire des romans de mémoires parce qu’ils s’intéressent davantage aujourd’hui aux contes pour enfants. Et j’attends beaucoup moi même, pour tout ce qui est post-colonialisme, que l’on puisse construire toute une littérature romancière basée sur les mémoires. Nous, qui écrivons sur l’histoire récente de l’Estonie, sommes plutôt des écrivains à l’extérieur du pays.

 

Lire la suite : http://www.actualitte.com/actualite/25029-kepel-rougier-libye-egypte-revolutions.htm

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SPÉCIAL SALON DU LIVRE DE PARIS 2011 – Claudine Cohen présente La Méthode de Zadig

Posté par Serge Bénard le 21 mars 2011

A l’espace « Sciences pour tous » du Salon du Livre, l’historienne des sciences Claudine Cohen est venue nous présenter son dernier essai, La Méthode de Zadig, la trace, le fossile, la preuve (Le Seuil, 341 pages, 23 €). Les simples curieux comme les grands amateurs ont écouté avec attention un exposé aussi vivant qu’interactif.


SPÉCIAL SALON DU LIVRE DE PARIS 2011 - Claudine Cohen présente La Méthode de Zadig dans Colloques, conférences, assises, forums, congrès, symp v-22747


Tout part d’un passage célèbre du conte de Voltaire, Zadig, où l’on retrouve le personnage éponyme qui, à partir d’une empreinte arrive à brosser le portrait de l’animal qui a ainsi laissé sa trace. Depuis Cuvier, les scientifiques n’ont cessé de se référer à cette petite anecdote qui permet à tout un chacun de se figurer avec aisance le travail réalisé par les paléontologues. 

La méthode Zadig est ainsi celle qui consiste à reconstituer le tout à l’aide d’une seule pièce de l’ensemble. En paléontologie, il manque toujours un élément. Et c’est souvent l’intuition du scientifique qui permet d’établir un résultat final satisfaisant.
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Ainsi du savant américain du XIX° siècle Hitchcock. Il découvrir des empreintes qu’il attribua à une très ancienne espèce de volatile. Concentrées dans un musée, ses trouvailles livrèrent tous leurs secrets bien plus tard. Et il n’était pas si loin : il s’agissait en fait d’un dinosaure qui se place entre l’oiseau et le mammifère, ses pattes gardant la trace de ses origines.

Il s’agit toujours de reconstituer le tout en se fondant sur une toute petite partie, la seule qui reste après le passage du temps. C’est à ce titre que les empreintes laissées au sol par les dinosaures, comme par nos lointains ancêtres apparaissent comme extrêmement instructives.

C’est cette trace qui avait été choisie par Conan Doyle pour illustrer la couverture de son fameux Monde perdu. Et les dinosaures que l’on retrouve dans les films doivent beaucoup au travail réalisé par les paléontologues. Si quelques spécimens ont été découverts dans un état de conservation unique, emprisonnés dans les glaces, ce sont surtout des ossements ou bien encore des empreintes que l’on peut facilement observer.

A travers son essai amplement illustré, Claudine Cohen nous entraîne sur les pas de ces paléontologues qui se prennent d’affection pour des empreintes laissées par nos lointains ancêtres, il y a plus de 3,5 millions d’années. Ces dernières nous apprennent ainsi qu’ils se déplaçaient comme nous le faisons maintenant. Etudiées avec minutie, les empreintes ont finalement beaucoup à nous dire de ce que nous avons été et des habitants disparus de notre planète.

 

Source :  http://www.actualitte.com/actualite/25028-methode-zadig-claudine-cohen-paleontologie.htm

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SPÉCIAL SALON DU LIVRE DE PARIS 2011 – Kurokawa soutient les Japonais durant le Salon

Posté par Serge Bénard le 21 mars 2011

La maison d’édition Kurokawa a improvisé sur le Salon du livre, une opération de soutien aux victimes des catastrophes qui se sont abattues sur le Japon. 

SPÉCIAL SALON DU LIVRE DE PARIS 2011 - Kurokawa soutient les Japonais durant le Salon  dans Foires et salons du livre v-22733
Sur son stand, on nous a expliqué : « Nous avons été très touchés par ce qu’il se passe au Japon et à plus forte raison parce que nous connaissons du monde là-bas. Des relations de travail bien sûr mais aussi des amis et de la famille. Avec cette opération, improvisée, nous avons voulu permettre aux visiteurs du Salon qui le désirent d’écrire un message de soutien aux Japonais. Il s’agit d’une action des gens pour les gens ».

Pour l’éditeur cet aspect est fondamental. Il souhaite vraiment se mettre en retrait et garder cette dimension humaine et finalement très personnelle. Quand on on demande au staff de Kurokawa si d’autres initiatives sont prévues, on nous répond qu’un don sera probablement versé, mais qu’il n’y aura pas de communication là-dessus et que des liens vers les associations qui collectent les dons seront très probablement mis en ligne sur le site ou le blog. 

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En ce qui concerne l’opération qui se déroule encore pendant quelques heures sur le Salon, l’éditeur offre donc la possibilité d’écrire un message ou de faire un dessin, ou les deux sur une petite tablette. Une fois qu’il est réalisé, il est prix en photo (avec son auteur s’il le désire). 

D’ici peu, l’éditeur mettra en ligne un site sur lequel seront réunies toutes les photos. Elles seront aussi envoyées à leurs contacts au Japon afin qu’ils les diffusent.

 

Source : http://www.actualitte.com/actualite/25033-kurokawa-soutien-japonais-visiteurs-salon.htm

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Comment Hulot, Greenpeace et WWF ont « tué l’écologie »

Posté par Serge Bénard le 21 mars 2011

 

Comment Hulot, Greenpeace et WWF ont « tué l'écologie » dans Lu pour vous 2103_qui_atue_ecologie_vignetteDans « Qui a tué l’écologie ? », Fabrice Nicolino raconte la descente aux enfers des associations embarquées dans « l’entourloupe » du Grenelle de l’environnement – avec humour pour rendre la pilule moins amère. Y compris pour lui, l’écologiste de la première heure révulsé par les écolos officiels.

Son livre, plein de révélations détonnantes, se lit comme un polar. Suspense : que peut-on encore apprendre du bilan du Grenelle de l’environnement, maintes fois tiré ? « Qui a tué l’écologie ? », publié le 16 mars au éditions Les Liens qui libèrent, conte l’histoire d’un banquet républicain et mondain, qui est en fait une grande farce.

Un constat pour commencer :

« Quarante ans après la naissance de ces associations, la destruction de la planète n’a pas reculé, au contraire. »

En s’engageant dans la co-gestion avec l’Etat, les ONG sont complices de ce – piteux – bilan.

Les zooms sur les principaux acteurs sont autant de flèches cruelles. Dans sa ligne de mire, les ministres Borloo, Jouanno, Kosciusko-Morizet, et les quatre ONG que sont Greenpeace, WWF, la Fondation Nicolas Hulot et France nature environnement devenues des « appendices de l’appareil d’Etat et de cette vaste machine industrielle qui détruit le monde à sa racine ».

L’auteur de « Bidoche » se dit « triste – qu’on le croie ou non – d’avoir à moquer des gens pour qui, au fond, [il a] de l’estime ». (Voir la vidéo)

Lire la suite : http://www.rue89.com/planete89/2011/03/21/comment-hulot-greenpeace-wwf-et-fne-ont-tue-lecologie-195929

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La ville est un roman : cartographie littéraire de Paris

Posté par Serge Bénard le 21 mars 2011

Profitant du Salon du livre, Le MOTif vient de lancer en première approche un nouveau service basé sur la géolocalisation de Google Maps, qui sera l’un des éléments phares de la manifestation Paris en toutes lettres. 

Du 5 au 8 mai prochain, la capitale sera de livres vêtue, et pour enrichir les parcours touristiques d’une dimension littéraire le site La ville est un roman en appelle aux lectures des uns et des autres. 

La ville est un roman : cartographie littéraire de Paris dans Associations, syndicats, fondations, académies, clubs,  v-22746

Paris a servi de décor à bon nombre d’ouvrages par le passé et bien d’autres encore contemporains s’écrivent et s’inscrivent dans les murs d’aujourd’hui, d’hier voire de demain. Sur le site, après une inscription, il est possible de mettre en relation directe des extraits d’un livre évoquant telle rue, tel quartier et de le géolocaliser directement. 

L’un des exemples les plus récents c’est le Casino de Houellebecq, cité à plusieurs reprises dans La carte et le territoire, situé boulevard Auguste Blanqui. En quelques clics, l’internaute peut donc mettre une citation extraite du livre – sans oublier de remplir le numéro de la page du livre, le nom de l’éditeur, etc.

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Par la suite, un petit point s’affiche sur la carte Google Maps, et hop, le roman s’ancre dans une nouvelle réalité.

En cartographiant littérairement toute la région de l’Île-de-France, Le MOTif souhaite ainsi apporter une contribution tout à la fois au livre, mais également proposer un outil qui avec le temps et les contributions, pourrait devenir un plus pour le tourisme. 

La Ville est un roman

 

Source : http://www.actualitte.com/actualite/25009-geolocaliser-livres-paris-google-maps.htm

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Livre audio – Huysmans, Joris-Karl – Types de Paris

Posté par Serge Bénard le 21 mars 2011

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 35min | Genre : Nouvelles

coiffeur

Les Croquis parisiens comprennent un chapitre Types de Paris où sont peints quelques vieux métiers de 1880 (dont le plus vieux du monde) avec les couleurs et les réflexions ironiques et sarcastiques chères à Huysmans.

« Le coiffeur vous tient l’occiput maintenant entre ses deux poings et le voilà qui, au mépris des éléments les moins contestés de l’hygiène, vous le balance, en haut, en bas, très vite, penchant sa barbe sur votre front, haleinant sur votre figure, examinant dans la glace de la psyché si les crins tondus sont bien de longueur égale ; le voilà qui émonde, par-ci, par-là, encore, et qui recommence à faire cache-cache avec votre tête qu’il tente en appuyant dessus de vous rentrer dans l’estomac pour mieux juger de l’effet de sa coupe. La souffrance devient intolérable. – Ah ! où sont-ils donc les bienfaits de la science, les anesthésiques vantés, les pâles morphines, les fidèles chloroformes, les pacifiants éthers ? »

> Écouter un extrait : Le Coiffeur.

> Télécharger ce livre audio par chapitres [Aide] :

Le Coiffeur.mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)
Le Conducteur d’omnibus.mp3
Le Marchand de marrons.mp3
Les Geindres.mp3
L’Ambulante.mp3
La Blanchisseuse.mp3

 

> Consulter la version texte de ce livre audio.

Fenêtre externe

Source audio originale (Huysmans_-_Types_de_Paris_Les_geindres.mp3)

 

Source : http://www.litteratureaudio.com/

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Offres d’emploi du 21 Mars – Bibliothèques

Posté par Serge Bénard le 21 mars 2011

Agent de bibliothèque / section jeunesse

Sous l’autorité du Directeur culturel, vous serez chargé des missions suivantes :

Structure de recrutement :

Mairie de Saint-Brice-sous-Forêt

Localisation géographique:

Bibliothèque des jeunes, Saint-Brice-sous-Forêt, France (voir la carte Google Maps)

Type d’employeur :

Fonction publique territoriale

Fonction / métier :

Agent / Agente de bibliothèque

Type de contrat:

Recrutement statutaire ou contractuel

Niveau de responsabilité :

C : employé / magasinier

Conditions particulières d’exercice :

Un samedi sur deux travaillé.

Profil recherché:

Sens prononcé du service public
Expérience et/ou formation aux métiers du livre souhaitée.
Connaissance des bibliothèques et de leurs missions
Bonne culture générale et littéraire, goût pour la lecture
Sens de l’organisation, du classement et du travail méthodique
Qualités relationnelles et dynamisme
Aptitude au travail en équipe,
Bonne connaissance de l’outil informatique,
Souplesse et disponibilité,

Dates limites

Date limite de candidature:

Samedi 30 Avril 2011

Date de prise d’effet du poste:

Mercredi 1 Juin 2011

Rémunération:

selon conditions statutaires

Contact

Coordonnées de la personne en charge du recrutement

M. Jean-François Wendling

Centre culturel et sportif Lionel Terray, 12 rue Pasteur, 95350 – Saint-Brice-sous-Forêt, France (voir la carteGoogle Maps)

Téléphone:

+33 139330184

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Assistant bibliothécaire (H/F)

Chargé du catalogage, de la gestion du fonds de périodiques, de participer à l’accueil du public ,de contribuer à l’enrichissement de la collection, d’effectuer les tâches courantes de fonctionnement de la bibliothèque (rangement, récolement, recotation, etc.).

Structure de recrutement :

Bibliothèque de la Fondation Custodia à l’Institut Néerlandais

Localisation géographique:

Paris, France (voir la carte Google Maps)

Type d’employeur :

Secteur privé

Fonction / métier :

Bibliothécaire

Type de contrat:

Recrutement contractuel (CDD, CDI, autre contrat à préciser)

Profil recherché:

Compétences et qualités requises :
- Diplôme de bibliothécaire ou équivalent
- Maîtrise du français, du néerlandais et, au moins, d’une autre langue vivante
- Intérêt pour l’histoire de l’art et la culture néerlandaise
- Rigueur dans le travail
- Sens du travail en équipe

Dates limites

Date limite de candidature:

Mercredi 20 Avril 2011

Rémunération:

Salaire mensuel brut 2 338 € + 13e mois

Contact

Coordonnées de la personne en charge du recrutement

M. Ger Luijten, directeur Fondation Custodia

Fondation Custodia, 121, rue de Lille, 75007 – Paris, France (voir la carte Google Maps)

Téléphone:

+33 153591243

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Grande-Bretagne – A la recherche de librairies indépendantes #15

Posté par Serge Bénard le 21 mars 2011

Grande-Bretagne - A la recherche de librairies indépendantes #15 dans Librairies, librairesAprès une pause de 6 mois, je reprends ma chronique sur les librairies indépendantes pour vous reparler deDaunts Books mais cette fois-ci, il ne s’agit pas de la superbe librairie de Marylebone mais de son clone dans le quartier huppé de Holland Park.

 dans Librairies, librairesSur un étage seulement, elle n’a pas le caractère, ni l’authenticité de son modèle mais l’on retrouve les tables et les bibliothèques en bois, les lampes vertes, l’îlot des libraires (compétents et disponibles) bien en évidence près de l’entrée et les livres rangés géographiquement puis alphabétiquement. 

Daunts Books reste une librairie sur le voyage malgré son stock important de romans, de biographies et de livres pour enfants – d’ailleurs tout au fond, il y a une enclave pour vos petits bouts avec des fauteuils pour leur faire la lecture sur place plus confortablement. 

Il y a de nombreuses choses à faire à Holland Park, du shopping sur Portland Road, un pique-nique dans les jardins de Holland Park ou une balade de petit curieux dans les rues du quartier et de celui de Notting Hill, tout proche.

Daunt Books Holland Park
112-114 Holland Park Avenue, 
London – W11 4UA

Source : http://logresse.blogspot.com/

 

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Lire et relire – Comtesse de La Fayette, La princesse de Clèves (1678)

Posté par Serge Bénard le 21 mars 2011


PREMIERE PARTIE

La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux ; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n’en était pas moins violente, et il n’en donnait pas des témoignages moins éclatants.
Comme il réussissait admirablement dans tous les exercices du corps, il en faisait une de ses plus grandes occupations. C’étaient tous les jours des parties de chasse et de paume, des ballets, des courses de bagues, ou de semblables divertissements ; les couleurs et les chiffres de madame de Valentinois paraissaient partout, et elle paraissait elle-même avec tous les ajustements que pouvait avoir mademoiselle de La Marck, sa petite-fille, qui était alors à marier.

La présence de la reine autorisait la sienne. Cette princesse était belle, quoiqu’elle eût passé la première jeunesse ; elle aimait la grandeur, la magnificence et les plaisirs. Le roi l’avait épousée lorsqu’il était encore duc d’Orléans, et qu’il avait pour aîné le dauphin, qui mourut à Tournon, prince que sa naissance et ses grandes qualités destinaient à remplir dignement la place du roi François premier, son père.

L’humeur ambitieuse de la reine lui faisait trouver une grande douceur à régner ; il semblait qu’elle souffrît sans peine l’attachement du roi pour la duchesse de Valentinois, et elle n’en témoignait aucune jalousie ; mais elle avait une si profonde dissimulation, qu’il était difficile de juger de ses sentiments, et la politique l’obligeait d’approcher cette duchesse de sa personne, afin d’en approcher aussi le roi. Ce prince aimait le commerce des femmes, même de celles dont il n’était pas amoureux : il demeurait tous les jours chez la reine à l’heure du cercle, où tout ce qu’il y avait de plus beau et de mieux fait, de l’un et de l’autre sexe, ne manquait pas de se trouver.

Jamais cour n’a eu tant de belles personnes et d’hommes admirablement bien faits ; et il semblait que la nature eût pris plaisir à placer ce qu’elle donne de plus beau, dans les plus grandes princesses et dans les plus grands princes. Madame Élisabeth de France, qui fut depuis reine d’Espagne, commençait à faire paraître un esprit surprenant et cette incomparable beauté qui lui a été si funeste. Marie Stuart, reine d’Écosse, qui venait d’épouser monsieur le dauphin, et qu’on appelait la reine Dauphine, était une personne parfaite pour l’esprit et pour le corps : elle avait été élevée à la cour de France, elle en avait pris toute la politesse, et elle était née avec tant de dispositions pour toutes les belles choses, que, malgré sa grande jeunesse, elle les aimait et s’y connaissait mieux que personne. La reine, sa belle-mère, et Madame, soeur du roi, aimaient aussi les vers, la comédie et la musique. Le goût que le roi François premier avait eu pour la poésie et pour les lettres régnait encore en France ; et le roi son fils aimant les exercices du corps, tous les plaisirs étaient à la cour. Mais ce qui rendait cette cour belle et majestueuse était le nombre infini de princes et de grands seigneurs d’un mérite extraordinaire. Ceux que je vais nommer étaient, en des manières différentes, l’ornement et l’admiration de leur siècle.

Le roi de Navarre attirait le respect de tout le monde par la grandeur de son rang et par celle qui paraissait en sa personne. Il excellait dans la guerre, et le duc de Guise lui donnait une émulation qui l’avait porté plusieurs fois à quitter sa place de général, pour aller combattre auprès de lui comme un simple soldat, dans les lieux les plus périlleux. Il est vrai aussi que ce duc avait donné des marques d’une valeur si admirable et avait eu de si heureux succès, qu’il n’y avait point de grand capitaine qui ne dût le regarder avec envie. Sa valeur était soutenue de toutes les autres grandes qualités : il avait un esprit vaste et profond, une âme noble et élevée, et une égale capacité pour la guerre et pour les affaires. Le cardinal de Lorraine, son frère, était né avec une ambition démesurée, avec un esprit vif et une éloquence admirable, et il avait acquis une science profonde, dont il se servait pour se rendre considérable en défendant la religion catholique qui commençait d’être attaquée. Le chevalier de Guise, que l’on appela depuis le grand prieur, était un prince aimé de tout le monde, bien fait, plein d’esprit, plein d’adresse, et d’une valeur célèbre par toute l’Europe. Le prince de Condé, dans un petit corps peu favorisé de la nature, avait une âme grande et hautaine, et un esprit qui le rendait aimable aux yeux même des plus belles femmes. Le duc de Nevers, dont la vie était glorieuse par la guerre et par les grands emplois qu’il avait eus, quoique dans un âge un peu avancé, faisait les délices de la cour. Il avait trois fils parfaitement bien faits : le second, qu’on appelait le prince de Clèves, était digne de soutenir la gloire de son nom ; il était brave et magnifique, et il avait une prudence qui ne se trouve guère avec la jeunesse. Le vidame de Chartres, descendu de cette ancienne maison de Vendôme, dont les princes du sang n’ont point dédaigné de porter le nom, était également distingué dans la guerre et dans la galanterie. Il était beau, de bonne mine, vaillant, hardi, libéral ; toutes ces bonnes qualités étaient vives et éclatantes ; enfin, il était seul digne d’être comparé au duc de Nemours, si quelqu’un lui eût pu être comparable. Mais ce prince était un chef-d’oeuvre de la nature ; ce qu’il avait de moins admirable était d’être l’homme du monde le mieux fait et le plus beau. Ce qui le mettait au-dessus des autres était une valeur incomparable, et un agrément dans son esprit, dans son visage et dans ses actions, que l’on n’a jamais vu qu’à lui seul ; il avait un enjouement qui plaisait également aux hommes et aux femmes, une adresse extraordinaire dans tous ses exercices, une manière de s’habiller qui était toujours suivie de tout le monde, sans pouvoir être imitée, et enfin, un air dans toute sa personne, qui faisait qu’on ne pouvait regarder que lui dans tous les lieux où il paraissait. Il n’y avait aucune dame dans la cour, dont la gloire n’eût été flattée de le voir attaché à elle ; peu de celles à qui il s’était attaché se pouvaient vanter de lui avoir résisté, et même plusieurs à qui il n’avait point témoigné de passion n’avaient pas laissé d’en avoir pour lui. Il avait tant de douceur et tant de disposition à la galanterie, qu’il ne pouvait refuser quelques soins à celles qui tâchaient de lui plaire : ainsi il avait plusieurs maîtresses, mais il était difficile de deviner celle qu’il aimait véritablement. Il allait souvent chez la reine dauphine ; la beauté de cette princesse, sa douceur, le soin qu’elle avait de plaire à tout le monde, et l’estime particulière qu’elle témoignait à ce prince, avaient souvent donné lieu de croire qu’il levait les yeux jusqu’à elle. Messieurs de Guise, dont elle était nièce, avaient beaucoup augmenté leur crédit et leur considération par son mariage ; leur ambition les faisait aspirer à s’égaler aux princes du sang, et à partager le pouvoir du connétable de Montmorency. Le roi se reposait sur lui de la plus grande partie du gouvernement des affaires, et traitait le duc de Guise et le maréchal de Saint-André comme ses favoris. Mais ceux que la faveur ou les affaires approchaient de sa personne ne s’y pouvaient maintenir qu’en se soumettant à la duchesse de Valentinois ; et quoiqu’elle n’eût plus de jeunesse ni de beauté, elle le gouvernait avec un empire si absolu, que l’on peut dire qu’elle était maîtresse de sa personne et de l’État.

Le roi avait toujours aimé le connétable, et sitôt qu’il avait commencé à régner, il l’avait rappelé de l’exil où le roi François premier l’avait envoyé. La cour était partagée entre messieurs de Guise et le connétable, qui était soutenu des princes du sang. L’un et l’autre parti avait toujours songé à gagner la duchesse de Valentinois. Le duc d’Aumale, frère du duc de Guise, avait épousé une de ses filles ; le connétable aspirait à la même alliance. Il ne se contentait pas d’avoir marié son fils aîné avec madame Diane, fille du roi et d’une dame de Piémont, qui se fit religieuse aussitôt qu’elle fut accouchée. Ce mariage avait eu beaucoup d’obstacles, par les promesses que monsieur de Montmorency avait faites à mademoiselle de Piennes, une des filles d’honneur de la reine ; et bien que le roi les eût surmontés avec une patience et une bonté extrême, ce connétable ne se trouvait pas encore assez appuyé, s’il ne s’assurait de madame de Valentinois, et s’il ne la séparait de messieurs de Guise, dont la grandeur commençait à donner de l’inquiétude à cette duchesse. Elle avait retardé, autant qu’elle avait pu, le mariage du dauphin avec la reine d’Écosse : la beauté et l’esprit capable et avancé de cette jeune reine, et l’élévation que ce mariage donnait à messieurs de Guise, lui étaient insupportables. Elle haïssait particulièrement le cardinal de Lorraine ; il lui avait parlé avec aigreur, et même avec mépris. Elle voyait qu’il prenait des liaisons avec la reine ; de sorte que le connétable la trouva disposée à s’unir avec lui, et à entrer dans son alliance, par le mariage de mademoiselle de La Marck, sa petite fille, avec monsieur d’Anville, son second fils, qui succéda depuis à sa charge sous le règne de Charles IX. Le connétable ne crut pas trouver d’obstacles dans l’esprit de monsieur d’Anville pour un mariage, comme il en avait trouvé dans l’esprit de monsieur de Montmorency ; mais, quoique les raisons lui en fussent cachées, les difficultés n’en furent guère moindres. Monsieur d’Anville était éperdument amoureux de la reine dauphine, et, quelque peu d’espérance qu’il eût dans cette passion, il ne pouvait se résoudre à prendre un engagement qui partagerait ses soins. Le maréchal de Saint-André était le seul dans la cour qui n’eût point pris de parti. Il était un des favoris, et sa faveur ne tenait qu’à sa personne : le roi l’avait aimé dès le temps qu’il était dauphin ; et depuis, il l’avait fait maréchal de France, dans un âge où l’on n’a pas encore accoutumé de prétendre aux moindres dignités. Sa faveur lui donnait un éclat qu’il soutenait par son mérite et par l’agrément de sa personne, par une grande délicatesse pour sa table et pour ses meubles, et par la plus grande magnificence qu’on eût jamais vue en un particulier. La libéralité du roi fournissait à cette dépense ; ce prince allait jusqu’à la prodigalité pour ceux qu’il aimait ; il n’avait pas toutes les grandes qualités, mais il en avait plusieurs, et surtout celle d’aimer la guerre et de l’entendre ; aussi avait-il eu d’heureux succès et si on en excepte la bataille de Saint-Quentin, son règne n’avait été qu’une suite de victoires. Il avait gagné en personne la bataille de Renty ; le Piémont avait été conquis ; les Anglais avaient été chassés de France, et l’empereur Charles-Quint avait vu finir sa bonne fortune devant la ville de Metz, qu’il avait assiégée inutilement avec toutes les forces de l’Empire et de l’Espagne. Néanmoins, comme le malheur de Saint-Quentin avait diminué l’espérance de nos conquêtes, et que, depuis, la fortune avait semblé se partager entre les deux rois, ils se trouvèrent insensiblement disposés à la paix.

La duchesse douairière de Lorraine avait commencé à en faire des propositions dans le temps du mariage de monsieur le dauphin ; il y avait toujours eu depuis quelque négociation secrète. Enfin, Cercamp, dans le pays d’Artois, fut choisi pour le lieu où l’on devait s’assembler. Le cardinal de Lorraine, le connétable de Montmorency et le maréchal de Saint-André s’y trouvèrent pour le roi ; le duc d’Albe et le prince d’Orange, pour Philippe II ; et le duc et la duchesse de Lorraine furent les médiateurs. Les principaux articles étaient le mariage de madame Élisabeth de France avec Don Carlos, infant d’Espagne, et celui de Madame soeur du roi, avec monsieur de Savoie.

Le roi demeura cependant sur la frontière, et il y reçut la nouvelle de la mort de Marie, reine d’Angleterre. Il envoya le comte de Randan à Élisabeth, pour la complimenter sur son avènement à la couronne ; elle le reçut avec joie. Ses droits étaient si mal établis, qu’il lui était avantageux de se voir reconnue par le roi. Ce comte la trouva instruite des intérêts de la cour de France, et du mérite de ceux qui la composaient ; mais surtout il la trouva si remplie de la réputation du duc de Nemours, elle lui parla tant de fois de ce prince, et avec tant d’empressement, que, quand monsieur de Randan fut revenu, et qu’il rendit compte au roi de son voyage, il lui dit qu’il n’y avait rien que monsieur de Nemours ne pût prétendre auprès de cette princesse, et qu’il ne doutait point qu’elle ne fût capable de l’épouser. Le roi en parla à ce prince dès le soir même ; il lui fit conter par monsieur de Randan toutes ses conversations avec Élisabeth, et lui conseilla de tenter cette grande fortune. Monsieur de Nemours crut d’abord que le roi ne lui parlait pas sérieusement ; mais comme il vit le contraire :

– Au moins, Sire, lui dit-il, si je m’embarque dans une entreprise chimérique, par le conseil et pour le service de Votre Majesté, je la supplie de me garder le secret, jusqu’à ce que le succès me justifie vers le public, et de vouloir bien ne me pas faire paraître rempli d’une assez grande vanité, pour prétendre qu’une reine, qui ne m’a jamais vu, me veuille épouser par amour.

Le roi lui promit de ne parler qu’au connétable de ce dessein, et il jugea même le secret nécessaire pour le succès. Monsieur de Randan conseillait à monsieur de Nemours d’aller en Angleterre sur le simple prétexte de voyager ; mais ce prince ne put s’y résoudre. Il envoya Lignerolles qui était un jeune homme d’esprit, son favori, pour voir les sentiments de la reine, et pour tâcher de commencer quelque liaison. En attendant l’événement de ce voyage, il alla voir le duc de Savoie, qui était alors à Bruxelles avec le roi d’Espagne. La mort de Marie d’Angleterre apporta de grands obstacles à la paix ; l’assemblée se rompit à la fin de novembre, et le roi revint à Paris.

Il parut alors une beauté à la cour, qui attira les yeux de tout le monde, et l’on doit croire que c’était une beauté parfaite, puisqu’elle donna de l’admiration dans un lieu où l’on était si accoutumé à voir de belles personnes. Elle était de la même maison que le vidame de Chartres, et une des plus grandes héritières de France. Son père était mort jeune, et l’avait laissée sous la conduite de madame de Chartres, sa femme, dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires. Après avoir perdu son mari, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour. Pendant cette absence, elle avait donné ses soins à l’éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté ; elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s’imaginent qu’il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l’amour ; elle lui montrait ce qu’il a d’agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu’elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d’un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d’une honnête femme, et combien la vertu donnait d’éclat et d’élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance. Mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrême défiance de soi-même, et par un grand soin de s’attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d’une femme, qui est d’aimer son mari et d’en être aimée.

Lire l’intégralité : http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?cleves2,21,40

Texte produit par Joël Surcouf (joel.surcouf@wanadoo.fr)

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Tunisie – Un vivifiant parfum de liberté souffle sur les livres

Posté par Serge Bénard le 21 mars 2011

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Depuis deux mois, les Tunisiens s'arrachent la nouvelle édition de
Depuis deux mois, les Tunisiens s’arrachent la nouvelle édition de « Notre ami Ben Ali ».

LITTÉRATURE 

Un vivifiant vent de liberté souffle sur l’édition en Tunisie depuis la « révolution du jasmin » et la fin de la censure, et les professionnels invités au Salon du livre de Paris applaudissent le formidable appétit de lire de leurs concitoyens et l’envie d’écrire qui renaît.

« C’est très simple, plus personne n’avait de livres. Même les bibliothèques des gens éduqués étaient vides. Une horreur ! », résume l’éditeur Moufdi Bachari.
« Sous Ben Ali, la censure était terrible, omniprésente, pour les écrivains tunisiens, comme pour la plupart des auteurs étrangers qui étaient interdits », ajoute-t-il.

Tunisie - Un vivifiant parfum de liberté souffle sur les livres  dans Censure, autodafés, emprisonnements, crimes, exils

Depuis le 22 janvier, les « autorisations préalables » que les libraires tunisiens devaient demander au ministère de l’Intérieur pour importer des livres ont été levées, ce qui équivaut à la fin de la censure.
« Les livres étaient interdits à la vente, confisqués à l’aéroport, y compris les romans, et leurs propriétaires menacés de prison ou emprisonnés. Plus personne n’osait tenter d’en importer », poursuit le patron des Éditions Bachari, d’origine algérienne, mais qui a passé une grande partie de sa vie en Tunisie et vit désormais à Paris.
Aujourd’hui même, raconte-t-il, une grande librairie de Tunis lui a commandé « Le Djihadisme, l’Islam à l’épreuve de l’Histoire » du sociologue algérien Liess Boukra. « Avant, cela aurait été impensable et… impossible », assure-t-il.
« Nous sommes tellement heureux de notre nouvelle liberté d’expression et d’édition. Cela redonne à beaucoup d’écrivains l’envie d’écrire et à la population, en particulier les jeunes, celle de lire », renchérit Zaied Tijani, de l’Espace Carthage, chargé de diffusion et d’exportation de livres.

Lire la suite : http://www.lorientlejour.com/category/Culture/article/695124/Un_vivifiant_parfum_de_liberte_souffle_sur_les_livres_en_Tunisie.html

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