Accueil Auteurs, écrivains, polygraphes, nègres, etc. SPÉCIAL SALON DU LIVRE DE PARIS 2011 – Suède : « J’écris dans un sentiment partagé de liberté et de crainte »

SPÉCIAL SALON DU LIVRE DE PARIS 2011 – Suède : « J’écris dans un sentiment partagé de liberté et de crainte »

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LE MONDE DES LIVRES | 17.03.11 | 12h10

Jonas Hassen Khemiri secoue une Suède qui ne sait plus vraiment comment elle doit se reconnaître. Ce jeune écrivain de 32 ans, né à Stockholm de père tunisien et de mère suédoise, passe au shaker les langues, les origines, les identités. En France, on ne connaît encore que son deuxième roman, Montecore, un tigre unique(Le Serpent à plumes, 2008) et sa pièce de théâtre Invasion ! (Ed. théâtrales, 2008), mise en scène par Michel Didym. Des textes où l’humour grinçant bouscule le racisme, les peurs, les préjugés. Et où les mots mêlés donnent à ceux qui s’en emparent un pouvoir inespéré.

Vous avez été élevé dans des langues différentes. Comment vous en êtes-vous servi ?

Chez nous, on parlait le suédois, le français, l’anglais et l’arabe. A l’école, j’ai suivi des cours de français et d’anglais. Aujourd’hui, je parle un peu français, mais plutôt comme un enfant. Je suis allé plusieurs fois en Tunisie, le pays de mon père, pour tenter de m’approprier davantage l’arabe. Je le maîtrise mal… Ce qui m’est apparu tôt, c’est qu’à la maison mes parents utilisaient une langue ou une autre en fonction des situations. Pour la vie de tous les jours, c’était d’emblée le suédois. Mais lorsque ma mère et mon père étaient dans une relation plus intime, plus tendre, ils s’exprimaient en français. J’ai compris qu’il existait un lien entre les moments et les langues. Entre une langue et l’identité d’un moment.

Je suis l’aîné d’une famille de trois garçons. Mes frères ont 6 et 8 ans de moins que moi. Lorsqu’ils sont nés, mon père était devenu bien plus à l’aise avec le suédois. Ça avait changé. Si la langue permet de s’exprimer, celui qui la maîtrise mal peut se sentir démuni, blessé. J’étais étonné de voir à quel point les gens attachaient de la valeur à la pureté de la grammaire, de la syntaxe. La différence des langues pose le problème de la différence tout court. Quand j’étais petit, je trouvais bizarre que les mots ne soient pas les mêmes. Et normal de jouer avec eux. C’est ce qui m’a conduit à l’écriture.

Lire la suite : http://lemonde.fr/livres/article/2011/03/17/jonas-hassen-khemiri-j-ecris-dans-un-sentiment-partage-de-liberte-et-de-crainte_1494369_3260.html

 

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