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71e anniversaire de la mort de Mikhaïl Afanassievitch Boulgakov

Posté par Serge Bénard le 10 mars 2011

Mikhaïl Afanassievitch Boulgakov (en russe : Михаил Афанасьевич Булгаков), né à Kiev le 3 mai du calendrier julien/15 mai 1891, mort à Moscou le 10 mars 1940, est un écrivain et médecin russe d’origine ukrainienne1.
Mikhaïl Boulgakov travaille d’abord comme médecin durant la période troublée de la Première Guerre mondiale et de la guerre civile russe. Puis, à partir de 1920, il abandonne cette profession pour se consacrer au journalisme et à la littérature, où il est confronté, tout au long de sa carrière, aux difficultés de la censure soviétique.
Mort à seulement 48 ans, il a écrit pour le théâtre et l’opéra, mais il est surtout connu pour des œuvres de fiction comme les romans La Garde blanche (Белая Гвардия), paru en 1925, et Le Roman de monsieur de Molière (Мольер), achevé en 1933 (publié en URSS, de manière expurgée, en 1962 et de manière intégrale en 1989), ou la nouvelle Cœur de chien (Собачье сердце), achevée en 1925 mais publié en URSS en 1987.
Son œuvre la plus connue est Le Maître et Marguerite (Мастер и Маргарита), roman plusieurs fois réécrit et retravaillé entre 1928 et 1940, publié en URSS, de manière intégrale, en 1973, dans lequel il mêle habilement le fantastique et le réel, de telle sorte que le fantastique passe pour réel, et le réel pour fantastique, ainsi que les époques et les lieux, Jérusalem au Ier siècle, sous Ponce Pilate, et Moscou, dans les années 1930, sous la dictature soviétique.

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Œuvres


Romans

La Garde blanche (Белая Гвардия) – 1925 et 1927-1929Note 2 (publié en URSS en 1966)
La Vie de monsieur Molière ou Le Roman de monsieur de Molière (Мольер) – achevé en 1933 (publié en URSS, de manière expurgée, en 1962, de manière intégrale en 1989)
Le Roman théâtral (Театральный роман), également publié sous le titre: Les Mémoires d’un défunt – inachevé, rédigé en 1936-1937 (publié en URSS en 1965 et, en volume, en 1966)
Le Maître et Marguerite (Мастер и Маргарита) – dernières corrections du 13 février 1940 (publié en URSS, de manière intégrale, en 1973

Nouvelles

Notes sur des manchettes (Записки на манжетах) – 1922-1924Note 3 (publié en URSS, de manière intégrale, en 1982)
La Bohème (Богема) – janvier 1925 (réédition en URSS en 1986)
Endiablade (Дьяволиада) – 1924Note 4 (réédition en URSS en 1987)
Les Œufs du destin ou Les Œufs fatidiques (Роковые яйца), 1925 (réédition en URSS en 1988)
Cœur de chien (Собачье сердце) – achevé en 1925 (publié en URSS en 1987)
Carnets d’un jeune médecin (Записки юного врача) (publié en URSS en 1963), comprenant:
La Gorge en acier (Стальное горло) – 15 août 1925,
La Serviette au coq (Полотенце с петухом) – 12 et 18 septembre 1926,
Baptême de la version (Крещение поворотом) – 25 octobre et 2 novembre 1925,
La Tourmente de neige (Вьюга) – 18 et 25 janvier 1926,
Ténèbres sur le pays d’Égypte (Тьма египетская) – 20 et 27 juillet 1926,
L’Éruption étoilée (Звёздная сыпь) – 12 et 19 août 1926,
L’Œil votalisé (Пропавший глаз) – 2 et 12 octobre 1926.
Morphine (Морфий) – décembre 1927 (réédition en URSS, de manière intégrale, en 1988)
Articles de variété et récits parus dans la presse soviétique de 1919 à 1927, dont:
Les Aventures extraordinaires du docteur N. – mai 1922 (réédition en URSS en 1975)
Une séance de spiritisme – juillet 1922 (réédition en URSS en 1985)
Les Aventures de Tchitchikov – 24 septembre 1922 et en volume en 1925 (réédition en URSS en 1966)
La Couronne rouge – 22 octobre 1922 (réédition en URSS en 1988)
Le 13, immeuble Elpit-Commune ouvrière ou La Commune ouvrière Elpite N⁰13- décembre 1922 et en volume en 1925 (réédition en URSS en 1987)
La Nuit du 2 au 3 – 10 décembre 1922 (réédition en URSS en 1988)
Une histoire de Chinois – 6 mai 1923 et en volume en 1925 (réédition en URSS en 1987)
Un psaume (Псалом) – 23 septembre 1923 et 1926 (réédition en URSS en 1988)
Le Raid (Бег) – 25 décembre 1923 (réédition en URSS en 1988)
Le Feu du khan Tougaï (Ханский огонь) – février 1924 (réédition en URSS en 1974)
L’Île pourpre (Багровый остров) – 20 avril 1924 (réédition en URSS en 1988)
J’ai tué – 8 et 12 décembre 1926 (réédition en URSS en 1972)

 

Théâtre
Les Jours des Tourbine (Дни Турбиных) – 1926 (publié en URSS en 1955Note 5)
L’Appartement de Zoïka (Зойкина квартира) – deux versions : 1926 en quatre actes et 1935 en trois actes (publié en URSS en 1982)
L’Île pourpre (Багровый остров) – 1927 (publié en URSS en 1987)
La Fuite – 1928 (publié en URSS en 1962)
Adam et Eva (Адам и Ева) – 1931 (publié en URSS en 1987)
Béatitude (Блаженство (сон инженера Рейна)) – 1934 (publié en URSS en 1966)
Alexandre Pouchkine (Александр Пушкин) – 1935 (publié en URSS en 1955)
Molière ou la Cabale des dévots (Кабала святош) – achevé en 1929 (publié en URSS en 1962)
Ivan Vassilievitch (Иван Васильевич) – 1935 (publié en URSS en 1965)
Batoum (Батум) – achevé en 1939 (publié en URSS en 1988)


Livrets d’opéra

Minine et Pojarski, opéra en cinq actes et neuf tableaux, musique de Boris Assafiev, contrat le 21 juin 1936, abandonné en juin 1938
La Mer Noire, musique de Sergeï Pototski, contrat le 1er octobre 1936, abandonné en mars 1937
Pierre le Grand (Пётр Великий), musique de Boris Assafiev, commencé en juillet 1937, abandonné en janvier 1938
Rachel, musique de Dounaïevski, commencé en septembre 1938, inachevé en février 1940

D’après Wikipédia.

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If:lire : le futur du livre à la française?

Posté par Serge Bénard le 10 mars 2011

Posted: 09 Mar 2011 10:30 AM PST
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Depuis bien longtemps, nos amis américains ont leur institut pour le futur du livre, le fameux if:book ou The Institute for The Future of the Book. Fondé par Bob Stein, il s’agit d’un think tank dédié aux nouveaux usages de lecture offerts par le numérique. Ce groupe a porté une réflexion qui a été pionnière tout au long des années et qui garde encore un train d’avance sur les produits que nous utilisons aujourd’hui. En somme, un vrai laboratoire de recherche sur le livre numérique…

Ce soir, Samuel Petit, fondateur de la société Actialuna, a annoncé pendant la conférence Demain Le Livre la création pour l’été 2011 de la déclinaison française de l’institut, francisé en if:lire ou Institut pour le futur de la lecture et de l’écriture. On remarquera que l’intitulé de cette version française est plus large que celui de son pendant américain, en accrochant l’écriture à son champ d’étude, et en parlant de lecture au lieu de se limiter au livre. Une approche que l’on ne peut que louer. Se concentrer sur le livre numérique serait oublier les innovations que peut amener la lecture numérique en général.

Pour l’instant, on n’en saura pas plus sur le projet ni les objectifs de ce futur institut. Nous devrions avoir des informations complémentaires dans les semaines et les mois à venir, le temps de laisser à l’équipe en charge du projet de finir les derniers préparatifs au lancement (mais qui reste joignable à cette adresse : info@iflivre.net). Un projet à suivre attentivement.

Source : http://www.ebouquin.fr/category/actualite/

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Le Tolstoï de l’ère Internet

Posté par Serge Bénard le 10 mars 2011

 

Mardi 5 octobre 2010 

 

Le roman Freedom de Jonathan Franzen est une description grandiose de l’aliénation.

Le Tolstoï de l’ère Internet dans Lu pour vous ConsolesJeux

- Consoles de jeux vidéo / Reuters -

 

 

L’AUTEUR Judith Shulev

Une personne qui lirait uniquement le premier chapitre de Freedom de Jonathan Franzen y verrait un morceau de littérature assez anodin. Ce chapitre met sous vide les protagonistes du roman, les Berglund, à un moment de l’histoire, les années 1980, où ce type de personnes évoluaient relativement sans complexe et étaient faciles à mettre sous cloche.

«Walter et Patty furent de jeunes pionniers de Ramsey Hill – les premiers bac+4 à acheter une maison sur Barrier Street depuis que le vieux cœur de St. Paul avait connu des temps difficiles trois décennies plus tôt.»

Ils conduisent une Volvo 240, écoutent la radio publique, utilisent le livre de cuisine The Silver Palate, s’inquiètent sur la quantité de plomb dans leur vaisselle «Fiestaware», lingent leurs bébés avec des couches en coton, se préoccupent des moyens de développer le potentiel de leurs enfants.

La voix qui énumère cette liste de commandements du manuel du parfait «yuppie» semble à la fois hilare et suffisante, amusée par sa propre précision sociologique. En lisant, je n’arrêtais pas de penser à la présence harcelante de cette voix. Patty Berglund nous explique la voix, fut «une porteuse radieuse du pollen socioculturel, une abeille affable». «Il y avait des gens, dit la voix pour qui son style plein d’autodérision ne passait pas bien … comme si Patty, en exagérant ses petits défauts, rendait trop visible ses efforts pour épargner les autres femmes qui tenaient moins bien leur maison qu’elle.» Le lecteur serait pardonné s’il se sentait plongé dans une parodie assez cruelle de la nouvelle bourgeoisie et des parents trop attentionnés. Franzen lui-même appelle ce genre de catalogue impitoyable des illusions de la bourgeoisie «de la fiction pour trouver les failles».

freedom dans Lu pour vousCependant, le lecteur de ce seul chapitre aurait une vision fausse de Freedom. Le roman aspire à être un portrait de l’Amérique sur un  registre tolstoïen –c’est une façon d’interpréter les maintes références à Guerre et paix qu’il contient– et Franzen a bien absorbé un peu de l’étonnante capacité de Tolstoï à comprendre ce que ressent quelqu’un. L’embourgeoisement et le fétichisme du cocon familial occupent le premier plan du paysage panoramique de Franzen, mais ils n’ont pas été réduits à l’état de caricature, à part dans ce curieux premier chapitre, sur lequel je reviendrai. Ils sont représentés plutôt comme les aspects d’un désir ardent et boulimique d’élever et de transmettre et constituent des marques de l’ironie de la vie telle qu’elle se déroule à ce stade tardif du capitalisme, chroniqué dans ce roman exubérant et ardemment critique.

Lire la suite : http://backoffice.slate.fr/story/28089/franzen-litterature-freedom-tolstoi-internet

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Restrictions imbéciles sur les ebooks, maintenant au Canada…

Posté par Serge Bénard le 10 mars 2011

Les verrous, c’est pour être certain de ne pas avoir

Rédigé par Clément S., le jeudi 10 mars 2011 à 08h39


Quand on a une exécrable idée en tête, il convient de la mettre en application partout. Sinon, ce n’est pas amusant. C’est ainsi que HarperCollins a eu l’infinie sagesse de considérer ses ebooks comme des livres papier et de leur appliquer des conditions de prêts, pour les bibliothèques, relevant de la stupidité profonde.

Rappelons brièvement la situation : d’abord, interdiction de faire en sorte que l’ebook emprunté ne puisse l’être par deux personnes simultanément. Ensuite, au terme de 26 emprunts, il faut racheter le livre, tout simplement. Toutes ces prouesses sont permises grâce aux DRM, évidemment et au détriment des établissements, autant que des usagers. (notre actualitté)

La situation a évidemment fait sortir de leurs gonds les associations, mais pour l’heure, la chose était contenue aux États-Unis. Et désormais, c’est en application au Canada, pour les bibliothèques publiques et universitaires. En somme, tous les acteurs qui sont en relation commerciale avec la société Overdrive, qui gère des catalogues d’ebooks, justement pour ces établissements.

Cory Doctorow avait une réponse analyse à cela : « La chose importante à comprendre, c’est que le côté éphémère d’un livre imprimé n’est pas une caractéristique que nous devrions chercher à reproduire dans les médias. » (notre actualitté)

Car, qu’arrivera-t-il, quand les éditeurs décideront de fixer le nombre maximal de prêts 20, puis 15 puis 10, voire 5 emprunts, avant que l’établissement n’ait à racheter le livre ? En fait, cela n’arrivera pas, car tout porte à croire que soit HarperCollins devra revenir sur sa décision, soit les bibliothèques se passeront de son catalogue de titres numériques…

Alors que l’économie décolle, et que la bibliothèque publique de Toronto enregistre elle-même une croissance exponentielle dans la demande d’ebooks, ce type de décision ressemble bien à un coup de bazooka tiré dans le pied de la maison… (Via CBC)

Source : http://www.actualitte.com/actualite/24784-ebooks-drm-harpercollins-bibiliotheques-degradable.htm

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Byooks : vers une lecture sensorielle

Posté par Serge Bénard le 10 mars 2011

10/03/2011

Ebooks, Ipad et autres Kindle ont le vent en poupe. A l’heure où la lecture numérique devient très tendance, l’entreprise française Byooks va plus loin et propose une lecture agrémentée non seulement d’illustrations interactives , mais également de sons rappelant l’atmosphère du roman.

Pour le mois de mars, Byooks propose pour 1,59 euros le premier tome de La bande mouchetée de Sir Arhtur Conan Doyle. Un ebook où, à chaque nouvelle, page le lecteur devrait s’enfoncer encore un peu plus dans l’univers brumeux de Sherlock Holmes. Des bruits de pas aux cris de la victime, Byooks utilise toute la gamme d’effets sonores et graphiques utilisée au cinéma.

Une lecture différente qui pousse le réalisme à l’extrême. Le résultat est une véritable innovation sur le marché français de l’ebook et souffre la comparaison avec les nouveaux produits qui inondent le marché numérique américain. Reste à savoir si le graphisme soigné et l’ambiance scrupuleusement recréée ne risquent pas de prendre le pas sur l’imagination du lecteur…

Image de prévisualisation YouTube

Source : http://www.myboox.fr/actualite/byooks-vers-une-lecture-sensorielle-6165.html

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Saint-Christol (34) – Le mois de mars avec Livre et culture

Posté par Serge Bénard le 10 mars 2011

10.03.2011

letcx500.jpgAutour d’un petit-déjeuner ou d’une soupe, il fait bon partager le goût de la lecture

Livre et culture propose ce mois-ci un ensemble d’animations allant de la littérature au théâtre en passant par des expositions et des rencontres. Tout commence le mercredi 9 mars avec une sortie herborisation au Mas de Théron (rendez-vous à 14 h devant la bibliothèque). Le jeudi 17 mars à 14 h 30, animation lecture à la médiathèque du Pays de Lunel avec les résidents des maisons de retraite de Lunel, Lunel-Viel et Boisseron. Samedi 19 mars, petit-déjeuner littéraire sur le thème de la découverte des pays étrangers à travers leur littérature, autour d’un café ou d’un thé et de quelques viennoiseries (ouvert à tous, rendez-vous à 9 h 30 dans l’ancienne salle du Club informatique).

Mercredi 23 mars à 14 h, visite de l’exposition « Livre » au Fonds Médard à Lunel, place des Martyrs de la Résistance, une exposition réalisée par la Bibliothèque publique d’information (Centre Pompidou) avec un choix de livres prêtés par la Direction départementale du livre et de la lecture (DDLL). Mardi 29 mars, on parle théâtre avec Jean Varela, nouveau directeur du Printemps des comédiens, qui viendra présenter la saison 2011 à l’espace Mistral de Boisseron. Concert de la chorale Mosaïque et d’une chorale des Hautes-Alpes en l’église de Saint-Geniès-des-Mourgues le samedi 2 avril à 18 h 30. Enfin, vendredi 8 avril, pièce « Dis-leur que la vérité est belle » de Jacques Hadjaje, un spectacle des ATP (réservation dès maintenant).

Source : http://saintchristol.blogs.midilibre.com/archive/2011/03/01/le-mois-de-mars-avec-livre-et-culture.html

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Lire et relire – Voyages en France pendant les années 1787, 1788, 1789, Arthur Young

Posté par Serge Bénard le 10 mars 2011

PREFACE DE L’AUTEUR

Il est permis de douter que l’histoire moderne ait offert à l’attention de l’homme politique quelque chose de plus intéressant que le progrès et la rivalité des deux empires de France et d’Angleterre, depuis le ministère de Colbert jusqu’à la révolution française. Dans le cours de ces cent trente années tous deux ont jeté une splendeur qui a causé l’admiration de l’humanité. L’intérêt que le monde entier prend à l’examen des maximes d’économie politique qui ont dirigé leurs gouvernements est proportionné à la puissance, à la richesse et aux ressources de ces nations. Ce n’est certainement pas une recherche de peu d’importance que celle de déterminer jusqu’à quel point l’influence de ces systèmes économiques s’est fait sentir dans l’agriculture, l’industrie, le commerce, la prospérité publique. On a publié tant de livres sur ces sujets, considérés au point de vue de la théorie, que peut-être ne regardera-t-on point comme perdu le temps consacré à les reprendre sous leur aspect pratique. Les observations que j’ai faites il y a quelques années en Angleterre et en Irlande, et dont j’ai publié le résultat sous le titre de _Tours_, étaient un pas, dans cette voie qui mène à la connaissance exacte de l’état de notre agriculture. Ce n’est pas à moi de les juger ; je dirai seulement qu’on en a donné des traductions dans les principales langues de l’Europe, et que, malgré leurs fautes et leurs lacunes, on a souvent regretté de n’avoir pas une semblable description de la France, à laquelle le cultivateur et l’homme politique puissent avoir recours. On aurait, en effet, raison de se plaindre que ce vaste empire, qui a joué un si grand rôle dans l’histoire, dût encore rester un siècle inconnu à l’égard de ce qui fait l’objet de mes recherches. Cent trente ans se sont passés ; avec eux, l’un des règnes les plus glorieux les plus fertiles en grandes choses dont l’on ait gardé la mémoire ; et la puissance, les ressources de la France, bien que mises à une dure épreuve, se sont montrées formidables à l’Europe. Jusqu’à quel point cette puissance, ces ressources s’appuyaient-elles sur la base inébranlable d’une agriculture éclairée, sur le terrain plus trompeur du commerce et de l’industrie ? Jusqu’à quel point la richesse, le pouvoir, l’éclat extérieur, quelle qu’en fût la source, ont-ils répandu sur la nation le bien-être qu’ils semblaient indiquer ? Questions fort intéressantes, mais résolues, bien imparfaitement par ceux qui ourdissent au coin du feu leurs systèmes politiques ou qui les attrapent au vol en traversant l’Europe en poste. L’homme dont les connaissances en agriculture ne sont que superficielles ignore la conduite à suivre dans de telles investigations : à peine peut-il faire une différence entre les causes qui précipitent un peuple dans la misère et celles qui le conduisent au bonheur. Quiconque se sera occupé de ces études ne traitera pas mon assertion de paradoxe. Le cultivateur qui n’est que cultivateur ne saisit pas, au milieu de ses voyages, les relations qui unissent les pratiques agricoles à la prospérité nationale, des faits en apparence insignifiants à l’intérêt de l’Etat ; relations suffisantes pour changer, en quelques cas, des champs fertiles en déserts, une culture intelligente en source de faiblesse pour le Royaume. Ni l’un ni l’autre de ces hommes spéciaux ne s’entendra en pareille matière ; il faut, pour y arriver, réunir leurs deux aptitudes à un esprit libre de tous préjugés, surtout des préjugés nationaux, de tous systèmes, de toutes ces vaines théories qui ne se trouvent que dans le cabinet de travail des rêveurs. Dieu me garde de me croire si heureusement doué ! Je ne sais que trop le contraire. Pour entreprendre une oeuvre aussi difficile je ne me fonde que sur l’accueil favorable obtenu par mon rapport sur l’agriculture anglaise. Une expérience de vingt ans, acquise depuis que ces essais ont paru, me fait croire que je ne suis pas moins préparé à les tenter de nouveau que je ne l’étais alors. Il y a plus d’intérêt à connaître ce qu’était la France, maintenant que des nuages qui, il y a quatre ou cinq ans, obscurcissaient son ciel politique a éclaté un orage si terrible. C’eût été un juste sujet d’étonnement si, entre la naissance de la monarchie en France et sa chute, ce pays n’avait pas été examiné spécialement au point de vue de l’agriculture. Le lecteur de bonne foi ne s’attendra pas à trouver dans les tablettes d’un voyageur le détail des pratiques que celui-là seul peut donner, qui s’est arrêté quelques mois, quelques années, dans un même endroit : vingt personnes qui y consacreraient vingt ans n’en viendraient pas à bout ; supposons même qu’elles le puissent, c’est à peine si la millième partie de leurs travaux vaudrait qu’on la lût. Quelques districts très avancés méritent qu’on y donne autant d’attention ; mais le nombre en est fort restreint en tout pays, et celui des pratiques qui leur vaudraient d’être étudiés plus restreint encore. Quant aux mauvaises habitudes, il suffit de savoir qu’il y en a, et qu’il faut y pourvoir, et cette connaissance touche bien plutôt l’homme politique que le cultivateur. Quiconque sait au moins un peu, quelle est ma situation, ne cherchera pas dans cet ouvrage ce que les privilèges du rang et de la fortune sont seuls capables de fournir ; je n’en possède aucun et n’ai en d’autres armes, pour vaincre les difficultés. qu’une attention constante et un labeur persévérant. Si mes vues avaient été encouragées par cette réussite dans le monde qui rend les efforts plus vigoureux, les recherches plus ardentes, mon ouvrage eût été plus digne du public ; mais une telle réussite se trouve ici dans toute carrière autre que celle du cultivateur. Le _non ulus aratro dignus honos_ ne s’appliquait pas plus justement à Rome au temps des troubles civils et des massacres, qu’ils ne s’applique à l’Angleterre en un temps de paix et de prospérité.
Qu’il me soit permis de mentionner un fait pour montrer que, quelles que soient les fautes contenues dans les pages qui vont suivre, elles ne viennent pas d’une assurance présomptueuse du succès, sentiment propre seulement à des écrivains bien autrement populaires que je ne le suis. Quand l’éditeur se chargea de hasarder l’impression de ces notes et que celle du journal fut un peu avancée, on remit au compositeur le manuscrit entier afin de voir s’il aurait de quoi remplir soixante feuilles. Il s’en trouva cent quarante, et, le lecteur peut m’en croire, le travail auquel il fallut se livrer pour retrancher plus de la moitié de ce que j’avais écrit, ne me causa aucun regret, bien que je dusse sacrifier plusieurs chapitres qui m’avaient coûté de pénibles recherches.

L’éditeur eût imprimé le tout ; mais l’auteur, quels que soient ses autres défauts, doit être au moins exempt de se voir taxé d’une trop grande confiance dans la faveur publique puisqu’il s’est prêté aux retranchements, aussi volontiers qu’il l’avait fait à la composition de son oeuvre.

Le succès de la seconde partie dépendait tellement de l’exactitude des chiffres. que je ne m’en fiai pas à moi-même pour l’examen des calculs, mais à un instituteur qui passe pour s’y connaître, et j’espère qu’aucune erreur considérable ne lui sera échappée.

La révolution française était un sujet difficile, périlleux à traiter ; mais on ne pouvait la passer sous silence. J’espère que les détails que je donne et les réflexions que je hasarde seront reçus avec bienveillance, en pensant à tant d’auteurs d’une habileté et d’une réputation non communes qui ont échoué en pareille matière. Je me suis tenu si éloigné des extrêmes que c’est à peine si je puis espérer quelques approbations ; mais je m’appliquerai, à cette occasion, les paroles de Swift : « J’ai, ainsi que les autres discoureurs, l’ambition de prétendre à ce que tous les partis me donnent raison ; mais, si j’y dois renoncer, je demanderai alors que tous me donnent tort ; je me croirais par là pleinement justifié, et ce me serait une assurance de penser que je me suis au moins montré impartial et que peut-être j’ai atteint la vérité. »

INTRODUCTION.

Il y a deux manières d’écrire les voyages : on peut ou enregistrer les faits qui les ont signalés, ou donner les résultats auxquels ils ont conduit. Dans le premier cas, on a un simple journal, et sous ce titre doivent être classés tous les livres de voyages écrits en forme de lettres. Les autres se présentent ordinairement comme essais sur différents sujets. On a un exemple de la première méthode dans presque tous les livres des voyageurs modernes. Les admirables essais de mon honorable ami, M. le professeur Symonds, sur l’agriculture italienne, sont un des plus parfaits modèles de la seconde.

Il importe peu pour un homme de génie d’adopter l’une ou l’autre de ces méthodes, il rendra toute forme utile et tout enseignement intéressant. Mais pour des écrivains d’un moindre talent, il est d’une importance de peser les circonstances pour et contre chacun de ces modes.

Le journal a cet avantage qu’il porte en soi un plus haut degré de vraisemblance, et acquiert, par conséquent, plus de valeur. Un voyageur qui enregistre ainsi ses observations, se trahit dès qu’il parle de choses qu’il n’a pas vues. Il lui est interdit de donner ses propres spéculations sur des fondements insuffisants : s’il voit peu de choses, il n’en peut rapporter que peu ; s’il a de bonnes occasions de s’instruire, le lecteur est à même de s’en apercevoir, et ne donnera pas plus de créance à ses informations que les sources d’où elles sortent ne paraîtront devoir en mériter. S’il passe si rapidement à travers le pays qu’aucun jugement ne lui soit possible, le lecteur le sait ; s’il reste longtemps dans des endroits de peu ou de point d’importance, on le voit, et on a la satisfaction d’avoir contre les erreurs soit volontaires, soit involontaires, autant de garanties que la nature des choses le permet, tous avantages inconnus à l’autre méthode.

Mais, d’un autre côté, de grands inconvénients leur font contre-poids, parmi lesquels vient au premier rang la prolixité, que l’adoption du journal rend presque inévitable. On est obligé de revenir sur les mêmes sujets et les mêmes idées, et ce n’est certainement pas une faute légère d’employer une multitude de paroles à ce que peu de mots suffiraient à exprimer bien mieux. Une autre objection sérieuse, c’est que des sujets importants, au lieu d’être groupés de manière à ce qu’on puise en tirer des exemples ou des comparaisons, se trouvent donnés comme ils ont été observés, par échappées, sans ordre de temps ni de lieux, ce qui amoindrit l’effet de l’ouvrage et lui enlève beaucoup de son utilité.

Les essais fondés sur les principaux faits observés, et donnant les résultats des voyages et non plus les voyages eux-mêmes, ont évidemment en leur faveur ce très grand avantage, que les sujets traités de la sorte sont réunis et mis en lumière autant que l’habileté de l’auteur le lui a permis ; la matière se présente avec toute sa force et tout son effet. La brièveté est une autre qualité inappréciable, car tous détails inutiles étant mis de côté, le lecteur n’a plus devant lui que ce qui tend à l’éclaircissement du sujet : quant aux inconvénients, je n’ai nul besoin d’en parler, je les ai suffisamment indiqués en montrant les avantages du journal ; il est clair que les avantages de l’une de ces formes seront en raison directe des inconvénients de l’autre.

Après avoir pesé le pour et le contre, je pense qu’il ne m’est pas impossible, dans ma position particulière, de joindre le bénéfice de l’une et de l’autre.

J’ai cru qu’ayant pour objet principal et prédominant l’agriculture, je pourrais répartir chacun des objets qu’elle embrasse en différents chapitres, conservant ainsi l’avantage de donner uniquement les résultats de mes voyages.

En même temps je me propose, afin de procurer au lecteur la satisfaction que l’on peut trouver dans un journal, de donner sous cette forme les observations que j’ai faites sur l’aspect des pays parcourus et sur les moeurs, les coutumes, les amusements, les villes, les routes, les maisons de plaisance, etc., etc., qui peuvent, sans inconvénient, y trouver place. J’espère le contenter ainsi sur tous les points dont nous devons, en toute sincérité, lui donner connaissance pour les raisons que j’ai indiquées plus haut.

Lire la suite : http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?voyfran1,21,40

Texte produit par A. et P. Oudet (ichnusa@guetali.fr)

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Le livre du jour – Les nouveaux terroristes de Mathieu Guidère

Posté par Serge Bénard le 10 mars 2011

medium Les nouveaux terroristes de Mathieu Guidère
Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités

critiqué par Dirlandaise, le 10 mars 2011 (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 55 ans)

La note: 9 etoiles

Les loups solitaires

Je crois que tout le monde devrait se renseigner sur ce sujet infiniment d’actualité et d’une très grande importance qu’est le nouveau terrorisme car, je crois que personne n’est à l’abri de cette menace qui, avec le temps, est de plus en plus difficile à contrer. En effet, les nouveaux terroristes sont des individus isolés, agissant seuls et souvent au nom de leur propre idéologie. Donc, ils sont très difficiles à détecter et à contrer. Dans ce livre, Mathieu Guidère explique fort pertinemment de quelle façon ces « loups solitaires » opèrent et surtout, quelles sont leurs motivations et leur parcours de vie. Il cite en exemple le cas de plusieurs terroristes solitaires comme par exemple John Allen Muhammad le tireur embusqué de Washington. Un chapitre est consacré à la psychologie de ce type de terroristes et la nature de leurs liens avec Al-Qaïda. Il y est fort bien expliqué de quelle façon ces individus, souvent très isolés socialement et habités d’un ressentiment profond devant les injustices commises envers les musulmans finissent par passer à l’acte. 

Un autre chapitre est consacré aux femmes solitaires dont entre autres les célèbres Jihad Jane et Jihad Jamie, deux femmes américaines en apparence ordinaires qui ont sombré dans le radicalisme religieux après s’être converties à l’islam. La dernière partie du livre est consacrée aux solutions et à la lutte contre cette forme de violence particulièrement pernicieuse qu’est le terrorisme solitaire. Il y est question entre autres méthodes de la linguistique prédictive qui consiste à analyser les écrits d’individus appartenant à différents forums prônant le jihad et à tenter de décrypter leurs intentions à partir de ces écrits et de leur langage codé. Ce travail est laissé aux bons soins d’experts possédant une connaissance approfondie de l’islam et de la culture arabe. 

J’ai trouvé très intéressant le chapitre sur le décodage des noms de guerre des différents membres d’Al-Qaïda et leur signification sous-jacente. Les experts sont capables, à partir de ces pseudonymes, de tirer une foule de renseignements de la plus haute importance tels que la place occupé par le membre dans la hiérarchie de l’organisation et aussi ses intentions futures concernant la lutte contre l’Occident. Il y a même quelques références littéraires notamment au sujet du livre de Dostoïevski « Les démons » et celui d’Albert Camus « Les justes ». 

Un livre très instructif qui mérite une bonne note en raison de la pertinence du propos, de l’information de qualité et de l’intérêt des biographies des terroristes cités en exemple. On retrouve en fin de volume une liste des principaux attentats déjoués depuis 2001. 

Saviez-vous que les deux pays prioritaires sur l’agenda antiterroriste américain sont le Yémen et la Somalie ?

Saviez-vous qu’Allah possède quatre-vingt dix neuf noms différents ?

Connaissez-vous l’existence du NVTC (National Virtual Translation Center) et son rôle dans la lutte antiterroriste moderne ?

Connaissez-vous Umar Faruq Abdulmutallab ? 

Voici un faible échantillon des informations passionnantes que vous trouverez dans cet ouvrage que je vous recommande sans aucune hésitation si le sujet vous tient à cœur évidemment.

« Les démocraties occidentales ne sont pas à l’abri de l’action isolée de terroristes solitaires, désireux d’égaler leurs prédécesseurs en matière de terreur. L’inspiration du mal étant imprévisible, le pire est toujours à craindre. Cachés derrière les écrans de leurs ordinateurs et l’anonymat de leurs pseudonymes, les apprentis terroristes écument aujourd’hui Internet pour étancher leur soif d’idéologie et leur désir d’action. Dans leur isolement, ils finissent par s’autoradicaliser et, parfois, par basculer dans la violence aveugle. »

Source : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/26025

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Livrels libres et gratuits – Une fâcheuse histoire, Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski

Posté par Serge Bénard le 10 mars 2011


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Livre audio – Les Révoltés De La Bounty, de Jules Vernes

Posté par Serge Bénard le 10 mars 2011

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 55min | Genre : Romans


A un diner d athees

Note de Jules Verne : « Nous croyons bon de prévenir nos lecteurs que ce récit n’est point une fiction. Tous les détails en sont pris aux annales maritimes de la Grande-Bretagne. La réalité fournit quelquefois des faits si romanesques que l’imagination elle-même ne pourrait rien y ajouter. »

Les Révoltés de la Bounty à l’origine de ce récit (1879) inspireront également Mark Twain en 1903 dans La Grande Révolution de Pitcairn incessamment publiée.
L’humoriste américain complètera le roman de Jules Verne qui finit ainsi : « Tel fut donc le dénouement d’une aventure qui avait commencé d’une façon si tragique. Au début, des révoltés, des assassins, des fous, et maintenant, sous l’influence des principes de la morale chrétienne et de l’instruction donnée par un matelot converti, l’île Pitcairn est devenue la patrie d’une population douce, hospitalière, heureuse, chez laquelle se retrouvent les mœurs patriarcales des premiers âges. »

Illustration : Descendants des révoltés de la Bounty (1862).

Les Révoltés de la Bounty.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)

> Consulter la version texte de ce livre audio.

 

Source : http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/verne-jules-les-revoltes-de-la-bounty.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+litteratureaudio+%28Litterature+audio.com+-+Livres+audio+gratuits%29

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