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Premier chapitre – La tête en friche, de Marie-Sabine Roger

Posté par Serge Bénard le 20 février 2011

La tête en friche, un film de Jean Becker d’après un roman de Marie-Sabine Roger. Sortie du film :  juin 2010. Avec : Gérard Depardieu, Gisèle Casadesus, Maurane. Le pitch : Germain et Margueritte ne se connaissent pas. L’un est analphabète, l’autre ancienne chercheuse en agronomie, désormais à la retraite. Un jour, ils se rencontrent dans un parc. Finalement, une amitié se lie. Petit à petit, Margueritte réussit même à lui transmettre le goût de la lecture. Mais lorsqu’elle perd la vue, les rôles s’inversent. C’est désormais à Germain de lui raconter des histoires… La bande-annonce : excessif.com

 

(http://www.excessif.com/cinema/videos/bande-annonce-la-tete-en-friche-5866580-760.html)

 

Le livre La tête en Friche Éditions du Rouergue 16,50 €

Le premier chapitre…

 

J’ai décidé d’adopter Margueritte. Elle va bientôt fêter ses quatre-vingt-six ans, il valait mieux pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir.

Comme ça, s’il lui arrive un truc, je sais pas – tomber par terre dans la rue, ou se faire gauler son sac – je serai là. Je pourrai arriver tout de suite et pousser les gens du milieu, leur dire :

– Ok ! C’est bon, tirez-vous, maintenant ! Je m’en charge : c’est ma grand-mère.

Ce n’est pas écrit sur sa tête qu’elle est seulement adoptée.

Je pourrai lui acheter son journal, ses bonbons à la menthe. M’asseoir près d’elle dans le parc, aller la voir aux Peupliers, le dimanche. Et rester pour manger avec elle à midi, si je veux.

Bien sûr, avant aussi, j’aurais pu, mais je me serais senti en visite. Maintenant, ce sera par plaisir, et aussi par devoir.

C’est ça qui est nouveau : les obligations familiales. C’est un truc qui va bien me plaire, je le sens.

Ça me change la vie, de l’avoir rencontrée, Margueritte. Avoir quelqu’un à qui penser avec plaisir, quand je suis seul – quelqu’un d’autre que moi, je veux dire – ça fait drôle. J’en ai pas l’habitude. Je n’avais jamais eu de famille avant elle.

Enfin, je me comprends. J’ai une mère, pas le choix. Seulement, elle et moi, mis à part d’avoir été imbriqués l’un dans l’autre neuf mois, on n’a pas partagé grand-chose, sauf le pire. Pour le meilleur, j’en ai pas souvenir. J’ai un père, aussi, forcément. Mais j’en ai pas profité bien longtemps, il a fait son affaire à ma mère, et basta. Ceci dit, ça m’a pas empêché de grandir, plutôt mieux que les autres en moyenne : cent dix kilos de muscles et pas un poil de graisse, un mètre quatre-vingt-neuf sous la toise, le reste à l’avenant. Si mes parents m’avaient voulu, j’aurais sûrement fait leur fierté. Pas de chance.

Ce qui est nouveau pour moi, également, c’est qu’avant Margueritte je n’avais pas encore aimé quelqu’un. Je ne vous parle pas des choses sexuelles, je vous parle de sentiments sans qu’on aille au plumard après. Tendresse et affection, et confiance. Et tout ça. Des mots que j’ai encore un peu de mal à prononcer, vu qu’on ne me les avait jamais dits de plain-pied, avant que Margueritte en parle. Des sentiments très convenables et purs.

Je tiens à préciser, parce qu’ici j’en connais qui seraient largement assez cons pour me dire, Alors Germain, tu dragues les mamies ? Tu te farcis le troisième âge ?

Ça ne me gênerait pas de leur mettre un pain, à ceux-là.

Dommage que je n’ai pas connu Margueritte quand j’en avais vraiment l’usage, à l’époque où j’étais minot, quand je passais mon temps à essayer toutes les conneries qu’on peut faire.

Mais il ne faut jamais rien regretter, dans la vie : ce qui est passé doit rester en arrière.

Je me suis fait tout seul, et alors ? Même si ce n’est pas bâti dans les normes, ça tient.

Margueritte, elle se tasse, par contre. Elle se tient de guingois, pliée sur ses genoux. Va falloir que j’en prenne soin, si je veux vraiment qu’elle me dure. Elle a beau faire sa maligne, elle est fragile. Elle a des petits os de piaf, je pourrais les casser entre deux doigts, facile. Je dis ça comme ça, c’est pour dire. Bien sûr, je ne le ferai pas. Casser les os de sa grand-mère, faudrait être taré ! C’est seulement pour montrer comme elle est délicate. Elle me fait penser aux petits animaux en verre filé qu’ils vendent chez Granjean, à la papeterie. Une biche, surtout, dans la vitrine. Elle est minuscule, avec des pattes fines, fines ! Pas plus épaisses que des cils. Margueritte, elle est comme ça. Quand je passe devant cette biche, je l’achèterais bien. Trois euros qu’est-ce que c’est ? Seulement je sais que dans ma poche elle se pèterait tout de suite. Et puis où est-ce que je la mettrais ? Chez moi, ce n’est pas très fourni en étagères, pour poser la décoration. C’est petit, une caravane.

Pour Margueritte non plus, je n’avais pas de place, au début. À l’intérieur de moi, je veux dire. Lorsque j’ai commencé à m’attacher, j’ai bien senti que je devrais me faire de l’espace, rien que pour elle, et pour mes sentiments. Parce que l’aimer, ça me venait en plus du reste – tout ce que  j’avais déjà dans le crâne – et je n’avais pas prévu ça.

Alors j’ai fait mes rangements. Du coup, je me suis rendu compte que je n’avais pas grand-chose à garder d’important. Je m’encombrais de tout un tas de bordel imbécile. Les jeux à la télé, les blagues à la radio, les discussions avec Jojo Zekouc au café restau Chez Francine. La belote en 5 000 avec Marco, Julien et Landremont. Et puis les soirs où j’allais voir Annette, pour lui tirer ma crampe avec des mots d’amour. Mais ça, c’est bon pour la tête au contraire : on ne peut pas penser, avec les burnes pleines. Pas de façon correcte et profonde, en tout cas.

Annette, j’en parlerai une autre fois. C’est plus pareil, entre elle et moi.

La première fois que j’ai vu Margueritte, elle était sur ce banc, là-bas. Sous le gros tilleul, à côté du bassin. Il devait être dans les trois heures de l’après-midi, avec un beau soleil, un temps trop doux pour la saison. C’est pas bon pour les arbres : ça bourgeonne à tout va et si ça prend un coup de gel, les fleurs coulent et les fruits sont rares.

Elle était habillée pareil que d’habitude. Évidemment, ce jour-là, je ne pouvais pas le savoir, qu’elle s’habillait toujours comme ça. Les façons de faire des autres, on les connaît seulement quand on connaît les gens. La première fois, on ne peut pas prévoir ce qui va suivre. On ne sait pas si on s’aimera, si on se souviendra du premier jour, plus tard. Si on en arrivera à s’insulter, ou à se foutre sur la gueule. Ou si on deviendra des potes. Et tous les ou et tous les si qui vont avec. Et les peut-être.

Les peut-être, c’est ça, le pire.

Margueritte était là, assise sans rien faire, les yeux dans le vague. Bien en face de la pelouse, au bout de l’allée principale. Elle portait une robe imprimée, avec des fleurs grises et violettes de la couleur de ses cheveux, un gilet gris tout boutonné, et puis des bas et des chaussures sombres. Près d’elle, il y avait un sac noir.

Je me suis dit qu’elle n’était pas prudente. Un sac posé comme ça, je le vole comme je veux. Quand je dis je, ce n’est pas de moi que je parle. Je, c’est mis pour : les gens. Les racailles, en tout cas. Surtout qu’une petite vieille, c’est facile à semer à la course. Tu la pousses du plat de la main, d’un coup sec, ça suffit : elle tombe avec un petit cri, elle se fait un col du fémur, et puis elle reste allongée presque morte et toi – pas vous ni moi, bien sûr : les racailles – tu peux te tailler bien tranquille, d’ailleurs c’est fait, tu es déjà loin. Ne me demandez pas d’où je peux tenir ça. Enfin bon, elle n’était pas prudente.

J’aurais très bien pu ne pas venir au parc, ce lundi où je l’ai connue. J’aurais pu être occupé, ne pas avoir une minute libre. Qu’est-ce que vous vous imaginez ? Certains jours, j’ai des choses à faire : mesurer entre mes mains le tronc des jeunes pins plantés au bord de la rocade, pour surveiller la déforestation (la moitié d’entre eux va crever, j’en suis sûr, c’est pour ça que je vérifie. D’ailleurs, c’est pas étonnant, que ça crève, quand on voit comment ils s’y sont pris, ceux des espaces verts, à la mairie !). M’entraîner à courir le plus longtemps possible, à tirer les canettes au pistolet à plomb, devant la caravane. C’est pour le souffle et les réflexes, si un jour je devais m’échapper d’un attentat, ou sauver des gens, faut prévoir. Et un tas d’autres choses, aussi. D’autres choses très différentes. Par exemple, je sculpte des morceaux de bois avec mon Opinel. Je fais des animaux, des petits personnages. Des gens que je vois dans la rue, des chats, des chiens, n’importe qui.

Ou bien je vais au parc, pour compter les pigeons.

En passant, j’en profite pour écrire mon nom en lettres majuscules, sur la plaque de marbre au-dessous du soldat du monument aux morts. Bien sûr, à chaque fois, quelqu’un de la mairie l’enlève et puis m’engueule, Germain, arrête un peu tes conneries, y en a marre, tu nettoieras, au prochain coup !

Pourtant ce sont des feutres indélébiles – qui ne peut s’effacer / voir : ineffaçable – je les ai payés assez cher. D’ailleurs je vais aller leur dire, à la papeterie, que c’est du foutage de gueule. C’était marqué « toutes surfaces », c’est du vol. Le marbre, c’est une surface – que je sache, comme dirait Margueritte qui parle toujours bien.

En tout cas, dès que mon nom est effacé, je n’ai plus qu’à recommencer. C’est pas grave, je suis patient. Il restera peut-être, à force.

En plus je ne vois vraiment pas qui ça gêne, que je mette mon nom : je l’écris tout en bas. Même pas dans l’ordre alphabétique alors que je pourrais avoir des exigences, parce que Chazes, ce n’est pas à la fin, loin de là. Je pourrais me placer cinquième, dans leur liste !

Entre Pierre Boisverte et Ernest Combereau.

Un jour, je l’ai dit à Jacques Devallée, qui est secrétaire à la mairie. Il a hoché la tête, il a répondu que je n’avais pas tort sur le fond, et que les listes de noms sont effectivement conçues pour écrire des noms dessus !

– Toutefois, il a ajouté, toutefois il y a un détail dont il faut tenir compte…

– Ah oui, et lequel ? j’ai fait, comme ça.

– Eh bien, si tu regardes avec un peu plus d’attention, tu remarqueras que tous ceux dont le nom est gravé au bas du monument aux morts ont un point commun : ils sont morts.

– Ah bon ! j’ai fait. Ah bon, c’est comme ça ! Alors pour y avoir droit, il faut avoir passé l’arme à gauche, c’est ça ?

– C’est un peu dans cet esprit-là, en effet…, il a fait.

Il avait beau prendre son air supérieur, je lui ai dit que quand je serai mort, ils seront bien obligés de m’y graver aussi, sur leur putain de liste.

– Pourquoi donc ?

– Parce ce que je vais faire un papier pour le notaire. Je vais lui demander que ce soit dans mon testament. Les dernières volontés d’un défunt, ça se respecte.

– Pas forcément, Germain. Pas forcément…

N’empêche, je sais ce que je dis. J’y ai pensé, en rentrant chez moi : à ma mort (quand voudra le Seigneur, et Son heure sera la mienne), je veux qu’on l’écrive, mon nom. À la cinquième place. La cinquième en partant du haut, puisque c’est ça, et pas d’arnaque ! Ils se débrouilleront comme ils voudront, ces cons, à la mairie. Un testament, c’est un testament et puis c’est tout ! Oui, je me suis dit, je vais le faire, ce papier. Et je demanderai que ce soit Devallée qui me grave lui-même, rien que pour l’emmerder. J’irai voir chez maître Olivier, pour qu’on parle de ça ensemble. C’est un notaire, il saura bien quoi faire, non ?

© Le Rouergue

Avec l’aimable autorisation des éditions Le Rouergue © 2010

Source : http://www.premierchapitre.fr/sp/iphone/v3/livre_pc.php?livre=1#

 

 

 

 

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Lire et relire – Charles Nodier, Smarra ou Les démons de la nuit

Posté par Serge Bénard le 20 février 2011


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INTRODUCTION 

 


Charles Nodier (1780-1844) à découvert. À son époque, cet auteur français fut une référence inestimable pour une quantité impressionnante d’écrivains qui sont tous devenus célèbres. En 1824, il était bibliothécaire à l’Arsenal et pendant plus de dix ans, il y anima des salons réunissant ceux qui furent reconnus comme les génies de la littérature du dix-neuvième siècle. On a tort de mettre son oeuvre en retrait et de ne noter que ce rôle d’hôte passif à l’endroit de ses invités qui allaient se faire prestigieux. La trace de son génie transparaît dans les oeuvres immortelles de ces célébrités, parce qu’elles l’avaient lu et s’en étaient inspirées. On avance que le surréalisme à la Gérard de Nerval avait pris racines suite à la lecture de Nodier. Ses amis, Victor Hugo et Alphonse de Lamartine, appréciaient son érudition et ses avis inspirés. La première esquisse de La tentation de St-Antoine, s’intitulait Smahr (en 1838, 17 ans après la première édition de Smarra !).  

Bref, Nodier était plus que ce bonhomme caricaturé par les historiens de la littérature française, en bibliophile maniaque et en conteur amusant. 

À l’ère de l’hypertexte et de la technolittérature, le conte Smarra mérite une lecture attentive. En le lisant, vous vivrez une actualisation à rebours de ce que l’on croit être une oeuvre littéraire. Habituellement, le verbe  » actualiser  » indique le passage du virtuel au réel. Or, la recréation de Charles Nodier, exactement comme on le vit en se déplaçant dans l’espace de l’Internet, opère un branchement universel par le biais d’une écriture transposant la réalité du cauchemar. Le cauchemar, événement intime connu de toutes ou de tous, projette l’individu à la rencontre de  » sites  » où plusieurs êtres se rejoignent dans une dimension virtuelle, et aucune fenêtre n’y indique le nombre de visiteurs qui les ont parcourus ! 

Pour vous avoir donné l’occasion de découvrir Charles Nodier dans Smarra, je vous demande de me transmettre vos impressions de lecture. Peut-être quelques semaines après l’avoir lu, de me raconter vos propres cauchemars… 

Vous trouverez en annexe, des informations qui vous permettront de poser un regard sur ce Charles Nodier à découvrir, pour qu’il soit enfin à découvert. 

L.G. SAVARD (lgsavard@destination.ca) 

SMARRA ou LES DÉMONTS DE LA NUIT 

 


de Charles Nodier  « _Les songes, dans la nuit trompeuse, se jouent de nous à la légère, ils font trembler nos âmes en leur inspirant de fausses terreurs._ » (CATULLE) [Noter que Nodier attribue cette citation à Catulle, en réalité elle vient des Élégies, III, 4, v.7-8, de Tibulle. LGS]  

« _L’île est remplie de bruits, de sons et de doux airs qui donnent du plaisir sans jamais nuire. Quelquefois des milliers d’instruments tintent confusément à mon oreille; quelquefois ce sont des voix telles que, si je m’éveillais, après un long sommeil, elle me feraient dormir encore; et quelquefois en dormant il m’a semblé voir les nuées s’ouvrir, et montrer toutes sortes de biens qui pleuvaient sur moi, de façon qu’en me réveillant je pleurais comme un enfant de l’envie de toujours rêver._ » (SHAKESPEARE, La Tempête, acte III, scène 2.) 

LE PROLOGUE 

Ah! qu’il est doux, ma Lisidis, quand le dernier tintement de cloche, qui expire dans les tours d’Arona vient nommer minuit,– qu’il est doux de venir partager avec toi la couche longtemps solitaire où je te rêvais depuis un an! 

Tu es à moi, Lisidis, et les mauvais génies qui séparaient de ton gracieux sommeil le sommeil de Lorenzo ne m’épouvanteront plus de leurs prestiges! 

On disait avec raison, sois-en sûre, que ces nocturnes terreurs qui assaillaient, qui brisaient mon âme pendant le cours des heures destinées au repos, n’étaient qu’un résultat naturel de mes études obstinées sur la merveilleuse poésie des anciens, et de l’impression que m’avaient laissée quelques fables fantastiques d’Apulée, car le premier livre d’Apulée saisit l’imagination d’une étreinte si vive et si douloureuse, que je ne voudrais pas, au prix de mes yeux, qu’il tombât sous les tiens. 

Qu’on ne me parle plus aujourd’hui d’Apulée et de ses visions; qu’on ne me parle plus ni des Latins ni des Grecs, ni des éblouissants caprices de leurs génies! N’es-tu pas pour moi, Lisidis, une poésie plus belle que la poésie, et plus riche en divins enchantements que la nature toute entière? 

Mais vous dormez, enfant, et vous ne m’entendez plus! Vous avez dansé trop tard ce soir au bal de l’île Belle!… Vous avez trop dansé, surtout quand vous ne dansiez pas avec moi, et vous voilà fatiguée comme une rose que les brises ont balancée tout le jour, et qui attend pour se relever, plus vermeille sur sa tige à demi penchée, le premier regard du matin! 

Dormez donc ainsi près de moi, le front appuyé sur mon épaule, et réchauffant mon coeur de la tiédeur parfumée de votre haleine. Le sommeil me gagne aussi, mais il descend cette fois sur mes paupières, presque aussi gracieux qu’un de vos baisers. Dormez, Lisidis, dormez.
Il y a un moment où l’esprit suspendu dans le vague de ses pensées… Paix! la nuit est tout à fait sur la terre. Vous n’entendez plus retentir sur le pavé sonore les pas du citadin qui gagne sa maison, ou la sole armée des mules qui arrivent au gîte du soir. Le bruit du vent qui pleure ou siffle entre les ais mal joints de la croisée, voilà tout ce qui reste des impressions ordinaires de vos sens, et au bout de quelques instants, vous imaginez que ce murmure lui-même existe en vous. Il devient une voix de votre âme, l’écho d’une idée indéfinissable, mais fixe, qui se confond avec les premières perceptions du sommeil. Vous commencez cette vie nocturne qui se passe (ô prodige!) dans les mondes toujours nouveaux, parmi d’innombrables créatures dont le grand Esprit a conçu la forme sans daigner l’accomplir, et qu’il s’est contenté de semer, volages et mystérieux fantômes, dans l’univers illimité des songes. 

Les sylphes, tout étourdis du bruit de la veillée, descendent autour de vous en bourdonnant. Ils frappent du battement monotone de leurs ailes de phalène vos yeux appesantis, et vous voyez longtemps flotter dans l’obscurité profonde la poussière transparente et bigarrée qui s’en échappe, comme un petit nuage lumineux au milieu d’un ciel éteint. Ils se pressent, ils s’embrassent, ils se confondent, impatients de renouer la conversation magique des nuits précédentes, et de se raconter des événements inouïs qui se présentent cependant à votre esprit sous l’aspect d’une réminiscence merveilleuse. Peu à peu leur voix s’affaiblit, ou bien elle ne vous parvient que par un organe inconnu qui transforme leurs récits en tableaux vivants, et qui vous rend acteur involontaire des scènes qu’ils ont préparées; car l’imagination de l’homme endormi, dans la puissance de son âme indépendante et solitaire, participe en quelque chose à la perfection des esprits. 

Elle s’élance avec eux, et, portée par miracle au milieu du coeur aérien des songes, elle vole de surprise en surprise jusqu’à l’instant où le chant d’un oiseau matinal avertit son escorte aventureuse du retour de la lumière. Effrayés du cri précurseur, ils se rassemblent comme un essaim d’abeilles au premier grondement du tonnerre, quand les larges gouttes de pluie font pencher la couronne des fleurs que l’hirondelle caresse sans les toucher. Ils tombent, rebondissent, remontent, se croisent comme des atomes entraînés par des puissances contraires, et disparaissent en désordre dans un rayon du soleil. 

LE RÉCIT 

_ »O fidèles témoins de mes oeuvres, Nuit et toi, Diane qui entoures de silence nos sacrés mystères, venez maintenant, venez. »_ (HORACE, Épodes, V.) 

_ » Par quel ordre ces esprits irrités viennent-ils m’effrayer de leurs clameurs et de leurs figures de lutins? Qui roule devant moi ces rayons de feu? Qui me fait perdre mon chemin dans la forêt? Des singes hideux dont les dents grincent et mordent, ou bien des hérissons qui traversent exprès les sentiers pour se trouver sous mes pas et me blesser de leurs piquants. « _ (SHAKESPEARE, La Tempête, acte II, scène 2.) 

Je venais d’achever mes études à l’école des philosophes d’Athènes, et, curieux des beautés de la Grèce, je visitais pour la première fois la poétique Thessalie. Mes esclaves m’attendaient à Larisse dans un palais disposé pour me recevoir. J’avais voulu parcourir seul, et dans les heures imposantes de la nuit, cette forêt fameuse par les prestiges des magiciennes, qui étend de longs rideaux d’arbres verts sur les rives du Pénée. Les ombres épaisses qui s’accumulaient sur le dais immense des bois laissaient à peine s’échapper à travers quelques rameaux plus rares, dans une clairière ouverte sans doute par la cognée du bûcheron, le rayon tremblant d’une étoile pâle et cernée de brouillards. 

Mes paupières appesanties se rabaissaient malgré moi sur mes yeux fatigués de chercher la trace blanchâtre du sentier qui s’effaçait dans le taillis, et je ne résistais au sommeil qu’en suivant d’une attention pénible le bruit des pieds de mon cheval, qui tantôt faisait crier l’arène, et tantôt gémir l’herbe sèche en retombant symétriquement sur la route. 

S’il s’arrêtait quelquefois, réveillé par son repos, je le nommais d’une voix forte, et je pressais sa marche devenue trop lente au gré de ma lassitude et de mon impatience. Étonné de je ne sais quel obstacle inconnu , il s’élançait par bonds, roulant dans ses narines des hennissements de feu, se cabrait de terreur et reculait plus effrayé par les éclairs que les cailloux brisés faisaient jaillir sous ses pas… 

 

Lire la suite : http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?smarra1,41,60

Texte produit par L.G. Savard (lgsavard@destination.ca)

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123e anniversaire de la naissance de Georges Bernanos

Posté par Serge Bénard le 20 février 2011

Louis Émile Clément Georges Bernanos est un écrivain français, né le 20 février 1888 dans l’actuel 9e arrondissement de Paris et mort le 5 juillet 1948 à Neuilly-sur-Seine à l’âge de 60 ans. Il est enterré au cimetière de Pellevoisin (Indre).
Georges Bernanos passe sa jeunesse en Artois et cette région du Nord constituera le décor de la plupart de ses romans. Il participe à la guerre de 14-18 et est plusieurs fois blessé, puis il mène une vie matérielle difficile et instable en s’essayant à la littérature. Il obtient le succès avec ses romans Sous le soleil de Satan en 1926 et Journal d’un curé de campagne en 1938.
Témoin des exactions de Franco, il les dénonce avec force dans son pamphlet Les Grands Cimetières sous la lune (1938) qui l’éloigne de la droite nationaliste dont il avait été très proche (La Grande Peur des bien-pensants, en 1931). Exilé au Brésil de 1938 à 1945, il devient l’une des voix de la Résistance.
Dans ses œuvres, Georges Bernanos explore le combat spirituel du Bien et du Mal, en particulier à travers le personnage du prêtre catholique tendu vers le salut de l’âme de ses paroissiens perdus comme Mouchette.

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Œuvre

Romans

Sous le soleil de Satan, Paris, Plon, 1926 ; rééd., Le Castor Astral, 2008.
L’Imposture, Paris, Plon, 1927 ; rééd., Le Castor Astral, 2010.
La Joie, La Revue universelle, 1928 ; Paris, Plon, 1929.
Un crime, Paris, Plon, 1935.
Journal d’un curé de campagne, La Revue hebdomadaire, 1935-1936 ; Paris, Plon, 1936.
Nouvelle Histoire de Mouchette, Paris, Plon, 1937 ; rééd. Le Castor Astral, 2010.
Monsieur Ouine, Rio de Janeiro, 1943 ; Paris, Plon, 1946 ; rééd. Le Castor Astral, 2008.
Un mauvais rêve, Paris, Plon, 1950.
Nouvelles et premiers écrits[modifier]
Dialogues d’ombres, Paris, Seuil, 1955, complété en 1991.


Théâtre

Dialogues des carmélites, Paris, Seuil, 1949.


Essais et  » écrits de combat »

La Grande Peur des bien-pensants, Paris, Grasset, 1931.
Les Grands Cimetières sous la lune, Paris, Plon, 1938 ; rééd. Le Castor Astral, 2008.
Scandale de la vérité, Gallimard, Paris, 1939.
Lettre aux Anglais, Atlantica editora, Rio de Janeiro 1942.
La France contre les robots, Rio de Janeiro, 1944, puis Robert Laffont, 1947 ; rééd. Le Castor Astral, 2009.
Le Chemin de la croix des âmes, Rio de Janeiro de 1943 à 1945, 4 volumes, puis Gallimard, 1948 ; rééd. augmentée : Le Rocher, Paris, 1987.
Français, si vous saviez… (Recueil d’articles écrits entre 1945 et 1948), Paris, Gallimard, 1961.
Les Enfants humiliés, Gallimard, 1949.
La Liberté, pour quoi faire ? Gallimard, 1953.
Le Crépuscule des vieux, Gallimard, NRF, 1956 (recueil de textes qui s’échelonnent de 1909 à 1939 : explication de son œuvre de romancier commentaires de lecture, notes sur la poésie, sur l’histoire contemporaine…)
Brésil, terre d’amitié, choix de lettres et de textes consacrés au Brésil présentés par Sébastien Lapaque, coll. « La petite vermillon », La Table Ronde, Paris, 2009.

D’après Wikipédia.

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Le Prix Première 2011 à Nicole Roland pour Kosaburo, 1945

Posté par Serge Bénard le 20 février 2011

Vendredi 18 février 2011

La lauréate du PRIX PREMIÈRE 2011 est Nicole Roland pour son premier roman « KOSABURO, 1945″ publié aux éditions Actes Sud. Son livre a été choisi par un jury d’auditeurs de LA PREMIÈRE parmi une sélection de dix-huit premiers romans francophones. Ce prix, doté de 5.000 €, lui sera remis par Jean-Paul Philippot, l’administrateur général de la RTBF, ce vendredi 18 février 2011 à 10h45, à la FOIRE DU LIVRE DE BRUXELLES à Tour & Taxis.

Le Prix Première 2011 à Nicole Roland pour Kosaburo, 1945 dans Prix, récompenses, palmarès, célébrations, hommages, mé kosaburo

L’amour plus fort que la mort… Ce premier roman nous emmène sur les traces de jeunes kamikazes japonais, en pleine deuxième guerre mondiale. Dans un style délicat et d’une très grande beauté, Nicole Roland envoie un message à travers ce “tombeau immatériel”, elle nous raconte la folie des hommes et témoigne de la puissance de la littérature.

Un visage et une disparition ont donné naissance au premier roman de Nicole Roland. Le visage d’un pilote japonais photographié en 1945, entrevu sur la page d’un journal. Et la disparitionde sa fille, grande admiratrice de l’Orient, dont elle héritera la bibliothèque. C’est là qu’elle ira puiser l’histoire de Mitsuko.

Mitsuko, une jeune Japonaise en temps de guerre qui, pour remplacer son frère déserteur et sauver l’honneur de sa famille, se travestit en garçon et devient kamikaze. Dans les camps d’entraînement, elle retrouve son amour de toujours : Kosaburo.

Lire la suite : http://www.rtbf.be/culture/litterature/le-prix-premiere-2011-a-nicole-roland-pour-kosaburo-1945/

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Peut-on vendre sur papier sans s’afficher en ligne ?

Posté par Serge Bénard le 20 février 2011

Dimanche 20 février 2011

Par André Gunthert

Peut-on vendre sur papier sans s’afficher en ligne ? dans ebooks, livres numériques, livrels, etc. bouletConfirmation par sondage express à partir de l’échantillon Gunthert: Boulet (Gilles Roussel) est un nouveau grand de la BD! Déjà qu’on ne pouvait pas attendre pour acheter le cinquième volume de Notes, fraîchement paru (“Quelques minutes avant la fin du monde“, éd. Delcourt). Mais depuis qu’on l’a, c’est pire: on n’arrête pas de se le piquer, les gosses et moi, il a fallu instaurer un tour de lecture pour ne pas pourrir le week-end.

L’inventivité, le dessin, l’humour, l’auto-dérision: tout est parfait chez Boulet. Mais à ces qualités classiques s’ajoute un trait qui mérite qu’on s’y attarde: depuis l’origine, l’auteur partage ses Notes graphiques sur son blog, Bouletcorp – c’est là que je les ai découvertes en 2005.

Un tel exemple a de quoi rassurer tous les éditeurs inquiets de la concurrence web/papier. Non, le codex n’est pas redondant avec la lecture sur écran: il redonne du volume à l’œuvre, il en permet une consultation plus souple et une lecture plus confortable, il offre le plaisir de la possession. Les deux médias s’épaulent et se confortent. Ce qu’on a aimé en ligne, on l’aimera plus encore sur papier.

J’adresse cette observation à mes amis d’Etudes photographiques, qui ont brusquement décidé à l’occasion de la parution du dernier numéro d’interrompre la mise en ligne simultanée des articles sur le site web de la revue, modifiant ainsi la ligne éditoriale que j’avais proposé en 2008, sans prévenir ni les auteurs ni les lecteurs de l’instauration d’une barrière mobile semestrielle.

Lire la suite : http://culturevisuelle.org/totem/1130#comment-1787

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Le combat des écrivains égyptiens

Posté par Serge Bénard le 20 février 2011

18 février 2011  par David Murray

Il existe une constante de l’histoire des révolutions qui est celle que l’on ne peut jamais les prévoir. Et les récents événements survenus en Égypte et en Tunisie n’y font pas exception. S’il est toujours possible d’analyser a posteriori les facteurs et les raisons qui expliquent les soulèvements populaires, difficile par contre de déterminer avec certitude au préalable le moment de l’étincelle. Bien entendu, tous les ingrédients étaient réunis pour que les peuples tunisien et égyptien prennent la rue massivement et montrent la porte de sortie à leur président autocrate respectif. Mais personne n’aurait pu s’avancer, fin 2010, sur le fait que le début 2011 allait marquer ce que l’histoire, peut-être, retiendra comme le « printemps arabe ».

Pourquoi l’Égypte et non pas l’Arabie Saoudite ? Pourquoi la Tunisie et non pas la Syrie ? L’histoire est ainsi faite. Arrive un moment où le temps s’accélère et l’ordre ancien est renversé, mais nul ne peut prédire quand et où cela se produit. Dans le cas égyptien, certains observateurs constataient depuis au moins 2005 des fissures dans le régime Moubarak, mais bien peu auraient pu s’avancer sur le moment où le pays allait réellement basculer dans une nouvelle ère.

Le combat des écrivains égyptiens dans Actualité - Événement egypte6

Mais dans les révolutions politiques de l’époque contemporaine, il est aussi une autre constante. C’est celle qui voit une frange d’écrivains agir comme les catalyseurs menant au renversement de l’ordre ancien. Des auteurs qui, par leurs écrits ou leur engagement, participent à paver la voie du changement et à éveiller les consciences. Ce sont des éclaireurs qui mettent en lumière les travers de leur société ou de leurs gouvernants et confrontent leurs pairs devant l’état des choses.

Lire la suite : http://www.librairiemonet.com/blogue/2011/litterature/le-combat-des-ecrivains-egyptiens/

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Le livre numérique a une histoire dans les bibliothèques universitaires, c’est précieux 2/7

Posté par Serge Bénard le 20 février 2011

[Ce billet fait partie d’une série sur le livre numérique et les bibliothèques, retrouvez les épisodes précédents dans l’ordre sous le tag :Livre numérique et bibliothèques]

Le livre numérique a une histoire dans les bibliothèques universitaires, c’est précieux 2/7 dans Bibliothèques, médiathèques et leurs animateurs le_passe_muraille

Quand on parle du livre numérique, on a tendance à dresser une frontière entre bibliothèques publiques et universitaires. Cette frontière est catastrophique. Je l’ai dit, livre livre numérique c’est de l’information. Les bibliothèques ont une longue expérience de la gestion d’information dématérialisée pour des usagers avec des fournisseurs qui sont loin d’être en faillite et qui viennent opresque tous de l’édition traditionnelle. Se couper ce cet héritage nous fait perdre 20 ans d’expérience. Ces les bibliothèques publiques se doivent de mieux definir ce qu’elles veulent à partir de quelques constats, livré par Christophe Peralès et repris sur lesite de l’IABD… :


L’exemple de l’évolution de l’offre commerciale des revues électroniques académiques, secteur on ne peut plus prospère économiquement, illustre la rencontre réussie d’une offre et des usages auxquels elle entend répondre :

  • à la naissance du marché des revues scientifiques en ligne, vers 1998, les éditeurs ont tout d’abord été extrêmement réticents à permettre la reproductibilité (impression, copie) des articles de leurs bouquets de revues ; et puis ils se sont laissés convaincre et l’effondrement tant redouté du marché n’a pas eu lieu ;
  • après les usages, les éditeurs de revues électroniques ont voulu limiter l’accès à leurs produits aux murs des institutions d’enseignement supérieur et de recherche. Il a fallu un certain temps, notamment lorsqu’il s’agissait d’éditeurs francophones (c’est une constante) pour les convaincre que, moyennant la mise en place d’annuaires dans les établissements, un accès sur identifiant et mot de passe, même hors les murs de l’institution, ne mettrait aucunement en danger la rentabilité de leur activité. Ils ont tous fini par se laisser convaincre, et là encore, les craintes sont finalement apparues totalement infondées ;
  • aujourd’hui, les éditeurs de revues électroniques sont sur le point dese laisser convaincre de cesser de vouloir à tout prix que les usagers passent par leur portail. Un portail par éditeur, chacun avec sa présentation et ses modes de recherche spécifiques : quel usager pourrait s’y retrouver, quand déjà les bibliothécaires peinent ? C’est tenir bien peu compte de la « googlisation » des pratiques : une seule interface, un seul champ de recherche, et toutes les réponses possibles.

La suite :

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Bienfaisant – Éloge de la liberté

Posté par Serge Bénard le 20 février 2011

Bienfaisant - Éloge de la liberté dans On en parle Discours-de-la-servitude-volontaire La-vie-sans-principe dans On en parle Les-r%C3%AAveries-du-promeneur-solitaire

Avec les événements politiques en Tunisie et en Egypte, je ressens un désir de liberté et de renouveau. Le manifeste de Stéphane Hessel, Indignez-vous ! n’est peut-être pas non plus étranger à ce besoin de changement.

Discours-de-la-servitude-volontaire

Refusons d’obéir !

La Désobéissance civile de Henry David Thoreau est un traité de quelques pages seulement mais il a influencé nombre de leaders comme Martin Luther King et Gandhi. Pour manifester son opposition à l’État de Massachussets qui pratique l’esclavage et finance la guerre au Mexique, Thoreau décide de ne plus payer ses impôts qui servent à financer des causes inhumaines. Il n’encourage pas ses lecteurs à l’imiter : il montre qu’il est possible de se révolter de façon pacifique contre le pouvoir en place.

Selon lui, il ne faut pas obéir à des lois bêtement édictées mais chercher le bien. L’État fait des hommes des sujets, incapables de réfléchir par eux-mêmes.

Avant lui, un autre se questionnait sur cet aspect moutonnier de l’individu. Il s’agit d’Étienne de La Boétie, l’ami de Montaigne lequel ne pouvait expliquer leur amitié autrement que par cette affirmation : « parce que c’était lui, parce que c’était moi. »

Le Discours sur la servitude volontaire a beau avoir été écrit au 16ème siècle, il est toujours d’actualité et quel panache ! J’ai particulièrement apprécié le rythme enlevé et les  comparaisons animalières. Comme Thoreau, La Boétie s’interroge sur cette obéissance aveugle de la masse qui accepte sans broncher de se plier à la tyrannie d’un homme à la tête d’un pays. Alors que l’homme pourrait choisir la liberté, il s’assujettit et ce, par habitude et par mollesse.

Lire la suite : http://ebooks.sony.fr/blog/?p=1364

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Google numérisera les livres de Hachette

Posté par Serge Bénard le 20 février 2011


Troll de la semaine rédigé le 18/11/2010 à 15h18 par Arik Benayoun

Google et Hachette Livre ont annoncé avoir signé un protocole d’accord qui autorisera la firme de Mountain View à numériser les œuvres en langue française épuisées dont les droits sont détenus par les différentes maisons du groupe.
Les efforts de Google pour rassurer les éditeurs et les autorités semblent être payés en retour. Le géant américain et le premier éditeur français Hachette Livre ont annoncé avoir signé un protocole d’accord visant à autoriser le moteur de recherche à numériser les œuvres en français indisponibles à la vente dont les droits sont détenus par les différentes maisons d’éditions du groupe.
Selon Arnaud Nourry, PDG de Hachette, « il s’agit du premier accord de ce type signé entre Google et un éditeur français. » et il présente trois avantages : « il assure le respect du droit d’auteur français, permet à Google de poursuivre sa politique de numérisation et donne enfin une deuxième vie à de nombreux livres aujourd’hui indisponibles. »

40 000 à 50 000 livres
Selon certaines estimations, cet accord concernerait entre 40 000 et 50 000 ouvrages, une goutte d’eau pour Google qui a déjà numérisé 12 millions de livres dans le monde. Les lecteurs pourront accéder à ces ouvrages de deux manières différentes, soit sous forme l’électronique pour être lu sur une liseuse numérique ou bien en impression à la demande.
L’accord stipule qu’Hachette possèdera la version scannée du livre, qu’il conservera les droits numériques et qu’il fixera lui même le prix du Ebook.
Cependant, même si cet accord semble être juste et a vocation à être élargi à tous les éditeurs français qui le désirent, certains patrons comme Antoine Gallimard, président du Syndicat national de l’édition (SNE) restent méfiants et y voient une sorte de cheval de Troie : « Des œuvres indisponibles, l’accord ne doit pas faire tâche d’huile vers les œuvres disponibles  » a-t-il déclaré. Le SNE dont fait partie Hachette est actuellement en procès avec la multinationale américaine en raison de la numérisation sans autorisation d’ouvrages de l’éditeur La Martinière.
Entre cet accord et le partenariat signé avec la bibliothèque de Lyon, Google réussira-t-il à accéder aux ouvrages de la BNF ?

Source :

http://www.1001portails.com/rss-degroupnews-com-actualite-rss-php-f-114-8611603-google-num%E9risera-les-livres-de-hachette.html

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Grande-Bretagne – Tom Gamble (Amazir), finaliste du prix Romantic Novel of the Year

Posté par Serge Bénard le 20 février 2011

Tom Gamble, finaliste du prestigieux prix littéraire anglo-saxon « Romantic Novel of the Year » pour son roman « Amazir » – 15/02/2011

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Suite au succès de son dernier livre Amazir, Tom Gamble est nommé parmi les finalistes qui disputeront le prestigieux prix littéraire anglo-saxon, le Romantic Novel of the Year à Londres en mars 2011. Tom Gamble a rejoint l’ISIT en janvier 2010 et assure les cours audio-vidéo et culture en 3ème année ainsi que les cours de PPP en 4ème année. Il anime également l’atelier « Managing People » en 5ème année du cursus Management Interculturel.

Avec un MA en Gestion des Ressources Humaines et plusieurs accréditations en management, son parcours professionnel l’a conduit de la carrière d’enseignant (en primaire, secondaire et universitaire) à celle de traducteur multi-domaines et à la rédaction marketing.

Depuis 2005, il travaille dans le domaine de la conception pédagogique et de la formation en management, avec un focus sur l’éthique d’entreprise et la gestion du changement, et anime ainsi régulièrement des ateliers auprès d’entreprises telles qu’EADS, AVG, L’Oréal, BSN et EMC.

Il consacre ses loisirs au trekking et à l’écriture, mais offre également une
partie de son énergie à des associations qui s’attachent à améliorer la
scolarité des enfants au Cambodge et au Maroc – deux pays qu’il adore.

Lire la suite : http://www.isit-paris.fr/Tom-Gamble-finaliste-du.html

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