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Lire et relire – Honoré de Balzac, La fille aux yeux d’or (1834-35)

Posté par Serge Bénard le 19 février 2011

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CHAPITRE I – PHYSIONOMIES PARISIENNES

Un des spectacles où se rencontre le plus d’épouvantement est certes l’aspect général de la population parisienne, peuple horrible à voir, hâve, jaune, tanné. Paris n’est-il pas un vaste champ incessamment remué par une tempêted’intérêts sous laquelle tourbillonne une moisson d’hommes que la mort fauche plus souvent qu’ailleurs et qui renaissent toujours aussi serrés, dont les visages contournés, tordus, rendent par tous les pores l’esprit, les désirs, les poisons dont sont engrossés leurs cerveaux ; non pas des visages, mais bien des masques : masques de faiblesse, masques de force, masques de misère, masques de joie, masques d’hypocrisie ; tous exténués, tous empreints des signes ineffaçables d’une haletante avidité ? Que veulent-ils ? De l’or, ou du plaisir ? Quelques observations sur l’âme de Paris peuvent expliquer les causes de sa physionomie cadavéreuse qui n’a que deux âges, ou la jeunesse ou la caducité : jeunesse blafarde et sans couleur, caducité fardée qui veut paraître jeune. En voyant ce peuple exhumé, les étrangers, qui ne sont pas tenus de réfléchir, éprouvent tout d’abord un mouvement de dégoût pour cette capitale, vaste atelier de jouissance, d’où bientôt eux-mêmes ils ne peuvent sortir et, restent à s’y déformer volontiers. Peu de mots suffiront pour justifier physiologiquement la teinte presque infernale des figures parisiennes, car ce n’est pas seulement par plaisanterie que Paris a été nommé un enfer. Tenez ce mot pour vrai. Là, tout fume, tout brûle, tout brille, tout bouillonne, tout flambe, s’évapore, s’éteint, se rallume, étincelle, pétille et se consume. Jamais vie en aucun pays ne fut plus ardente, ni plus cuisante. Cette nature sociale toujours en fusion semble se dire après chaque oeuvre finie : — A une autre ! comme se le dit la nature elle-même. Comme la nature, cette nature sociale s’occupe d’insectes, de fleurs d’un jour, de bagatelles, d’éphémères, et jette aussi feu et flamme par son éternel cratère. Peut-être avant d’analyser les causes qui font une physionomie spéciale à chaque tribu de cette nation intelligente et mouvante, doit-on signaler la cause générale qui en décolore, blêmit, bleuit et brunit plus ou moins les individus. A force de s’intéresser à tout, le Parisien finit par ne s’intéresser à rien. Aucun sentiment ne dominant sur sa face usée par le frottement, elle devient grise comme 1e plâtre des maisons qui a reçu toute espèce de poussière et de fumée. En effet, indifférent la veille à ce dont il s’enivrera le lendemain, le Parisien vit en enfant quel que soit son âge. Il murmure de tout, se console de tout, se moque de tout, oublie tout, veut tout, goûte à tout, prend tout avec passion, quitte tout avec insouciance ; ses rois, ses conquêtes, sa gloire, son idole, qu’elle soit de bronze ou de verre ; comme il jette ses bas, ses chapeaux et sa fortune. A Paris, aucun sentiment ne résiste au jet des choses, et leur courant oblige à une lutte qui détend les passions : l’amour y est un désir, et la haine une velléité : il n’y a là de vrai parent que le billet de mille francs, d’autre ami que le Mont-de-Piété. Ce laissez-aller général porte ses fruits ; et, dans le salon, comme dans la rue personne n’y est de trop, personne n’y est absolument utile, ni absolument nuisible : les sots et les fripons comme les gens d’esprit ou de probité. Tout y est toléré, le gouvernement et la guillotine, la religion et le choléra. Vous convenez toujours à ce monde, vous n’y manquez jamais. Qui donc domine en ce pays sans moeurs, sans croyance, sans aucun sentiment ; mais d’où partent et où aboutissent tous les sentiments, toutes les croyances et toutes les moeurs ? L’or et le plaisir. Prenez ces deux mots comme une lumière et parcourez cette grande cage de plâtre, cette ruche à ruisseaux noirs, et suivez-y les serpenteaux de cette pensée qui l’agite, la soulève, la travaille ? Voyez. Examinez d’abord le monde qui n’a rien. L’ouvrier, le prolétaire, l’homme qui remue ses pieds, ses mains, sa langue, son dos, son seul bras, ses cinq doigts pour vivre ; eh ! bien, celui-là qui, le premier, devrait économiser le principe de sa vie, il outrepasse ses forces, attelle sa femme à quelque machine, use son enfant et le cloue à un rouage. Le fabricant, le je ne sais quel fil secondaire dont le branle agite ce peuple qui, de ses mains sales, tourne et dore les porcelaines, coud les habits et les robes, amincit le fer, amenuise le bois, tisse l’acier, solidifie le chanvre et le fil, satine les bronzes, festonne le cristal, imite les fleurs, brode la laine, dresse les chevaux, tresse les harnais et les galons. découpe le cuivre, peint les voitures, arrondit les vieux ormeaux, vaporise le coton, souffle les tuls, corrode le diamant, polit les métaux, transforme en feuilles le marbre, lèche les cailloux, toilette la pensée, colore, blanchit et noircit tout ; hé ! bien, ce sous-chef est venu promettre à ce monde de sueur et de volonté, d’étude et de patience, un salaire excessif, soit au nom des caprices de la ville, soit à la voix du monstre nommé Spéculation. Alors ces quadrumanes se sont mis à veiller, pâtir, travailler, jurer, jeûner, marcher ; tous se sont excédés pour gagner cet or qui les fascine. Puis, insouciants de l’avenir, avides de jouissances, comptant sur leurs bras comme le peintre sur la palette, ils jettent, grands seigneurs d’un jour, leur argent le lundi dans les cabarets, qui font une enceinte de boue à la ville ; ceinture de la plus impudique des Vénus, incessamment pliée et dépliée, où se perd comme au jeu la fortune périodique de ce peuple, aussi féroce au plaisir qu’il est tranquille au travail. Pendant cinq jours donc, aucun repos pour cette partie agissante de Paris ! Elle se livre à des mouvements qui la font se gauchir, se grossir, maigrir, pâlir, jaillir en mille jets de volonté créatrice. Puis son plaisir, son repos est une lassante débauche, brune de peau, noire de tapes, blême d’ivresse, ou jaune d’indigestion, qui ne dure que deux jours, mais qui vole le pain de l’avenir, la soupe de la semaine, les robes de la femme, les langes de l’enfant tous en haillons. Ces hommes, nés sans doute pour être beaux, car toute créature a sa beauté relative, se sont enrégimentés, dès l’enfance, sous le commandement de la force, sous le règne du marteau, des cisailles, de la filature, et se sont promptement vulcanisés. Vulcain, avec sa laideur et sa force, n’est-il pas l’emblème de cette laide et forte nation, sublime d’intelligence mécanique, patiente à ses heures, terrible un jour par siècle, inflammable comme la poudre, et préparée à l’incendie révolutionnaire par l’eau-de-vie, enfin assez spirituelle pour prendre feu sur un mot captieux qui signifie toujours pour elle : or et plaisir ! En comprenant tous ceux qui tendent la main pour une aumône, pour de légitimes salaires ou pour les cinq francs accordés à tous les genres de prostitution parisienne, enfin pour tout argent bien ou mal gagné, ce peuple compte trois cent mille individus. Sans les cabarets, le gouvernement, ne serait-il pas renversé tous les mardis ? Heureusement, le mardi, ce peuple est engourdi, cuve son plaisir, n’a plus le sou, et retourne au travail, au pain sec, stimulé par un besoin de procréation matérielle qui, pour lui, devient une habitude. Néanmoins ce peuple a ses phénomènes de vertu, ses hommes complets, ses Napoléons inconnus, qui sont le type de ses forces portées à leur plus haute expression, et résument sa portée sociale dans une existence où la pensée et le mouvement se combinent moins pour y jeter de la joie que pour y régulariser l’action de la douleur.
Le hasard a fait un ouvrier économe, le hasard l’a gratifié d’une pensée, il a pu jeter les yeux sur l’avenir, il a rencontré une femme, il s’est trouvé père, et après quelques années de privations dures il entreprend un petit commerce de mercerie, loue une boutique. Si ni la maladie ni le vice ne l’arrêtent en sa voie, s’il a prospéré, voici le croquis de cette vie normale.

Et, d’abord, saluez ce roi du mouvement parisien, qui s’est soumis le temps et l’espace. Oui, saluez cette créature composée de salpêtre et de gaz qui donne des enfants à la France pendant ses nuits laborieuses, et remultiplie pendant le jour son individu pour le service, la gloire et le plaisir de ses concitoyens. Cet homme résout le problème de suffire, à la fois, à une femme aimable, à son ménage, au Constitutionnel, à son bureau, à la Garde nationale, à l’Opéra, à Dieu ; mais pour transformer en écus le Constitutionnel, le Bureau, l’Opéra, la Garde nationale, la femme et Dieu. Enfin, saluez un irréprochable cumulard. Levé tous les jours à cinq heures, il a franchi comme un oiseau l’espace qui sépare son domicile de la rue Montmartre. Qu’il vente ou tonne, pleuve ou neige, il est au Constitutionnel et y attend la charge de journaux dont il a soumissionné la distribution. Il reçoit ce pain politique avec avidité, le prend et le porte. A neuf heures, il est au sein de son ménage, débite un calembour à sa femme, lui dérobe un gros baiser, déguste une tasse de café ou gronde ses enfants. A dix heures moins un quart, il apparaît à la mairie. Là, posé sur un fauteuil, comme un perroquet sur son bâton, chauffé par la ville de Paris, il inscrit jusqu’à quatre heures, sans leur donner une larme ou un sourire, les décès et les naissances de tout un arrondissement. Le bonheur, le malheur du quartier passe par le bec de sa plume, comme l’esprit du Constitutionnel voyageait naguère sur ses épaules. Rien ne lui pèse ! Il va toujours droit devant lui, prend son patriotisme tout fait dans le journal, ne contredit personne, crie ou applaudit avec tout le monde, et vit en hirondelle. A deux pas de sa paroisse, il peut, en cas d’une cérémonie importante, laisser sa place à un surnuméraire, et aller chanter un requiem au lutrin de l’église, dont il est, le dimanche et les jours de fête, le plus bel ornement, la voix la plus imposante, où il tord avec énergie sa large bouche en faisant tonner un joyeux Amen. Il est chantre. Libéré à quatre heures de son service officiel, il apparaît pour répandre la joie et la gaieté au sein de la boutique la plus célèbre qui soit en la Cité. Heureuse est sa femme, il n’a pas le temps d’être jaloux ; il est plutôt homme d’action que de sentiment. Aussi, dès qu’il arrive, agace-t-il les demoiselles de comptoir, dont les yeux vifs attirent force chalands ; se gaudit au sein des parures, des fichus, de la mousseline façonnée par ces habiles ouvrières ; ou, plus souvent encore avant de dîner, il sert une pratique, copie une page du journal ou porte chez l’huissier quelque effet en retard. A six heures, tous les deux jours, il est fidèle à son poste. Inamovible basse-taille des choeurs, il se trouve à l’Opéra, prêt à y devenir soldat, Arabe, prisonnier, sauvage, paysan, ombre, patte de chameau, lion, diable, génie, esclave, eunuque noir ou blanc, toujours expert à produire de la joie, de la douleur, de la pitié, de l’étonnement, à pousser d’invariables cris, à se taire, à chasser, à se battre, à représenter Rome ou l’Égypte ; mais toujours -_in petto_, mercier. A minuit, il redevient bon mari, homme, tendre père, il se glisse dans le lit conjugal, l’imagination encore tendue par les formes décevantes des nymphes de l’Opéra, et fait ainsi tourner, au profit de l’amour conjugal, les dépravations du monde et les voluptueux ronds de jambe de la Taglioni. Enfin, s’il dort, il dort vite, et dépêche son sommeil comme il a dépêché sa vie. N’est-ce pas le mouvement fait homme, l’espace incarné, le protée de la civilisation ? Cet homme résume tout : histoire, littérature, politique, gouvernement, religion, art militaire. N’est-ce pas une encyclopédie vivante, un atlas grotesque, sans cesse en marche comme Paris et qui jamais ne repose ? En lui tout est jambes. Aucune physionomie ne saurait se conserver pure en de tels travaux. Peut-être l’ouvrier qui meurt vieux à trente ans, l’estomac tanné par les doses progressives de son eau-de-vie, sera-t-il trouvé, au dire de quelques philosophes bien rentés, plus heureux que ne l’est le mercier. L’un périt d’un seul coup et l’autre en détail. De ses huit industries, de ses épaules, de son gosier, de ses mains, de sa femme et de son commerce, celui-ci retire, comme d’autant de fermes, des enfants, quelques mille francs et le plus laborieux bonheur qui ait jamais recréé coeur d’homme. Cette fortune et ces enfants, ou les enfants qui résument tout pour lui, deviennent la proie du monde supérieur, auquel il porte ses écus et sa fille, ou son fils élevé au collège, qui, plus instruit que ne l’est son père, jette plus haut ses regards ambitieux. Souvent le cadet d’un petit détaillant veut être quelque chose dans l’État.

Cette ambition introduit la pensée dans la seconde des sphères parisiennes. Montez donc un étage et allez à l’entresol ; ou descendez du grenier et restez au quatrième ; enfin, pénétrez dans le monde qui a quelque chose : là, même résultat. Les commerçants en gros et leurs garçons, les employés, les gens de la petite banque et de grande probité, les fripons, les âmes damnées, les premiers et les derniers commis, les clercs de l’huissier, de l’avoué, du notaire, enfin les membres agissants, pensants, spéculants de cette petite bourgeoisie qui triture les intérêts de Paris et veille à son grain, accapare les denrées, emmagasine les produits fabriqués par les prolétaires, encaque les fruits du Midi, les poissons de l’Océan, les vins de toute côte aimée du soleil ; qui étend les mains sur l’Orient, y prend les châles dédaignés par les Turcs et les Russes ; va récolter jusque dans les Indes, se couche pour attendre la vente, aspire après le bénéfice, escompte les effets, roule et encaisse toutes les valeurs ; emballe en détail Paris tout entier, le voiture, guette les fantaisies de l’enfance, épie les caprices et les vices de l’âge mur, en pressure les maladies ; eh bien, sans boire de l’eau-de-vie comme l’ouvrier, ni sans aller se vautrer dans la fange des barrières, tous excèdent aussi leurs forces ; tendant outre-mesure leur corps et leur moral, l’un par l’autre ; se dessèchent de désirs, s’abîment de courses précipitées. Chez eux, la torsion physique s’accomplit sous le fouet des intérêts, sous le fléau des ambitions qui tourmentent les mondes élevés de cette monstrueuse cité, comme celle des prolétaires s’est accomplie sous le cruel balancier des élaborations matérielles incessamment désirées par le despotisme du _je le veux_ aristocrate. Là donc aussi, pour obéir à ce maître universel, le plaisir ou l’or, il faut dévorer le temps, presser le temps, trouver plus de vingt-quatre heures dans le jour et la nuit, s’énerver, se tuer, vendre trente ans de vieillesse pour deux ans d’un repos maladif. Seulement l’ouvrier meurt à l’hôpital, quand son dernier terme de rabougrissement s’est opéré, tandis que le petit bourgeois persiste à vivre et vit, mais crétinisé : vous le rencontrez la face usée, plate, vieille, sans lueur aux yeux, sans fermeté dans la jambe, se traînant d’un air hébété sur le boulevard, la ceinture de sa Vénus, de sa ville chérie. Que voulait le bourgeois ? le briquet du garde national, un immuable pot-au-feu, une place décente au Père-Lachaise, et pour sa vieillesse un peu d’or légitimement gagné. Son lundi, à lui, est le dimanche ; son repos est la promenade en voiture de remise, la partie de campagne, pendant laquelle femme et enfants avalent joyeusement de la poussière ou se rôtissent au soleil ; sa barrière est le restaurateur dont le vénéneux dîner a du renom, ou quelque bal de famille où l’on étouffe jusqu’à minuit. Certains niais s’étonnent de la Saint-Guy dont sont atteints les monades que le microscope fait apercevoir dans une goutte d’eau, mais que dirait le Gargantua de Rabelais, figure d’une sublime audace incomprise, que dirait ce géant, tombé des sphères célestes, s’il s’amusait à contempler le mouvement de cette seconde vie parisienne, dont voici l’une des formules ? Avez-vous vu ces petites baraques, froides en été, sans autre foyer qu’une chaufferette en hiver, placées sous la vaste calotte de cuivre qui coiffe la halle au blé ? Madame est là dès le matin, elle est factrice aux halles et gagne à ce métier douze mille francs par an, dit-on. Monsieur, quand madame se lève, passe dans un sombre cabinet, où il prête à la petite semaine, aux commerçants de son quartier. A neuf heures, il se trouve au bureau des passeports, dont il est un des sous-chefs. Le soir, il est à la caisse du Théâtre Italien, ou de tout autre théâtre qu’il vous plaira choisir. Les enfants sont mis en nourrice, et en reviennent pour aller au collège ou dans un pensionnat. Monsieur et madame demeurent à un troisième étage, n’ont qu’une cuisinière, donnent des bals dans un salon de douze pieds sur huit, et éclairé par des quinquets ; mais ils donnent cent cinquante mille francs à leur fille, et se reposent à cinquante ans, âge auquel ils commencent à paraître aux troisièmes loges à l’Opéra, dans un fiacre à Longchamp, ou en toilette fanée, tous les jours de soleil, sur les boulevards, l’espalier de ces fructifications. Estimés dans le quartier, aimés du gouvernement, alliés à la haute bourgeoisie, Monsieur obtient à soixante-cinq ans la croix de la Légion d’Honneur, et le père de son gendre, maire d’un arrondissement l’invite à ses soirées. Ces travaux de toute une vie profitent donc à des enfants que cette petite bourgeoisie tend fatalement à élever jusqu’à la haute. Chaque sphère jette ainsi tout son frai dans sa sphère supérieure. Le fils du riche épicier se fait notaire, le fils du marchand de bois devient magistrat. Pas une dent ne manque à mordre sa rainure, et tout stimule le mouvement ascensionnel de l’argent.

Nous voici donc amenés au troisième cercle de cet enfer, qui, peut-être un jour, aura son DANTE. Dans ce troisième cercle social, espèce de ventre parisien, où se digèrent les intérêts de la ville et où ils se condensent sous la forme dite _affaires_, se remue et s’agite par un âcre et fielleux mouvement intestinal, la foule des avoués, médecins, notaires, avocats, gens d’affaires, banquiers, gros commerçants, spéculateurs, magistrats. Là, se rencontrent encore plus de causes pour la destruction physique et morale que partout ailleurs. Ces gens vivent, presque tous, en d’infectes études, en des salles d’audiences empestées, dans de petits cabinets grillés, passent le jour courbés sous le poids des affaires, se lèvent dès l’aurore pour être en mesure, pour ne pas se laisser dévaliser, pour tout gagner ou pour ne rien perdre, pour saisir un homme ou son argent, pour emmancher ou démancher une affaire, pour tirer parti d’une circonstance fugitive, pour faire pendre ou acquitter un homme. Ils réagissent sur les chevaux, ils les crèvent, les surmènent, leur vieillissent, aussi à eux, les jambes avant le temps. Le temps est leur tyran, il leur manque, il leur échappe ; ils ne peuvent ni l’étendre, ni le resserrer. Quelle âme peut rester grande, pure, morale, généreuse, et conséquemment quelle figure demeure belle dans le dépravant exercice d’un métier qui force à supporter le poids des misères publiques, à les analyser, les peser, les estimer, les mettre en coupe réglée ? Ces gens-là déposent leur coeur, où ?… je ne sais ; mais ils le laissent quelque part, quand ils en ont un, avant de descendre tous les matins au fond des peines qui poignent les familles. Pour eux, point de mystères, ils voient l’envers de la société dont ils sont les confesseurs, et la méprisent. Or, quoi qu’ils fassent, à force de se mesurer avec la corruption, ils en ont horreur et s’attristent ; ou par lassitude, par transaction secrète, ils l’épousent ; enfin, nécessairement, ils se blasent sur tous les sentiments, eux que les lois, les hommes, les institutions font voler comme des choucas sur les cadavres. Ils s’usent et se démoralisent. Ni le grand négociant, ni le juge, ni l’avocat ne conservent leur sens droit : ils ne sentent plus, ils appliquent les règles que faussent les espèces. Emportés par leur existence torrentueuse, ils ne sont ni époux, ni pères, ni amants ; ils glissent à la ramasse sur les choses de la vie, et vivent à toute heure, poussés par les affaires de la grande cité. Quand ils rentrent chez eux, ils sont requis d’aller au bal, à l’Opéra, dans les fêtes où ils vont se faire des clients, des connaissances, des protecteurs. Tous mangent démesurément, jouent, veillent, et leurs figures s’arrondissent, s’aplatissent, se rougissent. A de si terribles dépenses de forces intellectuelles, à des contractions morales si multipliées, ils opposent non pas le plaisir, il est trop pâle et ne produit aucun contraste, mais la débauche, débauche secrète, effrayante, car ils peuvent disposer de tout, et font la morale de la société. Leur stupidité réelle se cache sous une science spéciale. Ils savent leur métier, mais ils ignorent tout ce qui n’en est pas. Alors, pour sauver leur amour-propre, ils mettent tout en question, critiquent à tort et à travers ; paraissent douteurs et sont gobe-mouches en réalité, noient leur esprit dans leurs interminables discussions. Presque tous adoptent commodément les préjugés sociaux, littéraires ou politiques pour se dispenser d’avoir une opinion ; de même qu’ils mettent leurs consciences à l’abri du code, ou du tribunal de commerce. Partis de bonne heure pour être des hommes remarquables, ils deviennent médiocres, et rampent sur les sommités du monde. Aussi leurs figures offrent-elles cette pâleur aigre, ces colorations fausses, ces yeux ternis, cernés, ces bouches bavardes et sensuelles où l’observateur reconnaît les symptômes de l’abâtardissement de la pensée et sa rotation dans le cirque d’une spécialité qui tue les facultés génératives du cerveau, le don de voir en grand, de généraliser et de déduire. Ils se ratatinent presque tous dans la fournaise des affaires. Aussi jamais un homme qui s’est laissé prendre dans les conquassations ou dans l’engrenage de ces immenses machines, ne peut-il devenir grand. S’il est médecin, ou il a peu fait la médecine, ou il est une exception, un Bichat qui meurt jeune. Si, grand négociant, il reste quelque chose, il est presque Jacques Coeur. Robespierre exerça-t-il ? Danton était un paresseux qui attendait. Mais qui d’ailleurs a jamais envié les figures de Danton et de Robespierre, quelque superbes qu’elles puissent être ? Ces affairés par excellence attirent à eux l’argent et l’entassent pour s’allier aux familles aristocratiques. Si l’ambition de l’ouvrier est celle du petit bourgeois, ici, mêmes passions encore. A Paris, la vanité résume toutes les passions. Le type de cette classe serait soit le bourgeois ambitieux, qui, après une vie d’angoisses et de manoeuvres continuelles, passe au Conseil d’État comme une fourmi passe par une fente ; soit quelque rédacteur de journal, roué d’intrigues, que le roi fait Pair de France, peut-être pour se venger de la noblesse ; soit quelque notaire devenu Maire de son arrondissement, tous gens laminés par les affaires et qui, s’ils arrivent à leur but, y arrivent _tués_. En France, l’usage est d’introniser la perruque. Napoléon, Louis XIV, les grands rois seuls ont toujours voulu des jeunes gens pour mener leurs desseins.

Au-dessus de cette sphère, vit le monde artiste. Mais là encore, les visages, marqués du sceau de l’originalité, sont noblement brisés, mais brisés, fatigués, sinueux. Excédés par un besoin de produire, dépassés par leurs coûteuses fantaisies, lassés par un génie dévoreur, affamés de plaisir, les artistes de Paris veulent tous regagner par d’excessifs travaux les lacunes laissées par la paresse, et cherchent vainement à concilier le monde et la gloire, l’argent et l’art. En commençant, l’artiste est sans cesse haletant sous le créancier ; ses besoins enfantent les dettes, et ses dettes lui demandent ses nuits. Après le travail, le plaisir. Le comédien joue jusqu’à minuit, étudie le matin, répète à midi ; le sculpteur plie sous sa statue ; le journaliste est une pensée en marche comme le soldat en guerre ; le peintre en vogue est accablé d’ouvrage, le peintre sans occupation se ronge les entrailles s’il se sent homme de génie. La concurrence, les rivalités, les calomnies assassinent ces talents. Les uns, désespérés, roulent dans les abîmes du vice, les autres meurent jeunes et ignorés pour s’être escompté trop tôt leur avenir. Peu de ces figures, primitivement sublimes, restent belles. D’ailleurs la beauté flamboyante de leurs têtes demeure incomprise. Un visage d’artiste est toujours exorbitant, il se trouve toujours en dessus ou en dessous des lignes convenues pour ce que les imbéciles nomment le beau idéal. Quelle puissance les détruit ? La passion. Toute passion à Paris se résout par deux termes : or et plaisir.

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Citation du 20 Février

Posté par Serge Bénard le 19 février 2011

L’écrivain de par la nature de sa profession est un rêveur et un rêveur conscient. Il doit imaginer, et l’imagination nécessite de l’humilité, de l’amour et un grand courage.

Carson McCullers

Reflets dans un œil d’or

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94e anniversaire de la naissance de Carson McCullers

Posté par Serge Bénard le 19 février 2011

Carson McCullers est une romancière américaine (née le 19 février 1917 à Columbus, Géorgie, morte le 29 septembre 1967 à Nyack, New York). Romancière et nouvelliste de premier plan, elle est la première fille de Marguerite Waters Smith et Lamar Smith.

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Œuvres

Romans
1940 : Le Cœur est un chasseur solitaire (The Heart Is a Lonely Hunter)
1941 : Reflets dans un œil d’or (Reflections in a Golden Eye)
1946 : Frankie Addams
1961 : L’Horloge sans aiguilles (Clock Without Hands)
Nouvelles
1951 : La Ballade du café triste (The Ballad of the Sad Cafe)

D’après Wikipédia.

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115e anniversaire de la naissance de André Breton

Posté par Serge Bénard le 19 février 2011

André Breton est un écrivain, poète, essayiste et théoricien du surréalisme, né à Tinchebray dans l’Orne, le 19 février 1896, mort à Paris le 28 septembre 1966.Il est connu, en particulier, pour ses livres Nadja (1928), L’Amour fou (1937), et les différents Manifestes du surréalisme. Son rôle de chef de file du mouvement surréaliste, et l’importance de son œuvre critique et théorique en matière d’écriture et d’arts plastiques notamment, en font une figure majeure de l’art et de la littérature au XXe siècle.

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Œuvres

Les œuvres complètes d’André Breton ont été publiées par Gallimard en quatre tomes dans la Bibliothèque de la Pléiade sous la direction de Marguerite Bonnet pour les deux premiers tomes et Étienne-Alain Hubert pour les deux tomes suivants. (OCLC 20526303)

Poésie et récits

Mont de piété, 1919Les Champs magnétiques, avec Philippe Soupault, écrits en 1919, publiés en 1920
Clair de terre, 1923
Les Pas perdus, 1924
Poisson soluble, 1924
Nadja, 1928, réédition 196364
Le Trésor des jésuites, en collaboration avec Louis Aragon, 1929
Ralentir travaux, en collaboration avec René Char et Paul Éluard, 1930
L’Immaculée conception, en collaboration avec Paul Éluard, 1930
L’Union libre, 1931
Le Revolver à cheveux blancs, 1932
Les Vases communicants, 1932
L’Air de l’eau, 1934
Point du jour, 1934
Au lavoir noir, 1936
Le Château étoilé, 1937
L’Amour fou, 1937
Fata morgana, 1940
Pleine marge, 1943
Arcane 17, 1944-47
Young cherry trees secured against hares, 1946
Martinique, charmeuse de serpents, avec des dessins d’André Masson, 1948
La Lampe dans l’horloge, 1948
Au regard des divinités, 1949
La Clé des champs, 1953
Adieu ne plaise, 1954
Constellations, 22 textes en écho à 22 gouaches de Joan Miró, 1959
Le La, 1961

Essais

Manifeste du surréalisme, 1924, augmenté de la Lettre aux voyantes, 1929
Légitime défense, 1926
Le Surréalisme et la Peinture, 1928, dernière édition revue et augmentée de 1965
Second manifeste du Surréalisme, 1930
Misère de la poésie, 1932
Qu’est-ce que le surréalisme ?, 1934
Position politique du surréalisme, 1935
Notes sur la poésie, en collaboration avec Paul Éluard, 1936
Trajectoire du rêve, 1938

Dictionnaire abrégé du surréalisme, 1938
Anthologie de l’humour noir, 1940, édition augmentée 1950
Situation du surréalisme entre les deux guerres, 1945
Yves Tanguy, 1947
Ode à Charles Fourier, 1947
Flagrant délit, 1949
Prolégomènes à un troisième manifeste du surréalisme ou non, précédé d’une réédition des deux Manifestes, 1946
Entretiens avec André Parinaud, 1952, retranscriptions d’entretiens radiodiffusés65
Du surréalisme en ses œuvres vives, 1954
L’Art magique, en collaboration avec Gérard Legrand, 1957, rééditions 1992 et 2003


Correspondance

Lettres à Aube (1938-1966), Gallimard, coll. « Blanche », Paris (ISBN 9782070125012)

D’après Wikipédia.

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Sept partenaires rejoignent Gallica

Posté par Serge Bénard le 19 février 2011

Sept nouveaux partenaires sont récemment venus enrichir l’offre de Gallica.
Côté bibliothèques numériques, celles de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, de l’Enssib, de la Médiathèque Gabriel Tarde de l’École Nationale de l’Administration Pénitentiaire à Agen, et le programme NUMDAM porté par la cellule MathDoc. Côté éditeurs, nous avons le plaisir d’accueillir trois nouveaux e-distributeurs: Immateriel.fr, Izneo et Izibook.

bsg

La Bibliothèque Sainte-Geneviève doit son nom et tient ses collections d’une des plus importantes et des plus anciennes abbayes parisiennes. Elle conserve environ deux millions de documents et l’un des premiers fonds patrimoniaux de France. Les axes de numérisation de la Bibliothèque sont le reflet de la diversité et de la richesse de ses fonds : 242 incunables uniques ou singuliers, 285 récits de voyages nordiques s’étalant du 16e siècle au 19e siècle, 600 livres rares du 19e siècle, un vaste ensemble documentaire relatif à l’architecte Henri Labrouste et 900 factums des 17e et 18e siècles qui seront numérisés fin 2011.
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enssib

L’Enssib, École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques, a reçu pour mission de former les conservateurs et les bibliothécaires de l’État et des collectivités territoriales, les cadres des services de documentation et d’information scientifique et technique, et de développer la recherche en sciences de l’information, bibliothéconomie et histoire du livre. La bibliothèque numérique de l’Enssib réunit des ressources numériques de qualité en sciences de l’information et des bibliothèques afin de constituer un centre de ressources pour les professionnels de la documentation et des bibliothèques.
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enap

La Médiathèque Gabriel Tarde de l’École Nationale de l’Administration Pénitentiaire à Agen est un outil d’information à la disposition des enseignants, chercheurs, élèves et personnels pénitentiaires ainsi qu’à toute personne extérieure effectuant des recherches dans le domaine pénitentiaire. Elle propose un fonds contemporain (droit pénal, administration pénitentiaire, application des peines, connaissance de la population pénale, droits et obligations des détenus, politiques sociales et d’insertion…) et un fonds spécialisé sur l’histoire des crimes et des peines.
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numdam

Le programme NUMDAM, bibliothèque numérique de périodiques de mathématiques, propose l’accès à un nombre important de revues de recherche en mathématiques, revues françaises et européennes de premier plan telles que les Annales de l’ENS ou Compositio Mathematica. Les collections couvrent un spectre très large allant des mathématiques fondamentales aux statistiques, probabilités en passant par l’informatique théorique ou les sciences humaines. Les archives de ces revues sont librement navigables ainsi que les textes des articles qui sont librement accessibles à l’exception des plus récents (dans la plupart des cas, il faut attendre 5 ans pour que le texte intégral d’un article soit disponible localement). Porté par la cellule MathDoc, ce programme a le soutien du CNRS et de l’université Joseph Fourier.
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immateriel

immatériel·fr, l’une des principales plates-formes de distribution de livres numériques en France, également concepteur de librairies en ligne de nouvelle génération, se donne pour mission de faciliter la diffusion des œuvres numériques à travers tous types d’accès.
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izibook

Nuxos Publishing Technologies (NPT) est une jeune entreprise innovante spécialisée dans l’édition de solutions logicielles pour les professionnels de l’édition. NPT est le concepteur de la plateforme logicielle IziBook® et travaille au développement commercial et technologique de cette offre.
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izneo

Né en mars 2010 de l’association de douze éditeurs de bandes dessinées (Bamboo, Casterman, Circonflexe, Dargaud, Dupuis, Fei, Fluide Glacial, Grand Angle, Jungle, Kana, Le Lombard et Lucky Comics), Izneo propose avec plus de 1800 titres le plus grand catalogue de bandes dessinées numériques.
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Bambou : 100 000 visites

Posté par Serge Bénard le 19 février 2011

A l’occasion du franchissement de ses 100 000 visites* (avec une pensée toute particulière pour notre très prospère visiteur), Bambou propose à ses aimables lecteurs et lectrices de répondre à ce petit sondage.

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Bambou ?

Bambou est un blog spécialisé dans le domaine des sciences de l’information et de la documentation ; ouvert à tous et plus particulièrement aux agents du réseau des médiathèques Ouest Provence, il a pour objectifs principaux de favoriser la formationcontinue, la veille informationnelle, le partage des savoirs et la communication intra-professionnelle.

Mais encore ?

Bambou pousse sous tous les climats et peut résister à des températures inférieures à -20 degrés ; Il a des tiges souterraines, appelées rhizomes (une caractéristique botanique autant qu’un concept deleuzien) ; sa vitesse de croissance est spectaculaire, jusqu’à un mètre (ou une page) par jour. A la fois résistant, léger et flexible, Bambou peut être utilisé :

  • pour les échafaudages des gratte-ciels, les ponts, cases et autres pilotis,
  • pour dessiner à l’encre de chine,
  • pour produire de la pâte à papier, des vêtements, du linge de maison, des meubles, du parquet, des cannes à pêche, des arcs, des instruments de musique à vent ou à percussion,
  • pour dépolluer l’eau, tel que breveté par une entreprise de… Miramas !
  • pour définir (schématiquement) une structure horizontale et… en réseau (cf.Deleuze)
  • et enfin, pour l’épanouissement professionnel des médiathécaires du réseau Ouest Provence…

En bref, Bambou est un blog écologique, collaboratif, entièrement renouvelable

En somme, contribuer à l’activité de Bambou, c’est agir en faveur du développement durable


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Un livre japonais se penche sur la mort de Tolstoï

Posté par Serge Bénard le 19 février 2011

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15/02/2011 | Leo West (Aujourd’hui le Japon).

Le livre « Torusutoi-ke no Hakobune » (« L’arche de la famille de Tolstoï ») de Fumiko Davis retrace les derniers moments de la vie du célèbre auteur russe et propose une vision alternative sur les relations qui liaient Tolstoï à sa femmeSophia.

L’auteur japonaise a effectué de nombreuses recherches pour écrire son œuvre et elle s’est en autre procuré les journaux de la femme de l’auteur ainsi que ceux de son assistant Valentin Blugakov, ou encore les mémoires de la plus jeune fille du couple, Aleksandra.

La publication de la traduction en Russe de cet ouvrage est un projet réunissant le ministère des affaires étrangères et l’ambassade Russe au Japon. « Le livre a été très bien reçu au Japon et il contient des choses peu connues en Russie » explique Natalia Belaya, la femme de l’ambassadeur au Japon qui a participé au projet.

Le livre sera en vente en Russie au printemps.

Source :

http://japon.aujourdhuilemonde.com/un-livre-japonais-se-penche-sur-la-mort-de-tolstoi?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed:+AujourdhuiLeJapon+(Aujourd’hui+le+Japon)

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Lu dans « le libraire » (Québec) : Nos libraires préférés

Posté par Serge Bénard le 19 février 2011


C’est bien connu: nous, au magazine Le libraire, on aime… les libraires! Pas fou hein?
Ceci-dit, la seule chose qu’on aime encore plus que nos libraires de quartier, ce sont les libraires des romans!

Cet étrange animal qui se cache derrière les pages est un personnage fascinant à exploiter pour les auteurs. En voici quelques-uns de nos préférés.

Daniel Sempere
En 1945, un modeste boutiquier de livres d’occasion emmène son fils au Cimetière des Livres Oubliés, un lieu mystérieux et gothique où les livres attendent d’être adoptés. « Un hommage aux vrais libraires et aux auteurs qui changent la vie ».
L’ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon, Grasset

Le libraire anonyme
Un jeune homme vit cloîtré dans une librairie insolite depuis trois ans. Jours et nuits, il accueille les manuscrits qui ont été refusés par les éditeurs et les dépose sur les tablettes de son antre. Mais lorsqu’une femme à la beauté irrésistible vient lui confier son livre, les ennuis commencent. 
L’avortement, Richard Brautigan, Seuil

Sultan Khan
Aux lendemains de la défaite des talibans, une journaliste étrangère partage le quotidien d’un libraire de Kaboul et de sa famille. «Quand les communistes sont arrivés, raconte-t-il, ils ont brûlé tous mes livres, après il y a eu les moudjahidin, trop occupés à se battre entre eux pour se soucier de moi, mais une fois le régime des taliban installé, mes livres étaient de nouveau condamnés au bûcher.»
Le libraire de Kaboul, Asne Seierstad, JC Lattès

Hervé Jodoin
Dans les années 1960, un homme au chômage obtient un emploi de libraire dans une petite boutique de St-Joachim. Un jour, par mégarde, il vend un ouvrage « à l’index » à un jeune étudiant. « L’anti héros de cette aventure littéraire fait escale à travers le miroir d’une réalité déformée, voyage vers la contre utopie. »
Le libraire, Gérard Bessette, Pierre Tisseyre

Jack Waterman
Quand un jeune étudiant entre par hasard dans une petite librairie du Vieux-Québec, il y découvre, entre le poêle et les vieux fauteuils, un univers feutré où tous les angles sont adoucis, même ceux des bouquins. Le propriétaire, ce vieil écrivain, partagera avec le jeune homme sont amour des lettres. »Est-ce que les mots construisent un mur autour de vous? Est-ce qu’ils vous enferment dans une tour? »
Les yeux bleus de Mistassini, Jacques Poulain, Actes sud

Source : http://www.lelibraire.org/detail_actualites.asp#3470

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Nouveau séminaire sur l’imaginaire des bibliothèques

Posté par Serge Bénard le 19 février 2011

Un nouveau séminaire de doctorat sur “L’imaginaire de la bibliothèque” commencera le samedi 12 mars 2011 pour un cycle de quatre séances. Il se déroulera à la Bibliothèque de l’Arsenal.

18FÉVRIER201Un nouveau séminaire de doctorat sur “L’imaginaire de la bibliothèque” commencera le samedi 12 mars 2011 pour un cycle de quatre séances. Il se déroulera à la Bibliothèque de l’Arsenal.

The Future of the Book - Judith Donath, Martin Wattenberg, Gilad Lotan

The Future of the Book – Judith Donath, Martin Wattenberg, Gilad Lotan

Tout au long de quatre séances, le séminaire s’attachera à analyser combien la bibliothèque est un lieu des métamorphoses. La bibliothèque n’est pas ou n’est plus (si elle l’a jamais été) une réserve inerte et morne des livres publiés. Elle est, demeure et devient de plus en plus un réservoir vivant de sources créatrices et de ressources inventives pour qui veut s’en emparer avec tous les instruments possibles et imaginables de la modernité numérique ou traditionnelle afin de penser, d’instaurer et d’imag(ine)er de nouveaux outils, des objets neufs, des formes dissonantes, des langues inédites, des métiers novateurs, etc.

  • un laboratoire du futur

Matricielle et motrice, la bibliothèque, par ces praticiens multiples et divers, transforme le passé en le rendant actif et modifie, en la vitalisant, la mémoire qu’elle a accumulée. Le patrimoine y devient un laboratoire où se dessinent les futurs de la nécessité qui nous projette au delà de nos acquis, heureusement conservés par la bibliothèque et par là même livrés au pouvoir des créateurs. Le séminaire proposé se chargera d’en faire la démonstration en faisant appel aux plasticiens, aux photographes, aux architectes, aux cinéastes, aux hommes de lettres qui ont su en faire un usage renouvelé et polymorphe.

Lire la suite : http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2011/02/18/nouveau-seminaire-sur-l-imaginaire-des-bibliotheques/

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Moyens accordés aux centres de documentation et d’information

Posté par Serge Bénard le 19 février 2011

Question écrite publiée au JO du Sénat le 13/05/2010 et réponse du Ministère de l’éducation publiée au JO du 10/02/2011

11 février 2011

Question écrite n° 13482 de M. Gérard Miquel (Lot – SOC) publiée dans le JO Sénat du 13/05/2010 – page 1194

M. Gérard Miquel appelle l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale sur les menaces que font peser sur la discipline de la formation à la recherche documentaire les restrictions de moyens appliquées aux établissements scolaires. Ils ne permettent manifestement plus de répondre correctement aux besoins pédagogiques de la communauté scolaire, dans les domaines de la formation à la recherche documentaire, de l’éducation aux médias et de l’incitation à la lecture. De plus, depuis plusieurs années, les recrutements aux CAPES de documentation ont été considérablement revus à la baisse. En 2010, le CAPES externe de documentation ne proposera que 192 postes alors que les départs à la retraite pour la rentrée 2011 sont évalués à 426. Un professeur documentaliste sur trois seulement sera remplacé par la voie du concours, ce qui va accentuer la dégradation du fonctionnement pédagogique de très nombreux centres de documentation et d’information (CDI). Dans ces conditions, il lui demande de bien vouloir lui indiquer les mesures qu’il envisage de prendre afin de conforter le rôle assigné aux enseignants documentalistes dans la formation des élèves.

Et réponse du Ministère de l’éducation nationale publiée dans le JO Sénat du 10/02/2011 – page 341

En élevant au niveau master la formation initiale des personnels d’éducation (enseignants et conseillers principaux d’éducation), la réforme du recrutement a pour but de reconnaître le haut niveau de qualification nécessaire à l’exercice de ces métiers. 

Les dispositifs d’accompagnement devraient permettre d’assurer la démocratisation des recrutements et de garantir aux étudiants qui se destinent au métier d’enseignant une découverte progressive de leur futur métier grâce à un temps de formation supérieur à celui dont leurs collègues bénéficient aujourd’hui avant leur titularisation. Elle s’accompagne d’une revalorisation des carrières.

La réforme du recrutement et de la formation des enseignants concerne également les documentalistes.

L’Moyens accordés aux centres de documentation et d'information dans Documentation, documentalistes RTEmagicC_6b2a4ca36a.gifarrêté du 12 mai 2010 (paru au BOEN n° 29 du 22 juillet 2010) définit les dix compétences professionnelles à acquérir par les professeurs, les documentalistes et les conseillers principaux d’éducation au moment de leur titularisation, puis tout au long de leur carrière.

Parmi les capacités attendues des documentalistes, figure celle de participer à la mise en oeuvre d’une politique documentaire cohérente dans l’établissement scolaire. Ils aident le chef d’établissement ainsi que l’équipe enseignante à définir des orientations qui s’inscrivent dans le projet d’établissement. 

Au collège, les documentalistes contribuent, en concertation avec les autres professeurs, à l’acquisition par les élèves de compétences et de connaissances du socle commun défini par le RTEmagicC_6b2a4ca36a.gif dans Documentation, documentalistesdécret n° 2006-830 du 11 juillet 2006, en particulier la maîtrise de la langue orale et écrite, l’usage raisonné des technologies numériques pour qu’ils sachent « s’informer et se documenter », et « adopter une attitude responsable face à Internet ». 

Dans le cadre des espaces numériques de travail (ENT), les documentalistes doivent jouer un rôle de conseil pour le choix et l’organisation de l’ensemble des ressources accessibles en ligne pour les élèves et les enseignants de l’établissement. 

Au lycée, en collaboration étroite avec les professeurs de lettres et d’histoire-géographie, les professeurs documentalistes mettent en oeuvre l’éducation aux médias. Leur rôle est prépondérant dans l’organisation de la manifestation annuelle intitulée « La semaine de la presse et des médias dans l’école » (la RTEmagicC_6b2a4ca36a.gifcirculaire n° 2010-211 du 2 novembre 2010 parue au BO n° 40 du 4 novembre 2010 prépare l’édition 2011).

En ce qui concerne l’orientation des élèves, les professeurs documentalistes peuvent être tuteurs dans le cadre de l’accompagnement personnalisé défini dans le cadre de la réforme du lycée. Pour ce qui est de leur formation, « Se former et innover » constituant une des dix compétences professionnelles attendues des enseignants et des professeurs documentalistes dans l’exercice de leur métier, dans certaines académies, comme dans celle de Strasbourg, les documentalistes participent à des regroupements organisés par secteur géographique afin d’échanger sur leurs pratiques et de mutualiser les ressources.

Les actions de formation continue réservées aux documentalistes concernent :

1. La politique documentaire de l’établissement : politique documentaire et informationnelle et politique d’établissement. Le documentaliste : communiquer pour mobiliser. Se questionner avant de rechercher les documents : comment accompagner l’élève dans cette démarche ? Le blog de CDI : un outil de la politique de communication.

2. L’orientation de l’élève : collaboration du prof-doc et du CPE au quotidien et dans les projets. Accompagnement pédagogique autour du webclasseur.

3. L’éducation artistique et culturelle ; panorama du roman contemporain pour grands ados et exploitations pédagogiques. Comment construire un projet d’accompagnement éducatif dans le domaine du théâtre en partenariat avec un artiste ou une structure culturelle ? La littérature au collège : des oeuvres pour la jeunesse pour mener tous les élèves vers la lecture littéraire.

Ces trois axes de formation fondent la mission du professeur documentaliste et confortent son rôle essentiel dans la formation de l’élève.

Lire la suite :

http://www.cndp.fr/savoirscdi/actualites/actualites-pour-info/article/moyens-accordes-aux-centres-de-documentation-et-dinformation.html

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