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24 février – Lauren Ekué invitée d’Afriqua Paris

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Lauren Ekué : Carnet Spunk

 

24 février - Lauren Ekué invitée d'Afriqua Paris  dans Agenda, rendez-vous, dates à retenirUne jeune  femme, une française noire, se balade dans la nuit d’Harlem, le quartier mythique afro-américain de l’île de Manhattan. L’ambiance est à la fête car nous sommes dans la nuit du 4 novembre 2008 et Barack Obama vient d’être élu, 44ème président des Etats-Unis, lui et sa femme sont blacks… La narratrice sillonne la nuit américaine, capte des moments de l’instant historique dans ce quartier où l’élection d’Obama a une saveur particulière. Elle décrit fort bien cette atmosphère particulière :

Harlem. 125ème rue. Place du bâtiment Adam Clayton le 04 Novembre 2008. Iris bruns extasiés vers l’un des écrans. Barack Obama vient de gagner l’élection présidentielle. La foule massivement composée d’afro-américains envoie des e-mails via leurs Blackberry. En transe, ils pleurent. Tombent dans les bras ces uns et des autres. Dansent un furieux morceau de George Clinton. Improvisent de zélés discours. On s’éclate. Une vieille regarde le ciel et entame un thank you Jesus.

Page 25, Edition Anibwé

 

L’apparition de Michelle Obama aux côtés de son mari va toutefois recentrer la narratrice sur des questions identitaires plus personnelles.

L’arrivée de Michelle Obama est incontestablement ma petite victoire personnelle. Un homme de pouvoir gravit la plus haute marche avec à son bras une femme Noire. Cet exemple a de quoi réconforter quand on voit les dirigeants africains si fiers d’épouser des Blanches et dénigrer ainsi des Noires.

Page 26, Edition Anibwé

 

Quelques timides gouttes de pluie tombent. Mes complexes aussi. J’adore la sobriété du carré lisse de Michelle Obama. L’épouse du président apparait en grande forme et radieuse. Pourtant aurait-elle dû se pointer avec des dreadlocks?

Page 27, Edition Anibwé

 

Je ne sais pas si certains d’entre vous ont vu le film Une nuit en enfer de Robert Rodriguez, mais ce texte dans sa structure me fait penser à ce film culte. Pas de braquage, pas de vampires à chaque recoin d’un saloon mexicain. Un seul intérêt, la connexion entre deux genres. Merci Salma Hayek. La dernière question de l’extrait cité fait le fameux pont entre le discours d’Obama et une exploration à priori inattendue de la question capillaire afro, de ce à quoi elle renvoie. Un grand écart surprenant. Le personnage analyse les standards de beauté qui, dans les sociétés occidentales,  dominent et oppressent  les femmes d’essence africaine, qui s’y soumettent bon gré mal gré avec l’excuse facile de la domination masculine qui participerait à l’imposition de manière consciente ou inconsciente, de ce cheveu lisse, greffé, soumis, tout le contraire du cheveu crépu originel.

 

Ce que je trouve intéressant finalement, c’est de réaliser combien nos regards peuvent être différents sur une même situation. Si le personnage du Carnet Spunk de Lauren Ekué se retrouve à Harlem quand Obama remercie l’Amérique de lui avoir fait confiance, j’étais également cloué  devant mon écran de télévision avec des pensées qui étaient à des années-lumières du personnage de la romancière franco-togolaise.

 

Lauren Ekué a un talent certain qui mérite encore du travail, son écriture est originale tantôt très libre, parfois poétique. On regrettera une introduction poussive et la critique hasardeuse de Frantz Fanon et de son mythique Peau noire, masques blancs. Désolé, mais il y a des icônes qu’on ne touche pas sans risquer la brûlure.

 

Pour le reste, cette réflexion m’a parue intéressante, même si je regrette le côté on n’est responsable de rien, c’est la faute aux hommes ou au système occidental. Cette question du cheveu a fait l’objet d’un chapitre entier du récent roman de Léonora Miano, Blues pour Elise. Preuve que le sujet est brûlant. Michelle Obama, femme (aux cheveux assouplis au fer chaud) du premier président afro-américain des Etats-Unis, est rayonnante de beauté et d’intelligence. Toni Morrison avec ses dreadlocks de grand-mère est au top de sa production littéraire, épanouie et éclatante de vitalité. Il y a de la place pour tous dans cette arêne, n’est-ce pas?

 

Bonne lecture,

 

Lauren Ekué, Carnet Spunk

Edition Anibwé, 1ère parution en 2010.

 

 

 dans Auteurs, écrivains, polygraphes, nègres, etc.

 

La belle Lauren Ekué sera l’invitée d’Afriqua Paris du 24 février 2011 à L’Albarino Passy. Entrée libre.

 

Source : http://gangoueus.blogspot.com/2011/02/lauren-ekue-carnet-spunk.html

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