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5-6 Mars à Colmar (68) – Salon européen du Livre Ancien et de la Gravure 2011

Posté par Serge Bénard le 7 février 2011

Le salon propose une large diversité d’ouvrages rares (environ 40 000), de documents et de gravures à tous les prix.

Proposé par l’Association Autour du Livre.

Salon européen du Livre Ancien et de la Gravure 2011 : infos pratiques

Koïfhus – Colmar : voir la fiche complète
29 Grand’Rue
68000 Colmar

Renseignements :

 

06 76 47 04 58 - www.autourdulivre.info

Horaires :

Mars 2011 :

Sa.5 de 10h à 20h et Di.6 de 10h à 18h

Tarifs :

 

2€


Publié dans Autographes, lettres, manuscrits, calligraphies, Bibliophilie, imprimés anciens, incunables, Foires et salons du livre | Commentaires fermés

Extrait – Dans la nuit brune, Agnès Desarthe

Posté par Serge Bénard le 7 février 2011

Le premier chapitre…

« Une boule de feu qui valdingue d’un côté à l’autre de la nationale et puis, à un moment, après le virage, vlan ! dans l’arbre. La boule de feu s’écrase contre le tronc et brûle tout, les feuilles, les branches, même les racines. J’ai cru que c’était un phénomène paranormal. Mais non, c’était le gamin. Le gamin sur sa moto. Y paraît que ça n’arrive jamais des motos qui prennent feu comme ça, pour rien, mais là c’est arrivé. J’y étais. Je regardais d’en haut, sur le pont par-dessus la nationale. C’est là que je l’ai vue. Une boule de feu. »

Jérôme relit le témoignage paru dans le journal local. Ses mains tremblent. Son ventre aussi. Il lit une nouvelle fois, se demande pourquoi le journaliste n’a pas « arrangé » le français de Mme Yvette Réhurdon, ouvrière agricole. Un instant, il parvient à se distraire en imaginant la conférence de rédaction durant laquelle le comité a décidé de transcrire, à la lettre, les paroles enregistrées sur le magnétophone de poche de l’institutrice qui s’occupe de la rubrique faits-divers.

Très vite, le tremblement, qui s’était calmé, reprend. Jérôme voudrait pleurer, il pense que ça le soulagerait, mais les larmes ne viennent pas. Le gamin n’était pas son fils, c’était l’amoureux de sa fille.

Est-ce qu’on dit comme ça, amoureux ? Il ne sait pas. Comment disait-elle, Marina ? Mon copain ? Non. Elle disait Armand.

Assis dans le salon, Jérôme entend, par la porte fermée de la chambre de sa fille, des sanglots, des râles, parfois un cri. Il n’a aucune idée de ce qu’il est censé faire.

Avant de partir au travail, ce matin, il est allé voir. Il a actionné la poignée très délicatement, pour ne pas la réveiller, au cas où. Mais elle ne dormait pas. Allongée sur le ventre, elle pleurait. Il s’est approché.

Il avait dans l’idée de lui caresser l’épaule. Mais en l’entendant, Marina s’est retournée. Jérôme a vu son visage et s’est enfui.

C’est naturel qu’elle m’en veuille, se dit-il. Pourquoi ce n’est pas moi qui suis mort. Ce serait plus simple. Ce serait normal.

Jérôme a cinquante-six ans. Le gamin, quel âge avait-il ? Dix-huit, comme Marina ? Peut-être dix-neuf.

Armand.

C’est un joli prénom ça, Armand.

Jérôme rêvasse en jouant avec le dessous-de-plat en forme de poisson qui trône au centre de la table. Il a reposé le journal. Il voudrait lire une nouvelle fois le récit de l’accident. Il n’ose pas. Quel intérêt ? Il ne reste rien du garçon. Une boucle de botte, peut-être. La fermeture Éclair de son blouson.

Jérôme pense à la chanson d’Édith Piaf. Il s’en veut d’être aussi facilement distrait. Il voudrait s’engloutir dans le chagrin, y séjourner, comme Marina. Mais son esprit baguenaude. Il songe à des tas de bêtises. Peut-être, pense-t-il, qu’à force de relire l’interview d’Yvette Réhurdon, ouvrière agricole, il finira par pouvoir se concentrer.

À quoi bon ? Il l’ignore. Il sent qu’on attend de lui une réaction. Mais laquelle ? Et puis qui ? Qui attend qu’il réagisse ? Il habite seul avec Marina depuis que Paula l’a quitté. C’était il y a quatre ans.

Paula. Ça aussi c’est un joli prénom, se dit Jérôme.

Il déteste l’état dans lequel il est. Cette mièvrerie, ce flottement. Mais il n’y peut rien. Il a l’impression d’avoir perdu les commandes. Il plane. C’est la mort qui fait ça. C’est très puissant, la mort.

Non. Je ne peux pas être en train de penser des conneries pareilles, songe-t-il. Mais si. C’est exactement ce qu’il pense, que la mort est puissante. Il le pense avec la même intensité que trois secondes plus tôt, lorsqu’il se disait que Paula était un joli prénom. Paula était aussi une jolie femme. Il n’a pas compris pourquoi elle l’avait quitté. Il n’a pas non plus compris pourquoi elle l’avait épousé.

Si elle était là, elle saurait exactement comment s’y prendre. Elle ferait couler un bain à sa fille, lui parlerait, lui masserait les mains. Elle ferait entrer de l’air par la fenêtre. Lui raconterait des sornettes sur l’âme, le souvenir que l’on garde en soi pour toujours et qui nous renforce, la vie qui finit par l’emporter.

Jérôme l’admire. Comment fait-elle ?

Paula lui a toujours donné l’impression d’avoir pénétré le mystère de… tous les mystères en fait. Après la séparation, elle s’est acheté une maisonnette dans un village pittoresque du Sud. Il y a un gros buisson de lavande et une glycine dans la cour. Elle boit du rosé avec ses voisins au soleil couchant. Parfois il pense à elle, à la vie qu’elle s’est faite loin de lui. Une vie réussie, harmonieuse. Les jours de grisaille, les semaines où le thermomètre ne remonte pas au-dessus de moins cinq, il rêve qu’il la rejoint. À la météo, le soir, il regarde la carte de France, il y a presque toujours un soleil au-dessus de la région où Paula habite, alors que là où ils vivent, Marina et lui, c’est brouillard givrant, brume matinale, perturbations amenées par un front dépressionnaire de nord-est.

Que font-ils là ? Pourquoi Marina n’est-elle pas partie avec sa mère au moment de leur séparation ? C’est normal pour une fille de suivre sa mère. Il n’a pas le souvenir d’en avoir discuté, ni avec l’une ni avec l’autre. Et soudain, ça lui apparaît : Armand. Marina et lui devaient être dans le même collège. Elle était petite, mais elle était déjà amoureuse. Marina n’a pas choisi entre son père et sa mère. Marina a choisi l’amour. Jérôme en est certain. Pourtant il n’a connu l’existence de ce garçon que récemment. Marina est une jeune fille discrète. Elle n’avait jamais fait venir personne à la maison. Et puis un jour, six mois plus tôt, elle lui a dit qu’elle voulait inviter quelqu’un à dîner.

– Je ferai à manger, lui a-t-elle proposé. Je ferai un rôti. Et dans le rouge de ses joues et dans le « ô » du rôti, Jérôme a compris. Il a compris sans comprendre. Il ne s’est pas dit ma fille a un amant, il ne s’est pas dit elle veut me présenter le garçon qu’elle aime. Il ne s’est rien dit. Sa pensée ne produit pas de phrases. Elle s’arrête juste avant.

À huit heures trente la sonnette a retenti. Jérôme est allé ouvrir. Le gamin était là, une bouteille à la main. Jérôme se rappelle l’avoir trouvé grand. Il devait lever les yeux pour le regarder. Quel beau garçon. La peau… ses joues… les cils noirs, épais, l’éclat des prunelles…

Jérôme pleure. Il se prend la tête entre les mains, le temps de deux sanglots. Un pour la bouteille de vin dans les mains du garçon, l’autre pour sa beauté.

Et puis ça s’arrête. Plus de larmes. Plus d’images.

La cloche de l’église sonne. Jérôme se lève et regarde par la vitre. La pente qui plonge sous ses fenêtres, la route au fond, tout en bas, puis l’autre pente qui monte vers la forêt. Les vignes rousses en rangs, la terre nue entre les pieds noueux. Un soleil dans le ciel blanc. La sève qui se fige dans les plantes. De toutes petites fleurs mauves ont poussé à l’ombre de la haie de houx. Jérôme les regarde et pense qu’Armand ne les verra jamais.

Il se souvient d’avoir lu dans un livre qu’on posait des tessons de bouteille sur les yeux des morts avant de les mettre dans le cercueil. Il ne se rappelle pas le titre de l’ouvrage. Était-ce un roman ? Peut-être simplement un article de journal. Il ne sait plus, mais il aime l’idée. Ces yeux-là ne verront plus. Ou alors à travers des culs de bouteille. Le paradis est si loin, si haut, que pour regarder vers la terre, on a besoin de loupes.

Jérôme se demande s’il doit aller à l’enterrement. Rencontrer la belle-famille qui ne sera jamais la belle-famille. Il se sent maladroit et timide. Il a peur. Il ignore comment on serre la main d’un parent qui a perdu son enfant. Il considère ce contact comme sacrilège. Je n’oserai jamais, se dit-il.

Le téléphone sonne. C’est Paula.

– Comment tu vas, mon grand ? lui demande-t-elle.

Le cœur de Jérôme enfle dans sa poitrine. Une montgolfière entre le plexus et la clavicule. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime.

Voilà ce qu’il voudrait lui dire, à son ancienne femme pour qui il n’a jamais éprouvé que des sentiments très mesurés. Au lieu de ça, il répond :

– Pas fort.

– Et Marina ?

Jérôme ne dit rien. Aucun mot ne vient.

– Quelle conne je suis, fait Paula. Pardon. Désolée. C’est demain l’enterrement, c’est ça ? Je vais prendre l’avion, et puis le dernier train, ce soir. J’arriverai tard. Je peux dormir à la maison ? Non, c’est pas une bonne idée.

– Si, si, c’est très bien. Je laisserai la porte ouverte. – Tu es gentil.

– C’est normal. – C’est horrible. – Oui.

– Qu’est-ce qui s’est passé exactement ?

– Je ne sais pas. Personne ne sait. La moto a pris feu. On ne sait pas pourquoi, ni comment. Apparemment il n’avait pas bu.

– Comment savoir ?

– On ne peut pas savoir.

– Quel genre de garçon c’était ? – Parfait.

Jérôme est surpris de sa propre réponse. Paula se tait. Elle se sent flouée. Elle n’a pas connu l’amoureux parfait de sa fille. Elle-même n’a vécu que des relations bancales. Son mariage ? Sympathique, voilà le mot qu’elle emploie le plus souvent pour le qualifier. Comme pour achever de la faire souffrir, Jérôme ajoute :

– Je n’ai jamais vu ça. Un… comment dire ?… un attachement… un… tu vois, quand ils étaient ensemble…

– Épargne-moi, mon grand. Épargne-moi.

Elle raccroche alors qu’il est en train de lui dire « je t’embrasse ». Il songe à la rappeler, juste pour lui dire ça, « je t’embrasse ». Comme si c’était important, comme si leurs vies en dépendaient, l’équilibre du monde, la justice.

Je deviens gaga, pense-t-il, et il sourit, à cause du mot, de la manière qu’il a de tenir le téléphone au creux de sa main, comme une grenouille, une souris. Un sentiment agréable se répand en lui, une chaleur, une très légère euphorie. Un moment, il a oublié la mort d’Armand, parce qu’au lieu de penser à la catastrophe, il a songé aux animaux des bois et des champs, ceux qu’on rencontre en promenade et avec qui on échange des regards secrets, furtifs, incomparables. Ce n’était qu’un sursis. Son sourire se défait. Il se dirige vers la porte. Ça fait trois fois qu’on sonne.

De l’autre côté du verre dépoli, il reconnaît la silhouette de Rosy. Rosy a toujours été grosse. C’est la meilleure amie de Marina depuis l’école maternelle. Elle a des joues immenses, comme des hauts plateaux mandchous, se dit Jérôme. Il ignore pourquoi le mot mandchou a toujours été associé à Rosy dans son esprit, peut-être à cause de ses yeux noirs légèrement bridés, de son petit nez épaté, de ses allures de poney.

– Bonjour, Jérôme, dit-elle en lui tendant ses incroyables joues.

– Bonjour, Rosy, répond-il en l’embrassant.

Ils restent un instant enlacés, se massent maladroitement le dos, puis se séparent soudain, gênés.

– C’est gentil d’être venue.

– C’est normal. Comment elle va ? Je lui ai apporté les cours.

– Oh, tu sais, je ne crois pas que…

– Si, si, dit Rosy, très sûre d’elle en avançant dans le couloir, son corps énorme se balançant d’une jambe sur l’autre. Faut pas lâcher. Faut rien lâcher.

Comment sait-elle ? se demande Jérôme.

Il la regarde se diriger vers la porte de la chambre.

Il les revoit, Marina et elle, quand elles avaient sept ans. L’une posait sa tête sur le ventre de l’autre et disait, « Je t’aime parce que tu es confortable » et l’autre répondait, « Je t’aime, parce que tu dis toujours des gentillesses. » Il trouve que ce sont deux très bonnes raisons de s’aimer.

Au moment où la porte de la chambre s’ouvre, le vacarme produit par Marina envahit la maison. C’est violent comme une rafale de vent. Les mains de Jérôme montent instinctivement vers ses oreilles. Il faut que ce bruit cesse. Mais dès qu’il prend conscience du mouvement, il ordonne à ses bras de se replacer le long de son corps. C’est son enfant qui pleure, ce n’est pas le connard d’à côté qui taille sa haie.

Rosy ne se décourage pas, elle entre et referme derrière elle. Le niveau sonore baisse aussitôt. Jérôme fait quelques pas dans le couloir, il écoute. Il entend la voix de Rosy. Puis des pleurs. De nouveau la voix de Rosy. Puis plus rien. La voix de Rosy qui chante une chanson en anglais. Sanglots en cascade, hoquets, un hurlement, sanglots, plusieurs cris. Rosy chante toujours. Arrêt des pleurs. Rosy chante. Elle chante de plus en plus fort. Et soudain, la porte s’ouvre. Rosy surprend Jérôme, l’oreille pratiquement collée au mur.

– Je sais que c’est une maison non -fumeurs, Jérôme. Je respecte totalement. Mais là, c’est un peu exceptionnel. Je crois qu’on a besoin de fumer. Je voulais vous demander la permission. Si on ouvre la fenêtre ?

Jérôme hausse les épaules, hoche la tête. À cet instant, il donnerait n’importe quoi pour pouvoir fumer lui aussi. Il n’a jamais touché une cigarette de sa vie. Quelle erreur ! Il aurait dû commencer comme tout le monde à quinze ans. S’il n’avait pas fait son original, il pourrait leur offrir une blonde, fumer avec elles, comme les Indiens le calumet, sans parler. Sans avoir besoin de parler pour être ensemble.

– C’est cool, dit-il, parce qu’il a entendu un jeune dire ça avant-hier sur le parking de la poste.

Rosy lui sourit, plus mandchoue que jamais, et referme la porte.

La phrase stupide qu’il vient de prononcer flotte dans la maison. Jérôme va dans la cuisine et «  c’est cool » le suit. Il ouvre un placard pour se faire du café et «  c’est cool » en sort. Il retourne dans le couloir avec l’espoir que les pleurs l’emporteront sur l’écho persistant, mais plus un son ne s’élève dans la chambre de sa fille. C’est la fumette silencieuse, le calme infini de l’inhalation. « C’est cool » rebondit d’un mur à l’autre du couloir. Jérôme se précipite dans le salon, déplie le canapé, fait grincer tous les ressorts, se rue sur l’armoire, l’ouvre en grand, tire un drap, une couverture, des oreillers, se met à faire le lit comme une camériste possédée par le démon. Il sue. Il aimerait faire beaucoup plus de bruit, mais les étoffes glissent et s’épousent, muettes. Jérôme n’entend que le brouhaha interne de son corps, battements de cœur, craquements des articulations. « C’est cool. » Heureusement, Rosy se remet à chanter. Elle a une belle voix, à la fois aiguë et pleine. Il ne reconnaît pas la mélodie, un air triste, déchirant. Lui n’aurait jamais eu cette idée : chanter une chanson triste à sa fille éplorée. Et pourtant, ça a l’air de marcher, depuis que Rosy est là, Marina ne pleure plus.

Jérôme contemple le lit qu’il a préparé pour Paula : draps blancs, mohair crème. Il le trouve douillet, beaucoup plus attrayant que le sien qui est recouvert d’une couette bariolée affreuse. Avant ce jour il ne s’était jamais dit que sa chambre était laide. Il ne pense jamais aux draps, aux torchons, aux serviettes. Il ne saurait dire qui les achetés, ni où, ni quand. C’est comme s’ils avaient toujours été là, vendus avec la maison. Ce n’est toutefois pas le cas. Il a dû les acquérir après le divorce, au moment où ils ont vendu l’appartement parce qu’il lui rappelait trop de souvenirs, disait-il. Mais c’était surtout parce qu’il rêvait d’avoir un jardin.

Le pavillon qu’il occupe à présent avec sa fille possède à l’arrière, en contrebas, une courette herbue, entourée de murs dont la hauteur inhabituelle surprend. On a l’impression d’être au fond d’une piscine. Le soleil, déjà rare dans la région, n’y pénètre presque jamais. C’est un genre de cave en plein air et pourtant c’est un lieu charmant où poussent face à face, comme en conversation, un sorbier et un sureau, deux arbres chargés de baies en ombelle et supposés porter bonheur aux amoureux. Il y fait toujours frais, dans un pays où personne ne recherche la fraîcheur. Jérôme y a disposé une table et deux chaises en fer qu’il a peintes en rose très pâle, une folie. Le résultat est miraculeux. C’est si beau que Jérôme ne s’y assied jamais, comme si cela ne lui appartenait pas, comme si ce ravissant salon baigné d’ombres vertes attendait quelqu’un d’autre que lui.

À la fin de l’été, alors qu’il rentrait d’une semaine de vacances avec Marina, il avait découvert, près du compteur d’eau, au fond à droite, un carré de fleurs qui n’y étaient pas avant leur départ. Des zinnias de toutes les couleurs, aux pétales en écaille de velours, des dahlias déments aux énormes têtes de méduse et quelques œillets nains exhalant un parfum d’herbe coupée, de rose ancienne et de vinaigre. Marina l’avait rejoint.

– C’est Armand qui m’a planté un bouquet. T’es pas fâché ? lui avait-elle demandé en lui prenant le bras. Il veut devenir paysagiste.

Jérôme avait pensé  : S’il veut devenir paysagiste, il ferait bien de réfléchir deux minutes. On ne plante pas un parterre pile devant une porte.

La plate-bande s’étirait le long du mur nord dans lequel les anciens propriétaires avaient aménagé un minuscule portail donnant sur une ruelle. Jérôme n’avait rien dit, mais Marina avait ajouté :

– De toute façon, on l’utilise jamais cette porte. Il faut se plier en quatre et y a rien derrière ; et puis comme ça, si des cambrioleurs passent par là, ils laisseront des traces dans la terre et on les retrouvera facilement.

Il avait acquiescé, touché par l’allure pimpante des fleurs, leur vigueur, le soin qu’avait pris Armand pour les transplanter, car elles étaient prospères et à pleine maturité, comme si elles avaient toujours poussé sur ce sol.

Toutefois, l’humidité pas plus que l’ombre ne leur avaient réussi. Dix jours plus tard, elles courbaient l’échine. L’expression « mauvais augure » avait traversé l’esprit de Jérôme.

À présent les tiges brunes emmêlées, couchées sur la terre, et les têtes noires et rabougries aux pétales poisseux finissent de pourrir devant le petit portail. Cela n’altère en rien le charme du jardin qui accueille l’automne et son cortège de morts végétales avec tranquillité.

L’intérieur de la maison est neutre. C’est du moins ce qu’il se disait jusqu’à aujourd’hui. Mais en ouvrant la porte de sa chambre, il y voit soudain clair : chaque meuble, sous des dehors de banalité inoffensive, est repoussant, mal conçu, mal placé. C’est la première fois que Paula lui rend visite et c’est à travers ses yeux à elle qu’il examine son logis. Il est dix-neuf heures trente, trop tard pour remédier à cette situation pénible.

Il aurait peut-être le temps de repeindre, il lui reste plusieurs bidons dans l’appentis. À quoi bon, du blanc sur du blanc ? Il se voit condamné à accueillir son ancienne femme dans cette maison sans âme.

La cuisine est pire que tout avec ses deux casseroles cabossées, ses bols en verre marron et ses assiettes en Arcopal à motifs d’animaux domestiques. «Tu veux ton steak dans l’assiette bouledogue ou dans celle avec la perruche ? » À l’époque où il les a achetées, il avait dû penser que ça plairait à Marina. Elle avait pourtant déjà treize ou quatorze ans, ce n’était plus une petite fille chez qui la vision de la moindre bestiole provoque une joie immédiate.

Et puis qu’est-ce que ça peut faire ? Il n’est pas question de séduire Paula ni de la convaincre de quoi que ce soit. Elle vient enterrer le premier amour de sa fille. Elle n’a jamais vu Armand mais, demain, elle regardera son cercueil descendre dans la terre.

Pour la première fois de sa vie, Jérôme se sent légèrement supérieur à la mère de sa fille. Comme s’il avait un tour d’avance. Lui, il l’a connu le jeune homme aux yeux bouleversants, aux dents étincelantes, aux joues dorées, à la nuque ferme et fine, au corps agile, à la tignasse vigoureuse, aux mains délicates, au sourire lumineux.

Après s’être livré à l’inventaire posthume, Jérôme se voit contraint de se rappeler que de toutes ces merveilles il ne reste pas même des cendres. Que vont-ils mettre dans le cercueil que Paula regardera descendre dans la terre ? Jérôme ignore comment on procède en pareil cas. Cela arrive aussi avec les victimes d’accidents d’avion ou de catastrophes naturelles dont les corps demeurent introuvables. Il faut bien mettre quelque chose dans le trou. Alors un cercueil, oui, c’est le plus simple, mais avec quoi dedans ? Rien ? Des objets personnels ? Une photo ? Des cahiers d’écolier ? Les vêtements portés récemment ? À qui pourrait-il poser cette question ? Jérôme ne voit pas. Le plus simple serait d’interroger les gens des pompes funèbres, mais comment oser ?

La nuit est tombée. Les filles sont toujours dans la chambre, à fumer, à parler. Jérôme se demande s’il doit leur faire à dîner. A-t-on faim quand on a du chagrin ? Il lui semble que non. Dans les films, le héros malheureux repousse l’assiette qu’on lui tend. Jérôme se représente parfaitement la séquence. Ce qu’il se représente moins c’est comment il peut être aussi ignorant. N’a-t-il jamais eu de chagrin ? À cinquante-six ans, cela paraît impossible.

Jérôme se force un peu, il cherche dans sa mémoire et tombe bien vite sur une évidence : la mort de ses parents. Ça, songe-t-il, c’était triste. Le cancer foudroyant de Gabriel, et, quelques mois plus tard, Annette emportée par une pneumonie. Il avait à peine vingt ans. Il tente de faire resurgir les sentiments, mais c’est comme s’il disposait de trop peu d’informations. Comme si ces événements avaient touché quelqu’un d’autre, un proche, un ami qui les lui aurait racontés. Les scènes dont il dispose semblent tirées d’une dramatique télé : Gabriel dans son lit d’hôpital. Annette jetant une poignée de terre sur le cercueil de son mari. La même Annette, intubée, en salle de réanimation. Un cimetière l’été, le même cimetière l’hiver. Le bureau d’un notaire.

Bizarrement, le visage et la voix du notaire demeurent très présents, long nez d’aigle aux pores dilatés, yeux très petits et profondément enfoncés sous les arcades sourcilières, lippe épaisse et mâchoire redoutable, baryton basse vibrant avec lourd accent du Sud-Ouest.

– Qu’est-ce que ça veut dire, ça, enfant trouvé ? demande maître Coche, dans le souvenir de Jérôme.

Ce dernier hausse les épaules. Est-ce ainsi qu’il est désigné dans le dossier de succession ? Maître Coche insiste.

– Enfant trouvé ? Enfant caché, ça, oui, on connaît. Les juifs, pendant la guerre, ils ont dû cacher leurs enfants. Y en avait dans mon village. Y sont tous

Jérôme s’assied sur le canapé déplié et pose son menton dans ses mains. Lui-même s’est toujours présenté ainsi : enfant trouvé.

– À l’époque, disait Annette, on faisait pas tant d’histoires comme aujourd’hui. Bien sûr, on a fini par t’adopter, pour les papiers, pour l’héritage…

Chaque fois qu’elle prononçait ce mot, elle faisait de gros yeux blancs et battait des cils avant d’éclater de rire.

– Tu parles d’un héritage ! Mais pour nous, c’est ça que tu es, notre enfant trouvé, notre petit chéri des bois.

Elle lui caressait la tête avec sa grosse main charnue qui dégageait un persistant parfum d’ail. « Notre petit chéri des bois », répétait-elle avant de pousser un soupir profond, un soupir incompréhensible, car un soupçon de tristesse s’y mêlait toujours.

Jérôme connaît l’histoire, Gabriel et Annette la lui ont racontée chaque fois qu’il le demandait, et même quand il ne le demandait pas, comme si c’était une leçon à réviser, un rôle à apprendre, comme si c’était un mensonge.

C’était l’été, Gabriel et Annette se promenaient dans les bois, la fraîcheur tombait des arbres, tous les oiseaux chantaient (la remarque sur les oiseaux est d’Annette, qui considère que c’est un détail à ne pas négliger, un signe). Ils marchaient main dans la main, même s’ils n’étaient plus tout jeunes, parce qu’ils s’étaient rencontrés un an plus tôt et étaient très amoureux. « Des tourtereaux ! » précisait Annette d’un ton presque arrogant.

Elle avait entendu des brindilles craquer derrière eux, mais ne s’était pas retournée, elle avait pensé qu’un écureuil ou un faon les suivait et n’avait pas voulu l’effaroucher.

– Je me souviens très bien de la lumière, ajoutait-elle. Des taches de soleil partout, qui percent à travers les feuilles vertes, comme dans un conte de fées. Et puis, alors que nous allions sortir de la forêt, les bruits de brindilles ont augmenté, mais je ne me suis pas retournée. Je me suis dit que c’était plutôt un petit marcassin qui filait derrière nous. Ton père, lui, a toujours été dur d’oreille, faut pas lui en vouloir. Je ne me suis pas retournée, mais mon cœur s’est mis à battre très fort. Peut-être que j’avais peur. Peut-être que, dans mon imagination, le marcassin s’était transformé en sanglier qui allait nous renverser et nous piétiner. Je ne sais pas. J’en avais presque le souffle coupé, mais je ne me retournais pas et je ne disais rien à Gabriel. C’est alors que, juste au moment où nous avons franchi la limite du bois, j’ai senti une petite main dans la mienne. Dans ma main gauche j’avais la main de ton père et dans la droite, la main de mon petit chéri des bois.

À cet instant, elle marquait une pause. En grandissant, Jérôme avait donné un nom à ce silence, pour lui-même et sans jamais prononcer le mot à voix haute : la commémoration.

– Tu étais tellement sale et tellement beau. Tu es toujours beau, mais beau comme ça, comme tu étais à trois ans, tu ne peux pas l’imaginer. Sur les photos, ça donne pas. Les yeux verts, si grands, comme s’ils avaient avalé la forêt, et ton menton, levé haut, si fier, si têtu. Je me suis arrêtée de marcher. J’aurais pu m’évanouir, mais j’ai tenu, pour ne pas te faire peur. Ton père était surpris, il n’avait rien vu venir. Mais dès qu’il t’a aperçu, il s’est agenouillé devant toi et il a dit… – tu te rappelles ce….

Avec l’aimable autorisation des éditions L’Olivier © 2010


Agnès Desarthe

DANS LA NUIT BRUNE

L’Olivier (18.00 €)

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Marseille (13) – Lettre ouverte à Monsieur Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture

Posté par Serge Bénard le 7 février 2011

Monsieur Frédéric MITERRAND
Ministère de la Culture
et la Communication
3 rue Valois
75033 Paris cédex 01

En pleine préparation de Marseille 2013, la valse des directeurs des services culturels de la
Ville de Marseille continue.
Après L’Opéra, Les Musées et L’École des Beaux-Arts, la gestion trouble et opaque de
l’Administration municipale fait une victime de plus : le réseau des bibliothèques municipales
dont l’Alcazar est la tête de pont avec 5000 entrées par jour en moyenne.

Lors de son arrivée à Marseille en 2008, un projet d’établissement et un organigramme de
fonctionnement avaient été commandés au Directeur du réseau des bibliothèques
municipales, Monsieur Gilles Eboli (conservateur général d’Etat), dans l’optique de Marseille
2013, capitale européenne de la culture.
Cette commande a impliqué un travail commun du personnel durant une année, et le projet qui
en a résulté a été non seulement validé par la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de
Marseille, mais également cité en exemple par le Directeur des Affaires Culturelles aux
autres Directions municipales de la Culture, lors d’une réunion générale du personnel des
bibliothèques,

Aujourd’hui, un nouvel organigramme est imposé par la Ville de Marseille au réseau des
bibliothèques ; il ne correspond pas à celui proposé par la Direction de la BMVR après
un travail d’une année avec l’ensemble du personnel.

Le Directeur, prenant acte de ce désaveu, a annoncé son départ au personnel.

Cette annonce de départ et cette réorganisation « sortie d’un chapeau » déstabilisent une
grande majorité du personnel et suscitent un malaise important qui n’est pas nouveau.
En effet, si la BMVR de Marseille n’est pas la seule en France à se trouver à la croisée des
chemins, elle est la seule à se trouver en difficulté par des choix de gestion dont le souci
n’est pas l’amélioration du service public mais bien autre chose.

Ces choix de gestion, le personnel et le service public les subissent depuis 1999 date de la
mise à l’écart de la Directrice, Madame Claudine IRLES.

Il y a eu ensuite le départ de Monsieur François LARBRE, conservateur d’État qui a
publiquement dénoncé un fonctionnement de co-gestion entre l’administration municipale et
le syndicat Force Ouvrière pseudo majoritaire qui a toujours été mis en minorité dans ce
service ; deux ans plus tard et en pleine préparation de Marseille 2013, Monsieur Gilles Eboli
est contraint de partir, ainsi que l’autre conservateur d’Etat, Sophie Bernillon, liée par le
même type de contrat Ville/Etat,

Le document validé par l’administration aujourd’hui est confus et inadapté au contexte
actuel des Bibliothèques françaises et étrangères :
L’organisation qui en découle est rétrograde et totalement contraire à toute évolution
adaptée au monde d’aujourd’hui et de demain.

Une pétition, signée par 190 agents des bibliothèques et mettant en cause ces
dysfonctionnements, a été envoyée au Directeur Général des Services de la Ville de
Marseille; l’Administration n’a donné aucune suite à cette large désapprobation.
Les départs vers d’autres collectivités des agents spécialisés dans ces métiers sont légion.
Depuis 2004, plus d’une trentaine de cadres ont fui vers d’autres collectivités et
l’« hémorragie » va continuer de s’aggraver : de nouvelles demandes de mutation sont déjà en
cours.
La perspective de Marseille Provence 2013 est de plus en plus confuse et lointaine. Les
projets qui avaient été faits avec notre directeur se retrouvent caducs.

La BMVR de Marseille devient la seule bibliothèque française « classée » (collections
patrimoniales d’Etat) sans conservateur d’État.

Nous ne pouvons plus continuer ainsi et vous demandons d’intervenir pour sauver la Culture à
Marseille et en particulier la lecture publique, en envoyant notamment une inspection
générale des bibliothèques.

Pour le bureau des bibliothèques
SDU13 FSU
Elsa Noble
Muriel Gallon

Pour le bureau des bibliothèques
CGT
Raymond Romano
Marie-Paule Finidori

Copies : Maire de Marseille, Direction du Livre et de la Lecture

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Spécial flash 13 h 55 – Andrée Chedid est morte

Posté par Serge Bénard le 7 février 2011

Femme de lettres et poétesse française, Andrée Chedid est morte à 90 ans. Elle était mère et grand-mère des chanteurs Louis et Matthieu Chedid.

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Rappel : 7 au 21 mars 13ème Printemps des poètes

Posté par Serge Bénard le 7 février 2011

Rappel : 7 au 21 mars 13ème Printemps des poètes dans Agenda, rendez-vous, dates à retenir arton2558-1e75fD’infinis paysages

Le Printemps des poètes, manifestation nationale placée sous l’égide du Ministère de la culture et de la communication, se déroulera sur le thème « D’infinis paysages » et aura pour marraine Juliette Binoche. Concomitante du lancement des manifestations littéraires de l’Année des outre-mer français, l’inauguration du lundi 7 mars mettra à l’honneur les poésies des Caraïbes, de l’Océan indien et du Pacifique. Durant toute la durée de la manifestation, un éclairage particulier sera porté sur les œuvres des poètes Michel Butor, René Depestre, André Velter et Kenneth White. Une soirée en leur honneur, le 13 mars au musée du quai Branly, sera l’un des temps forts de cette édition 2011.

Source :

http://www.printempsdespoetes.com

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Discriminations sexistes dans les revues littéraires

Posté par Serge Bénard le 7 février 2011

Les livres d’hommes sont plus souvent chroniqués et par des hommes, le plus souvent

Rédigé par Clément S., le lundi 07 février 2011 à 10h00

Spectaculaire ne signifie pas qu’on va s’émerveiller et applaudir à tout rompre. Spectaculaire, c’est avant tout impressionnant. Et l’étude du groupe Vida sur le déséquilibre ambiant entre hommes et femmes dans l’édition atteste d’un sexisme patent, que ce soit en Angleterre ou aux États-Unis. 

Le constat est déplorable, mais se ferait tout aussi bien en France : les chroniques littéraires portent sur des livres écrits par des hommes, et la plupart du temps, chroniqués par des hommes. Chapeau. Surtout quand on sait que les femmes lisent plus. Les plus grands magazines anglo-saxons n’y ont pas échappé. Le Times Literary Supplement fait état de 75 % de livres chroniqués écrits par des hommes, avec 72 % de journalistes masculins pour la critique. 

Discriminations sexistes dans les revues littéraires dans Critique, journaliste, faiseur d'articles v-21745

Idem pour la London Review of Books, qui accuse 68 ouvrages de la main d’une femme contre 195 de celle d’un homme, pour 2010 – le tout amplement chroniqué par la gent masculine, à 78 %. 

Seul le New York Times Book Review améliore la donne avec 60 % d’hommes chroniqueurs – 438, contre 295 femmes. Et parmi les ouvrages lus, 65 % écrits par des hommes. « Nous savons que les femmes écrivent. Nous savons que les femmes lisent. Il est temps de se demander pourquoi l’année 2010 ne reflète pas ces faits avec en toute équité », s’interroge l’association Vida, Women in Literary Arts.

Lire la suite :  http://www.actualitte.com/actualite/24140-chroniques-livres-hommes-ecrivains-femmes.htm

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Le livre du jour – Un fauteuil pneumatique au milieu d’une forêt de conifères, de Thibault Lang-Willar

Posté par Serge Bénard le 7 février 2011

Un roman qui tord le cou à l’humanisme mou
Dimanche, 06 Février 2011 20:08 Le Coin des Livres – Les Romans
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Par Harold Cobert- Bscnews.fr/  Âmes sensibles, bonnes consciences, adeptes du premier degré, eunuques de l’ironie, du sarcasme et de l’humour noir : s’abstenir. Quoique… Ras-le-bol, au fond, de la bien-pensance lénifiante et dominante, des bons sentiments à la Marc Lévy, Guillaume Musso, Arlequin, décérébrés de Plus belle la vie et consorts, qui maintiennent les esprits dans l’obscurantisme ancestral du prince charmant et de sa princesse endormie se réveillant avec une haleine de rose après cent ans de ronflements. Fi donc de toutes ces billevesées dont on nous rabat les oreilles pour mieux nous formater, et donc mieux nous assujettir ! Car, cet humanisme mou qui triomphe aujourd’hui, confit de principes aussi débiles que « A chacun sa vérité », « Les goûts et les couleurs… », tralala, cet humanisme-là est en réalité extrêmement pernicieux, et même dangereux, tant il recèle, dans sa tolérance gélatineuse d’apparat, des relents de cruauté. En effet, si, selon le principe que la vérité est relative à chacun, que les goûts et les couleurs ne se discutent pas, alors un homme ou une femme qui décide de décimer tout un peuple n’est pas blâmable, puisque que ce sont ses goûts et sa vérité, et que, de fait, ceux-ci ne se discutent pas, voire, pire, doivent être respectés. Dérangeant paradoxe et terrible retour de boomerang, n’est-il pas vrai ?

Point de ces beaux sentiments gluants et de cette moralité obscène dégoulinante chez Thibault Lang-Willar. Au contraire, il va gratter les croûtes de notre inhumanité pour regarder un peu la couleur du sang circulant en dessous. C’est là un autre paradoxe, et non des moindres : on ne saisit parfois jamais mieux ce qui constitue notre profonde humanité qu’en plongeant dans la pire des inhumanités. Les titres de certaines de ses nouvelles donnent le ton, à l’image de celui du recueil : « L’impact écologique de la décapitation », « Un pédophile au cœur d’or », « Ce morveux qui tirait la langue », pour ne citer qu’eux. Le pire – et donc le meilleur – est que c’est très drôle, voire touchant à bien des égards. On se surprend parfois à compatir au sort de la pire des crapules. Et c’est bien là le tour de force de Thibault Lang-Willar : nous faire toucher du doigt la banalité du mal et, surtout, son visage humain. Car il ne se présente jamais avec une queue de dragon et une fourche, les naseaux écumant de flammes. Il s’enracine dans des failles tellement humaines qu’elles pourraient être les nôtres. Comme dans La Chute, qui nous peignait un Hitler humain dans son intimité, « trop humain » s’insurgèrent certains, alors même qu’il s’ingéniait à détruire le peuple juif, ce Fauteuil pneumatique rose au milieu d’une forêt de conifères nous rappelle avec humour que le mal se cache souvent sous les traits de la normalité, que ces monstres pourraient être nous, et que rien n’est parfois plus humain que la plus atroce des inhumanités. On en sort plus humain.
Dérangeant, hilarant, émouvant. Triplement salutaire donc.

Titre:Un fauteuil pneumatique au milieu d’une forêt de conifères
Editions: Héloïse d’Ormesson
Auteur: Thibault Lang Willar
Prix : 16 €

Source : http://bscnews.fr/201102061382/les-romans/un-roman-qui-tord-le-cou-a-lhumanisme-mou.html

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Offres d’emploi du 7 Février – Bibliothèques

Posté par Serge Bénard le 7 février 2011

Un(e) Assistant(e) de conservation du patrimoine – Chinon (37)

– Coord. des collections, des acquisitions et de la politique documentaire (Cat B)

La bibliothèque municipale déploie actuellement ses activités sur deux sites, l’un en Centre-ville, l’autre au cœur du quartier des Hucherolles (activités municipales au sein d’un équipement de la Direction du Livre et de la Lecture publique-CG37).
Le service met à disposition du public des documents tous supports, répondant aux missions générales d’information, d’éducation permanente, d’activité culturelle et de loisirs des bibliothèques publiques. Les collections sont par ailleurs enrichies par la présence d’une dynamique de services et d’actions en direction des publics.

Placé sous l’autorité de la Directrice de la bibliothèque municipale, au sein d’une équipe de 6 personnes vous aurez en charge :

Missions et activités :
* Collections :
- Elaboration et suivi du plan de développement des collections : suivi des commandes et budget, du désherbage, suivi des statistiques, relation avec les fournisseurs, participation à l’établissement du bilan annuel
- Animation d’une réflexion sur la mise en place de la politique d’acquisition adaptée aux publics, dans la perspective d’un nouvel équipement
- Participation aux acquisitions littératures adultes
- Encadrement d’un personnel dédié au traitement physique des documents et organisation du circuit du document.
* Accueil public et médiation :
- Participation au service public. (Prêt, renseignements, orientation des lecteurs…)
- Participation aux actions culturelles menées par l’équipement à destination de tous les publics. (Petite enfance, enfance, adolescent, adulte)
- Animation et pilotage de l’activité de portage à domicile
* Autre :
- Participation à des réunions de la Direction Culture et Patrimoine, Commissions Culture et Patrimoine
- Participation aux réunions de service, de projet…

Structure de recrutement : Bibliothèque municipale

Localisation géographique : Ville de Chinon, Chinon, Centre, France (voir la carte Google Maps)

Type d’employeur : Fonction publique territoriale

Fonction / métier : Assistant / Assistante de conservation de bibliothèque

Type de contrat : Recrutement statutaire ou contractuel

Niveau de responsabilité : B : cadre intermédiaire / technicien

Conditions particulières d’exercice : Travail du mardi au samedi

Profil souhaité :
- Diplôme professionnel (métiers du livre)
- Très bonne connaissance de l’édition et bonne culture générale
- Maîtrise des outils informatiques et des TIC
- Qualités relationnelles et goût du travail en équipe
- Capacité d’encadrement
- Expérience similaire souhaitée

Date limite de candidature : Samedi 26 Février 2011

Date de prise d’effet du poste : Vendredi 1 Avril 2011

Rémunération : Statutaire+ Régime indemnitaire

Coordonnées de la personne en charge du recrutement :

Delalle Carole

Hôtel de Ville, Place du G. de Gaulle, 37500 – Chinon, France (voir la carte Google Maps)

e-mail : bibliotheque-chinon@orange.fr

Téléphone : +33 247935345

Source : Enssib

 

Un(e) Chargé(e) des collections adultes – Moulins (03)

Chargé de collections adultes

La Communauté d’Agglomération de Moulins (Allier) (26 communes – 56 300 habitants) recrute UN(E) CHARGE(E) DE COLLECTIONS SECTEUR ADULTES

Cadre d’emploi : ASSISTANT QUALIFIE DE CONSERVATION DU PATRIMOINE ET DES BIBLIOTHEQUES (H/F) – Cadre B – selon conditions statutaires

MISSIONS : Au sein de la Direction des Services Fonctionnels et Culturels Placé (e) sous l’autorité de la Directrice de la Médiathèque Communautaire, vous devrez participer à la mise en œuvre de la politique documentaire du secteur « adultes »
- Analyse du fonds encyclopédique – désherbage – acquisitions – traitement

Pendant une période de 18 mois environ (fermeture de la structure au public pour cause de travaux)

Vos missions principales seront :
- En étroite collaboration avec le responsable du secteur « adultes » : analyse et mise en cohérence du fonds, développement d’une politique d’acquisition concertée
- Participation active à l’informatisation du catalogue (implantation d’un SIGB en cours)
- Forte implication dans la programmation d’un nouveau service : réflexion collective pour un nouveau plan de classement et un réaménagement des collections après travaux dans le bâtiment

En 2012, dans la perspective de l’ouverture en 2013 de la médiathèque intégralement rénovée et de la mise en œuvre d’une nouvelle organisation du service, le profil de poste fera l’objet d’une réflexion sur des missions complémentaires pour adaptation au nouveau fonctionnement.

Adresser candidature avec curriculum-vitae avant le 15 mars 2011 à : Monsieur le Président -COMMUNAUTE D’AGGLOMERATION DE MOULINS 8 Place Maréchal de Lattre de Tassigny – 03000 – MOULINS

Renseignements : Françoise MULLER, Directrice de la Médiathèque : 04.43.51.00.00, e-mail : contact.agglo@agglo-moulins.fr

Structure de recrutement : Médiathèque Moulins Communauté (03)

Localisation géographique : Médiathèque communautaire, Moulins, Auvergne, France (voir la carte Google Maps)

Type d’employeur : Fonction publique territoriale

Fonction / métier : Assistant / Assistante de conservation de bibliothèque

Type de contrat : Recrutement statutaire ou contractuel

Niveau de responsabilité : B : cadre intermédiaire / technicien

Conditions particulières d’exercice :

Travail du lundi au vendredi en 2011 et 2012, puis du mardi au samedi à partir de l’année 2013.
Fermeture totale du service au public en 2011 et 2012

Profil recherché :

- Formation universitaire, très bonne culture générale
- Vif intérêt pour les fonds documentaires et de fiction destinés à tous les publics adultes
- Curiosité pour l’évolution des bibliothèques et de leurs publics, volonté de s’impliquer dans un nouveau projet de service
- Esprit d’initiative
- Réelle maîtrise de l’outil informatique

- Energique et dynamique, ouvert au changement, force de proposition, vous disposez d’une réelle capacité à travailler en équipe.
Votre envergure intellectuelle, votre talent pour la médiation des collections auprès du public, contribuent à vous identifier comme un interlocuteur de référence au sein de l’établissement.

Date limite de candidature : Mardi 15 Mars 2011

Date de prise d’effet du poste : Mercredi 1 Juin 2011

Rémunération : statutaire

 

Coordonnées de la personne en charge du recrutement :

Françoise Muller (directrice de la médiathèque)

Médiathèque communautaire, 8, place du Maréchal de Lattre de Tassigny, 03 000 – Moulins, France (voir la carte Google Maps)

e-mail : f.muller@agglo-moulins.fr

Source : Enssib

Un(e) médiateur/trice webmestre – Moulins (03)

Médiateur Webmestre

La Communauté d’Agglomération de Moulins (Allier) (26 communes – 56 300 habitants) recrute UN MEDIATEUR WEBMESTRE
Cadre d’emploi : ASSISTANT QUALIFIE DE CONSERVATION DU PATRIMOINE ET DES BIBLIOTHEQUES (H/F) – Cadre B – selon conditions statutaires

Au sein de la Direction des Services Fonctionnels et Culturels Placé (e) sous l’autorité de la Directrice de la Médiathèque Communautaire, vous assurerez l’administration, l’animation, la médiation du portail internet de la médiathèque communautaire et de son réseau d’agglomération.

L’établissement va vivre en 2011 et 2012 des changements importants : implantation d’un SIGB, rétroconversions, développement d’un portail et d’une bibliothèque numérique, fermeture du service au public pendant les deux années pour des travaux de complète réhabilitation du bâtiment et de remise à niveau des collections et du fonctionnement global.
Pendant cette période, Moulins Communauté souhaite faire vivre sa bibliothèque en ligne et proposer aux habitants un portail d’information sur la lecture publique dans l’agglomération : pages web pour les bibliothèques des 26 communes de l’agglomération, catalogue collectif consultable à distance, actualités du chantier de la tête de réseau, valorisation de la bibliothèque numérique, etc.

Vos missions principales seront :
- Administration du portail web : relations avec le fournisseur, mises à jour, création de contenus, rédaction d’articles, veille informationnelle
- Relations permanentes avec les bibliothécaires et les services de la communauté d’agglomération, attention portée à l’actualité culturelle locale et nationale, afin que le portail soit l’écho de la vie interne et externe à la médiathèque et au réseau d’agglomération
- A la réouverture en 2013 : présence en service public

Objectifs majeurs :
- Donner une identité virtuelle attractive à la médiathèque communautaire et à son réseau d’agglomération, en cohérence avec le nouveau projet de service
- Apporter un soutien au réseau d’agglomération pour l’animation de l’ensemble des pages du portail web, dans le respect des politiques et des compétences communales.

Poste à temps complet à pourvoir au 1er juin 2011

Adresser candidature avec curriculum-vitae avant le 15 mars 2011 à : Monsieur le Président -COMMUNAUTE D’AGGLOMERATION DE MOULINS 8 Place Maréchal de Lattre de Tassigny – 03000 – MOULINS
Renseignements : Françoise MULLER, Directrice de la Médiathèque : 04.43.51.00.00 e-mail : contact.agglo@agglo-moulins.fr

Structure de recrutement : Médiathèque Moulins Communauté

Localisation géographique : Médiathèque communautaire, Moulins, Auvergne, France (voir la carte Google Maps)

Type d’employeur : Fonction publique territoriale

Fonction / métier : Assistant / Assistante de conservation de bibliothèque

Type de contrat : Recrutement statutaire ou contractuel

Niveau de responsabilité : B : cadre intermédiaire / technicien

Conditions particulières d’exercice :

Travail du lundi au vendredi en 2011 et 2012, puis du mardi au samedi à partir de l’année 2013. Fermeture totale du service au public en 2011 et 2012.

Profil recherché :

- Réelle maîtrise de l’outil informatique, de l’administration de site internet, des outils web 2.0
- Formation universitaire, bonne culture générale, qualités rédactionnelles
- Vif intérêt pour les collections de médiathèques, l’évolution des bibliothèques, de leurs services et de leurs publics
- Volonté de s’impliquer dans un nouveau projet de service
- Aisance relationnelle, esprit d’initiative, force de proposition
- Energie et dynamisme, ouverture au changement, goût du travail en équipe
- Titulaire du permis B.

Date limite de candidature : Mardi 15 Mars 2011

Date de prise d’effet du poste : Mercredi 1 Juin 2011

Rémunération : statutaire

Coordonnées de la personne en charge du recrutement :

Françoise Muller (directrice de la médiathèque)

Médiathèque communautaire, 8 place du Maréchal de Lattre de Tassigny, Communauté d’agglomération de Moulins, 03000 – Moulins, France (voir la carte Google Maps)

e-mail : f.muller@agglo-moulins.fr

Source : Enssib

Un(e) Directeur/trice des bibliothèques – Paris (75)

Directeur(trice) des Bibliothèques Paris

Pour préparer le départ à la retraite de l’actuel titulaire du poste, l’Institut Catholique de Paris ( 6 bibliothèques, plus de 700 000 ouvrages, 40 collaborateurs) souhaite recruter un(e) Bibliothécaire professionnel(le).

Mission générale :
* Gérer et développer l’outil
* Manager l’équipe.

Contrat CDI. Possibilité d’accueillir un agent détaché

Structure de recrutement : Institut Catholique de Paris

Localisation géographique : ICP, Paris, Paris (Île-de-France), France (voir la carte Google Maps)

Type d’employeur : Secteur privé

Fonction / métier : Directeur / Directrice de bibliothèque

Type de contrat : Recrutement contractuel (CDD, CDI, autre contrat à préciser)

Niveau de responsabilité : A : cadre / chargé de mission / chargé de projet

Profil recherché :

* Diplôme d’enseignement supérieur spécialisé
* Maîtrise du Français et de l’Anglais
* Expérience réussie dans une Direction de Bibliothèque(s) de taille significative
* Parfaite maîtrise des métiers des bibliothèques et des outils bibliothéconomiques
* Forte capacité de management
* Partage des valeurs

Date limite de candidature : Mardi 15 Mars 2011

Date de prise d’effet du poste : Jeudi 1 Septembre 2011

Rémunération : en ligne avec les grilles professionnelles

Coordonnées de la personne en charge du recrutement :

Denis Sesboüé

Denis Sesboué Conseil, 1, Rue de Stockhom, 75008 – Paris, France (voir la carte Google Maps)

e-mail : denis.sesboue@yahoo.fr

Téléphone : +33 685330087

Source : Enssib

Un(e) bibliothécaire adjoint spécialisé – Amiens (80)

Le Service Commun de la Documentation (SCD) de l’Université de Picardie Jules Verne recrute un(e) bibliothécaire adjoint(e) spécialisé(e) contractuel(le) affecté(e) notamment au traitement et catalogage des collections patrimoniales. Il/elle sera amené(e) à effectuer des tâches ponctuelles relatives au traitement de documents relevant des collections usuelles du Pôle documentaire Campus. Enfin, au sein de ce Pôle, l’agent sera membre du bureau d’aide à la recherche.

Missions principales :

Catalogage et traitement des fonds patrimoniaux : dérivation des notices déjà existantes, repérage des ouvrages non signalés dans les bases SUDOC et CCfr,

Mise en place des éléments constitutifs d’une politique documentaire prenant en compte l’existence de fonds anciens en milieu universitaire,

Missions ponctuelles sur les fonds courants ou relevant de l’intégration des bibliothèques de section,

Accueillir, renseigner, informer et orienter le public : participer au bureau d’aide à la recherche de la BU Campus.

Qualités et compétences requises :

Compétences informatiques élargies,

Expérience en matière de catalogues et de traitement SUDOC (base WinIBW)

Compétences en matière de catalogage et traitement du livre ancien

Bonnes connaissances en matière de bases de données

Intérêt pour le service public

Lieu d’exercice

Le poste est situé à Amiens, au Campus universitaire, Chemin du Thil 80025 Amiens Cedex 1

Formations :

Formation dans le domaine du livre, des bibliothèques, de la documentation, de l’information scientifique et technique (licence professionnelle, DEUST, DUT)

Type de contrat : C.D.D de 6 mois (avec possibilité de renouvellement).

Rémunération : 1426,13 € brut/mois (INM 308 = 1er échelon des B.A.S. 2ème classe)

Date prévue d’embauche : dès que possible

Les candidatures (CV et lettres de motivation) sont à adresser, avant le 16/02/2011, de préférence par mail à :

kelig.le.grand@u-picardie.fr

ou à l’adresse suivante :

Université de Picardie Jules Verne

Direction des ressources humaines

Bureau recrutements, concours

A l’attention de M. Kélig Le Grand

Chemin du Thil

80025 Amiens Cedex 1

 

Un(e) assistant section Jeunesse – Sainte Foy lès Lyon (69)

Assistant ou assistant qualifié -SECTEUR JEUNESSE- Bibliothèque municipale de Sainte Foy-lès-Lyon (69)

CONTRAT A DUREE DETERMINEE A POURVOIR DES QUE POSSIBLE JUSQU’AU 31 DECEMBRE 2011. A TEMPS NON COMPLET (21H30 HEBDOMADAIRE)

MISSIONS

Prêt et retour

Conseils aux lecteurs

Acquisitions : participation au choix des documents, participation à l’office de nouveautés, création des commandes

Catalogage et Indexation

Mise en valeur des documents

Suivi des périodiques

Participation au rangement et au classement

Gestion du fonds de cédéroms, DVDroms

Gestion des postes de consultation Internet et cédéroms

Accueil des classes

Heure du conte

PROFIL

Formation aux métiers du livre

Bibliothéconomie : catalogage Unimarc, indexation Dewey et Blanc-Montmayeur, politique documentaire

Maîtrise de l’outil informatique : bureautique, NTIC, pratique d’un SIGB (Orphée.net de préférence)

Bonne connaissance de la littérature jeunesse

Expérience et intérêt pour l’animation en direction du jeune public

Organisation, méthode et rigueur

Sens du service public

Goût pour le travail en équipe

Temps de travail : 21h30 hebdomadaire du mardi au vendredi

Ce poste est ouvert aux assistants de conservation du patrimoine et des bibliothèques et aux assistants qualifiés de conservation du patrimoine et des bibliothèques.

Merci d’adresser votre candidature (lettre et curriculum vitae) avant le 20 février 2011 à l’adresse suivante :

Monsieur le Maire

Service des ressources humaines

10 rue Desay

69110 Sainte Foy-lès-Lyon

Tel 04-72-32-59-00

Fax 04-72-32-59-49


Un(e) bibliothécaire adjoint spécialisé section Italien – Paris (75)

Un Bibliothécaire adjoint spécialisé CONTRACTUEL – PARIS (75017)

Bibliothèque Malesherbes / SCD Université Paris-Sorbonne (Paris IV) Recrute un BAS (Bibliothécaire adjoint spécialisé) contractuel (h/f) Responsable du catalogage en italien et du PEB pour un contrat de 6 mois.

Localisation du poste : BIBLIOTHEQUE MALESHERBES, 108 bd Malesherbes,

PARIS 17ème.

Période : 1er avril 2011 – 29 septembre 2011.

Environnement professionnel : 23 agents, 3000m², 240 000 monographies, plus de 500 titres de périodiques vivants.

Fonctions :

- chargé du catalogage des monographies en italien

- responsable du PEB demandeur

- permanences de service public (environ 6h hebdo)

Aptitudes :

- capacités relationnelles : sens du dialogue et écoute, dynamisme.

- maitrise du catalogage dans le SUDOC, notamment du logiciel WinIBW

- connaissances en bibliothéconomie (normes, indexation, SIGB)

- des compétences linguistiques (italien) seraient un plus.

Rémunération : environ 1200€ net

Poste à temps plein (35h30 / semaine) du lundi au vendredi.

Contraintes horaires : assurer une ouverture à 8h30 et une fermeture à 20h par semaine.

Pour tout renseignement complémentaire, merci de contacter Frédéric Desgranges, conservateur responsable de la bibliothèque Malesherbes à l’adresse frederic.desgranges@paris-sorbonne.fr ou par téléphone au 01.43.18.41.80.

Les candidatures comprenant CV et lettre de motivation sont à envoyer par mail au responsable de la bibliothèque avant le vendredi 11 mars 2011 au soir.

Un(e) magasinier – Paris (75)

Contrat DE MAGASINIER

Bibliothèque universitaire Pierre et Marie Curie

Section Sciences de la terre enseignement

La Bibliothèque universitaire Pierre et Marie Curie recrute un magasinier à temps plein du 1er mars au 31 août 2011, pour la section Sciences de la terre enseignement. La section Sciences de la terre enseignement assure la collecte et la diffusion de l’information scientifique dans son domaine de compétence, et dessert notamment les étudiants de Licence et Master. Le magasinier est placé sous l’autorité directe du chef de section.

Fonctions exercées

Accueil, renseignement, information et orientation du public ;

Exécution des opérations de prêt et d’inscription, communication des documents sous tous supports ;

Edition et suivi des lettres de relance des lecteurs retardataires ;

Réception des documents dans le SIGB ;

Participation à l’inventaire des collections ;

Equipement et traitement matériel des documents : monographies, cartes ;

Participation aux opérations de désherbage, de refoulement des collections ;

Participation à la sécurité des biens et des personnes.

Compétences

Connaître le public, ses caractéristiques et ses attentes ;

Maîtriser la communication avec le public, gérer les conflits éventuels, faire respecter le règlement intérieur ;

Connaître et appliquer les techniques de base de la chaîne documentaire ;

Savoir interroger le catalogue de la bibliothèque, savoir utiliser les modules de circulation du SIGB, d’exemplarisation ;

Connaître les catégories de lecteurs et les droits attachés ;

Connaître le circuit du livre ;

Connaître les techniques et les méthodes pour équiper les documents ;

Savoir référer à son supérieur hiérarchique toute question ou problème concernant la section ;

Connaître et faire appliquer le règlement intérieur de la BUPMC.

Merci d’envoyer CV et lettre de motivation à :

Marie Germain : 01 44 27 49 48 ou marie-stephane.germain@upmc.fr

Un(e) Chargé(e) de projet en ingénierie documentaire – Lille (59)

Chargé de projets en ingénierie documentaire

- Chargé des tests, des études préalables, de la mise en œuvre et de la maintenance des projets d’évolution du système d’information documentaire du réseau de lecture publique de la ville de Lille, en lien avec la DSI de la ville
- Administration des données, réalisations de tests sur la base dédiée, collecte et structuration de données statistiques, sous la responsabilité du conservateur chargé des projets informatiques et du patrimoine
- Administrateur principal du SIGB Portfolio
- Construire avec le conservateur en charge des projets informatiques, le volet technique du projet d’évolution de la bibliothèque numérique : établir le workflow, mettre en place l’entrepôt et le moissonneur OAI PMH, être capable d’intervenir sur l’application (PHP My SQL) et sur la feuille de style XSLT
- Proposer un projet d’évolution du portail et du site web de la bibliothèque, en coordination avec le responsable des services multimédia et le conservateur chargé des projets informatiques, veiller au référencement du site et des services numériques de la BMC de Lille, participer à l’animation du réseau des contributeurs du site web, mettre en place des indicateurs d’évaluation et d’usage des services numériques de la BM, effectuer et partager une veille technologique

Structure de recrutement : Ville de Lille

Localisation géographique : Médiathèque Jean Lévy, Lille, Nord (Nord-Pas-de-Calais), France (voir la carteGoogle Maps)

Type d’employeur : Fonction publique territoriale

Fonction / métier : Bibliothécaire

Type de contrat : Recrutement statutaire ou contractuel

Niveau de responsabilité : A : cadre / chargé de mission / chargé de projet

Conditions particulières d’exercice : 35 h du mardi au samedi

Profil recherché :

- Connaissance et maîtrise des théories, des techniques, des outils et des normes documentaires
- Fonction informatique documentaire

Date limite de candidature : Jeudi 31 Mars 2011

Date de prise d’effet du poste : Vendredi 1 Avril 2011

 

Coordonnées de la personne en charge du recrutement :

Isabelle PETILLON

HOTEL DE VILLE , Service recrutement, 59033 – LILLE cedex, France (voir la carte Google Maps)

e-mail : asbounioux@mairie-lille.fr

Téléphone : +33 320495000

Source : Enssib

 

 


 



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Bordeaux (33) – Rencontre avec Geneviève Fraisse à « La Machine à Lire »

Posté par Serge Bénard le 7 février 2011

 

a42951.jpgSituée en plein coeur du vieux Bordeaux, « La Machine à Lire » est une librairie à part. Depuis sa création en 1979 elle s’évertue à défendre une certaine conception du métier de libraire, basée sur la diffusion de toutes les pensées et créations littéraires et à faire du livre un objet de découverte, d’échange et le partage. Chaque semaine la Machine à Lire organise des débats, lectures et rencontres littéraires afin de créer du lien entre lecteurs, auteurs, spécialistes, scientifiques de tous les univers. Ce jeudi c’est Geneviève Fraisse, philosophe et directrice de recherche au Centre National de la Recherche scientifique (CNRS), qui est venue présenter son dernier ouvrage « A côté du genre, sexe et philosophie de l’égalité ». L’occasion de réfléchir et de débattre sur la question des rapports homme/femme et leur évolution.(lire par ailleurs la chronique d’Anne Duprez) Souvent traité au fil des années et de l’évolution des lois et des mœurs, le sujet des rapports entre homme et femme reste pourtant l’un des thèmes les plus passionnants de notre quotidien. Geneviève Fraisse, féministe convaincue, ancienne déléguée interministérielle aux droits des femmes et auteure de nombreux ouvrages sur l’histoire de la controverse des sexes a elle une vision bien particulière de la question.
Une vision globale

Là où on a coutume de parler de « genre », l’auteure ne reconnait pas ce mot, qui est pour elle « vide de sens » et laisse sous entendre que « les représentations assignées à chaque sexe sont figées ». Le titre de son livre « A côté du genre … » est justement là pour annoncer la démarche qui est la sienne, celle de considérer que « les enjeux sexués » sont davantage présents dans toutes les dimensions de la société que dans des simples définitions identitaires de l’homme et de la femme. Plutôt que de prendre des cas particuliers ou des exemples précis (« les pièces du puzzle ») pour montrer les différences entre homme et femme c’est une « image d’ensemble » de ce rapport entre les sexes que Fraisse tente de reconstituer.
Une « démarche inversée » qui prend en considération l’histoire, la littérature, la culture, la langue, la mythologie, la politique ou encore l’économie pour se faire une idée de ce qu’est aujourd’hui le « duel des sexes » dans toute sa complexité et sa fragilité.
« L’égalité est une contrainte »
Autour de cette démarche particulière, Geneviève Fraisse définit ou redéfinit des concepts comme « le consentement », « le mélange des sexes » ou la « démocratie exclusive ». Et quand on lui demande son avis sur la question de l’égalité entre hommes et femmes elle répond que « l’égalité n’est pas un choix ou une application légale, mais une contrainte ». Une contrainte très difficile à intégrer dans le contexte contemporain (« l’image d’ensemble ») et qui est, selon Geneviève Fraisse, encore bien loin d’être acceptée aujourd’hui.
Aymeric Bourlot

Machine à Lire, 8 place du Parlement, BordeauxPlus d’informations sur le site de La Machine à Lire : http://www.lamachinealire.com/site/
« A côté du genre, sexe et philosophie de l’égalité », Geneviève Fraisse, Editions le Bord de l’eau

Crédit photo : Langladure

Source : http://www.aqui.fr/cultures/rencontre-avec-genevieve-fraisse-a-la-machine-a-lire,4295.html

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La littérature africaine et la question de l’altérité

Posté par Serge Bénard le 7 février 2011

La littérature africaine et la question de l’altérité
Abdoulaye Imorou
Bernard Mouralis, L’Illusion de l’altérité. Études de littérature africaine, Paris : Honoré Champion, coll. « Bibliothèque de littérature générale et comparée », 2007, 763 p., EAN 9782745314833.

Bernard Mouralis réunit dans L’Illusion de l’altérité une sélection de ses articles, recensions d’ouvrages et communications dont les plus anciens datent de la fin des années 1960 et les plus récents du milieu des années 2000. Ce qui frappe pourtant dans cet ouvrage qui compte une quarantaine de textes portant sur des problématiques très variées1, c’est son unité. Celle-ci vient de ce que chacun des essais est animé du souci de considérer la littérature africaine comme faisant partie de la littérature générale et les sociétés africaines comme étant semblables à toutes les autres. À cet égard, le titre, L’Illusion de l’altérité, ne pouvait mieux traduire le projet scientifique de l’auteur qui consiste à montrer combien le paradigme de l’altérité qui informe, le plus souvent, le discours sur l’Afrique ne repose sur aucune réalité et à donner à ce continent le statut d’un objet d’étude à part entière. Dans cette optique, B. Mouralis attire l’attention sur le fait que le critère de l’altérité est, à bien des égards, contredit par les faits. Il démontre également, en mobilisant notamment les notions d’intertextualité et d’intersection que la littérature africaine elle-même est loin d’être aussi spécifique qu’elle ne le parait. L’ouvrage invite ainsi à un renouvellement de la réception des textes sur l’Afrique, l’Université devant, sur ce point, jouer un rôle de premier plan.

L’Afrique et le paradigme de l’altérité

Il apparaît que la notion d’altérité, telle qu’elle est appliquée à l’Afrique, prend toute sa dimension lorsque la politique coloniale valide, d’emblée, l’idée d’une différence radicale des sociétés africaines par rapport aux sociétés occidentales. Cette position va avoir un certain nombre de conséquences.

Sur le plan politique, elle va biaiser les modalités de la rencontre coloniale puisque celle-ci va être vécue et pensée non pas comme la rencontre de deux parties capables de traiter d’égale à égale, mais comme celle de deux cultures que tout oppose. Cette logique conduit à des violences non seulement physiques mais encore symboliques dans la mesure où le colonisé constate, atterré, que le colon refuse de voir qu’ils partagent les mêmes valeurs, la même humanité. La lecture que B. Mouralis donne, s’appuyant sur Le Pauvre Christ de Bomba2, de l’action missionnaire est significative à cet égard. Comme le rappelle Zacharie, un des personnages du roman, les principes religieux des Africains étaient, en dernière analyse, proches des principes chrétiens :

« Vous vous êtes mis à leur parler de Dieu, de l’âme, de la vie éternelle, etc. Est-ce que vous imaginez qu’ils ne connaissaient pas déjà tout cela avant, bien avant votre arrivée ? » (p. 410).

De ce point de vue, la souffrance du converti ne résulte pas d’un sentiment d’aliénation, conséquence de ce qu’on lui impose une religion étrangère. Celui-ci « éprouve le sentiment douloureux que le missionnaire ne reconnaît pas ce que les Africains partagent avec les Européens sur le plan religieux3 » (p. 410). À un autre niveau, la politique coloniale prend prétexte de ce que la métropole et la colonie représenteraient des cultures sans valeurs communes pour conclure que les lois et les principes en vigueur dans l’une ne sauraient être appliqués dans l’autre. C’est ainsi que les idéaux républicains ne seront pas transposés dans les colonies. B. Mouralis s’oppose, à ce sujet, à la thèse d’une République colonialiste par nature que défendent Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Françoise Vergès4. En ce qui le concerne, il n’est pas tout à fait justifié de dire, comme ces auteurs le font, que l’arbitraire qui prévaut dans les colonies est le produit même de la République. Il résulte, justement, de ce que les valeurs républicaines sont ignorées :

« La République n’est pas véritablement la République si elle s’accommode, dans une partie des territoires où elle exerce sa souveraineté, de pratiques et de lois en opposition complète avec les principes de justice et d’égalité qu’elle proclame et par lesquels elle entend se définir. » (p. 163)

Lire la suite : http://www.fabula.org/revue/document6134.php

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