Le numérique et la rémunération des auteurs

Posté par Serge Bénard le 28 janvier 2011

 

 

Le 20 janvier dernier, le président du Syndicat national de l’Edition, Antoine Gallimard, s’est exprimé dans Le Monde sur la question sensible de la rémunération des auteurs sur l’exploitation numérique de leurs œuvres. Zebook.com, par ailleurs adhérent du SNE, se trouve en désaccord complet avec la position officielle du Syndicat. Voici pourquoi.

 


 

La position du SNE est simple : la rémunération d’auteur prévue au contrat d’édition pour l’exploitation première de l’œuvre s’applique au livre physique comme à sa version numérique.

Pour justifier ce point de vue, Antoine Gallimard s’appuie principalement sur deux arguments :

  1. Le numérique représente pour les éditeurs un investissement lourd (production des œuvres, mais surtout création de plateformes de diffusion et de distribution interconnectées avec les revendeurs, mise en place d’un nouveau modèle de suivi commercial). 
  2. « Editer, c’est mettre une œuvre à la disposition des lecteurs, où qu’ils soient, dans une librairie ou devant un écran… C’est une même exploitation qui doit être coordonnée par l’éditeur, à qui il revient d’harmoniser la diffusion de l’œuvre sur ces différents supports et canaux. » (Antoine Gallimard)

 

Zebook.com, structure indépendante, ne conteste évidemment pas la réalité des coûts du numérique, encore mal perçus par le public et les auteurs. Pas plus que la nécessité d’une harmonisation de la diffusion des œuvres.

En revanche, nous constatons que le discours du président du SNE s’articule autour d’un postulat sous-jacent très discutable : celui de livre numérique « homothétique ».

« Homothétique » est un terme employé en fabrication traditionnelle pour désigner l’agrandissement ou la réduction proportionnelle du format d’un livre en vue de sa réédition. Le mot est passé récemment dans le vocabulaire « numérique » pour désigner une version électronique strictement identique à la version papier (format, mise en forme etc.).

Envisagé de façon aussi restrictive, il est évident que le numérique offre très peu d’avantages au consommateur, qui comprend de moins en moins ce qu’on essaye de lui vendre. Une édition numérique qui n’a pas été « pensée » pour ses nouveaux usages n’est rien d’autre qu’un livre, en moins pratique, en plus compliqué.

Défendre l’idée d’un livre numérique « homothétique » est évidemment un incroyable contresens historique et commercial. Mais si cette idée rencontre un tel succès parmi les dirigeants des grands groupes d’édition actuellement, la raison en est avant tout politique : en effet, elle permet de faire entrer les adaptations numériques des œuvres dans le champ de leurexploitation première et non plus seconde.

Or d’après les contrats d’édition pratiqués en France, les éditeurs ont l’obligation d’assurer eux-mêmes l’exploitation première des œuvres dont ils ont acquis les droits.

Lire la suite :

http://www.zebook.com/le-numerique-et-la-remuneration-des-auteurs

 

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