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Gérard Mordillat. « On se lit toujours dans les livres »

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Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste engagé, publie Rouge dans la brume (Calmann-Lévy), 
un roman puissant dans lequel 
les salariés licenciés d’une industrie 
du nord de la France se battent pour sauver leurs emplois. L’auteur dénonce un système qui méprise les travailleurs au profit des actionnaires.

Rouge dans la brume est le dernier volet d’une trilogie « sociale », pourquoi y avoir consacré trois livres ?

Gérard Mordillat. Tout part du travail de l’écriture elle-même. Notre part des ténèbres est né avant même que j’aie fini les Vivants et les Morts. Quant à Rouge dans la brume, il doit aussi au livre qui le précède. Il correspond au moment où j’ai compris qu’en réalité, tous les conflits sociaux qu’on nous présente comme des conflits locaux ou de branches ne sont qu’un seul et même conflit que l’on pourrait résumer en parlant d’oppositions entre le salariat et l’actionnariat. La lutte des classes, aujourd’hui, s’exprime dans ces termes-là. Le salariat – tous les salariés, puisque aujourd’hui on ne peut pas dire qu’il y ait une classe ouvrière qui se reconnaisse comme telle –, face à une autre classe extrêmement organisée et puissante : l’actionnariat. L’actionnariat a mis la main sur l’économie en général et l’industrie en particulier. Deux blocs s’affrontent, pour l’instant au désavantage des salariés qui n’ont peut-être pas encore pris suffisamment conscience de leur capacité d’organisation, de leur puissance.

Dans votre roman, la mutualisation des luttes paraît être la solution 
pour inverser cette tendance. 
C’est presque un projet politique ?

Gérard Mordillat. Bien entendu, il y a un projet politique qui sous-tend et fait partie de mon travail de romancier. Je crois que le jour où l’on comprendra que tous les conflits ne sont qu’un, on aura fait un grand pas dans la conscience des forces en présence. Aujourd’hui, tout ce qui se passe dans les entreprises n’est fait que dans la perspective de satisfaire l’actionnariat. Les rémunérations des patrons étant indexées sur la satisfaction des actionnaires, on voit exploser les revenus des dirigeants d’entreprise qui ont abandonné toutes ambitions industrielles pour n’avoir que des ambitions financières. Il faut absolument combattre et faire cesser d’urgence cette situation car il y a là quelque chose de « philosophiquement » insoutenable et qui suscitera, à mon sens, des révoltes plus fortes et plus profondes que celles auxquelles nous avons déjà assisté.

Lire la suite :

http://www.humanite.fr/05_01_2011-g%C3%A9rard-mordillat-%C2%AB-se-lit-toujours-dans-les-livres-%C2%BB-461431

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