La lecture n’a jamais été la composante majeure de la formation

Posté par Serge Bénard le 4 janvier 2011

par CHRISTIAN T., paysan

Soit une activité solitaire qui s’empare de tout et n’importe quoi pour permettre de s’évader de la réalité.

Cette activité (ou cette passivité) est la lecture qui serait indispensable à la formation. 

Cette lecture, censée indispensable à la formation, n’existe que depuis quelques siècles dans la civilisation occidentale pour une fraction de la population et quelques années seulement dans d’autres civilisations qui sont restées orales. La formation des jeunes dans les sociétés orales serait elle de qualité inférieure à la formation des jeunes du 20e siècle en Europe ? La formation livresque serait elle supérieure à la formation par l’exemple ?

Le compagnon qui ne savait pas lire, mais avait réalisé son chef-d’œuvre et son tour de France pensait-il moins et plus mal que le jeune qui avait beaucoup lu ?

Les plus grands lecteurs qui faisaient leurs voyages en Italie ou en Orient, ne sont-ils pas des preuves des limites de la lecture qui ne peut pas compenser l’absence de contact avec le réel ?

Ce plaisir solitaire ne s’est-il pas développé au détriment d’autres activités plus collectives tout aussi indispensables à la formation et à la vie en société ?

 

Dans une récente chronique, le chroniqueur ainsi que quelques réacteurs ont bien précisé qu’ils lisaient tout et n’importe quoi « tout ce qui trainait à la maison et me tombait sous la main » et que la lecture compensait l’absence d’un éducateur («souvent abandonnée à moi-même »).

Tout aussi distinctement il est signalé que la lecture permet de fuir la réalité «Je m’évadais de ma réalité dans les livres ». Le chroniqueur confirme ce que l’étude du contenu des livres populaires à montré : la lecture de ces livres ne permet pas d’approfondir la connaissance du réel, mais transporte le lecteur dans le monde imaginaire où la paysanne épouse le fils du roi et, de nos jours, l’illustre chirurgien épouse la fille de salle. C’est dans ce sens que j’avais écrit que ces lectures sont aussi apaisantes que l’opium du peuple dont elles ont pris la suite. 

Par un rétablissement inexpliqué il est ensuite défendu l’idée que ce qui fascinait et hypnotisait, que ces mondes où l’enfant occupait une place de roi, que ces histoires qui transportaient « sur une planète ou je me sentais transcendée » pourraient ouvrir la conscience de l’enfant. Lorsque l’on ajoute que c’était « l’histoire, son déroulement, son dénouement, ses personnages » qui fascinaient, il faudrait expliquer pourquoi une « histoire lue » est préférable à une « histoire entendue », « une histoire vue au cinéma ou à la télé » ?

Pour ce qui est de l’évasion, autant défendre l’idée que les drogues qui ont le même effet sont indispensables à la formation. 

Pour ce qui est de l’aspect indispensable de la lecture, autant défendre l’idée que les civilisations qui ne connaissent pas la lecture solitaire sont incapables de construire des hommes. 

Autant défendre l’idée que l’enfant qui ne lit pas, mais observe et écoute les histoires des conteurs ne se forgera pas une conscience autonome.

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http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2011/01/04/la-lecture-n-a-jamais-ete-la-composante-majeure-de-la-formation_1460623_3232.html

 

 

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