Accueil Bibliothèques, médiathèques et leurs animateurs La fin des librairies, des livres, pas des libraires… et des documentalistes, bibliothécaires…

La fin des librairies, des livres, pas des libraires… et des documentalistes, bibliothécaires…

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Posted By admin On 21 décembre 2010 @ 7:53 In Education et formation,Société,TICE,culture

A force de fréquenter les librairies, physiques et en ligne, on peut se poser la question de l’avenir de ces lieux, mais aussi des produits qu’ils sont censés promouvoir. En d’autres termes, si les librairies sont censées promouvoir les livres, de quels livres s’agit-il ? Quant aux éditeurs et distributeurs, on est bien obligé de leur poser aussi la même question. Ayant la chance de bénéficier de quatre librairies de grande taille dans un rayon de 500m de mon domicile, j’ai observé qu’au cours des trois dernières années l’ordonnancement des espaces a été totalement chamboulé, comme si on voulait me contraindre a aller vers tel ou tel rayon avant de pouvoir accéder à ce qui constitue mes centres d’intérêts. D’ailleurs ces centres d’intérêts sont aujourd’hui en voie de réduction, voire de disparition.

Cette évolution des espaces physiques semble être dictée par l’implacable loi de la rentabilité. Si l’on y ajoute la vente en ligne, certaines librairies offrant les deux services, on s’aperçoit que cette loi paraît moins forte, mais qu’une autre loi connexe, la rentabilité à long terme, elle, agit sur les livres disponibles. A plusieurs reprises, des livres présentés comme disponibles sur le catalogue en ligne étaient suivis d’un message de regret de devoir annuler la commande faute du livre annoncé.

Si sur Internet on parle souvent d’Internet gris, pour signifier l’enfouissement des documents, on oublie souvent de parler de l’avenir des livres non réédités, non disponibles à la vente, et donc « enterrés »… sous le bon vouloir des divers ayant-droit. Car c’est des quantités impressionnantes de connaissances et de créations qui tombent dans l’oubli, non du fait de leur pertinence, mais du fait de la logique d’enfouissement dans laquelle ils sont pris (et je ne parle pas le mise au pilon…ni même de l’autodafé des livres). Certes on peut tenter d’aller en bibliothèque pour y accéder, mais l’on voit bien la lourdeur de l’action à mener, et l’on comprend les projets de numérisation massif des fonds, tant on s’aperçoit de la souplesse que procure aujourd’hui les techniques disponibles pour mieux accéder aux productions anciennes, mais toujours pertinentes.

L’enfouissement progressif de ces sources multiples demande donc la mise en place de dispositifs de compensation. Les bibliothèques, centres de documentation et autres lieux de conservation (inathèque par exemple, musées…) sont donc au coeur de ce travail, mais malheureusement cela reste très lourd. D’ailleurs l’usage du « désherbage » dans les CDI (qui consiste à éliminer des documents considérés comme obsolètes) n’est pas sans poser quelques problèmes : ayant récemment récupéré un ouvrage de cette opération qui devait l’amener à la destruction, je me suis aperçu de son importance pour mes travaux. Mais ce livre est aujourd’hui inaccessible par les moyens habituels (hormis dans quelques lieux difficilement accessible, surtout physiquement). Au delà de la conservation des documents, c’est leur mise à disposition qui pose problème et la loi n’aide pas à cela. Le droit d’auteur et sa défense permettent de faire disparaître des documents de l’espace possible de lecture. On comprend aisément le choix « d’oublier » un travail qu’on juge a postériori médiocre, on comprend moins ce choix lorsqu’il est uniquement guidé par les lois de l’économie… et du droit de l’édition.

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http://www.brunodevauchelle.com/blog

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