Oncle Alfred et le scribouillard

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de passouline

« Mario, tu ne sers qu’à une chose, à écrire ». C’était mardi en fin d’après-midi sous les lambris de l’Académie suédoise à Stockholm où Mario Vargas Llosa, adoubé chevalier d’Alfred Nobel dans l’ordre de la littérature en 2010, prononçait son discours de réception devant 450 personnes. Outre sa famille et ses amis, qui avaient fait exprès le voyage de Lima ou d’ailleurs, les académiciens, les membres de la Fondation Nobel, les diplomates de l’ambassade d’Espagne, les représentants de l’Instituto Cervantès local et ceux de la presse internationale dont les latino-américains formaient le gros du bataillon, au premier rang se trouvait Patricia, son épouse depuis quarante cinq ans et sa cousine depuis toujours (en premières noces, dans sa jeunesse, ce doit être l’esprit de famille, il avait déjà épousé sa tante qui lui inspira La Tante Julia et le scribouillard). Le lauréat se trouvait donc à la onzième page d’un texte qui en comptait treize quand, soudain, sa voix trembla à l’évocation de ses enfants et petits-enfants placés juste derrière, et de « cette femme au caractère indomptable qui supporte encore mes manies, mes névroses et ces crises de rage qui m’aident à écrire », une personne qui a l’œil à tout, fait tout et tout bien, résout les problèmes et administre les finances, éloigne les fâcheux et leurre les indiscrets, boucle et déboucle les valises, lui donnait le matin même au petit-déjeuner une pleine poignée de pilules de toutes les couleurs tout en le rassurant, et s’imagine le gronder en lui adressant régulièrement un éloge qui le comble tant il lui rappelle qu’il n’est décidément bon qu’à ça : lire et écrire. Alors sa voix s’étrangla d’émotion et, bravant le conseil très suédois de s’abstenir de manifester la moindre émotion, l’auditoire ne pût s’empêcher de lancer une salve d’applaudissements dans l’espoir que cet élan spontané le soutiendrait dans l’épreuve (et les encouragements n’ont pas manqué, El Pais, par exemple, lui consacrant un article admiratif par jour, hier encore celui du Nobel 1994 Kenzaburo Oé).

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