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Reportage : A Oakland, sur les traces de Jack London

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Par Martine Laval Télérama n° 3177

LE FIL LIVRES (Télérama) – Dans cette cité voisine de San Francisco, tout est à l’enseigne de Jack London, né ici en 1876. Mais l’âme de l’écrivain tempétueux, alcoolique, qui a brûlé sa vie et s’est essayé à tous les genres, semble s’être envolée des lieux.

Tourner le dos à Sa Majesté San Francisco. Mettre le cap sur Oakland, la cité du labeur. Traverser l’immense baie en laissant au large Alcatraz, l’île de tous les malheurs. S’accrocher au bastingage et tenir tête aux bourrasques. Longer des kilomètres de quais, plus d’une trentaine, où s’agglutinent des collines de ferraille. Compter – en vain – les énormes containers aux couleurs vives, posés là comme des Lego. Regarder s’agiter, au-dessus des cargos gros comme des montagnes et en partance pour le bout du monde, des grues tentaculaires. Et se demander si cet Oakland-là, que l’on va découvrir en accostant, garde aujourd’hui quelques traces d’un de ses fils de la rue, un chenapan devenu écrivain, Jack London (1876-1916). Un acharné de l’écriture – mille mots chaque jour, quoi qu’il arrive -, malgré les infortunes, froid, pauvreté, solitude, colères et désespoirs.

Ici, à Oakland, il y a plus d’un siècle, « la vie n’offrait que laideur et misère », raconte, en 1909, un Jack London révolté (1). Il poursuit : « Je suis né dans la classe ouvrière. Très tôt, j’ai découvert l’enthousiasme, l’ambition, les idéaux : et les satisfaire devint le problème de mon enfance. » Son enfance, il la brûle sur les docks d’Oakland, où grouillent des durs à cuire, de mauvais garçons, des matelots bagarreurs, des dépenaillés menteurs. Crieur de journaux, ouvrier dans une conserverie, pilleur d’huîtres dans cette baie où chacun survit comme il peut, puis patrouilleur à la poursuite de ses anciens compagnons voleurs, celui qui deviendra plus tard marin sous toutes les latitudes, chercheur d’or dans le Klondike, vagabond sur les routes parmi les crève-la-faim (2), militant socialiste et journaliste sous la défroque d’un clochard dans les bas-fonds de Londres (3), trime douze heures par jour pour quelques sous, qu’il donne à sa mère. Le soir, dès l’âge le plus tendre, il largue sa volonté de fer, et, pour oublier l’épuisement, s’encanaille, face à la baie, au First and Last Chance, le bar de la première et dernière chance : un premier verre en posant pied à terre, un dernier verre avant d’appareiller.

http://www.telerama.fr/livre/a-oakland-sur-les-traces-de-jack-london,63085.php#xtor=RSS-22

 

 

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