Rebâtir la confiance dans l’exploitation de l’œuvre

Posté par Serge Bénard le 2 décembre 2010

Enfin ! Les auteurs seraient-ils enfin en train de se réveiller ? C’est ce qu’on peut penser en lisant l’excellente (et très amusante) tribune de Paul Fournel, Cécile Guilbert, Hervé Le Tellier, Gérard Mordillat et Gilles Rozier sur LeMonde.fr. Un texte qui dénonce la prévarication que tente le monde de l’édition sur l’exploitation numérique des oeuvres.

Alors qu’au format papier, l’éditeur touche en moyenne le double de l’auteur, au format numérique, l’éditeur s’apprête à toucher 7 fois plus que l’auteur. Un rapport qui n’est pas équitable, dénoncent avec raison ces auteurs (à la suite du Groupement des auteurs de BD du Syndicat National des Auteurs Compositeurs qui avaient dressés les mêmes remarques il y a quelques mois), d’autant que les plateformes numériques (Amazon, Apple, Google) font toutes de bien meilleures offres aux auteurs (non seulement financièrement, mais également en capacité de distribution). Or, ce sont bien les auteurs qui détiennent les droits numériques de leurs oeuvres : elles n’appartiennent pas “naturellement” à l’éditeur, comme l’espéraient ouvertement ces derniers dans une inique pétition pour le prisunic du livre qu’ils lancèrent fin septembre et comme le dénonçait fort justement l’écrivain François Bon récemment.

A l’heure où des plateformes numériques font les yeux doux aux auteurs en promettant des reversements plus alléchants (même si la part de prélèvement des plates-formes type Apple iBookstore ou Kindle d’Amazon voire Google Books est encore bien souvent trop élevée et injustifiée !) que les reversements que proposent les éditeurs aux auteurs, on peut comprendre que les auteurs s’interrogent. La question de confiance est à nouveau posée. Il va bien falloir crever l’abcès. Pire, si les éditeurs étaient lucides, ils feraient une meilleure offre que celles de ces plateformes à leurs auteurs, plutôt que de refuser le changement. Car l’enjeu n’est pas l’Eldorado des millions d’euros que va rapporter l’exploitation numériques des oeuvres (rien n’est moins sûr !). L’enjeu, c’est la confiance, c’est la relation qui lie l’auteur et l’éditeur comme le pointe très bien cette tribune.

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http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/12/01/rebatir-la-confiance-dans-lexploitation-de-loeuvre/#xtor=RSS-32280322

 

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