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Édition: du marketing à l’influence (2/2)

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Prix littéraires: influence ou manipulation (1/2)

Par Bénédicte Kibler

Les éditeurs/diffuseurs utilisent des stratégies marketing visibles de tous pour orchestrer des succès commerciaux. Lorsque les médias nous présentent un best-seller comme un phénomène collectif de génération spontanée, y a-t-il tromperie ? Ou aveuglement collectif ?

Du marketing à l’influence

Pour booster les ventes, les éditeurs américains octroient des commissions plus importantes aux libraires sur certains de leurs titres. En France, je ne sais pas si des pratiques comparables existent. Mais partout dans le monde, les éditeurs sélectionnent certains de leurs titres et concentrent leurs efforts sur ces derniers.

Tous les ingrédients d’une stratégie d’influence bien huilée

1. Se servir des croyances collectives fortement ancrées
Pour une partie du public, le classement des meilleures ventes semble plus neutre et plus fiable que le système des prix littéraires et des critiques. C’est le succès commercial qui légitime à leurs yeux, un écrivain. La sanction du public semble plus démocratique, plus intègre, alors que les jugements émis par les critiques littéraires sont considérés comme la reproduction de préjugés d’une certaine caste …

2. Renforcer et conforter ces croyances par les médias
Les journalistes, aveuglés par leurs représentations mentales, n’accordent que peu d’attention à ces pratiques marketing devenues banales. Ils qualifient les best-sellers de “phénomènes” de librairies. Quand on évoque un marketing sophistiqué, ils s’empressent de citer des exceptions, par exemple, “L’élégance du hérisson”, best-seller inattendu. Mais ils transforment une exception en généralité. Ce qui ne correspond pas du tout à la réalité. Ils confortent ainsi leurs représentations mentales, en les colportant. Ils maintiennent les croyances collectives selon lesquelles le succès commercial résulte d’un libre choix du public.

3. Autorité symbolique, notoriété et confiance.
 Du simple fait qu’ils en parlent, ils amplifient les phénomènes. Parce que tout le monde veut connaître le livre dont tout le monde parle. Ce sont les médias qui font des hit-parades des autorités symboliques, qui servent de repères collectifs et rassurent le lecteur dérouté par une trop grande profusion éditoriale. Grâce à cette alliance éditeurs/médias, la confiance est renforcée.

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http://benedictekibler.wordpress.com/2010/10/30/edition-du-marketing-a-linfluence-22/

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